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Full text of "Annales de la Société entomologique de France"

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ANNALES 



DE LA 



SOCIETE 

ENTOMOLOGIQUE 

DE FRANCE. 



# 



TABX.SAU Î9ÏI>ICATIF 2$2gS JOUB.S DE SÉANCE , 

1 PENDANT L*ANNÉE l832. 

Les séances se tiennent à 7 heures du soir , rue d'Anjou- 
Dauplîine , n° 6. 


Févr. 

-9 


Mars. 

7 


A.vril. 

4 
18 


Mai. 
2 


Juiu. 

6 


Juillet 

4 


Août. 

I 


Sept. 

5 


Ocloh. 

3 


Nov. 

7 
21 


Dec. 

5 
19 



PARIS, IMPRIMERIE DE COSSON, 
rueSaint-Germain-des-Prés, no 9. 



y (^ 





ANNALES 

DE LA. 




SOCIÉTÉ 


ElNT< 


OMOLOCxIQUl 




DE FRANCE. 




TOME PREMIER. 




Nalura maxitr.t' miranda in minirai 


i 


r 32-06à 



PAllIS. 

MÉQUIGNON-MARYIS , LIBRAIRE-ÉDITEUR , 

RUE DU .TARDINET, IN** l3. 

i832. 



ANNALES 



DE LA. 



DE FRANCE. 



»4>»0^ 



REGLEMEtST. 



CHAPITRE PREMIER. 

FORMATION DE L4 SOCIÉTÉ. • 

Article i^*". La société prend le titre de Société Entomolo- 
gique de France. 

2. Son objet est de concourir aux progrès de l'Entomo- 
logie. 

5. Elle s'occupe de tout ce qui concerne l'histoire naturelle 
des Crustacés , des Arachnides , et des Insectes. 

4. Le nombre des membres de la Société est illimité. 

Les Français et les Etrangers peuvent également en faire 
partie. 

5. Tout membre Français ou Etranger paie une cotisation 
annuelle fixée à la somme de vingt-quatre, francs. Il reçoit 
toutes les publications de la So( iélé , ainsi que son diplôme. 

6. Pour être reçu membre de la société il faut être pré- 
senté par un membre résidant. Le bureau , sur cette présen- 



6 ANNALES 

tation , nomme une commission posir faire un rapport sur le 
candidat. Quand le rapport est fait, la Société prononce au 
scrutin secret et à la majorité à la séance suivante. A cet effet 
les membres résidans sont convoqués par lettre. 

7. La Société choisit des membres honoraires parmi les sa- 
vans qui auront illustré la science. 

Leur nombre ne pourra jamais dépasser celui de douze , 
dont deux tiers Français et un tiers Etranger. 

Ils ne sont astreints à aucune cotisation, et reçoivent les 
diverses publications de la Société. 

Lorsqu'il y a lieu à la nomination d'un membre honoraire > 
le président désigne une commission de cinq membres qui 
présente à la séance suivante un rapport et une liste de can- 
didats. Celui de ces candidats qui réunit la majorité des suf- 
frages est proclamé membre honoraire. 

8. Tout membre non résidant a droit d'assister aux séan- 
ces ; mais il n'a pas voix déUbérative. 

c). La Société publie un recueil périodique de ses travaux 
sous le titre de Annales de la Société Entomoiogujue de 
France {i) , qu'elle envoie gratuitement à tous ses membres. 

(i) Extrait dti traité avec M. Méquignon-Marvis , éditeur des Awitales. 

Lesdifes Annales, tirées au nombre de cinq cents exemplaires , former 
ront par année un volume in-octavo de trente à trente-cinq feuilles 
( 4,80 à 5fto pages ). 

Chaque volume contiendra en outre, par année, de douze à dix-huit 
planches, tant au trait que coloriées. 

Tous les dessins des planches devront être fournis gratis par les auteurs 
des mémoires insérés dans les Annales : lesdits dessins resteront la pro- 
priété des auleurs. 

Une fois un mémoire remis par la commission chargée de la publi- 
cation à M. Méquignon-Marvis pour être imprimé et inséré dans les An- 
nales, l'auteur s'interdit le droit d'y faire pendant l'impression et sur 
les épreuves aucunes corrections extraordinaires entraînant un remanie- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7 

CHAPITRE IL 

Dl/ BUREAU, ET DE l/A.DMh\ISTRA.TION DE L 1 SOCIÉTÉ. 

Art. 10. L'administration de la Société est confiée à un 
bureau, 

1 1. Le bureau est choisi parmi les membres résidens, élu 
au scrutin secret , et h la majorité absolue. 

Il se compose de six fonctionnaires , savoir : 

1° Un président , 

2" Un vice-présent , 

S** Un secrétaire , 

4* Un secrétaire-adjoint , 

5" Ijïï trésorier , 

6" Un archiviste. 

1 2. La Société pourra nommer un président honoraire. 

ment quelconque , elc. ; conséquemment toutes celles de ce genre qui 
pourraient être faites seront à la charge des auteurs. 

La publication des Annales sera faite par numéros de trois mois eu 
trois mois. 

Chaque auteur aura le droit de faire tirer à part dix exemplaires de ses 
mémoires, à la condition qu'il en préviendra M. Méquignon-Marvis (si 
l'auteur réside à Paris"), ou le secrétaire de la société (s'il réside hors 
Paris ), avant le tirage. Le prix de ce tirage se fera à raison de cinquante 
eentimes la feuille (i6 pages), ou dH un franc cinquante centimes avec une 
planche tirée en noir, ou de trois francs cinquante centimes avec une plan- 
che coloriée, le tout tiré à dix exemplaires , à moins que l'auteur ne pré- 
fère que ce soit à prix débatlu. 

La sociélé pourra étendre d'avantage ses publications lorsque le nom- 
bre de ses membres venant à augmenter le lui permettra. 

M.Méquîgnon-Marvis restera propriétaire de tous les mémoires insères 
dans les Annales, tant que l'édition qu'il en aura faite ne sera pas épui- 
sée. Conséquemment aucun des mémoires séparés ou réunis ne pourra 
être réimprimé sous la même forme par la société, avant leur épuisement. 

La société ne se regarde pas comme responsable de ce que pourraient 
faire individuellement les auteurs-contrairement à ces conventions. 



8 A1SN.\LES 

i3. Le bureau est renouvelé tous les ans h la première 
séance de Janvier. 

14. Tous les fonctionnaires sont récligibles , à l'exception 
du président qui ne peut être nommé deux années consécu- 
tives. 

CHAPITRE III. 

DES FONCTIONNAIRES. 

Art. i5. Le piésident (et en son absence le vice-président) 
dirige l'ordre des séances , nomme les commissions de concert 
avec le bureau, distribue le travail, etc. 

16. Quand les votes sont également partagés'!, le président 
a voix double pour déteraiiner l'adoption ou le rejet. 

17. Le secrétaire (et en son absence le secrétaire-adjoint) 
rédige le procès-verbal détaillé de chacune des séances. 

Il est chargé de donner lecture de la correspopdançe , de^ 
mémoires adressés à la société , etc. 

Il reçoit et inscrit les travaux à mesure qu'on les présente» 
Il est chargé de la correspondance. 

1 8. En cas d'absence de ces deux fonctionnaires , le der- 
nier président , ot^ à son défaut le doyen d'âge, préside, et le 
plus jeune remplit les fonctions de secrétaire. 

19. Le trésorier est personnellement responsable des fonds 
qui lui sont confiés. 

so. Les dépenses courantes sont payées par lui sans auto- 
nsation préalable. Les dépenses extraordinaires ne peuvent 
l'être qu'en vertu d'une déhbération de la Société , prise en 
présence de son trésorier, et qui lui sera fiotifiée par le secré- 
taire. 

Il justifie de toutes dépenses par pièces h l'appui. 

21. Une commission de trois membres est nommée chaijue 
année par la Société, à sa séance de Janvier, a l'effet d'exa- 



DE Lk SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9 

miner les comptes du trésorier : elle ôq fait un rapport à la 
séance suivante. 

22. L'archivisteest personnellement responsable des objels 
et pièces qui sont sous sa garde, et doit donner communication 
de ceux qui lui seront demandés 

2 0. Chaque objet prêté ne peut l'être que sur un récépissé, 
et doit être rendu dans le délai de quinze jours , sauf à être 
redemandé par la même personne , si nulle autre n'en a fait 
la demande, 

CHAPITRE IV. 

ORDRE DES SÉA.NCES. TRA.VAIIX. 

Art. 24. Les séances ordinaires de la Société ont lieu h 
Paris, à sept heures du soir, les premier et ivoisiëme Mercredis 
des mois de Novembre , Décembre , Janvier, Février, Mars et 
Avril , et seulement le premier Mercredi des autres mois. 

2 5, Chaque membre résidant est tenu d'y assister. 

Celui qui y manque paie une contribution d'absence. La 
seule excuse admissible est l'absence de Paris , ou empêche- 
ment majeur. Dans l'un ou l'autre cas , la Société devra en 
avoir été prévenue par lettre. Celte lettre est mentionnée au 
procès -verbal. 

26. Chaque séance a lieu dans l'ordre suivant : 

1° Lecture du procès-verbal de la séance précédente; 

2° Lecture de la correspondance; 

5° Rapport sur les travaux des sociétés savantes; 

4° Communications verbales relatives à l'Entomologie; 

5° Rapports divers demandés par la Société; 

6° Lecture des travaux des membres; 

7° Lecture de ceux des personnes étrangères à la Société;; 

8° Propositions de présentation , et celles administrative^ 
des autres membres; 



,0 ANNALES 

9" L'ordre du jour pour la prochaîne séance réglé par le 
président. 

27. Toute lecture a rigoureusement lieu par ordre d'in- 
scription. En conséquence , tout membre qui a des rapports , 
travaux ou propositions manuscrites à faire , doit en prévenir 
le secrétaire , avant la séance , pour être inscrit à Tordre du 
jour. 

28. Toute proposition n'est décidée au scrutin secret que 
lorsque deux membres au moins le demandent. 

2(). Toute proposition réglementaire doit être écrite et 
signée par son auteur , et déposée en séance entre les mains 
du président. Ce dernier la renvoie à une commission qui fait 
son rapporta la séance suivante, dans laquelle elle est adoptée 
ou rejetée par la Société. 

00. Les membres de la Société, qui font partie d'autres so- 
ciétés savantes, sont invités h chaque séance à faire un rap- 
port verbal ou par écrit , sur ce qui a pu s'y passer de relatif 
h l'Entomologie. 

3i. Les ouvrages manuscrits ou imprimés présentés ou 
adressés à la Société , sont renvoyés h une commission de 
trois membres nommés ad hoc par le président , pour qu'il 
en soit fait un rapport ou analyse écrit dans le plus bref délai. 

52. A la première séance de mars de chaque année , il sera 
donné par le secrétaire un résumé des travaux de la Société 
pendant le cours de l'année précédente et dont la rédaction 
est confiée aux deux secrétaires. 

55. Toute discussion étrangère aux sciences dont la Société 
s'occupe est sévèrement interdite. 

54. Tout membre résident a le droit d'amener aux séances 
une ou deux personnes étrangères à la Société , et qu'il devra 
en arrivant présenter au président. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 
CHAPITRE V. 



DES PUBLICATIONS. 



Art. 35. La société nommera une commission de cinq 
membres à laquelle s'adjoindront le président , le trésorier et 
les deux secrétaires ; elle sera chargée de réunir , de coor- 
donner et de désigner les mémoires qui devront composer le 
recueil des publications de la Société. 

36. Cette commission sera nommée chaque année dans la 
première séance d'avril , au scrutin et à la majorité des suf- 
frages. Les membres adjoints au bureau ne seront pas rééli- 
gibles deux années consécutives. 

37. Chaque commission doit , avant de cesser ses fonctions, 
terminer la livraison dont elle a commencé l'impression. Si 
cette livraison n'était pas terminée lors de son renouvellement, 
l'ancienne commission continuerait la publication en train , 
et la nouvelle commencerait à réunir les matériaux pour la 
livraison prochaine. 

38. Dans le cas 011 un membre cesserait de faire partie de 
la commission , il serait remplacé dans la plus prochaine 
séance. 

59. Aucun travail ne pourra être imprimé dans le recueil 
des mémoires , s'il n'a été préalablement lu , ou du moins 
communiqué par extrait à la Société. 

11 portera, quelle que soit l'époque de la pubUcation , la 
date de la séance dans laquelle il aura été présenté. 

4o. Lorsqu'un membre désirera faire imprimer dans le re- 
cueil de la Société , le travail dont il aura donné communica- 
tion , il devra le remettre à la commission des mémoires. 
Celle-ci, d'après l'étendue du travail, le nombre de plan- 
ches qui l'accompagnent, et le sujet dont il traite, jugera de 
l'opportunité de sa publication. Elle présentera , dans ce sens. 



la ANNALES 

un rapporta la Société qui décidera, séance tenante, à la 
majorité des suffrages et au scrutin , si le mémoire devra ou 
non être publié. 

4i. La commission a droit de choisir et d'extraire, pour 
les livrer h l'impression, les mémoires des personnes étran- 
gères à la Société, et qui auraient été adressés et lus en séance, 
toujours sous l'approbation de la Société. 

42. La commission choisira les graveurs et dessinateurs 
chargés de l'exécution des planches qui doivent accompagner 
les mémoires. Elle choisira également les imprimeurs qui doi- 
vent tirer ces planches. Un ou plusieurs de ses membres (la 
commission) surveillera la gravure, le tirage , le coloriage, et 
donnera le bon à tirer, concurremment avec l'auteur, s'il est 
présent. 

45. Dans tous les cas non prévus par les articles précédons^ 
îa commission devra en référer à la Société, 

CHAPITRE VL 

CI'S PROPRIÉTÉS, REVENUS ET LEPENSES DE LA SOCIÉTÉ , ETC. 

Art. 44- La Société forme une bibliothèque. Ses membres 
sont invités h l'augmenter parles ouvrages qu'ils ont publiés. 

45. La bibliothèque est plicée sous la responsabilité de 
rarchivisle. 

46. Tous les insectes qui seront donnés a la Société ou dont 
elle pourra faire acquisition , ainsi que ceux qui lui seront en- 
voyés en communication , seront confiés h la garde de l'ar- 
chiviste. 

47. La Société avise aux moyens de se procurer les divers 
ouvrages, recueils académiques et scientifiques dans lesquels 
se trouvent des travaux rclalifs à l'Entomologie. 

48. La Société reçoit avec reconnaissance les dons qui lui' 
sont faits. Ils sont inscrits aux procès-verbaux des séances avec 
les noms des donateurs. 



DE Là SOCIÉTÉ ENTOMOLOGTQLÈ. i3 

49. Un catalogue paraphé à chaque feuillet par le président, 
sert à y consigner les objets déposés aux archives , avec le nom 
de la personne qui est donateur, et le jour de sa consigna- 
tion. Les objets porteront en outre le timbre de la Société. 

50. Les procès-verbaux, rapports , travaux quelconques de 
la Société , sont de droit déposés aux archives , ainsi que deux 
exemplaires de tout ce qu'elle fait imprimer* 

5i. Nulle personne étrangère à la Société ne peut consulter 
les archives sans une autorisation accordée par le bureau. 

02. Chaque membre résident paye sa cotisation d'avance 
par trimestre. Les membres non résidéns doivent faire parve- 
nir la leur au secrétaire de la Société, sans aucuns frais, dans 
le mois de Janvier de l'année courante. 

Ils l'en préviendront par lettre , à laquelle il sera répondu 
dès que les fonds seront arrivés. Cette réponse servira de 
reçu. 

53. La cotisation d'absence est fixée h un franc. Elle se paie 
par trimestre. 

54. La Société règle annuellement le budget de ses dépen- 
ses dans la première séance de chaque année. 

55. La Société ne correspond que par l'entremise de son 
secrétaire. Les lettres et paquets doivent lui être adressés , 
franc de port ^ au local de la Société. 

5G. Tous les ans il sera imprimé à la tête du recueil de la 
Société, mie liste constatant les membres qui la composent, 

57. En cas de dissolution de la Société , tous les membres 
résidéns sont appelés à décider sur la destination qui doit 
être donnée à ses propriétés. 

58. Le présent règlement est obligatoire pour tous. Celui 
qui refuse de s'y conformer , perd sa qualité de membre de 
l'a Société. 



,4 ANNALES 

iaTfmbrr6fiJn^ûttu^•6î^t'la00ciftc€ntomolal9i(lue^<^4Tûna. 

( SÉANCE DU 29 FÉVRIER l832. ) 



MM. 

AuBÉ , membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris. 

Audinet-Serville, membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris. 

AuDouiN, docteur-médecin, aide naturaliste au Jardin du Roi , biblio- 
thécaire de l'Institut , chevalier de la Légion-d'Honneur , etc. 

Beaudet-Lafarge , député du département du Puy-de-Dôme (Mareille, 
Puy-de-Dôme). 

BoisDuvAL (J.-A.) , doc.-raéd. , membre de plusieurs société savantes. 

BoRY DE Saint-Vincent, colonel d'état-major, correspondant de l'Aca- 
démie des sciences. 

Brullé, membre de la commission scientifique de Morée^ etc. 

Chaudouet, avocat. 

Chevrolat , vérificateur à l'administration de l'octroi de Paris. 

DouMERC, doct.-méd. , membre de l'Académie royale de Metz. 

DuMÉNiL , peintre d'histoire naturelle. 

DupoNCHEL, membre des Sociétés d'Histoire naturelle de Paris, des 
Georgofili de Florence , etc. 

Feisthamel (le baron), officier de la Légion-d'Honneur, chevalier de 
Saint-Louis, etc., colonel commandant la garde municipale de Paris. 

Godet, membre de la Société d'Histoire naturelle de Suisse , etc. 

GoRY H. (le chevalier) , chevalier de Tordre royal espagnol de Ferdinand, 
capitaine de cavalerie 

GouGELET , employé à l'octroi de Paris. 

GuÉRiN , membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris, etc., etc., etc. 

Laporte (de) , membre de plusieurs sociétés savantes. 

Lattre (de) , peintre d'histoire naturelle. 

Ledoux, architecte. 

Lefebvre (Alexandre) , correspondant du Muséum d'Histoire naturelle 
de Paris, de l'Académie Gioenienne de Calane , etc. 

Lepeletier DE Saint-Fargeau (le comte), membre des Académies de 
Moscou et de Dijon, de la Société d'Histoire naturelle de Paris. 

Luczot, ingénieur des ponts-et-chaussées, membre des Sociétés Poly- 
matique du Morbihan , de Statistique universelle, etc. 

Maximy (de), étudiant en médecine. 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGI013E. i5 

MiLNK Edwards , professeur de zoologie à l'Ecole centrale des arts et 
manufactures , etc. 

PoEY, avocat à la Cour royale. 

Radiot, employé à l'Administration des postes. 

Rameur , docleur-médecin. 

Reiche , ancien officier de santé. 

Romand (de), chevalier de la Légion-d'Honneur (Tours). 

Theis (de), attaché au ministère des affaires étrangères, membre de la 
Société des Sciences et Arts de Saint-Quentin. 

Vattier , capitaine-adjudant-major au 25e de ligne, chevalier de la Lé- 
gion-d'Honneur. 

ViARD , négociant , capitaine de la garde nationale de Paris. 

Villaret (Foulques de) , capitaine d'infanterie, chevalier de la Légion- 
d'Honneur et de Tordre l'oyal Espagnol de Charles IV. 

Walckenaer (le baron de), membre de l'Institut, etc. 



FRAHÇAIS. 

MM. 

B1.AINVIL1.E (Ducrotay de), professeur adjoint à la Faculté des Sciences 
membre de l'Institut, etc., etc. 

Brongniart (Alexandre) , membre de l'Académie des Sciences , etc. 

CuviER (le baron), pair de France , membre de l'Institut, professeur au 
Muséum d'Histoire naturelle de Paris , etc., etc. 

Desmarest, professeur de zoologie à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, etc., etc. 

DuMÉRiL, docteur-médecin , membre de l'Institut, professeur à l'Ecole 
de Médecine de Paris , au Muséum d'Histoire naturelle, etc., etc. 

Geoffroy Saint-Hilaire, membre de ITnstitut, professeur au Muséum 
d'Histoire naturelle , etc. 

Latreille, membre de l'Institut, professeur au Muséum d'Histoire na- 
turelle, etc. , etc. 

Savigny , membre de l'Institut , etc. , etc. 

BT&AMGBBS. 

Gyllewhall, membre des Académies de Stockholm, d'Upsal , et de plu- 
sieurs sociétés savantes. 

HuMBOLDT (Alexandre de), membre de l'Académie des-Sciences de Paris, 
de l'Académie de Berlin , etc. 

KiRBY, membre de la Société Linnéenne de Londres , recteur de Bar- 
ham , dans le comté de Suffolk. 

Ki-uG, doct.-méd. , directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Berlin, 



iQ ANNALES 



Président honoraire, M. LATREILLE. 

Président, M. AUDÏNET-SERVILLE. 

Vice-Président, M. AUDOUIJf. 

Secrétaire , M. A. LEFEBVRE. 

Secrétaire-adjoint , M. BRULLÉ. 

Trésorier, M. DUPONCHEL. 

archiviste, M. Le comte LEPELETIER DE SAINT-FARGEAt). 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17 

LETTRES 

DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. 

(français.) 

Lettre de M. le baron Cuvier. 
Monsieur, 

J*ai été vivement touché de l'honneur que la Société d'En- 
tomologie veut hien me faire , et je l'accepte avec grand plaisir. 
J'en aurais été plus digne autrefois, lorsque dans ma jeu- 
nesse , cette belle science occupait tous mes loisirs ; mais si 
d'autres parties de l'histoire naturelle ne m'ont pas permis de 
m'y livrer avec la même ardeur, je ne lui porte pas moins 
toujours le plus vif intérêt, et je serais bien heureux de;lui 
vcir reprendre , par les travaux de la société , cette marche 
heureuse et si riche en belles découvertes que lui avaient im- 
primée les Réaumur, les Rœsel et les De Geer. Rien ne pour- 
rait être plus profitable à la véritable philosophie. Les occu- 
pations dont je suis accablé ne me permettront probablement 
pas d'assister , comme je l'aurais désiré , à votre séance de 
mercredi , mais je vous prie de croire que j'y serai de cœur. 

Veuillez agréer, etc. 

Signé baron Cuvier. 

Au Jardin des Plantes , le 26 férrier 1 832, 

A M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 



Lettre de M. Geoffroy Siint-Hilaire. 

Monsieur le secrétaire , 

Je reçois votre avis de ma nomination de membre hono- 
raire de la Société d'Entomologie. 

Je me tiens très -honoré de lui appartenir à ce titre , et j'ai 



i8 ANNALES 

l'honneur de vous prier qu'en l'informanl qiio j'accepte la fa- 
veur que me fait la Société , vous preniez la peine de lui ex- 
primer mes sentimens de gratitude pour celte grâce. 

Je ne manquerai point , monsieur le secrétaire , d'assister 
à la séance d'installation. 

La Société se forme, selon moi , sous des auspices très -fa- 
vorables : destinée à poursuivre l'avancement de nos connais- 
sances sur les insectes considérés comme espèces , elle ne 
peut rester indifférente aux progrès de la science concernant 
les animaux relativement à leur structure intérieure et aux 
rapports que cette structure peut offrir avec la structure des 
animaux d'un degré supérieur dans Téchelle. 

Or , c'est une coïncidence vraiment curieuse que la Société 
s'installera justement dans le courant d'un mois où, sous une 
haute puissance du génie , les idées du rapport de l'organisa- 
tion des animaux articulés avec celle des animaux vertébrés 
prennent une grande consistance, et viennent de recevoir 
dans des leçons faites au collège de France une bien heureuse 
et très-lucide coordination. 

Je me permets déjà, mon très -honoré confrère, de faire 
acte de sociétaire en vous donnant ce titre. 

Veuillez , etc. 

Signé Geoffroy Saint Hilaire , 
Vice-président de l'Académie royale des sc'ences. 

Paris . 26 février i852. 
A M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 



Lettre de M. Duméril. 
Monsieur , 
J'accepte avec plaisir et reconnaissance le titre dont vous 
m^anuoncez que la Société d'Entomologie a 1 ien voulu m'ho- 
norer. Cette partie de l'histoire naturelle a toujours vivement 



DE L^ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 

excité une prédilection d'étude et d'intérêt chez moi , et je 
saisirai avec empressement l'occasion qui m'est offerte d'une 
manière si agréable d'en suivre les progrès. Veuillez être aussi, 
auprès de la Société au nom de laquelle vous avez pris la 
peine de m'écrire^ l'interprète de mes remerciemens sincères, 
et agréer en particulier ceux que je vous adresse pour les ex- 
pressions trop obligeantes de la lettre par laquelle vous m'in- 
vitez pour den)ain à une séance où j'espère pouvoir me rendre 
et vous renouveler de vive voix l'hommage de dévouement 
avec lequel j'ai l'honneur d'être , etc. 

Signé DuMÉRiL. 
Paris, 28 février i832. 
A M. A. Lefebvie, secrétaire, elc^ 



Lettre de M, Alex. Brongnmrt. 

Monsieur le président , 

Je n'ai reçu que depuis peu de jours la lettre qui m'a fait 
connaître que la Société Entomologique a bien voulu m'ad- 
niettre au nombre de ses membres. 

Sans ce retard , causé par mon séjour habituel hors de Pa- 
ris, j'aurais déjà remercié la Société de Thonneur, et je me 
permets d'ajouter du plaisir, qu'elle m'a fait en me fournis- 
sant occasion de m'occuper de nouveau d'une partie de l'his- 
toire naturelle qui a été l'objet de mes premières études. 

Je suis très-flatté du témoignage de souvenir que les maî- 
tres de la science ont bien voulu donner à mes premiers 
travaux , et des moyens aussi honorables qu'eihcaces qu'ils 
m'offrent de consacrer encore quelques momens à cette 
science et de me tenir au courant de ses progrès. 

Veuillez bien , monsieur le président , faire agréer a la So • 



20 ANNALES 

ciété les renierciemens et les. hommages de celui qui s'honore 

du titre qu'elle a bien voulu lui décerner. 

Signé Alex. Brogkiart , 
Professeur de minéralogie au Muséum cC histoire naturelle^ cic. 

Paris, 4 mars i852. 
A M. le président de la Société Enlomologique. 



Lettre de M. Ducrotay de Blainville. 
Monsieur , 
Par un oubli tout-à-faît involontaire , j'ai laissé passer le 
jour où la Société d'Entomologie de France devait tenir sa 
séance d'ouverture , sans vous accuser réception de la lettre 
flatteuse que vous avez bien voulu m'adresser en son nom. Je 
le regrette d'autant plus, qu'en me rendant à votre honorable 
invitation, c'eût été donner une preuve évidente que j'accepte 
avec reconnaissance l'honneur que la Société a bien voulu me 
faire en m'inscrivant au nombre de ses membres honoraires. 
Je la remercie surtout d'avoir pensé que je verrais avec bien 
cje l'intérêt les travaux d'une Société qui manquait à notre 
pays, et qui peut être d'une utilité manifeste pour les progrès 
d'une partie aussi étendue que difficile de la zoologie. Veuillez 
bien, je vous prie , faire agréer mes remerciemens à la Société 
dont vous êtes le secrétaire , et recevez vous-même, etc. 



Paris , 5 mars iSSa. 
A M, A. Lefebvre, secrétaire , etc. 



Signé D. de Blaiwville. 



Lettre de M. Desmarest. 

Monsieur, ...... 

Veuillez être auprès de la Société Enlomologique de France, 
dont vous êtes le secrétaire , l'interprète de ma vive recon- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21 

naissance, pour l'hoiineur qu'elle m'a fait en m'admettant au 
nombre de ses membres honoraires. 

Les noms auxquels elle a bien voulu joindre le mien m'ins- 
pirent la crainte de ne pas être digne de cette faveur, et m'im- 
posent le devoir de faire tous mes efforts pour la mériter. 

Pénétré du désir de remplir cette obligation , je m'empres- 
serai toujours de donner à la Société connaissance de tous les 
faits Entomologiques qui me parviendront et me paraîtront de 
nature à fixer son attention , notamment ceux qui auront rap- 
port à l'étude des habitudes naturelles des insectes , généra- 
lement si peu cultivée de nos jours, et ceux qui se rattache- 
ront à la classification de ces animaux et auront pour but de 
la rendre plus rationnelle , en la fondant sur des caractères 
réellement importans. 

Je saisis cette occasion pour vous prier d'agréer , etc. 

Signé Desma.rest. 
Paris, 1" avril i832. 

A M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 

Nota. Les infirmités de M. Savigny ne lui permettant pas de nous ré- 
poudre , nous ne pouvons joindre ici «on adhésion à celle de ses collègues. 



(ÉTRANGERS.) 

Lettre de M. le baron de Humboldt. 
Monsieur , 
Vous m'avez fait l'honneur de m'annoncer que dans la 
séance du 7 de ce mois la Société Entcmologique de France 
a bien voulu me conférer le titre d'un de ses membres hono- 
raires , je m'empresse de vous exprimer combien je suis sen- 
sible au souvenir des savans respectables qui, ont fondé cet 
établissement , si utile aux progrès d'une des branches les 
plus importantes de la zoologie. 



2a ANNALES 

Veuillez bien, monsieur, être l'organe de ma vive recoR« 
naissance , et agréez , etc. 

Paris, ce 26 mars i852. 

Le baron de Humboldt. 

A M. A. Lefebvre, secrétaire , etc. 

Nota. Nous donnerons celles de messieurs les autres membres hono- 
raires étrangers dès qu'elles nous seront parvenues. 



Discours prononcé le 29 février i832 , à l'ouvei'tare de la pre- 
mière séance de la Société Entomologiijue , par M.. L.vtrei:lle,. 
son Président honoraire. 

Mes chers confrères , 

Il est (le ces jours de bonheur que la Providence semble 
bous ménager, tantôt pour nous consoler de ceux, hélas ! trop 
nombreux où l'adversité nous éprouve , tantôt pour nous ré- 
compenser en quelque sorte de nos sacrifices au bien public 
QU des peines attachées à l'accomplissement de nos devoirs. 
Tel je compterai toujours celui où j'ai l'honneur de vous pré- 
sider dans une séance aussi solennelle. Oui , Messieurs , le 
souvenir du témoignage éclatant que vous m'avez donné de 
votre estime, en m'élevant à cette présidence par l'unanimité 
de vos suffrages, me suivra jusqu'au tombeau , et adoucira 
des souffrances qui sont les fruits de mes veilles et de mes 
travaux plutôt que des années, mais qui n'excitent en moi au- 
cun repentir, parce que nous nous devons, n'importent les 
suites , à notre patrie. Votre choix aurait pu se porter sur un 
naturaliste joignant à une illustration scientifique celle que lui 
a valu la gloire militaire , et occupant l'un des premiers rangs 
dans la hiérarchie sociale. Je vous le déclare , Messieurs , et 
avec toute la franchise et toute la droiture do mon cœur, si- 
telle avait été votre décision , je me serais empressé d'applau- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 23 

«lir k une nomination aussi honorable. Mais vous avez mis dans 
la balance l'anlériorité et la généralité des travaux, le nombre 
des années , et ce poids Ta emporté. Peut-être aussi , et je 
me complais dans cette pensée , un sentiment d'amitié produit 
par des i dations plus fréquentes, par des communications fra- 
ternelles et par les encouragemens que je crois avoir donné à 
tous ceux qui débutaient dans la mêine carrière, a-t- il influé 
sur votre délibération. 

Sans remonter à cette ère nouvelle où Aldrovande , Mouf- 
fet, Redi, etc. commencèrent h tirer l'Entomologie de Toubli 
où elle était restée depuis les temps d'Aristote et de Pline , et 
prenant simplement pour point de départ l'époque où le génie 
de Linné imprima aux sciences naturelles cette nouvelle im- 
pulsion qui se propagera indéfiniment aux âges futurs , le 
nombre des personnes qui se livraient h l'élude des insectes 
était fort borné. Quoique déjà bien secondé par les recher- 
ches de ses disciples, ce grand naturaliste n'a décrit ou men- 
tionné qu'environ trois mille espèces,, dont près de dix-sept 
cents se trouvent en Suède. Encore range-t-il avec ces ani- 
maux les Crustacés et les Arachnides. Presque toutes les fa- 
veurs étaient alors pour la Botanique. Déjà , néanmoins , 
avant qu'il eût mis au jour la dernière édition de son Systcma 
naturcCy Geoffroy, Poda , Scopoli , etc., avaient isolé en quel- 
que manière l'Entomologie par des faunes locales ayant uni- 
quement pour objet les insectes. L'histoire des insectes des 
environs de Paris du premier, quoique d'une date septuagé- 
naire, est encore, malgré ses imperfections, l'ouvrage le plus 
à la portée des commençans; et si quelque main habile le ra- 
jeunissait , il contribuerait plus que tout autre à populariser 
ta science. L'emploi qu'il a fait le premier des tarses et des 
doigts des insectes a été d'un grand secours. Schœffer en pro- 
fita dans sa distribution méthodique , et eut bientôt après un 
iiîiitateur dans le plus grand Entomologiste qui ait. encore paru» 



24 ANNALES 

le baron de Geer , dont les Mémoires offrent la combinaison 
du talent de Réaumur dans l'art d'observer les habitudes de 
ces animaux , de celui ( porté plus loin quant aux détails ) de 
Linné dans l'art descriptif, de celui enfin du dessinateur, 
qui, dans bien des circonstances, satisfait rarement aux be- 
soins du naturaliste lorsqu'il est obligé de recourir au pinceau 
d'un étranger. 

Sans avoir tracé précisément de méthode générale , Réau- 
mur cependant en avait esquissé çà et là quelques lambeaux. 
Il avait surtout pressenti les avantages que l'on pourrait tirer 
des organes destinés à la manducation , et il en avait repré- 
senté de diverses sortes avec des détails et sous un grossisse- 
ment qui permettaient d'en reconnaître parfaitement toutes 
les formes. Malgré l'examen scrupuleux qu'on a fait dans ces 
derniers temps de ces parties , il en est qui avaient échappé 
à ces investigations , mais qui avaient été remarquées par ce 
profond observateur; et c'est une négligence que l'un de mes 
collègues à l'Académie des sciences , que la France peut , con- 
curremment avec M. Strauss , opposer au Lyonet de la Hol- 
lande , M. Savigny, a relevée à l'occasion de la structure de la 
trompe des Bourdons, genre de la tribu des Apiaires, Guidé 
par ces traits de lumière, par l'usage qu'avait fait des instru- 
inens cibaires pour quelques ordres d insectes, Scopoli, et plus 
encore par leur application aux signalemens génériques des 
animaux supérieurs, Jean -Chrétien Fabricius , Tun des plus 
célèbres disciples de Linné, fonda exclusivement sur la consi- 
dération générale de ces organes et des antennes un nouveau 
système qui complétait l'ensemble de nos connaissances sur la 
composition extérieure des insectes , en y renfermant toujours 
les Crustacés et les Arachnides. On voit par la série successive 
de ses classes ou ordres qu'il les avait établis sur la grande dis- 
tinction primaire de broyeurs ou de suceurs. S'il n'eut fait que 
remplir simplement ces cadres avec les espèces déjà décrites , 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOJIOLOGIQUE. 25 

©Il qu'il n*en eût pas augmenté le catalogue, il est probable 
que ses ouvrages eussent eu peu de vogue , puisque ce sys- 
tème présentait beaucoup plus de difficultés que la méthode 
de son maître , et que Ton pouvait se dispenser d'y recourir 
quant au species. Mais c'est sous ce dernier rapport qu'il a 
rendu d'immortels services à l'Entomologie. Ayant acquis 
grand nombre de matériaux nouveaux par sa correspondance , 
visitant divers musées , et plus particulièrement, vers la fin de 
sa vie , ceux de la capitale , parmi lesquels je citerai sur- 
tout celui de feu M. Bosc , y décrivant les espèces inédites, 
les publiant dans divers ouvrages généraux ou particuliers qui 
se succédaient rapidement , il a plus que sextuplé le catalogue 
des insectes de Linné. La facilité qu'eurent ainsi les posses- 
seurs de collections Entomologiques de pouvoir nommer une 
plus grande quantité d'espèces dut nécessairement accélérer 
la marche de la science et accroître le nombre de ses prosé- 
lytes. C'est cette seconde phase que je voulais signaler pour 
arriver au but que je me propose , celui de faire sentir l'uti- 
lité de votre institution. Cependant , Messieurs , en vous pré- , 
sentant les ouvrages de Fabricius plus importans comme in- 
ventaires d'espèces que comme classiques dans leur ordonnance 
générale , ne pensez pas que je veuille sous ce dernier point 
de vue atténuer son mérite. Trop exclusif dans ses bases sys- 
tématiques , trop précipité dans les moyens de bien les asseoir, 
pressé peut-être par la nécessité d'améliorer sa fortune ou 
d'exister honorablement avec le lucre attaché à ses produc - 
lions , ses observations n'ont pu être à l'abri de l'erreur. Vous 
l'avouerai-je ? je me suis souvent repenti de la censure trop 
sévère que j'en avais faite dans mes premiers écrits. Ces re- 
proches intérieurs ont été agravés par les vifs sentimens d'a-^ 
mitié dont il m'honorait dans les dernières années de sa car- 
rière. Que cette leçon , Messieurs , vous tienne en garde vous- 
mêmes dans vos premiers essais scientifiques. Soyez toujours 



26 ANNALES 

vrais , mais toujours prompts à excuser , et vous conserverez 
ainsi l'estime de ceux dont vous aurez été contraints de di- 
vulger les fautes , et qui ne sont souvent que l'effet d'une pré- 
occupation involontaire. S'il; m'était permis de discuter ici la 
doctrine de Fabricius , il me serait facile de combattre victo- 
rieusement ses adversaires et d'en démontrer les avantages 
pour découvrir, sans le secours du scalpel ou de l'anatomie 
intérieure, les affmités naturelles de la plupart des groupes. 
On avait d'abord cru pouvoir se dispenser de se servir de ca- 
ractèreo tirés des parties de la bouche; comme, malgré lui, 
le célèbre Jurine a été forcé d'employer les mandibules. On 
a été plus loin à l'égard des Coléoptères carnassiers. M. Mei- 
gen , relativement aux Diptères , fait usage de la composition 
du suçoir de la trompe de ces insectes, qu'il avait d'abord 
éliminé de ses signalemens génériques. MM. Duponchel , 
Gurtis, Stephens n'ont pu, quant aux Lépidoptères, se tirer 
d'embarras que par l'étude de ces parties. Même urgence 
lorsqu'on voudra éclaircir la grande famille des Coléoptères 
lamellicornes et plusieurs autres qu'il serait fastidieux d'énu- 
mérer. 

En vous faisant sentir l'importance d'un examen aussi mi- 
nutieux et aussi délicat, qui d'ailleurs s'étend aujourd'hui à 
toutes les études des corps organiques et des végétaux surtout, 
ne pensez pas , Messieurs, que je veuille rendre l'Entomologie 
inabordable ou en accorder le privilège exclusif à des hom- 
mes d'une patience à toute épreuve , ayant des yeux de lynx , 
les viri oculatisslmi de Fabricius. Imitant les géomètres , qui 
donnent souvent diverses solutions de leurs problèmes , les 
unes transcendantes, et que les mathématiciens les plus con- 
sommés peuvent seuls saisir , et les autres beaucoup moins 
savantes , et dès lors plus élémentaires , choisissez parmi les 
caractères que vous aurez découverts ceux qui vous paraîtront 
les plus simples et les plus faciles, ou qui n'exigent ni disscc- 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 27 

tîon ni l*usage du microscope. N'ayez de prédilection pour 
aucun système ; embrassez Forganisation tout entière de l*in~ 
secte; suivez la marche de la nature, qui , se jouant de toutes 
nos méthodes , modifie successivement diverses parties de l'a- 
nimal , selon les nouvelles fonctions auxquelles elle les destine 
et le degré de puissance qu'elle veut leur imprimer. Respectez 
vos maîtres dans la science , mais voyez tout par vous-mêmes , 
et ne soyez pas esclaves de leurs opinions. Que la vôtre im- 
posant silence à tous les cris d'un vain amour-propre cède à 
son tour à l'autorité d'un observateur plus véridique et plus 
scrupuleux que vous. En un mot, dans tout ce que vous en- 
treprendrez faites abstraction de vous-même , et que les pro- 
grès de la science soient votre unique perspective. Lorsque je 
réfléchis sur la variation continuelle de sa nomenclature , sur 
cette multitude de genres créés sans nécessité, sur cette foule 
de variétés transformées en espèces , je tremble qu'en proie 
à l'anarchie , eHe ne rétrograde au lieu d'avancer. 

Si l'Entomologie gagnait sous le rapport des moyens d'é- 
ludé , les autres branches des sciences naturelles recevaient 
aussi , et par la même voie , un nouvel essor. Le zèle de plu- 
sieurs naturalistes ne peut se contenir dans le cercle trop li- 
mité des productions de leur contrée natale, peu propres 
d'ailleurs à les stimuler par l'habitude où ils étaient de les 
voir tous les jours et par la comparaison qu'ils en faisaient 
avec celles des pays lointains. Aussi des Christophe Colomb , 
inspirés par un autre génie que le premier , impatiens , non de 
découvrir un ciel nouveau , des terres inconnues , mais de 
prendre des animaux ou de recoller des végétaux, soit recher- 
chés, soit ignorés jusqu'alors, objets bien plus précieux pou? 
eux que cet or et ces possessions territoriales dont Tacqui- 
silion a tenté la cupidité de tant d'aventurier et déshonoré 
l'humanité par les flots de sang qu'elle a fait répandre , aban- 
donnent leur foyer domestique, s'arrachent an\ affections kâ 



28 ANNALES 

plus tendres, ne craignent point de braver la fureur des élé- 
Diens , de supporter des privations de tout genre , et d'abor- 
der des peuplades sauvages et féroces à travers des déserts et 
des forêts où ils peuvent devenir la proie de plusieurs de ces 
animaux dont ils ambitionnent la conquête. mânes des vic- 
times de tant de dévouement ! vous surtout enlevé naguères 
et si prématurément à nos espérances, laborieux Carcel, re- 
cevez l'hommage de noire profonde admiration et de nos éter- 
nels regrets I Et vous , naturalistes voyageurs , qui , enrichis de 
si intéressans trophées, avez eu le bonheur de revoir votre 
patrie, écoutez les accens de notre reconnaissance, et de la 
mienne en particulier ! Car , si j'ai acquis quelque célébrité , 
n'est-clle pas en grande partie fondée sur l'étude des maté- 
riaux dont vous avez doté nos musées? 

Une supputation rigoureuse de la quantité d'espèces d'in- 
sectes qui se trouvent aujourd'hui dans les collections d'Eu- 
rope serait presque impossible au naturaliste même qui en 
aurait fait un examen détaillé. Mais , en nous restreignant 
au seul ordre des Coléoptères , et uniquement même aux col- 
lections de Paris, on peut, sans exagération, en porter le nom- 
bre d'espèces à vingt mille. Ajoutez -y dix mille pour celles 
qui sont propres aux riches cabinets de Berlin, de Vienne, 
de Londres , etc. , l'évaluation totale sera de trente mille , dont 
Fabricius ne mentionne guère dans son système des Eleuthé- 
ratcs que le cinquième. Supposons qu'il y en ait autant de 
décrites comme inédites dans ses autres ouvrages sur les in- 
sectes , le tiers au plus des espèces de nos musées serait en- 
registré. Voulez-vous, en descendant dans les détails , obtenir 
une estimation plus précise des acquisitions qu'a faites l'Ento- 
mologie? Prenez le species des Coléoptères de M. le comte 
Dejean, celui des Lépidoptères d'Europe d'Ochsenheimer et 
de Treitschke , en y ajoutant les espèces que MM. Boisduval 
et Duponchel ont fait connaîlre , la monographie des érotyles 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. -iç) 

du dernier et plusieurs autres , telles que celles de MM. Gra- 
venhorst, Lepellier de Saint-Fargeau , Klug , Kirby, Kollar, 
Wiedeman,etc.; le tableau des Aranéïdes de M. de Walckenaër, 
et comparez , quant au nombre des espèces qui y sont décrites, 
les ouvrages publiés antérieurement sur les sujets identiques. 
Citons un exemple des plus frappans. Le nombre des espèces 
de Coléoptères carnassiers terrestres était dans Linné, il J a 
environ soixante ans , de cinquante-sept; dans Fabricius, en 
1801, de trois cent quarante-neuf; et en i85i, dans le species 
de M. le comte Dejean , qui s'en est tenu à sa collection, d'un 
peu plus de deux mille cinq cents. Déjà même , par les envois 
de l'infatigable M. de Lacordaire , pourrait-il y ajouter de nou- 
veaux supplémens. Où en serions-nous , Messieurs , si l'on 
n'avait point généralement négligé les petites espèces , celles 
surtout encore délaissées de certains ordres ? Je ne suis donc 
pas éloigné de croire qu'en y comprenant les Crustacés et les 
Arachnides , les cabinets européens pourraient offrir près de 
cent mille espèces , dont les deux tiers au moins inédites. 
Que la sœur et la rivale de l'Entomologie, la Botanique , bien 
plus anciennement et plus assiduement cultivée , ne se glo- 
rifie plus de l'immense étendue de son domaine. Pourrait-elle 
d'ailleurs entrer en lice avec elle quant à l'organisation inté- 
rieure des objets dont elle traite, quant à l'intérêt que celle- 
ci inspire sous le rapport du sentiment? La connaissance des 
métamorphoses d'un seul insecte, ou son histoire complète, 
peut exercer la sagacité et la patience d'un observateur. Aussi 
quel voile épais dérobe encore à nos yeux tant de mystères ! 
Et puisse-t-il , Messieurs , s'élever parmi vous quelque homme 
qui, prenant pour modèle les Réaumur, les de Geer , etc., 
fasse de nouveau aimer la science par les faits curieux dont 
elle s'embellira, grâces à ses recherches ! Hélas ! combien peu 
d'Oasis , dans les vastes et arides déserts de l'Entomologie ! 
A peine comptait-elle en France , il y a une trentaine d'an- 



5« ANNALES 

nées, une dizaine d'amateurs connus; et aujourd'hui il n*est 
presque pas de cité populeuse qui n'en offre quelqu'un , et 
souvent plusieurs. Mais , isolés pour la plupart , ne correspon- 
dant qu'avec un très-petit nombre d'Entomologistes de la mé- 
tropole, ne pouvant donner de la publicité h leurs découvertes^ 
il fallait , pour qu'elles ne restassent pas ignorées ni stériles > 
réunir ces naturalistes en une même famille , dont le foyer ou 
le centre d'habitation serait dans le lieu le plus favorable à la 
propagation des lumières , je veux dire Paris , et qui les met- 
trait en communauté de travaux et de gloire. Telle est l'heu- 
reuse idée qu'avait conçue depuis plusieurs années l'un de 
ces Entomologistes dont vous connaissez la noble ardeur et 
l'activité infatigable , que vous avez vu suivre le littoral de la 
Méditerranée , franchir les sommets glacés des Alpes , attein- 
dre les bords fumans du cratère de l'Etna, se transporter 
ensuite dans les sables brûlans de la Haute-Egypte , par- 
courir à son retour les régions occidentales de l'empire du 
croissant, la Hongrie, l'Allemagne, toujours à ses frais et 
uniquement pour recueillir des insectes , distribués ensuite 
généreusement aux amateurs. Qui n'a point déjà compris 
de qui je veux parler (i)? Son projet a rencontré bien 
des obstacles dont sa persévérance a triomphé. Il n'en sera 
point, Messieurs, de votre réunion comme de plusieurs 
autres sociétés savantes qui , par leur mélange hétérogène, 
sont souvent, pour beaucoup de leurs membres, l'occa- 
sion d'une perte de temps , puisqu'on y traite de matières 
étrangères à leurs études. Les vôtres vous seront communes ; 
vous parlerez la même langue , vous vous proposerez les mê- 
mes fins , et cette réciprocité de vues, de besoins et d'intérêts 
cimentera votre association fraternelle. L'avantage de lui ap- 
partenir ne sera convoité que par les amis sincères et désinté- 

(i) M. Alex. Lefebvre. 



DE LA SOCIÉTt: ENTOMOLOGIQUE. 3f 

ressés Je la nature. Sans éclat ni renommée, l'Entomologie^ 
n'a aucune prépondérance influente dans le monde. Si quel- 
ques personnes pouvaient ambitionner des titres académiques- 
afin de s'en servir comme d'un levier, leur ouvrant une porte 
à la fortune ou aux honneurs , et si la science n'était ainsi pour 
eux qu'un instrument qu'on rejette dès que ses services sont 
inutiles, certes, un simple membre de la société d'Entomolo- 
gie devrait être , à cet égard , à l'abri de tout soupçon ; car 
combien de gens ignorent même le sens attaché à ce mot I 
Mais un ennemi plus dangereux que l'ambition, sorte de lèpre 
malheureusement inhérente aux corps savans , la jalousie peut 
se glisser parmi vous. Il ne s'y introduira point , ou difficile- 
ment, sien répartissant entre vous, suivant vos penchans et 
le sujet habituel de vos études , les différentes branches de 
l'Entomologie , et en vous aidant par des communications mu- 
tuelles toujours accompagnées de l'expression publique de 
votre gratitude , vous évitez les frottemens et les points de 
collision , source des divisions intestines qui troublent l'har- 
monie des sociétés entreprises sous les meilleurs auspices. Des 
séances scientifiques vides de lectures amènent naturellement 
le dégoût et l'ennui, et finissent par être désertes. Vous pré- 
viendrez cet inconvénient , et je pourrais dire votre ruine , en 
déterminant à chaque séance le sujet de la suivante. Telle 
était la sage coutume de l'ancienne Académie des sciences , 
tel est encore de nos jours, m'a-t-on assuré, l'usage de quel- 
ques réunions savantes. A défaut de mémoires sur des objets 
inédits ou d'observations neuves et non publiées , des discus- 
sions sur des points de doctrine, sur la synonymie embrouillée 
de quelques espèces, une analyse des travaux récens des au- 
tres sociétés et des ouvrages sur l'Entomologie qui viendront 
de paraître , alimenteront vos séances et les .rendront profi- 
tables à tous. Votre correspondance vous fournira des maté- 
riaux précieux pour la rédaction d'un livre réclamé depuis 



52 ANNALES 

long-temps , ot qui intéresse l'honneur national , une Entomo- 
logie française. Songeons, avant tout. Messieurs à notre patrie. 
Prêtez votre appui aux naturalistes de nos départemens , em- 
pressés d'abord de former des collections , mais qui les lais- 
sent bientôt dépérir par absence d'ouvrages complets et peu 
dispendieux avec lesquels ils puissent déterminer et communi- 
quer leurs espèces. L'économie domestique , l'agriculture et 
l'administration forestière sollicitent aussi vos conseils et le tri- 
but de vos observations. Je souhaiterais vivement que quel- 
qu'un de vous fît, en conséquence , une étude spéciale des in- 
sectes nuisibles, et dont quelques uns , par suite d'une multi- 
plicité extraordinaire et accidentelle , deviennent un véritable 
fléau , et occasionent des pertes incalculables. J'ai été con- 
sulté dernièrement au sujet de deux espèces de Curculionites 
qui ont détruit une grande partie d'une vaste forêt de pins de 
la Normandie. Vous savez que deux espèces de Tinéïtes, de pe- 
tites Tipulaires et Muscides , la Calandre du blé peuvent priver 
certains cantons de la ressource que leur promettait la récolle 
de leurs plantes céréales. Je ne vous parlerai point , Messieurs, 
des principes philosophiques qui doivent vous diriger dans vos 
études; on les connaît, on les adopte en thèse générale, mais 
il en est de ces préceptes comme de bien d'autres; on les ou- 
blie dans la pratique. Je craindrais, si je signalais ces abus , 
de convertir une séance toute bienveillante, tout amicale, en 
une arène polémique et dont les passions pourraient s'empa- 
rer. 

Hâtez-vous , Messieurs, de mettre la main à l'œuvre afin de 
combler les lacunes considérables que présentent nos catalo- 
gues. Plus les découvertes encombreront les collections , plus 
voire tâche se compliquera, et moins vous aurez d'unité dans 
l'ensemble de vos travaux. Arrêtez un mode de publication 
mûrement médité et qui, vu les circonstances, puisse s'accom- 
moder k la position gênée de l'éditeur et des acquéreurs. L'exé- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55 

cution de tout plan gigantesque avorterait dès son commen- 
cement. Je n'ai pu , dans ce discours , envisager que les be- 
soins de la science auxquels vous êtes empressés de satisfaire. 
Si j'en avais esquissé l'histoire, que de noms, et dont plusieurs 
chers à mon cœur , j'aurais eu à citer ! !Mais ils sont gravés 
dans votre mémoire; ils volent déjh de Louche en bouche, et 
bien des regards se fixent complaisammcnt et avec l'expres- 
sion tacite d'une reconnaissance victorieuse de la partialité et 
de l'injustice sur plusieurs d'entre vous présens h cette mémo- 
rable séance. 

Dans les conseils que je me suis permis de vous donner , 
vous ne découvrirez , j'espère, Messieurs , aucun esprit de do- 
mination et d'autorité magistrale. Mon langage a été celui de 
la coi^iaHté la plus franche et de l'attachement le plus sin- 
cère. Voire Société est , à ce que je pense , la première de ce 
genre qui ait été formée en Europe^ Personne ne désire plus 
ardemment que moi son maintien , ses succès et sa durée. Tel 
est le motif de cette allocution. Si j'ai outrepassé les devoirs 
d'un président, je m'écrierai : Accordez moi un bill d'indul- 
gence , pardonnez même à un naturaliste septuagénaire qui 
s'est prévalu d'un demi-siècle de travaux consacrés h votre 
science favorite. Puisse votre Société acquérir bientôt des com- 
pagnes ou des sœurs 1 Puisse l'étude des insectes , si propre à 
charmer et remplir nos loisirs , faire un jour partie de l'instruc • 
tion publique de la jeunesse ! J'ai cette confiance , Messieurs; 
mais il est à présumer que nos vœux ne seront exaucés qu3 
lorsque notre malheureuse France, sortie sans humiliation et 
avec ses plaies cicatrisées de l'affreux abîme où l'ont précipi- 
tée les tempêtes politiques , jouira de celte sage liberté qui 
met un frein à l'abus du pouvoir et oppose une digue à la li- 
cence , qui n'en est que trop souvent le prête-nom. C'est 
dans les déjections et les débris de ces volcans qui l'ont jadis 
si violemment tourmentée , que celle belle et riche Limagne 
I. 5 



34 ANNALES 

d'Auvergne puise aujourd'hui son admirable fécondité. O 
ma pairie ! que dans l'ordre moral et politique tes bouleverse- 
mens deviennent pour toi de salutaires leçons , et , ombragée 
par l'égide d'une paix inaltérable , puisses-tu avoir enfin des 
lois véritablement organiques qui assurent ta prospérité, sans 
laquelle les sciences et les arts ne sauraient fleurir. Ah! s'il 
m'était donné d'être témoin de ces jours de calme et de féli- 
cité générale, les derniers de ma carrière s'écouleraient sans 
amertume ni regret , et pleins des plus douces consolations î 



Quetaues Observations sur la manière de travailler en histoire 
naturelle , et tn particulier sur les monographie^ ; par 
M. Godet. 

( Séance du 7 mars iSSa.) 

Fonder une société scientifique et faire des réglemens qui 
la régissent n'est point chose difficile; mais imprimer, dès 
l'origine , à cette société, un mouvement toujours progressif, 
donner à ses travaux une direction capable de lui assurer un 
rang distingué parmi celles qui se forment chaque jour, savoir 
choisir parmi les productions de ses membres respectifs celles 
qui méritent la publication comme dignes de peser un jour 
dans la balance de la science, et savoir écarter, d'un autre 
côté, les enfans indignes sans blesser l'amour-propre des pères, 
voilà , Messieurs , ce qui est beaucoup moins facile , et cepen- 
dant d'une haute importance pour l'avenir d'une société 
comme celle que nous venons de fonder. On sort difficilement 
d'une mauvaise route une fois qu'on y est entré : une chute 
en amène une autre; un abus enfante chaque jour un nouvel 
abus. C'est donc sur la première direction qu'il faut porter 
toute son attention; car il en est de la marche des sciences 
comme il en est de la marche de l'éducation en général. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 55 

Telles sont les réflexions qui m'ont occupé depuis que j'ai 
eu l'honneur d'être appelé à être une des pierres fondatrices 
de la Société Entomotoglque de France. Certes , au fond de 
Tâme , je sens bien que personne n'a moins de droit que moi 
à prétendre vous éclairer dans la marche et le but de vos tra- 
vaux. Mais peut-être penserez -vous que les bons conseils doi- 
vent être acceptés d'où qu'ils viennent, et qu'un géant ne sau- 
rait savoir mauvais gré à un faible enfant qui l'avertirait cha- 
ritablement qu'il y a devant ses pieds une pierre qui pourrait 
le faire cheoir. 

J^ ne suis encore connu en entomologie que par l'amour 
que je porte à la science; mais, croyez-moî, cet amour ne 
ressemble point aux amours vulgaires. L'histoire naturelle ne 
fait guère d'infidèles , et elle a sur les femmes l'avantage «le 
pouvoir être courtisée à la fois par bien des amans sans faire 
de jaloux : tachons donc de n'en point faire une prostituée. 
C'est pour arriver à ce but que je crois permis à chacun de 
nous , illustres ou obscurs, savans ou non savans, d'apporter 
le tribut de nos conseils, qui doivent devenir en quelque sorte 
une garantie de nous pour l'avenir. C'est une lettre de change 
à vue qu'on pourra tirer sur moi en temps et lieu. 

Avant de commencer, je sens la nécessité de repousser 
toute accusation de personnalité. Je le déclare formellement, 
je ne fais allusion à personne ; je ne désigne indirectement 
aucun ouvrage quelconque. Mes observations seront toutes gé- 
nérales. Une fois qu'on a saisi le domaine entier d'une science 
et qu'on est sorti des spécialités, on doit s'être fait aussi auel- 
ques idées générales et avoir considéré l'ensemble à sa ma- 
nière , avec son individualité. On a critiqué les ouvra2;es des 
savans; on a reconnu qu'en beaucoup de cas ils étaient restés 
bien au dessous de ce qu'ils promettaient. Eh bien! n'est-il 
pas dans l'intérêt de la science de vous signaler, non point 
d'une manière absolue , ce qu't/s contiennent de défectueux , 



56 ANNALES 

mais ce qu'ils nous para isseiit contenir de défectueux? Les sa- 
vans qui ont le plus contribué par leurs travaux aux progrès 
de l'histoire naturelle n'avoueraient-ils pas eux-mêmes que 
leurs ouvrages renferment Lien des erreurs , que bien des dé 
taiîs auraient pu être mieux soignés, que bien des observa- 
tions importantes ont été négligées ? Si donc celui qui a vrai- 
ment niérité le titre de savant est forcé de convenir qu'il n'a 
pu soustraire ses productions à l'imperfection inhérente à tout 
travail humain et impossible , saos aucun doute, à éviter dans 
l'état actuel de la science, et avec des lacunes que des obser- 
vations minutieuses et suivies n'ont point encore pu remplir, 
pourquoi ceux qui aspirent au titre de savant, sans l'avoir 
encore mérité, prendraient -Us la mouche (passez-moi cette 
expression vulgaire, qui devient ici tout-à-fait entomoîogique) ; 
prendraient-ils la mouche , dis-je , et se croiraient-ils offensés 
si on vient leur signaler d'avance les inconvéniens d'un travail 
trop léger , trop rapide et trop superficiel ? 

Je sais que l'amour-propre joue un bien grand rôle dans 
Fori^anisation du nati\ralisle ; je sais que l'habitude d'observer 
les objets qui sont en dehors de lui , lui fait trop souvent ou- 
blier de s'observer lui-même. Mais, Messieurs, je ne recon- 
nais qu'un amour-propre raisonnable , c'est celui d'être hon- 
nête homme et de vouloir passer pour tel aux yeux de ses 
concitoyens. Dans tout autre cas, l'amour-propre est une fai- 
blesse h resclava2;e de laquelle il n'est point nécessaire de se 
soumettre. La modestie est le plus beau fleuron de la couronne 
du savant. 

D'ailleurs, quand il y a critique, il n'y a pas encore con- 
damnation ; c'est un procès h juger : le critique peut avoir tort 
et l'auteur raison. Chaque savant porte son droit au bout de 
sa plume : c'est la discussion qui fera jaillir la lumière. Dans 
tous les cas, il n'y a plus (V infaillibilités reconnues; et un 
savant, quel qu'il soit, aurait mauvaise grâce h vouloir se yo<?5cr 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3^ 

comme infaillible. L'essentiel est de bannir des discussions 
l'aigreur, et de ne jamais s'écarter des formes de la politesse. 

J'ai toujours pensé que la distinction des espècps était le 
fondement de toute l'histoire naturelle. Une fois l'espèce éta- 
blie, il est facile de l'étudier dans ses rapports avec toutes les, 
autres branches delà science. Au contraire, avant qu'elle soit 
bien constatée, tout n'est que confusion; c'est une vraie tour 
de Babel j on ne s'entend plus; on parle sans se comprendre, 
parce qu'on rapporte souvent à une espèce les observations 
qui ont été faites sur une autre. Uanatomlc et la physiologie 
sont de puissans moyens pour arriver non-seulement à la dé- 
termination de l'espèce , mais encore à l'établissement , sur 
(les bases stables , de ces groupes plus ou moins naturels , plus^ 
ou moins artificiels, connus sous les noms à* ordres , classes,, 
familles et genres. 

Je dis plus ou moins naturels ou artificiels; car si , dans l'état 
actuel de la science , il existe plusieurs genres qui semblent 
naturels et bien tranchés , je crois que , si nous possédions 
l'ensemble des êtres créés par lu nature, ces différences bien, 
tranchées disparaîtraient peut-être tout-à-fait , et que nous se- 
rions forcés de reconnaître que la nature n'a créé que des es- 
pèces^ 

C'est donc à la détermination de Yespèce, dans le sens le. 
plus étendu du mot , que doivent tendre , par des chemins 
différens , tous les travaux des riaturahstes, ceux-ci directe- 
ment, ceux-là indirectement; mais c'est toujours le but dé- 
finitif. 

Une bonne monographie (i) est donc le plus important ser 

(i) On m'a reproché de clonuer au sens du mot mono.raphie, une signi- 
fication beaucoup liop étendue; j'avoue que jusqu'à présent îe sens de 
ce mot a été restreint à la distinction et description des espèces d'ua 
groupe quelconque ; mais je ne vois pas ce qui m'empêcherait de lui don- 
inde. Une monographie ne peut qu'y gagner 



38 ANNALES 

vice rendu à la science, mais c'est aussi le plus difficile; il 
est même absolument impossible d'arriver à la perfection. 
Quoi qu'on fasse , on restera toujours au dessous de son 
sujet , parce que de nouvelles découvertes tiennent journelle- 
ment augmenter nos trésors ; que nous ne pouvons pas , comme 
des minisb^es plénipotentiaires , laisser nos protocoles ouverts 
pour enregistrer les nouveau-venus , et que surtout nous man- 
quons , la plupart du temps , des renseignemens nécessaires 
sur les mœurs et la manière de vivre des nouvelles espèces. 

Aussi existe-t-il peu de bonnes monographies. Que dis-je ? 
je n'en connais même pas dans l'étendue du sens que j'attache 
à ce mot; elles sont toutes plus ou moins complètes , renfer- 
ment des observations plus ou moins intéressantes; mais je 
prétends qu'il n'est pas un groupe ou pas un genre , pour peu 
qu'il soit composé de deux ou trois espèces , qui ne soit sus- 
ceptible d'être remanié pour ainsi dire ab integro , et enrichi 
d'une foule de détails nouveaux qui avaient échappe aux pré- 
cédentes observations. Certes, le champ delà science ne peut 
pas être plus vaste; car il n'a de bornes d'aucun côté. 

Mais faut-il pour cela se décourager? Faut-il renoncer à 
travailler parce que la perfection absolue ne peut devenir notre 
partage? Non , Messieurs; il faut faire comme les mathémati- 
ciens avec la quadrature du cercle : armés de leurs fractions 
décimales , ils en approchent autant qu'ils veulent. Nous n'a- 
vons pas de fractions décimales , nous autres naturalistes ; 
mais nous ne manquons pas de moyens : nous avons d'im- 
menses collections à visiter, une foule d'ouvrages à compulser, 
une foule de savans à consulter. Nous avons nos observations 
propres à ajouter à celles d'autrui pour confirmer une vérité 
ou détruire une erreur. Le secret de l'art est de ne négliger 

en intérêt et en utilité. D'ailleurs il suffit que je m'explique sur le sens 
que j'attache au mot, pour être à l'abri de tout reproche. Faudrait-il 
inventer un autre mot pour exprimer mon idée ? 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 39 

aucun de ces moyens , de prendre lout son temps , de faire 
comme V abeille , qui n'a point la prétention de construire 
seule et en un jour ses doux rayons, mais qui s'aide du se- 
cours de ses compagnes, et s'en va parcourir au loin les 
campagnes et puiser çà et là dans le nectaire des fleurs les 
sucs nécessaires à ses admirables travaux. Vous voyez que les 
petits animaux peuvent souvent servir d'exemple aux grands. 

Il faut savoir sacrifier le plaisir momentané de voir son nom 
imprimé à la tête d'un ouvrage au plaisir plus vrai, plus du- 
rable de laisser après nous un monument qui nous survive ; 
car ce monument ne durera (juà proportion du temps que nous 
aurons employé à le construire. Et cependant pourquoi une 
gloire durable ne serait-elle pas aussi le but du naturalistes? 
Pourquoi la vanité du moment lui ferait-elle négliger la gloire 
immortelle d'avoir avancé l'étude d'une petite partie du grand 
tout ? Les spécialités sont le seul aliment dont notre siècle 
doive se nourrir. Nous devons léguer les généralités h nos 
descendans; nous taillons les pierres : à eux seuls il est réservé 
de les assembler pour construire l'édifice entier. Il n'est peut- 
être pas un d'entre nous qui ne fût capable de brocher , en fort 
peu de temps, une monographie quelconque; mais un esprit 
bien fait ne pourra jamais donner ce nom à un travail aussi 
défectueux, et qui ne pourra guère survivre à son auteur. 

Pour faire une bonne monographie , il faut avoir une con- 
naissance exacte de l'anatomie du groupe d'insectes dont on 
s'occupe, faire l'histoire de leurs transformations, de leurs 
mœurs , de leurs habitudes , des substances végétales ou ani- 
males dont ils aiment à se nourrir. Il faut lire les ouvrages de 
tous les auteurs qui se sont occupés du groupe qui fait l'objet 
des travaux du monographe. A cette partie se rattache la sy- 
nonymie , si souvent négligée et si émineminent nécessaire. 
Ce n'est qu'après avoir compulsé tous les ouvrages, autant 
que faire se peut , qu'on parviendra k lever les doutes , h. dé 



4o ANNALES 

truîre les erreurs, et à faire sortir de la confusion du cîiaos^ 
une aimable science, qui n'a si peu de sectateurs que parce 
qu'acné demeure hérissée de difficultés et d*incertitudes. A 
cette partie se rattache encore la critique y qui, dans le vrai 
sens du mot, consiste à réfuter ou à confirmer, par des ob- 
servations propres et nouvelles, celles de nos devanciers. 

Ce n'est qu'^après s'être enrichi d\me masse d'observations 
faites par d'autres ou par lui-même que le monographe doit 
procéder sérieusement à la fixation définitive des espèces , à 
l'énoncé de leurs caractères , à leur description et à l'établis- 
sement des groupes artificiels ou naturels. 

Les caractères spécificjaes doivent sm'tout attirer toute l'at- 
tention du monographe : en eux réside toute la philosophie 
de la science. Ils doivent contenir tout ce qui distingue une 
espèce de ses analogues , tout ce qui a motivé la création de 
l'espèce. Si on avait toujours considéré le caractère spécifique 
sous ce point de vue, combien de fausses espèces n'auraient 
point été si souvent établies à la légère , soit sur des pâtes plus 
ou moins rouges , sur un corselet plus ou moins impercepti- 
blement rétréci, sur quelques enfoncemens plus ou moins vi- 
sibles, quelques stries plus ou moins effacées ou quelques 
taches plus ou moins apparentes! 

La phrase spécifique établie , le monographe ajoutera , en 
forme de description, quelques détails saillans , mais secon- 
daires , sur l'espèce qu'il veut caractériser. Une fois qu'on aura 
accoutumé les naturalistes à regarder la phrase spécifique 
comme le point important, il ne sera plus nécessaire d'en ré- 
péter les caractères dans la description. Je ne puis approuver 
ces descriptions longues et minutieuses dont les sept huitièmes 
se rapportent à toutes les espèces d'un groupe; ce n'est plus 
alors que Aes descriptions d'individus. Elles ne servent qu*à 
induire en erreur ceux qui veulent déterminer leurs insectes 
d'après des descriptionso 



DE LA SOCIÉTÉ EXTOMOLOGIQLE. ^i 

Linné (i) , h cet égard, me paraît un modèle, et ne peut 
être trop étudié. Inventeur des noms gêner i(} ues ei spécifiques-, 
tels que les naturalistes les employent maintenant, il est resté 
le maître de l'art et le seul modèle à imiter, parce que tous 
ceux qui ont Lien travaillé ont suivi de près ses traces. 

Mais une description trop courte est aussi un écueil à éviter. 
Suffisante pour faire distinguer sûrement toutes les espèces 
connues et décrites dans une monographie, elle ne l'est sou- 
vent plus pour empêcher de confondre les espèces nouvelle- 
ment découvertes avec celles qui ont élé décrites. Il y a donc 
un Juste milieu l\ tenir : le tact ne s'enseigne pas; tout ce qu'il 
est possible de faire est de signaler les éeueils. 

Que dirai^je maintenant de cette malheureuse manie d'éta- 
blir de»* espèces nouvelles sur les moindres aberrations du type? 
Cette manie , je le pense , est le chancre de l'histoire natu- 
relle en botanique comme en zoologie. Avec un pareil système^ 
chaque individu devient une espèce ; car je ne sais si , après le 
plus rigoureux examen , on trouvera dans la nature deux in- 
dividus identiquement semblables (5»). Cette manie est d'au- 
tant plus inconcevable que la plupart de ceux qui y sont 
sujets savent fort bien que si , parmi les grandes espèces du 
règne animai , celles qui sont voisines, comme le cheval et 
l'âne, peuvent produire des hybrides, ce mélange de races 
doit être bien plus fréquent encore parmi les innombrables 
tribus d'insectes. 

Supposez deux harpales , mâle et femelle , qui se rencon- 
trent; certes , je ne puis supposer que le mâle pousse le scru- 
pule jusqu'à aller regarder sur le corselet de la femelie s'i>l 

(i)La Philosophia botanica de Linné peul s'appliquer à toutes les bran^ 
ches de l'hisloiie naiurelle. D'hillems il en a fait l'application la plus 
rigoureuse dans les Species puintcnim et inscciorum. 

(2) Un savant naturaliste a dit qu'il y avait !)lus cj'csj^cces à réduire quç 
de nouvelles à créer. 



42 ANNALES 

existe quelques points enfoncés de plus ou de moins , ou si son 
corps n'est point un. peu plus étroit que d'habitude. L'accou- 
plement ne s'en fera pas moins , et , de là , les nombreuses 
variétés qui font de l'entomologie une science si difficile. 

Il est donc nécessaire que le monographe établisse ses es- 
pèces sur le plus grand nombre d'individus que possible. Ce 
n'est qu'après une comparaison rigoureuse qu'il peut espérer 
de découvrir des caractères stables dans ceux seulement que 
lui présentera la totalité de ses individus. Il reléguera , sous 
le nom modeste de variétés y tous ceux qui ne lui offriront 
pas des caractères constans. Il se privera sans doute souvent 
de l'honneur du mllil ou du nobis; mais il s'en consolera aisé- 
ment, s'il est raisonnable, par l'acquisition d'une propriété 
bien autrement honorable , celle d'a/ie bonne monographie. 
Loin de chercher à établir de nouvelles espèces , un mono- 
graphe ne devrait le faire , pour ainsi dire , qu'à son corps 
défendant. Une espèce à établir est presque un ennemi à 
combattre. 

Je ne puis assez m'é'ever ensuite contre cette prétention 
d'imposer de nouveaux noms à des espèces déjà nommées et 
décrites par d'autres. Quand un auteur a fait imprimer un 
travail , ce qu'ii y a nommé et décrit devient sa propriété. 
Est-ce sa faute à lui si son ouvrage n'est pas tombé entre vos 
mains? Avant d'entreprendre un travail quelconque, c'était 
à vous à vous informer de tout ce qui avait été publié sur 
cette matière. La probité entomologique est une probité tout 
comme une autre, et c'est ici le cas de dire que ne pas pren- 
dre aux autres , c'est les voler. 

Puisqu'il est si doux de baptiser un insecte , qu'on respecte 
donc aussi le baptême administré par d'autres. Certes, nous 
saurions bien mauvais gré à un auteur qui . méprisant la prio- 
rité de nos travaux, vierulrait classer, nommci' et décrire ce 
que nous avons classé , nommé et décrit , et nous enlèverait 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 43 

ainsi le fruit de nos veilles , sous prétexte qu'il a ignoré l'exis- 
tence de notre travail. Nous lui dirions avec raison : pourquoi 
ne vous en ètes-vous pas informé (i) ? 

D'ailleurs , il n'est pas si dilTicile qu'on pourrait le croire 
d'arriver à la connaissance de ce qui a été publié avant nous. 
La science , eu général, fait de tous les hommes qui s'en oc- 
cupent une grande famille. La conformité d'études et de goûts 
enchaîne des liens de l'amitié des hommes qui ne se sont ja- 
mais vus , qui habitent même les pays les plus éloignés. S'il 
est impossible de connaître par soi-même tout ce qui se pu- 
blie de relatif à nos travaux dans les différentes parties de 
l'Europe , nous le pouvons , par l'entremise de savans dont 
une des occupations est de se tenir au courant de toutes les 
publications et de fonder un magasin général de renseigne- 
mens toujours ouvert à ceux qui veulent se donner la peine 
de venir y puiser. 

Il n'est pas non plus de savant en Europe qui ne se fît un 
plaisir, un devoir même , de répondre à des renseignemens 
qui lui seraient demandés , quand ce ne serait que pour faire 
connaître ses travaux ou ceux de ses amis ou concitoyens. 
Cette complaisance, cette amabilité distinguent même d'une 
manière bien avantageuse (ceci soit dit sans blesser personne) 
les savans qui s'occupent d'histoire naturelle de ceux qui s'a- 
donnent aux sciences morales, On dirait que l'étude de la na- 
ture est, plus que tout autre étude, capable d'ouvrir le cœur 
de l'homme aux épanchemens de Tamitié. Les exceptions ne 

(i)Il faut convenir que cette négligence est souvent pardonnable, au 
moins jusqu'à un certain point, quand des mémoires sont publiés en 
pays étrangers et an langues étrangères. Néanmoins le principe doit être 
posé ; elle est tou!-à-fait impardonnable , quand des publications se sont 
faites dans la même langue et dans le même pays, et quand il eût été si 
facile de prendre connaissance de travaux qui se trouvaient, pour ainsi 
dire , sous notre main. Combien d'exemples je pourrais citer ! 



44 ANNALES 

détruisent pas un principe de la vérité duquel j'ai, pour meife 
compte , lait bien souvent l'expérience dans mes voyages. 

Ce que je viens de dire de la fixation des espèces , je puis 
l'appliquer également à ce qu'on est convenu d'appeler genres^ 
Le getire n'est , h mes yeux , presque dans tous les cas qu'une 
£v,upe toul-à-fait artificielle. Aussi, une fois qu'on s'est lancé 
dans la carrière , n'y a-t-il plus de raison pour ne pas établir- 
autant de genres que d'espèces, et pour ne pas considérer 
Gomme caractères génériques ceux qui ne devraient peser 
dans la balance que comme caractères spécifiques ou seule- 
ment comme moyen de division entre le grand nombre d'es- 
pèces dont un genre peut se trouver surchargé. Vous citerai- 
ye quelques exemples? Demandez à ceux qui s'occupent de 
l'ordre des Coléoptères ce qu'ils ont pensé en voyant séparés 
dans deux genres distincts des insectes aussi semblables que 
les Dromlas et les Demetrlasy tandis que d'un autre coté ils 
ont vu entassés dans un même genre des Coléoptères aussi 
diilérens par leurs faciès et leui^s habitudes que l'agile Ar- 
gutovy le brillant Pterostichus et le paresseux Afo/o/?5 ? Deman- 
dez-leur ce qu'ils éprouvent, quand ils voient le genre Elater 
démembré en quatorze ou quinze genres nouveaux , pour no 
pas dire plus, tandis que quatre ou cinq étaient à peine né- 
cessaires pour en débrouiller le chaos? 

Mais les caractères sont constans , me dira-t-oo. Je veux 
bien le croire, au moins jusqu'à nouvel ordre. Mais poiirquoi. 
ces caractères constans n'auraient-ils pas servi plutôt à ranger 
les espèces dans un meilleur ordre, à les diviser en groupes 
qui permissent de se retourner plus facilement au milieu de 
celte confusion de formes? Quel service, je le demande, 
rend-on h la science en s'efTorçant ainsi de désunir ce que la 
nature n'a pas voulu séparer? 

Et ces inventions d'une foule de noms plus barbares les uns, 



DE LA SOCIÉTÉ ENïOiMOLOGIQUE. 45 

<jue les autres ! C'est à qui maintenant s'armera du diction- 
naire grec, sans connaître souvent un mot de cette langue, 
jjour construire les mots les plus baroques. Les plus longs 
sont les meilleurs (i); ses/jtù pedaila verba , comme disaient 
les. Romains. Croyez-moi , Messieurs , tout cet appareil de syl- 
labes cousues ensemble effraye , comme Taspect de petits 
monstres; on détourne los yeux et on abandonne sa collec- 
tion aux vers : et il n*est peut-être pas un naturaliste qui n*ait 
été dix fois tenté de le faire. 

S'il nous faut absolument un mot pour un nouveau genre , 
jetons des lettres dans une urne , retirons-en à l'aventure une 
certaine quantité ; liions; et il y a cent à parier contre un 
que nous aurons un mot plus doux , plus harmonieux que la 
plupart de ceux que Von enfante après un long travail, que la 
plupart de ces mots , composés eux:-mémes de trois ou quatre 
mots étonnés de se trouver ensemble, et qui ne ressemblent 
pas mal au grimoire des magiciens ou à des injures de pois- 
sardes. 

Mais il y a plus : ces noms de genres significatifs sont une 
^es plaies de l'Entomologie. Linné a dit avec raison que le mot 
spécifique devait désigner une propriété, en un mot, un ca- 
ractère quelconque de l'espèce , mais qu'il valait beaucoup 
mieux que le nom générique n exprimât rien , du caractère du 
genre , s'entend. Il a cité pour exemple le nom générique 
Quincjuefolia des anciens botanistes : c'est le genre moderne 
Polentilla; il a fait voir d'une manière évidente l'inconvénient 

(i Entre mille , je citerai les suivans ; Anisodactylus y Eetcromoiphus^ Lep- 
totrachelus^ Onypterygia ^ Platymetopus , Trigonodactyla, Gynandromorphus ^ 
Thyreopterus , Chasmatopterus , etc. On perd la respiration avant detre 
arrivé à la fin du mot. — J'en demande pardon aux saVans qui ont com- 
posé ces mots-là; ils peuvent exprimer exactement les caractères du genre; 
ils peuvent être fabriqués suivant toutes les règles : mais quelle mémoire 
pourrait les retenir ? C'est bon pour le savant qui les a faits; mais il fau- 
drait aussi un peu penser aux autres. 



46 ANNALES 

de ces noms significatifs, puisque beaucoup de Potentilles ont 
sept folioles , d'autres trois , au lieu de cinq , et que d'autres 
ont les feuilles ailées. On a cité encore un autre genre (ei on 
pourrait en citer beaucoup) qui a été nommé Chrysophyilam 
{feuilles dorées) , parce que les feuilles étaient couvertes en 
dessous d'un duvet doré; mais comme on a découvert plus 
tard une espèce du même genre qui a les feuilles a, ^entées en 
dessous , au lieu d'être dorées , il s'en est suivi que la nou- 
velle espèce a pris le nom de Chrysophyilam argyrophyllum , 
c esl-à-dire que le nom de l'espèce implique contradiction 
avec le nom du genre. jN'est-il pas évident que cet inconvé- 
nient aurait été évité , si le nom du genre n'eut pas été si- 
gnificatif, et si le mot Chrysophyilam eût été appliqué au 
nom d'espèce , comme cela devait être ? 

Avec cette manie de vouloir tout exprimer avec deux ou 
trois mots grecs accouplés ensemble, on court risque de 
tomber à tout moment dans le même inconvénient. J'ouvre 
le premier ouvrage : j'y trouve , à côté l'un de l'autre , les 
deux noms génériques Oxycheila et Cicindela , dont l'un est 
significatif Qi l'autre na l'est pas. Eh bien! que l'on découvre 
maintenant (ce qui est possible) un insecte qui ait tous les 
caractères de rOa::jcAef7a, excepté la lèvre supérieure, qui 
serait, je suppose, moins triangulaire et presque obtuse; 
nous voilà forcés de faire un nouveau genre, ou bien de 
faire exactement ce que je ferais si je disais : h. homme blanc à 
Tapeaa noire ou nez aplati à pointe avancée; » tandis qu'au con- 
traire toutes les Cicindèles qu'on découvre journellement vien- 
nent se placer dans leur genre , sans faire jurer leurs noms 
de baptême avec leur nom de famille. 

Veuillez me comprendre , Messieurs , et ne point inter- 
préter mes paroles à la rigueur : je ne signale ici que l'excès. 
Je suis bien désintéressé en parlant contre l'abus que l'on 
fait de cette pauvre langue grecque , qui , ne pouvant bientôt 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 47 

plus fournir à tout , sera forcée d'appeler sans doute à son 
secours l'hébreu ou le syriaque. Je cultive la langue grecque; 
je l'aime dans les écrits des Homère, des Hérodote , des Aris- 
tote, mais non point Larbarisée dans une aimable science , 
qui, précisément parce qu'elle est aimable, doit être mise à 
la portée de tout le monde. Elle est douce, harmonieuse, 
cette belle langue ! Pour Dieu , ne la calomnions pas ! Res- 
pectons les mânes des Platon et des Démosthènes. 

'Quant à rétablissement des genres, il est impossible de 
poser des principes certains et de les circonscrire dans des 
bornes fixes , les caractères essentiels n'étant pas les mêmes 
pour toutes les classes d'insectes, et d'une importance plus 
ou moins grande , suivant la manière de voir de l'observateur. 
Mais il est , sans aucun doute , des considérations générales 
par lesquelles le sage naturaliste doit se laisser guider. A cet 
égard, la connaissance des mœurs d'un insecte est du plus 
grand poids à mes yeux; elle peut nous mettre sur la voie de 
découvertes auxquelles nous ne serions jamais arrivés sans elle. 
Sous ce point de vue, il faut avouer que le zoologue est placé 
dans des circonstances beaucoup plus favorables que le àota- 
nlste. Les plantes , en effet , ont un mode de développement 
beaucoup plus restreint; le sol où elles croissent ne dit rien 
ou peu de chose au naturaliste ; des espèces évidemment con- 
génères croissent les unes sur les plus hautes montagnes , au 
pied des neiges éternelles , d'autres dans des marais. Privées 
de la faculté de locomotion , attachées pour tout le temps de 
leur existence au sol qui les a vues naître, elles ne parlent point 
à l'observateur comme l'étourdi hanneton , qui voltige le soir 
en bourdonnant autour de nous, comme l'agile Clcindèle , 
qui nous échappe par un vol rapide pour retomber un peu 
plus loin sur le sol et continuer sa légère promenade , comme 
la lourde Meloe, qui se traîne lentement, semblable à une 
vieille coquette qui cherche encore des amans, comme l'élas- 



48 ANNALES 

tique Elatêi\ comme le rusé Byrrhus , quî fait le mort au mi- 
lieu d'un tas de sable , enfin comme toutes les nombreuses 
familles de ce peuple immense dont les différences de mœurs 
font presque toujours présupposer une différence d'organisa- 
tion , qu'on finit par trouver quand on la cherche avec l'in- 
time conviction qu'elle doit exister. 

C'est la connaissance des mœurs de Vllister quadratus qui 
m'a fait reconnaître qu'il formait réellement un genre bien 
distinct des autres Hlster : c'est cette même connaissance 
qui ne permet pas de laisser dans le même genre ceux qui 
vivent dans la corolle des fleurs (//. striât us ^ hispldus , sul- 
catus) et ceux qui vivent sous l'écorce des arbres ( Hololepta), 

Citons encore un autre exemple. J'ai remarqué dans mon 
voyage au Caucase que la Lytta erythrocephala avait des mœurs 
bien différentes des Lytta veslcatorla, coUaris , syrlacaeicha- 
lybœa. La première court légèrement sur le gazon , parmi les 
herbes , avec une si grande rapidité qu'on a peine h la saisir, 
tandis que les autres espèces que j'ai citées restent pesamment 
attachées aux rameaux des plantes dont elles aiment à se nour- 
rir. Cette particularité ne doit-elle pas faire soupçonner qu'il 
existe entre elles une différence notable dans l'organisation de 
leurs jambes? L'observation ne conduira-t-eile pas à trouver 
cette différence? et , une foi trouvée , n'arrivera-t-on pas à 
décider, à priori, qu'elles sont , parmi les espèces de ce genre 
si nombreux , celles qui sont congénères de la Lytta crythro- 
cepliala et celles qui appartiennent au groupe de la vesicaria, 
^oUaris et autres ? 

Je vous cite ces exemples parce qu'ils se présentent main- 
tenant h mon esprit et qu'ils sont le résultat de mes propres 
observations; s'ils sont insuffisans, vous en trouverez mille 
autres quand vous voudrez vous en donner la peine, 

Une différence de facics peut aussi nous faire présupposer 
une différence dans les caractères essentiels. Quelques esem- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIÇUE. 49 

pies serviront encore à constater cette vérité. Aucun entomo- 
logue qui s'occupe de Coléoptères , pour peu qu'il soit exercé , 
ne confondra une M egacéphale avec une Cicindèle, quoique ces 
genres soient très-voisins. Mais en direz-vous autant des deux 
genres Procrustes et Carabus , et fallait-il séparer générique- 
ment des insectes aussi semblables par leurs faciès , leurs ha- 
bitudes, les substances dont ils se nourrissent et les lieux 
qu'ils habitent? Comparez les caractères génériques qui leur 
sont assignés , et vous verrez que tout y est identiquement 
semblable , excepté la lèvre supérieure b'dobèe dans les Cara- 
bus , et trilobée dans les Procrustes, Mais si ce caractère a 
une si grande valeur , pourquoi n'aurait-il pas la même valeur 
dans les Cicindèles , dont les unes ont la lèvre supérieure en- 
tière, d'autres simplement dentée , d'autres encore avec trois 
ou cinq dentelures? Il faudrait alors, pour être conséquent , 
établir au moins encore quatre genres parmi les Cicindèles, 
A mes yeux donc, un Procrustes ne sera jamais qu'un Cara-- 
bus h lèvre trilobée , excellent caractère de section , mais non 
de genre (1). 

Eh bien ! Messieurs , prenez les ouvrages des plus célèbres 
naturalistes , vous remarquerez partout la même inconsé- 
quence. L'erreur se propage comme article de foi. Qu'en ar- 
rive-t-il ? C'est que tout cet échafaudage de genres s'écroule 
quand on veut en appliquer les caractères aux nouvelles re- 
crues d'insectes qui nous arrivent chaque jour des pays loin- 
tains. Les genres alors pullulent comme les vers dans un 
cadavre. On ne s'y reconnaît plus : une foule de formes inter- 

(i) Od peut défendre avec plus de raison le genre Precems. Outre la 
grande taille de ces insectes, de laquelle celle des plus grands Carabus 
approche à peine, ils ont Xts tarses semblables dans les deux sexes , et en 
quelque sorte nn faciès qui leur est propre. Ils habitent aussi exclusive- 
ment le midi de l'Europe , depuis la Carniole jusqu'au Caucase et l'AsiC' 
Minture. 



5o m ANNALES 

médiaires tiraillent l'esprit tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, 
et démontrent, mieux que je ne puis le faire, les inconvé- 
niens d'une pareille méthode; et le malheureux naturaliste, 
en proie au supplice de Tantale qui se jette tantôt sur un met, 
tantôt sur un autre , sans pouvoir en attraper aucun , fatigué , 
harassé, couvert de sueur, entasse alors, de guerre las , dans 
un même genre les espèces les plus diverses , comme cela est 
arrivé pour le genre Feronla, et comme cela arrivera, sans 
aucun doute, pour hien d'autres. C'est un tout y va, où l'on 
jette tout ce qu'on ne peut mettre ailleurs. 

Ne serait-il donc pas possible de travailler sur des bases 
plus solides? Certes , ce n'est pas à moi qu'il appartient de 
vous en prescrire d'autres ; mais je puis vous dire au moins 
comment je m'ejOforcerai de travailler , si tant est que je tra- 
vaille jamais. Toutes les fois qu'une différence à* organisation 
constante sera accompagnée d'une différence de faciès ou 
d'une différence de mœurs constante dans un même groupe , 
je n'hésiterai point à établir un nouveau genre. Mais quand 
une seule de ces conditions se trouvera remplie , à moins ce- 
pendant de cas exceptionnels , de cas graves que je ne puis 
prévoir (les meilleures lois ont toutes leurs exceptions dans 
l'application) , je n'en ferai point; car, en le faisant , je m'ex- 
poserais à voir des travaux subséquens renverser mon édifice 
et en démontrer la fragilité. 

Il faudrait ahuser de vos momens pour épuiser toutes les 
réflexions que présente à l'esprit du naturaliste zélé un sujet 
si fécond. Qu'on ne m'objecte pas qu'il est facile de dire et 
difficile de faire , et que moi-même je me trouverai dans l'em- 
barras quand il s'agira de mieux faire. Je ne le nie pas; rien 
n'est plus probable; mais cela même n'empêcherait pas de 
me donner raison; cela n'empêcherait pas que d'autres, plus 
habiles que moi, ne pussent mieux travailler. D'ailleurs, je 
n'émets qu'une opinion à moi personnelle; vous êtes d'excel- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 5i 

lens juges, et vous n'êtes point forcés de l'adopter. Toutes les 
conditions de la lillfc'té la plus large, la plus entière se trou- 
vent ainsi remplies. Quand il n'y a pas de montagne , il n'y a 
pas d'écho. Mais quand je n'aurais fait qu'appeler votre atten- 
tion sur les qualités que doit posséder, selon moi , un bon 
ouvrage d'Entomologie, sur les lumières dont il est nécessaire 
de s'entourer, sur la légèreté avec laquelle on travaille géné- 
ralement , sur le fâcheux penchant qu'ont les naturalistes à 
multiplier sans raison valable les genres et les espèces, et sur 
l'abus de mots barbares, je croirais encore avoir droit à 
réclamer votre indulgence pour un essai aussi imparfait , et 
rédigé trop à la hâte pour que vous ayez la cruauté d'épuiser 
sur lui les traits acérés de votre critique. Et je demeurerai per- 
suadé que celui qui a porté dans la plus petite partie de l'his- 
toire naturelle toute la lumière dont cette partie était suscep- 
tible, quand bien même il n'aurait fait que l'histoire de quel- 
ques espèces , a mieux mérité de la science que celui qui 
aurait fait mille espèces et mille genres nouveaux. 

Je ne finirai point sans faire aux membres de cette société 
une proposition qu'ils accueilleront , j'espère , avec faveur, 
parce qu'elle peut avoir une grande influence sur les progrès 
futurs de l'Entomologie* Vous avez tous remarqué, Messieurs, 
qu'il existe dans celte science des lacunes , des vides bien fâ- 
cheux, c'est-à-dire que des ordres et des genres ont eu le 
privilège d'être travaillés et retravaillés aux dépens d'autres 
ordres et d'autres genres qui sont restés dans l'ombre; qu^'l 
y a même des familles entières que l'on ne connaît presque 
que de nom. Eh bien ! il me semble qu'il serait digne d'une 
société comme la nôtre de s'occuper de ces lacunes , de les 
signaler aux recherches des entomologues zélés de toutes les 
parties de l'Europe, de tous ceux au moins qui sont disposés 
à prendre part à nos travaux , et d'appeler plus particulière- 
ment leur attention sur telle ou telle branche jusqu'à prè- 



53 ANNALES 

sent tout-à-fait négligée ou peu connue. Il faudrait au moins 
les prier de faire parvenir à la Société t«|ÉM:es les observations 
de détail qu'ils seraient dans le cas de faire, afin qu'elles 
fussent déposées dans nos archives , classées soigneusement , 
et qu'elles devinssent peu à peu un trésor précieux où chacun 
pourrait venir puiser à pleines mains sans crainte de l'épuiser 
jamais. 

Car il ne suffît pas d'accueillir des travaux avec bienveil- 
lance; il faut aussi s'efforcer de les diriger ou de les faire 
naître. Livré à lui-même, l'esprit de l'homme tend h s'occuper 
plus exclusivement de ce qui lui plaît, de ce qui frappe plus 
particulièrement ses sens , de ce qui lui procure plus de 
jouissances et moins de peine. Mais quand on sait l'aiguillon- 
ner habilement, le pousser, l'encourager, on parvient aussi 
souvent à obtenir de lui le plus difficile et le moins attrayant. 
L'ambition de se rendre utile, de triompher de la difficulté 
vaincue, de se faire connaître avantageusement du monde sa- 
vant en suivant une route non encore frayée , peut donner du 
charme au travail le plus fatiguant et convertir l'ennui en 
véritable plaisir. Et peut-être qu'un jour vous verriez éclore, 
par vos soins, un tra^^ail important pour la science, de l'es- 
prit d'un homme qui, abandonné à lui-même, aurait con- 
tinué à se traîner sur les routes battues I 



Mémoire sur le G. Gorytes Latr. Arpactus. JuR. Par M. le 
comte Lepeletier de Sunt-Farceau. 

(Séance du 29 février iSSa.) 

M. Latreille , fondateur du G. Gorytes , le place dans la sep- 
tième division de la famille des Hyménoptères fouisseurs 
(Latr. Crust. Arachn. et Ins. Tom. 2, pag. 629, 2* édit. ) 
et dans la tribu des Crabronites. 

Les caractères de la division sont : Téle ordinairement 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 53 

très-forte , presque carrée , vue en dessus. Antennes soui^ent 
plus grosses vers le bout , ou en massue. Abdomen soit ova- 
laire ou elliptique , plus large vers son milieu , soit rétréci 
à sa base en un pédicule allongé et comme terminé en mas- 
sue. Cette division ou tribu des Crabonites se subdivise , et la 
subdivision dans laquelle figure le G. Gorytes se distingue 
par les antennes insérées au dessous du milieu de la face 
antérieure de la tête, le chaperon court et large, et les yeux 
entiers. Là se placent trois genres : celui qui nous occupe , 
les Crabro et les StigmuSy ayant tous trois les mandibules 
étroites, simplement dentées au bout, se terndnant en une 
pointe simple avec une seule dent au dessous ou au côté in- 
terne, et les antennes rapprochées à leur base. 

Le caractère particulier des Gorytes est, dit M. Latreille, 
d'avoir : Ti^ois cellules cubitales complètes, sessiles , presque 
égales , la deuxième recevant les deux nervures récurren- 
tes. Les mandibules moyennes , unidentées au côté interne ; 
les antennes un peu plus grosses vers le bout ; le mélathorax 
offrant une sorte de faux écusson sillonné ou guilloché ; et 
les tarses antérieurs souvent ciliés avec le dernier article 
renflé, 

Jurine , en conservant ce genre , changea son nom en celui 
à*Arpactus. Il lui donne les caractères suivans : Cellule ra- 
diale , une , oblongue. Cellules cubitales , trois à peu près 
égales ,* la deuxième _, resserrée antéî^ieur entent , reçoit les 
deux nervures récurrentes ; on voit souvent le commence- 
ment d^ une quatrième cellule. Mandibules petites, bidentées. 
Antennes filiformes ,' composées de douze anneaux dans les 
femelles y et de treize dans les mâles. Femelles ai^mées d'un 
aiguillon piquant et caché. L'auteur ajoute que : Derrière 
leur écusson on voit une plaque triangulaire encadrée , sil- 
lonnée ou guillochée par des lignes parallèles ; les jambes se 
terminent par une pelotte plus dilatée chez les femelles que 



54 ANNALES 

chez les mdles. Dans plusieius espèces on leniarque que les 
tarses des jambes antériewes sont garnis de longs poils pla^ 
ces en dehors de ces parties dont Jurine ignore les usages. 

Si nous examinons les caractères particuliers que nous ve- 
nons de rapporter , nous aurons un assez grand nombre d'ob-r 
servations à faire : 

1° Les cellules cubitales , dans les Gorytès , sont , pour Tor- 
dinaire , au nombre de quatre , au môme titre que dans les 
Tenthrèdes, La.tr. Allanlus ^ Jur. à qui ces auteurs les ac- 
cordent. Mais dans un petit nombre, il n'y en a que trois comr 
plètes, et dans quelques autres, la quatrième est à peine com- 
mencée ou n'atteint pas tout-à-fait le bout de Taile. Dans le 
système alaire , les caractères donnés ne me paraissent pas 
suffire pour distinguer les Gorytes des G. Dimorpha GiSiizus 
et de ceux qui composent la famille des Diploptères. H faut y 
ajouter que la cellule radiale est sans appendice dans les Go- 
rytes pour les distinguer des Dimorpha , qui l'ont appendi- 
cée; que leur première cellule cubitale n*est pas plus longue 
que la deuxième pour les séparer des Stizus , qui ont cette 
première cubitale beaucoup plus longue que la deuxième; en- 
fin que la nervure transversale qui ferme la troisième cellule 
discoïdaîe est très-arquée extérieurement dans les Gorytes 
pendant qu'elle est droite dans les G. de la famille des Diplop- 
tères, Faute d'avoir observé cette dernière différence , Spinola 
et Vander Linden ont introduit un Odynerus dans leur genre 
Gorytes, Car lorsque l'aile des Odynerus est développée, il 
îi'y a que le caractère que nous proposons qui puisse faire dis- 
tinguer les ailes de ces deux genres, 

8° Quoiqu'il soit vrai de dire que les antennes sont insé- 
rées au dessous du milieu de la face antérieure , cela varie du 
pîçis au moins selon les espèces , et en outre les femelles les 
pnt toujours insérées plus près du chaperon que les mâles. 
5° Les antennes pe sont pas toujours un peu plus grosses 



DE LA SOCIÉTÉ ENT0M0L0GIQ13E. 55 

vers le bout. Il y a des femelles et des mâles qui ont les anten- 
nes absolument filiformes. On peut encore moins dire en gé • 
rai , antennes filiformes, puisque dans la plupart les antennes 
vont en grossissant vers le bout , et forment une espèce de 
massue allongée plus ou moins obtuse ou pointue. Telle fe-^ 
melle a les antennes conformées de cette dernière manière , 
pendant que son mâle les a filiformes , et tel mâle les a en mas- 
sue tandis qu'elles sont filiformes dans sa femelle. 

4° Le prothorax ne forme en dessus qu'un rebord mince 
en avant du corselet, et ne s'étend pas latéralement jusqu'à 
l'insertion de l'aile. 

5** L'écusson est divisé en deux par un sillon transversal , 
en sorte qu'il y a un écusson presque triangulaire , et un 
deuxième écusson linéaire transversal. Il faut aussi ajouter que 
le métathorax porte une plaque triangulaire dorsale dont la 
pointe est dirigée vers l'abdomen et bordée latéralement de 
sillons enfoncés. Ces caractères de l'écusson et du métatlioî'ax 
servent encore et distinguer les Goryles des Odynerus. 

6° La dilatation des pelottes des tarses ne dépend pas des 
sexes, mais des espèces; un petit nombre les a très-petites^ 
quelques unes très-grandes, et la plupart moyennes. 

7" Les tarses antérieurs sont ciliés , il ne faut pas dire dans 
quelques espèces, mais dans la plupart des femelles; elles ne 
le sont pas dans un petit nombre d'individus de ce sexe. Il 
faut ajouter que les femelles qui les ont ciliés ont aussi les 
jambes postérieures munies d'épines à leur extérieur, tandis 
que les autres ont ces mêmes jambes inermes. Jurine ignore » 
dit-il, les usages des tarses ciliés. Nous savons, avec M, La- 
treille , qu'ils servent à ces femelles pour creuser dans les 
sables les trous où elles déposent la proie qui servira de nour- 
riture à leur postérité. Nous ajouterons que. les épines des 
jambes postérieures aident à transporter ces proies. 11 faut 
conclure de ce que nous venons de dire que les femelles qui 



56 ANNALES 

sont privées de cils aux tarses antérieurs et d*épines aux jambes 
postérieures, sont incapables de creuser et d'approvisionner un 
nid , qu'elles ne peuvent fournir par elles-mêmes au besoin de 
leur postérité ; que par conséquent elles sont parasites , c'est- 
à-dire réduites à pondre dans un nid construit et approvisionné 
par d'autres. 

Pensera- t-on que l'on doive laisser dans le même genre des 
insectes dont les facultés sont si différentes ? Je ne me l'ima- 
gine pas. Mais on croira peut-être les devoir éloigner beau- 
coup l'un de l'autre; on se tromperait encore. L'auteur de la 
nature a fait les parasites ressemblans par beaucoup d'attri- 
buts à ceux aux dépens desquels ils vivent , pour qu'ils pussent 
être près d'eux et même chez eux sans trop éveiller de soup- 
çons; ils étaient dépourvus de tout autre moyen de multiplier 
leur espèce. Faisons de même , et laissons près des Amphi- 
tryons les parasites qu'ils nourrissent : les fauvettes et les cou- 
cous habitent les mêmes bosquets. Cependant il ne faut pas, 
je pense, les confondre dans un même genre. Ce fut la consi- 
dération première aperçue, qui m'engagea à un examen appro- 
fondi du G. Goïjtes. Cette considération et quelques autres , 
dont une partie est indiquée dans les observations ci-dessus , 
m'engagèrent à former de l'ancien G. Gorytcs six genres dont 
les caractères sont rangés comparativement dans le tableau 
suivant. 



Tom. I 



j")ag. 5{). 



ES GEINRES, 

G. Gorvtès, Gorytes . „ 

■^ saramœcius , Fsam- 

^ . T „ mecius Nob. 

Gorytis spec. Latr. . 

DER L. Mellini spec. ¥J''' 'P''^' Spihol.Vak. 
paet'i spec. JuRiN. 



I, Antennes ^ en ir 
allongée , obtuse , 



en massue 



ngée pointue 



Aussi longue q _^, , 

tête et le corsele ^'"'^ courtes que la 
ensemble. ='^ ^\ ^ cox^û^X. pris 

îsemble. 



2. Antennes (^ filiforn 



ennes c^ en massue 
igée , presque poin- 



Plus longues q,, ._ , 

tête et le corsele ^^"'f^^*^"^^"^ P^"^ 
urtes que la tcte et 

e 



Arpactus, Arpaclus Nob, 

Ârpacd spec. JuR. Gorytis 
spec. Latr. Vabder L. Spiw. 
Pajnz. Powpili spec. Fab. 



I. Antennes Ç en massue 
allongée, un peu pointue, 



Notablement plus 
courtes que la tête et 
le corselet pris ensem- 
ble. 



2. Antennes çj^ allant en 
grossissant du troisième 
au neuvième article in- 
clusivement, s'amincis- 
sant ensuite pour se ter- 
miner en pointe. 

Manifestement plus 
courtes niip la t^tf «^J j 
Psammaecius. 



été Arpaclus. 



filiformes . , n . 

(jorytes. 

nlennfcs ( allant en gros Hoplisus, 

3' article,] Euspongus. 

Arpactus. 

fallant en décroissant après le 3« Lestiphorus. 

es < 

I égaux jusqu'au 9^. . . , . . . Fsammxcius. 

a, M. Brulié qui fal , 1 1 i .^ • • 

s c -des- ' imer, dans une planche, les caractères principaux 



TABLEAU COMPAHATIF DES 



."c.r. ?.:.:••• 



G. Eiispoapm, F.iupon- 



CARACTERES 

G. Lesliphonis , /.wh- 






DES (iEî«RES 

G. P«.„„i,„, p.,„ 






^:;^î:Xf 



lX°'™o"°o'ii'lTm- 



TABLEAUX ANALYTIQUES DES C.EISRES. 



.p..,,,.-., ,.,„„/« 






DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 57 

G. GORYTÈS. 

Gorytes Le Pel. Gorylis spec. La.tr. Vander. L. Mellini 
spec. Fab. Panz. Arpacti spec. Jur. 

1. Mystaceus. 

Antennes entièrement noires , un peu plus longues que 
La tête et le corselet pris ensemble. Tête noire; chaperon 
portant deux taches séparées, ovales, jaunes, disposées 
en chevron Lrisé très-ouvert , mais ne s'atteignant pas 
pour former le sommet du chevron. Corselet noir; pro- 
thorax bordé de jaune à sa tranche dorsale : point calleux 
sous l'épaule de cette même couleur : deuxième écusson jaune. 
Abdomen noir : premier segment portant en dessus près du 
bord postérieur de chaque côté, une tache ovale jaune, ces 
deux taches séparées : deuxième et troisième segmens portant 
en dessus à leur bord postérieur , chacun une bande jaune , 
ondulée à sa partie antérieure; celle du deuxième notablement 
élargie sur les côtés : ces deuxième et troisième segmens ayant 
chacun en dessous de chaque côté une tache triangulaire jaune. 
Pattes : hanches, trochanters et cuisses noires; celles-ci ayant 
leurs genoux testacés. Ailes assez enfumées , un peu testacées : 
radiale plus obscure , ainsi que le bout de Taile; point épais 
testacé clair, Ç. Long. 5. lignes. 1 , des Pyrénées. 

Sphex Mystacea LiNN. Fn, Suec. Vill. tom. 3. pag. 241. 
n 3i4. Mellinus Mystaceus V kh. Syst, Piez. n'* 1. Panz. 
Faune Germ. 53. 11. Gorytes Mystaceus Y av, a. Vander 
L. Ç. Part. 2. pag. 94. n° 9. 

Var. a. Taches du chaperon réunies par le sommet du che- 
vron. Côtés du corselet près de l'épaule et du point calleux 
portant une seconde tache jaune distincte de celui-ci et placée 
sous l'insertion de l'aile. Le reste comme dans l'espèce. Ç, 
Long. 6. lignes. 2 , des environs de Paris. 



58 ANNALES 

Var. b. Une tache jaune transversale sur le dos du qua- 
trième segment à son bord postérieur. Toutes les jambes , ou 
au moins les deux antérieures, ayant du noir à leur partie 
postérieure. Le reste comme dans la var. a. Ç. Long. 5 
lignes. 2 , des environs de Bordeaux. 

Var. c. Taches du premier segment de l'abdomen se tou- 
chant un peu. Le reste comme dans la var. a. Ç. Long. G 
lignes. 3 ; 2 , des environs de Paris , et i de Bordeaux. 

0^. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête et le 
corselet pris ensemble. Deuxième écusson entièrement noir. 
Pattes : hanches» trochanters et cuisses tous noirs; les 
quatre jambes antérieures noires à la partie interne , jaunes à 
l'externe; leurs tarses d'un testacé noirâtre : jambes posté- 
rieures noires , avec une tache oblongue jaune près de la base ; 
leurs tarses noirs avec la partie intérieure de la base du pre- 
mier article jaune. Le reste comme dans la femelle. Long. 
5 lignes et 1/2. 1, des environs de Paris. 

Ce mâle est mentionné par Vandcr Linden » cité plus haut. 

Var. a. Taches du chaperon réunies en une ligne arquée , 
ondulée. Le reste comme dans le maie premier décrit, (f. 
Long. 4 lignes. 1 , des environs de Paris. 

Var. b. Taches du chaperon séparées. Une tache jaune 
transversale sur le dos du quatrième segment de l'abdomen à 
son bord postérieur. Le reste comme dans le mâle premier 
décrit, o^. Long. 5 lignes, i , des environs de Paris. 

Var, c. Taches du chaperon réunies en une ligne arquée, 
ondulée. Prothorax entièrement noir. Le reste comme dans 
le mâle premier décrit, o^* Long, 4 lignes. 1, des environs de 
Paris , et 2 de Bordeaux. 

Syn. de cette var. c. Melllnus arpactus Fab. Syst. Piez. 
n" 12. 

2. Campe stris. 

Antennes entièremiiiit noires , aussi longues que la tête 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 69 

et I3 corselet pris ensemble. Tête noire; chaperon por- 
tant deux taches ovales , jaunes , réunies en chevron brisé 
très-ouvert. Corselet noir : prothorax bordé de jaune à sa 
tranche dorsale : point calleux sous Tépaule jaune; une autre 
tache plus ou moins grande de cette couleur sous Tinsertion de 
l'aile près de l'épaule et du point calleux -, deuxième écusson 
jaune. Abdomen noir : premier, deuxième , troisième et qua- 
trième segmens portant en dessus ii leur bord postérieur cha- 
cun une bande jaune; celle des deux premiers un peu on- 
dulée à la partie antérieure et notablement élargie sur les 
côtés : celle des troisième et quatrième très-ondulée à sa 
partie antérieure , et notablement élargie sur les côtés et dans 
le milieu. Pattes : hanches, trochanters et cuisses noirs ; 
celles-ci ayant leurs genoux testacés : jambes testacées, jaunes 
en devant surtout vers la base; tardes testacés. Ailes peu en- 
fumées : radiale plus obscure ainsi que le bout de l'aile ; point 
épais testacé clair. Ç. Long. 5 1/2 lignes. 4 » des Landes de 
Bordeaux; 1 , des environs de Saintes; 1 , des environs de 
Paris. 

Syn.? Vespa Campestris. Linn. Fn. Siiec, Vill. ïom. III, 
pag. 270, n* 10. Dans la description de Linné, le premier 
segment abdominal a deux taches jaunes séparées , au lieu de 
la bande continue que je trouve dans tous les individus que 
j'ai sous les yeux. Le caractère de deux taches séparées appar- 
tient à tous les individus du Go/y tes Mysiaceus que je con- 
nais. Il reste donc du doute sur le synonyme de la Faune Sue- 
ciq«j^et sur l'identité de tous les Gorjîes Campestris des au- 
teurs subséquens avec le nôtre. Il est à remarquer qu'aucun 
de ceux que je connais, n'a donné de description de cette es- 
pèce , et que tous se sont bornés à citer Linné. 

Var. a. Un point jaune sur Técusson, outre la bande du 
deuxième écusson. Bande du quatrième segment de l'abdomen 
réduite à une tache dorsale oblongue, Le reste comme dan» 



6o ANNALES 

Tespèce. Ç. Long. 5 lignes, i , du déparlement des Landes ; 

1 , des environs de Saintes. 

Var. h. Chaperon portant, au lieu de taches ovales, deux 
petites lignes minces qui ne s'atteignent pas pour former un 
chevron. Tache sous l'insertion de Taile nulle. Deuxième 
écusson noir, portant une tache triangulaire jaune. Bandes 
des deuxième et troisième segmens de l'abdomen très-ondulées 
à leur partie antérieure et élargies sur les côtés et dans le mi- 
lieu : celle du quatrième raccourcie sur les côtés, élargie 
seulement dans le milieu. Le reste comme dans la femelle 
première décrite. Ç. Long. 4 1/2 lignes. 1 , des environs de 
Paris. 

</. Antennes à peine plus longues que la tête et le corselet 
pris ensemble. Second écusson portant une tache dorsale 
jaune plus ou moins grande. Bande du quatrième segment de 
l'abdomen raccourcie sur les côtés. Pattes : les deux cuisses 
antérieures ayant en dessus un peu de jaune vers leur extré- 
mité : tous les genoux en ayant aussi un peu; jambes jaunes; 
tarses testacés-bruns , avec le premier article jaune. Le reste 
comme dans la femelle première décrite. Long. 4 1/2 lignes. 
1 , des environs de Lyon. 

Syn. M. Vander Linden paraît avoir attribué ce mâle à son 
Gorjtes Arenarius y que nous ne connaissons que par une li- 
gure de Panzer (qui représente une femelle) . Au moins ce qu'il 
dit de la longueur des antennes comparées à celle du mâle 
Goryies Mystaceus , nous le fait croire. 

Var. a. Tache sous l'insertion de l'aile nulle ou très-gyite. 
Le reste comme dans le mâle premier décrit, c/*. Long. 4 i/^ 
lignes. 2 , environs de Lyon. 

Var. b. Tache sous l'insertion de l'aile nulle. Deuxième 
écusson entièrement noir. Bandes de l'abdomen moins on- 
dulées que dans l'espèce : la première interrompue. Cuisses 
entièrement noires : jambes ayant une tache jaune à leur 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 61 

partie postérieure. Le reste comme dans le mâle premier dé- 
crit, çf^. Long. 4 1/2 lignes. 3, des environs de Saintes. 

Var. c. Cinquième segment de l'abdomen portant h son 
bord postérieur une bande jaune dorsale , courte. Le reste 
comme dans la var. b. a^. Long. 4 lignes. 1 , des environs de 
Saintes; 1, de Paris; et 1, de Bordeaux. 

Var. d. Tête et corselet comme dans la femelle première 
décrite. Abdomen comme dans la var. mâle c. cf. Long. 4 1/2 
lignes. 1, de Saintes; 1 , de Paris; 2, du département des 
Landes. 

Nota. Le caractère distinctif des Gorytes Mjstaceus et 
Campesiris est dans la longueur respective des antennes. On 
peut y ajouter les ailes , plus rembrunies dans le premier que 
dans le deuxième. 

Le Spliex Lojigicornis Rossi. Fn. Etrusc, tom. II, pag. 67, 
n° 827 (tab. 6 , fig. IX) , dont personne , à ma connaissance , 
n*a fait mention depuis cet auteur, se rapporte probablement 
comme mâle à ce genre. Je ne vois dans les Enlomographes 
aucune autre espèce ou individu qu'on puisse y joindre. 

G. HOPLISUS. NoBis. 

1 . Quinque cinctus. 

Antennes : premier article jaune avec une tache noire 
en dessus : les autres d'un jaune tirant au testacé en des- 
sous et noirs en dessus. Tète noire; chaperon jaune. Cor- 
selet noir; prothorax bordé de jaune à sa tranche dor- 
sale : point calleux sous l'épaule de cette même couleur; 
une autre tache de cette même couleur sous l'insertion de 
l'aile près de l'épaule et du point calleux : bord postérieur 
de l'écusson portant une ligne jaune. Abdomen noir : pre- 
mier, deuxième , troisième , quatrième et cinquième segmens 
portant en dessus à leur bord postérieur chacun une bande 
jaune; celles des deux premiers notablement élargies sur les 
côtés , très-rétrécies dans leur milieu , la troisième peu élar- 



62 ANNALES 

gie sur les côtés , la cinquième élargie dans son milieu et 
souvent raccourcie sur les côtés ; les deuxième , troisième et 
quatrième segmens ou quelques uns d'entre eux ayant cha- 
cun en dessous de chaque côté une tache triangulaire jaune. 
Pattes : les quatre antérieures à hanches et trochanters noirs; 
leurs cuisses noires avec le dessous de rextrémité et les ge- 
noux testacés clair mêlés de jaune : les deux postérieures à 
hanches noires , trochanters et cuisses testacés, celles-ci jau- 
nâtres en devant, tirant au hrun , quelquefois même au noir 
postérieurement : toutes les jambes et les tarses testacés clairs; 
pelottes noirâtres. Ailes hyalines : radiale un peu enfumée, ainsi 
que le bout de l'aile; point épais testacé clair. Ç. 5 , 3 des en- 
virons de Paris, et 2 de ceux de Lyon. Long. 5 1/2 lignes. 

Syn. illellinus quinque-einctus . Fab. Syst. Plez^ pag. 2 9(^, 
n" II. La description des pattes ne convient cependant en- 
tièrement à aucun de mes individus. Gorjtes quinque-clncliis, 
Var. a. Vander L. Ç. Part. 2 , pag. 99, n" i3. 

Var. a. Orbites antérieures des yeux jaunes. Moins de tes- 
tacé et plus de jaune aux pattes, qui ont toutes les hanches 
et les trochanters noirs , ainsi que les cuisses , dont les ge- 
noux seuls sont d'un jaune testacé. Le reste comme dans l'es- 
pèce. $. 1, des environs de Paris. Long» 4 i/^ lignes. 

Var. b. Portion inférieure de l'orbite antérieure des yeux 
jaune. Antennes comme dans l'espèce pour ce qui est du pre- 
mier article; les autres d'un jaune tirant un peu au testacé en 
dessous, les deuxième, troisième et quatrième ayant une 
teinte noire en dessus. Pattes : tous les trochanters jaunes, tes- 
tacés en dessous; cuisses n'ayant que peu de noir à la base, 
mais plus postérieurement qu'à la partie antérieure. Le reste 
comme dans l'espèce. Ç. 1 , des environs de Paris. Long. 5 
lignes. 

Var. c. Cinq ou six des premiers articles des antennes 
ayant du noir en dessus. Métathorax portant deux taches jau- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 65 

nés plus ou moins grandes. Cuisses postérieures entièrement 
testacées. Le reste comme dans la var. b. Ç. 2, des environs 
de Paris. Long. 4 2/0 lignes. 

Var, d. Chaperon bordé de noir inférieurement. Antennes 
testacées pâles , les deux premiers articles tachés de noir en 
dessus. Métathorax portant deux taches jaunes. Pattes : toutes 
les hanches et trochanters noirs : les quatre cuisses anté- 
rieures comme dans l'espèce ; les deux postérieures testacées, 
noires h leur base , pas tout-h-fait jusqu'au milieu. Le resle 
comme dans l'espèce. Ç. 1 , des environs de Paris. Long* 

4 1/2 lignes. 

Nota. La var. b. du G orytes quinque-citictiis Vander L* 
cité ci-dessus, le Melliniis quijique-cinclus Panz. Fn* Germ., 
72, 1 4» et le Crabro Calceatus Ross. Fn» Etr, AppcndMant», 
tom. II, pag. 122, 108, se rapportent aux variétés. Cepen- 
dant il n'y a identité parfaite avec aucune des descriptions. 

(f. Antennes noires; premier article jaune avec une tache 
noire en dessus vers sa base, le deuxième noir avec un point 
jaune en dessous. Premier, deuxième, troisième, quatrième, 
cinquième et sixième segmens de l'abdomen portant en dessus 
à leur bord postérieur chacun une bande jaune; les quatre 
premières à peu près comme dans la femelle : celles du cin- 
quième et sixième segmens occupant le bord entier, égales en 
largeur dans toute leur longueur : les deuxième , troisième , 
quatrième et cinquième segmens , ou le plus souvent les trois 
premiers de ceux-ci ayant en dessous à leur bord postérieur 
chacun une bande jaune : les deux pattes postérieures ayant 
leurs trochanters noirs , leurs cuisses noires avec le dessous 
de l'extrémité et les genoux testacés clairs; toutes les jambes 
et les tarses d'un jaune tirant un peu au testacé; les jambes 
ayant chacune une tache noire allongée à sa partie postérieure. 
Le reste comme dans la Ç. 2 , des environs de Paris. Long. 

5 1/2 lignes. 



64 ANNALES 

Var. a. Toutes les cuisses noires avec une tache jaune à 
leur extrémité antérieure : les deux tarses postérieurs plus ou 
moins mêlés de testacé noirâtre. Le reste comme dans le mâle 
précédent, c/*. 9, des environs de Paris. Long. 4 i/4 lignes. 
Var. b. Les quatre cuisses postérieures ayant bien peu de 
jaune à leur extrémité; les deux tarses postérieurs noirs en 
dessus , testacés en dessous. Le reste comme dans le mâle de 
la var. a. d^. 3 , des environs de Paris. Long. 5 lignes. 

Var. c. Point calleux à peine taché de jaune : la tache sous 
l'aile manquant totalement. Le reste comme dans le çf^ de la 
var. a, mais avec les tarses postérieurs de la var. b. cf. 1, des 
Pyrénées. Long. 5 1/2 lignes. 

Var. d. Trochanters postérieurs et base de leurs cuisses 
portant en dessus une petite ligne jaune. Le reste comme dans 
la var. a. cf. 1 , des environs de Paris. Long. 5 lignes. 
2. Lacordairei, 

Antennes noires; leurs deux premiers articles jaunes 
en dessous. Tête noire : chaperon et orbite antérieure 
des yeux jaunes. Corselet noir : prothorax bordé de jaune 
à sa tranche dorsale; point calleux sous Tépaule de cette 
même couleur. Abdomen noir : premier , deuxième , troi- 
sième, quatrième et cinquième segmens portant en des- 
sus à leur bord postérieur, chacun une bande jaune; celles 
des deux premiers segmens notablement élargies sur les côtés , 
rétrécies dans leur milieu : les deuxième , troisième et qua- 
trième segmens ayant chacun en dessous à leur bord posté- 
rieur une bande jaune, ou de chaque côté une tache trian- 
gulaire de cette couleur. Pattes : hanches, trochanters et 
cuisses noirs; celles-ci portant une petite tache jaune à leur 
extrémité antérieure; jambes jaunes avec une tache noire 
allongée à leur partie intérieure; les quatre tarses antérieurs 
jaunes, les postérieurs noirâtres, d'un jaune testacé en des- 
sous. Ailes faiblement enfumées : radiale plus obscure; point 



Î)E LA SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE. C5 

épais testacé clair, a^. i , des environs de Lyon. Long. 4 lignes. 

Var. a. Point de tache jaune aux cuisses : jambes posté- 
rieures noires avec une tache jaune allongée à leur partie 
antérieure; tarses postérieurs entièrement noirs. Le reste 
comme dans respèce. d^. i , des environs de Paris. Long. 
4 1/2 lignes. 

3. Albididas. 

Antennes noires; le premier article jaune en dessous, 
le troisième et les suivans jusqu'au neuvième inclusive- 
ment testacés en dessous. Tête noire ; un petit point 
jaune à l'orbite des yeux , è la hauteur de l'insertion des an- 
tennes. Corselet noir; prothorax bordé de blanc jaunâtre à sa 
tranche dorsale; une tache de cette même couleur sous l'in- 
sertion de l'aile près de l'épaule et du point calleux. Abdomen 
noir; premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième 
segmens portant en dessus, à leur bord postérieur, chacun 
une bande d'un blanc jaunâtre; celle du premier paraissant 
composé de deux taches presque triangulaires qui se joignent 
par un de leurs angles ; celles des deux suivans ondulées à 
leur bord antérieur et notablement élargies latéralement • celle 
du cinquième raccourcie sur les côtés; deuxième scf^ment 
portant en dessous de chaque côt4 un petit point blanc jaunâ- 
tre. Pattes testacées. Hanches, trochanters et pelottes noirs. 
Ailes transparentes; radiale un peu enfumée. Point épais tes- 
tacé clair. Ç. Long. 3 1/2 lignes. 1 , des environs de Paris. 
Collection de M. Carcel. 

Nota. Le Meltinus-quingue fasclatus , Pa.\z. Fn. Germ. 53 
i3, est une femelle, comme le pense Vander Linden. Elle 
nous paraît se rapporter à notre G. HopUsus. Mais si ieMeUi- 
nus quadrifasciatus ,V ANZ. Fn. Germ. 98, 17 (Fab. S/st, Piez, 
n. 5) , est le mâle de cette femelle, comme le croit Vander 
Linden , part. 2 , pag. 96 , les antennes sont mal à propos re- 
présentées comme fdiformes dans l'auteur allemand. De plus 
I. 5 



66 ANNziLES 

il aurait moins de bandes jaunes aux segmens abdominaux que 
sa femelle , ce qui est opposé à ce qu'on voit dans ce genre 
et dans les voisins. 

La femelle duMelllnus Arenarnus yV aî^he^ L., pag. 97 et 98, 
me paraît aussi de ce genre. Le mâle qu'il y rapporte , et pour 
lequel il cite Panz. Fn. Germ , 53 , 1 2 ^ ne me paraît pas con- 
venir à sa femelle, et je ne saurais le rapporter (de quel sexe 
que soit l'individu de Panzer, ce qui est incertain ), avec certi- 
tude à aucun de mes genres. 

G. EUSPONGUS NOBIS. 

1. Laticinctus. 

Antennes noires; les articles du premier au dixième in- 
clusivement d'un jaune un peu testacé en dessous. Tête 
noire; chaperon jaune, ainsi que l'orbite antérieure des 
yeux; cette couleur dépassant le chaperon et atteignant 
la base des antennes , pénétrant entre celles-ci pour for- 
mer une tache ronde derrière chacune d'elles. Corselet 
noir; prothorax bordé de jaune à sa tranche dorsale. Point 
calleux noir; une tache jaune sous l'insertion de l'aile près de 
l'épaule et du point calleux. Bord postérieur de l'écusson por- 
tant une bande jaune. Abdomen noir; premier, deuxième, 
troisième et quatrième segn^ns portant en dessus à leur bord 
postérieur chacun une bande jaune , large , surtout celles des 
deux premiers; celle du premier très-élargie sur les côtés, 
très-rétrécie dans son nùlieu; celles des deuxième et troisième 
peu élargies sur les côtés; les deuxième / troisième et qua- 
trième ayant chacun en dessous une bande jaune sur leur bord 
postérieur. Pattes : hanches noires ; les quatre postérieures 
tachées en dessous de jaune. Trochanters noirs, les quatre 
antérieurs tachés de jaune. Cuisses noires en dessus, jaunes en 
dessous ; les deux postérieures entièrement noires à leur base. 
Jambes jaunes , tachées de noir à leur partie postérieure. Tar- 
ses testacés , avec un peu de jaune à leur premier article; 



DE LA SOGIÉTi: ENTOMOLOGÏQUE. 67 

dernier article des deux tarses postérieurs brun , presque noir. 
Ailes transparentes, avec un large nuage enfumé qui comprend 
toute la radiale et les parties voisines des trois premières cubi- 
tales , et s'étend même un peu au dessus de la première de 
celles-ci. Point épais testacé clair. $. 1, des Pyrénées. Long. 
5 1/2 lignes. 

Var. a. Antennes entièrement jaunes en dessous , excepté 
le bout du dernier article. Cinquième segment de l'abdomen 
portant en dessus, à son bord postérieur, une bande jaune 
raccourcie sur les côtés. Pattes : hanches et trochanters pres- 
que entièrement noirs. Cuisses postérieures noires, avec la 
partie antérieure du bout jaune. Le reste comme dans l'es- 
pèce. Ç. 2 , I des Pyrénées , l'autre des environs de Paris. 
Long. 5 1/2 lignes. 

c^. Antennes entièrement noires , h l'exception du dessous 
du premier article qui est jaune. Tête noire; chaperon jaune? 
une petite tache au dessus de cette couleur qui ne pénètre pas 
entre les antennes; orbite antérieure des yeux jaune. Écusson 
entièrement noir; cinquième segment portant en dessus une 
bande jaune complète à son bord postérieur; quatrième seg- 
ment en dessous n'ayant de chaque côté qu'une tache au lieu 
de bande jaune. Tarses postérieurs noirâtres. Le reste comme 
dans la femelle ; 7 , 5 des Pyrénées , et deux des environs de 
Lyon. Long. 5 lignes. 

Var. a. Bord postérieur de l'écusson portant une bande 
jaune. Sixième segment de l'abdomen portant près de son bord 
postérieur dorsal deux points jaunes. Le resfe comme dans Icq^ 
précédent, cf*. i, des environs de Paris. Long. 5 lig. 

Var. b. Premier article des antennes ayant un peu de noir 
en dessus à sa base; le deuxième jaune taché de noir en dessus. 
Point de tache jaune au dessus du chaperon. .Point calleux 
jaune. Bord postérieur de l'écusson, portant une bande jaune. 
Métathorax ayant de chaque côté une tache de cette couleur. 



68 ANNALES 

cinquième et sixième segmens portant chacun en dessus a 
leur bord postérieur une bande jaune élargie au milieu. Les 
deuxième , troisième , quatrième et cinquième ayant chacun 
en dessous, à leur bord postérieur, une bande jaune qui est in- 
terrompue dans son milieu pour les trois derniers. Pattes : 
hanches et trochanters noirs , ceux-ci ayant un peu de jaune ou 
de testacé en dessus. Cuisses noires, avec le bout d'un jaune 
testacé, surtout h la partie antérieure. Jambes et tarses com- 
me dans la femelle; le reste comme le mâle premier décrit. 
c^. 1. des environs de Bordeaux. Long. 5 lig. 

Var. c. Dessous du deuxième article des antennes jaune. 
Point de tache jaune au dessus du chaperon. Point calleux 
jaune. Bord postérieur de l'écusson portant une bande jaune; 
sixième segaient de l'abdomen ayant à son bord postérieur une 
bande jaune raccourcie sur les côtés; le reste comme dans le 
mâle premier décrit, c^. 2 , de la collection Faure Biguet. Long. 
5 lignes. 

2. Ficinus. 

Antennes noires ; dessous du premier article jaune ; 
celui des troisième , quatrième , cinquième et sixième tes- 
tacé. Tête noire; chaperon portant de chaque côté une tache 
jaune , et au milieu une petite ligne transversale de celte 
couleur. Un point jaune à l'orbite des yeux près de l'insertion 
des antennes , et deux petits points entre les deux antennes. 
Corselet noir; prothorax bordé de jaune à sa tranche dorsale. 
Point calleux noir; une tache jaune sous l'insertion de l'aile 
près de l'épaule et du point calleux. Bord postérieur de l'é- 
cusson portant une bande jaune. Abdomen noir; premier, 
deuxième , troisième et quatrième segmens portant en dessus 
à leur bord postérieur , chacun une bande jaune , pas fort lar- 
ge; les deux premières un peu élargies sur les côtés; le 
deuxième ayant en dessous une bande jaune; le troisième et 
quelquefois le quatrième ayant également en dessous de cha- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQDE. 69 

que côté une tache. Pattes lestacées, avec les hanches, les tro- 
chanters et la base des cuisses, jusque passé la moitié, noirs. 
Ailes un peu enfumées, avec un nuage un peu plus obscur qui 
comprend toute la radiale et les parties voisines des trois pre- 
mières cubitales. Point épais testacé clair. Ç. 1, des envi- 
rons de Paris. Long. 4 1/'^ lignes. 

Var. a. Dessous des deuxième, troisième, quatrième, cin- 
quième , sixième et septième articles des antennes testacé. Pas 
de points jaunes entre les antennes. Jambes tachées de noir 
à leur partie postérieure. Le reste comme dans l'espèce. Ç. 1 , 
des Pyrénées. Long. 5 lignes. 

Var. b. Chaperon entièrement noir; cinquième segment de 
l'abdomen portant en dessus , h son bord postérieur , une 
bande jaune raccourcie sur les côtés; les deux cuisses anté- 
rieures ayant un peu de jaune en dessous. Le reste comme 
dans l'espèce. Ç. 1, des environs de Paris. Long. 4 2/3 li 
gnes. 

(/. Antennes entièrement noires, à l'exception des deux pre- 
miers articles qui sont jaunes en dessous. Tête noire; chape- 
ron noir avec une ligne transversale jaune sur son milieu. 
Point de tache jaune sous l'insertion de l'aile. Ligne jaune de 
Técusson mince. Cuîsses noires avec le petit bout testacé. 
Jambes d'un jaune tirant au testacé, tachées de noir posté- 
rieurement. Le reste comme dans la femelle. 1 , des environs 
de Lyon. Long. 4 lignes. 

Var. a. Deuxième article des antennes entièrement noir. 
Chaperon entièrement jaune; orbite antérieure des yeux jaune 
à sa partie inférieure. Le reste comme dans le mâle précé- 
dent. Long, 4-5 lignes. 

Var. b. Chaperon de la var. a. Ligne jaune de l'écusson 
interrompue, remplacée par deux petits points de cette cou- 
leur. Cinquième segment portant deux traits- jaunes latéraux 
sur son bord postérieur. Le reste comme dans le mâle pre- 



;ro ANNALES 

mier décrit, o^. i , des environs de Paris. Long. 4 î/3 li- 
gnes. 

3. Albilabris. 

Antennes noires ; premier article blanc - jaunâtre en 
dessous. Tête noire ; chaperon et orbite antérieure des yeux 
au dessous des antennes d'un blanc jaunâtre. Corselet 
noir ; prothorax bordé de blanc jaunâtre à sa tranche dor- 
sale; une tache sous l'insertion des ailes près de l'épaule et 
du point calleux, de cette même couleur. Abdomen noir; pre- 
mier segment un peu étroit , mais sans étranglement à sa par- 
tie postérieure , portant à son bord postérieur , ainsi que les 
deuxième , troisième et quatrième , une bande d'un blanc jau- 
nâtre , très-interrompue au milieu; celles des deuxième et troi- 
sième élargies latéralement. Pattes : hanches , trochanters et 
cuisses noirs; celles-ci ayant leur extrémité d'un jaune tes- 
tacé, surtout à la partie inférieure. Jambes et tarses d'un 
jaune testacé; les premières avec un peu de noir à leur partie 
postérieure. Ailes transparentes, avec un nuage enfumé qui 
comprend la radiale et les parties les plus voisines des trois 
premières cubitales. Point épais testacé clair, çf, 2, i, des 
environs de Bordeaux, et 1 , de la collection de M. Carcel. 
Long. 4 lignes. 

Nota. Il paraît voisin, mais différent du MeUlnus dissectus. 
Long. 3 2/3 lignes. Panz. Fn. Germ. 80, 18. Est-ce l'autre 
sexe ? 

G. Lestiphorus. Nobis. 

1. Bicinctus. 

Antennes : premier article noir en dessus , jaune en 
dessous, le deuxième noir, taché de jaune en dessous. Les 
suivans noirs en dessus, d'un testacé jaunâtre en dessous. 
Tête noire ^ chaperon jaune, ainsi que les orbites antérieures 
des yeux ; cette couleur s'avançant en outre au dessus de 
l'insertion des antennes sur le front. Corselet noir : Prothorax 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 71 

bordé àe jaune à sa tranche dorsale; point calleux sous Vé- 
paule de cette même couleur ; bord antérieur de Fécusson 
portant une ligne jaune , qui paraît faite de deux points allon- 
gés , réunis. Abdomen noir ; premier segment pyriforme , 
très-rétréci à son extrémité , portant en dessus deux taches 
jaunes ovales, un peu réunies par le bout le moins obtus; le 
deuxième campaniforme , rétréci à sa base d'insertion sur le 
premier, portant en dessus une large bande jaune dont le 
bord supérieur couvre le milieu du segment , sans que l'in- 
férieur atteigne le bord postérieur du segment; les autres 
segmens de forme ordinaire; le troisième portant en dessus , 
à son bord postérieur, une bande jaune : en dessous le 
deuxième segment portant sur son bord postérieur une bande 
jaune, et le troisième ayant seulement de chaque côté sur ce 
même bord une tache triangulaire de cette couleur. Pattes : 
hanches , trochanters et cuisses des deux premières paires de 
couleur noire en dessus, jaune en dessous; les cuisses des 
pattes postérieures , leurs hanches et trochanters comme les 
antérieurs ; jambes jaunes , noires à leur partie postérieure : 
tarses testacés brunâtres. Ailes transparentes : radiale et 
deuxième cubitale enfumées , cette nuance s'étendant sur une 
partie de la troisième discoïdale : point épais testacé.Ç. 1, des 
environs de Paris. Long. 5 lignes. 

Var. a. Premier article des antennes entièrement jaune en 
dessous : quatrième segment de l'abdomen portant à son bord 
postérieur une bande jaune raccourcie sur les côtés. Ç. De la 
collection Carcel. 

Syn. Crahj^o bi ci/ic( us B.oss : Fn. Etr, y^pp. pag. J 23. 1 10. 
Tab, 7, Fig. 0. Dans la description et dans la figure de cet 
auteur, les points de Técusson et ceux du deuxième segment 
abdominal sont séparés et distincts , et les jambes postérieures 
sont de couleur testacée; ce qui annonce simplement une 
faible variété dans cette espèce. 



;2 ANNALES 

Syn. Gorytes bicinctus Vawder L. Part. 2. pag. 96, n° 7. 

(j^. Deuxième article des antennes jaune en dessous. Ecusson 
entièrement noir. Taches du premier segment abdominal sé- 
parées et distinctes. Le reste comme dans femelle. 1 , des en- 
virons de Paris. Long. 4 lignes. 

Var. a. Quatrième segment de l'abdomen ayant quelques 
points jaunes à son bord postérieur. Le reste comme dans le mâle 
premier décrit, cf. i, des environs de Paris. Long. 4 1/2 lignes. 

Nota. Le Gojytes coarctatus Spinola. Tom. II, pag. 245. 
Tab. V. fig. 24. Vander Lind. Part. 2, pag. 94, n" 8, d'après 
la configuration du métathorax et les nervures des ailes , doit 
être regardé comme appartenant au G. Odynerus, Son abdo- 
men a une forme imparfaitement analogue h celui du Lesti- 
phoriis bicinctus qui m'engage à le mentionner ici , pour lui 
assigner sa véritable place. 

G. PSAMM^CIUS. NOBIS. 

1. Punctidatus. 

Antennes noires : dessous du premier article jaune; celui 
des suivans, du deuxième jusqu'au onzième inclusivement, 
testacé. Tête noire ; chaperon jaune , cette couleur s'é- 
tendant un peu au dessus de celui-ci contre les yeux : orbite 
frontale des yeux jaune. Corselet noir; prothorax bordé de 
jaune à sa tranche dorsale ; point calleux sous l'épaule de cette 
même couleur, une autre tache de cette même couleur sous 
l'insertion de l'aile près de l'épaule et du point calleux : bord 
postérieur de l'écusson portant une ligne jaune : métathorax 
ayant de chaque côté de sa partie dorsale une tache jaune. 
Abdomen noir : premiv.T , deuxième , troisième , quatrième et 
cinquième segmens portant en dessus à leur bord postérieur, 
chacun une bande jaune : celles des deux premiers un peu 
élargies sur les côtés; celle du cinquième élargie d^ns son mi- 
lieu , et raccourcie sur les côtés : deuxième et troisième seg- 
mens ayant en dessous , le premier une bande au bord posté- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 73 

rieur, l'autre une tache latérale de couleur jaune. Pattes : han- 
ches noires, les postérieures ayant un peu de jaune en dessus : 
trochanters noirs; cuisses noires à la base et à la partie posté- 
rieure , d'un jaune testacé au bout et à la partie antérieure; 
jambes et tarses d'un jaune testacé. Ailes un peu enfumées 
avec un large nuage brun qui comprend toute la radiale, 
la deuxième cubitale et les parties voisines des troisième et 
quatrième cubitales : point épais testacé clair. Tête, corselet 
et abdomen visiblement ponctués : ces points très-nombreux. 
Antennes insérées très-près du bord supérieur du chaperon. 
Ç. 1 , des environs de Paris. Long. 4 lignes. 

Var. a. Antennes noires : dessous du premier article jaune : 
celui du deuxième portant une petite tache de cette couleur; 
*les autres articles entièrement noirs. Chaperon noir avec une 
tache triangulaire jaune de chaque côté : orbite antérieure 
des yeux jaune , large vers le chaperon et se rétrécissant vers 
le front. Point de tache jaune sous l'insertion de l'aile près 
du point calleux : métathorax entièrement noir. Cinquième 
segment de l'abdomen entièrement noir : point de bande en 
dessous au deuxième segment de l'abdomen , ni de tache laté- 
rale au troisième. Hanches postérieures entièrement noires. 
Cuisses, jambes et tarses d'un testacé rougeâtre dans les par- 
ties qui sont d'un jaune testacé dans l'espèce. Le reste comme 
dans l'espèce. Long. 4 lignes. Ç. i , des environs de Paris. 

Syn. Gorytes latlfronsSvi'S, Tom. II, pag. 247. Vander 
L. Part. 2, pag. gS , n 6. 

c^. Antennes noires , dessous du premier article seul 
d'un blanc jaunâtre. Chaperon et orbite antérieure des 
yeux de cette même couleur. Bordure du prothorax in- 
terrompue dans son milieu et raccourcie sur les côtés , d'un 
blanc jaunâtre qui est aussi la couleur du point calleux 
et de la bande postérieure de Técusson : point de taches au 
Uiétathorax. Bandes de l'abdomen d'un blanc jaunâtre; pre- 



74 ANNALES 

mier segment n'ayant que deux grandes taches latérales , dis- 
tinctes et séparées, de cette couleur: les bandes des trois seg- 
mens suivans notablement élargies sur les côtés ; sixième 
segment ayant aussi une bande d'un blanc jaunâtre raccour- 
cie sur les côtés. Cuisses noires, seulement à la base. Ponc~ 
tuation du corps très-forte. Insertion des antennes pas Irès- 
rapprochée du chaperon. Le reste comme dans la femelle, i , 
des environs de Paris. Long. 5 lignes. 

Syn. Govytes punctula'.us. Vander L. Part. *i , pag. loo , 
n° 14. 

Var. a. Premier article dos antennes n'ayant qu'un petit 
point blanc au bout en dessous. Point de tache jaune sous 
l'insertion des ailes. Cuisses presque entièrement noires , 
excepté au bout qui est testacé : jambes de cette couleur, 
les postérieures tachées de noir postérieurement; tarses tes- 
tacés , les postérieurs bruns. Le reste comme dans le mâle 
ci-dessus, o^. 1 , de Morée. Communiqué par M. Brullé. 
Long. 5 lignes. 

La collection de feu Carcel contient une femelle entre autres 
qui ne diffère de ce o^ que par les notes suivantes : tache 
jaune sous l'insertion de l'aile : bout des cuisses et jambes 
d'un jaune testacé, les jambes postérieures sans tache noire. 

G. Arpactus. 

1. Lœvîs 

Antennes noires , dessous du premier article d'un blanc 
jaunâtre. Tête noire; base des mandibules et partie infé- 
rieure du chaperon d'un blanc mêlé de rougeâtre ; orbite 
antérieure des yeux blanche. Dessous du corselet noir, ainsi 
que le prothorax; celui-ci ayant de chaque côté une tache 
humérale rougeâtre : point calleux, dessus du corselet, et celui 
du métathorax , ainsi que leurs côtés supérieurs , rougeâtres. 
Abdomen noir; deuxième segment portant en dessus à son 
bord postérieur une bande blanche élargie sur les côtés ; le 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. y5 

cinquième en ayant une à sa base, élargie sur les côtés et dans 
son milieu. Pattes noires : dessous des quatre cuisses anté- 
rieures rougeâtre , ainsi que leurs jambes et leurs tarses. 
Ailes transparentes ; radiale et deuxième cubitale un peu en- 
fumées. Point épais brun. Ç. i , des environs de Paris. Long. 
4 lignes. 

cf*. Antennes : premier article entièrement noir ; dessous 
des derniers, à partir à peu près du quatrième, rougeâtre. 
Tête entièrement noire , à l'exception des côtés du chaperon 
et de l'orbite antérieure des yeux. Plus ou moins de noir sur 
le métathorax. Bande blanche du cinquième segment de l'ab- 
domen posée sur son bord postérieur. Le reste comme dans 
la femelle. 4» 5 des environs de Paris, i du département des 
Landes, Long. 4 lignes. 

Var. a. Les quatre cuisses antérieures noires , les genoux 
seuls rougeâtres. Le reste comme dans le mâle précédent. 
cf. 1, des environs de Paris. Long. 3 1/2 lignes. 

Var. b. Abdomen entièrement noir, à l'exception de deux 
petites taches latérales blanches sur le bord postérieur du 
deuxième segment, d^. 1, des environs de Lyon. Long. 3 2/5 
hgnes. # 

Syn. Gorytes Lœi^is. Vander L., part. 2 , pag. 91, n° 1, 
var. a. Pompilus cruentus, Fab. Syst. Piez. n« 20. Panz. 
Fn. G. 84. 20. 

2. Formosus, 

Antennes noires , dessous du premier article d'un blanc 
jaunâtre mêlé de rougeâtre. Tête noire : base des mandi- 
bules rougeâtre ; chaperon blanc , avec deux petits points 
noirs à son bord supérieur : orbite antérieure des yeux blan- 
che. Corselet noir; prothorax ayant sa tranche dorsale rou- 
geâtre : dos et côtés entiers du corselet de cette même cou- 
leur, ainsi que les côtés du métathorax. Abdonien noir; pre- 
mier segment portant de chaque côté sur son bord postérieur 



n6 ANNALES 

une tache presque triangulaire dont les côtés les plus étroilâ 
sont les plus rapprochés; deuxième segment perlant à son 
Lord postérieur une bande Llanche élargie sur les côtés; le 
cinquième en ayant une h son bord postérieur élargie sur les 
côtés et dans son milieu. Pattes : les quatre antérieures rou- 
geâtres , avec les hanches , les trochanters , la base et le dessus 
des cuisses noirs; les deux postérieures noires avec les tarses 
un peu rougeâtres en dessous. Ailes peu enfumées : radiale 
et deuxième cubitale un peu plus foncées. Point épais brun, 
Ç. 1, du Dauphiné. Long. 3 1/2 lignes. 

c^. Antennes jaunes, portant en dessus une ligne noire qui 
s'affaiblit sur les derniers articles. Tête noire; base des man- 
dibules , chaperon, une petite tache au dessus entre la base 
des antennes , et orbite antérieure des yeux , celle-ci fort 
large, de couleur jaune; la couleur noire du front descen- 
dant carrément sur l'insertion des antennes. Jambes posté- 
rieures d'un brun rougeâtre par derrière. Jurine dit que la 
plaque supérieure du métathorax est rougeâtre dans le mâle 
qu'il voit. Elle est noire dans celui que je décris : ce qui an- 
nonce une variété. Le reste comme dans la femelle, j , du 
^^, Dauphiné. Long. 3 lignes. 

Nota. Ces deux individus proviennent de la collection de 
Faure-Biguet. L'étiquette de la Ç porte le mot : Gravée. La 
ressemblance parfaite de la figure de Jurine dont Faure-Bi- 
guet était l'intime, et cette note, me font croire que j'ai préci- 
sément sous les yeux l'individu Ç gravé dans Jurine. Les Hy- 
ménoptères de la collection Faure-Biguet ont été achetés par 
feu mon ami Carcel. 

Un individu cf de la collection de ce dernier paraît être un 
métis des yirpactus Lœ^ls et Formosiis.Nci\c\ sa description : 

cf. Antennes noires, un peu rougeâtres en dessous. Tête 
noire ; milieu des mandibules et partie inférieure du chaperon 
rougeâtres ; orbite antérieure des yeux blanche. Corselet 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^7 

comme dans le Fomiosus» Abdomen du même : mais les 
taches du premier segment beaucoup plus petites. Pattes 
comme dans V ^rpactus Lœi^is. Cependant point de doute que 
cet individu ne soit d'une parfaite et intégrale conservation. 
Long. 5 lignes. 

Syn. Arpactus Formosus Jur. PI. 10, n" 20. Gorytes 
Fonnosus Y xsDE^ Linden ; part. 2, pag. 91, n" 2. Doit -ou 
croire , avec ce dernier auteur , que V Arpactus Formosus 
n'est qu'une variété du Lœvis? A la question de Vander Lin- 
den : Si la Ceropales Rujicoîlis Fab. Syst. Plez. 6. est notre 
espèce , nous répondons que , malgré la différence énorme des 
genres, nous pensons, comme lui, qu'elle s'y rapporte, vu 
les grandes ressemblances de sa description , quoiqu'elle ne 
soit pas complète , ce qui arrive ordinairement au professeur 
de Kiel , qui du reste ne distinguait par lui-même aucun de 
ses genres. 

5. Tumidus, 

Antennes noires; dessous du premier article blanc. 
Tête noire; côtés du chaperon blancs, sa partie antérieure 
rougeâtre : orbite antérieure des yeux blanche. Corselet 
noir. Écusson portant à son bord postérieur une petite 
bande blanche transversale. Abdomen noir : les deux pre- 
miers segmens rougeâtres; le deuxième portant de chaque 
côté de son bord postérieur une petite tache blanche; le cin- 
quième en ayant à sa base une dorsale assez grande. Pattes 
noires : les quatre cuisses antérieures rougeâtres en dessous ; 
base de leurs jambes rougeâtre presque jusqu'au milieu : les 
deux postérieures ayant un peu de cette couleur à leur partie 
interne; tarses noirs, un peu rougeâtres en dessous. Ailes trans- 
parentes , peu enfumées , la radiale l'étant un peu plus. Point 
épais tastacé clair. Ç. i , des environs de Paris. Long. 4 lignes. 

o^. Dessous des articles des antennes après les quatre ou 
cinq premiers rougeâtres; toutes les cuisses rougeâtres en 



yS ANNALES 

dessous. Bande du cinquième segment de l'abdomen posée 
près du bord postérieur, un peu élargie dans son milieu. Le 
reste comme dans la femelle, i , des environs de Paris. 

Var. a. Les quatre jambes antérieures presque entièrement 
rougeâtres. Cuisses postérieures entièrement noires , ainsi que 
leurs jambes, cf*. i , des environs de Paris. 

Syn. Gorytes Tumidus Vander L. Part. 2, pag. 92, n"* 4» 
Ponipilus Tumidus Panz. Fn. G. 81. i5. Arpactus Tumi- 
dus JuR. 

4. Carceli. 

Antennes noires : dessous du premier article blanc ; 
celui des articles , à partir du sixième jusqu'au dernier , 
d'un blanc roussâtre. Tête noire : sa partie inférieure 
aux antennes et entre elles , y compris le chaperon , blan- 
châtre , ainsi que l'orbite antérieure des yeux. Corselet 
noir; prothorax bordé de blanc à sa tranche dorsale : point 
calleux de cette couleur ; bord postérieur de l'écusson por- 
tant une ligne blanche. Abdomen noir : les deux premiers 
segmens rougeâtres : les deuxième , troisième , quatrième et 
cinquième segmens portant en dessus à leur bord postérieur 
chacun une bande blanche étroite , les premières un peu élar- 
gies sur les côtés; le sixième ayant une tache dorsale de même 
couleur, transversale, oblongue. Pattes noires : les quatre 
cuisses antérieures blanches à leur extrémité ; cette couleur 
s'étendant beaucoup plus en dessous; leurs jambes blanches, 
tachées de noir postérieurement. Leurs tarses roussàtres avec 
le premier article blanc; jambes postérieures blanchâtres à la 
base ; leurs tarses noirâtres. Ailes transparentes ; radiale peu 
enfumée : point épais testacé brun. ç^. 1, du Dauphiné. Pro- 
venant de la collection de feu mon ami Carcel , qui me l'a 
donné peu avant son départ , et à qui je le dédie. 
Jtmavit nos quoque Carcel. 
Cette espèce portait dans la collection Faure-Blguet le 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 79 

nom de Tricolor, que je ne retrouve dans aucun auteur. 
Long. 4 lignes. 

5. Elegaiis. 

Antennes jaunes : tous les articles, à partir du troisième 
jusqu'au dernier, portant en dessus une ligne noire con- 
tinue. Tête noire : sa partie antérieure jaune, y compris 
le chaperon etj'orbite des yeux; celle-ci fort large, la cou- 
leur noire du front descendant en angle jusque près de l'in- 
sertion des antennes. Corselet noir : point calleux jaune. 
Abdomen noir : côtés et Lord inférieur du premier segment 
rougeâtres \ deuxième segment rougeâtre , ayant à son Lord 
postérieur de chaque côté une tache Llanche transversale 
oLlongue, surmontée d'une tache noire plus ou moins grande : 
tr^sième et quatrième segmens portant à leur Lord postérieur 
chacun une ligne blanche étroite un peu interrompue dans 
son milieu , le cinquième ayant quelquefois un point Liane 
de chaque côté : dessous de l'aLdomen rougeâtre , à l'excep- 
tion des premier et sixième segmens et de l'anus. Pattes jau- 
nes : hanches et trochanters postérieurs portant en dessus, 
ainsi que toutes les cuisses, une ligne noire; jamLes tachées 
de noir postérieurement : tarses roussâtres. Ailes transpa- 
rentes : radiale peu enfumée; point épais testacé Lrun. c^. 4» 
des environs de Lyon. Long. 3 1/0 lignes. 

Var. a. De moitié plus grande que l'espèce. Cinquième 
segment de l'aLdomen ayant une ligne Llanche comme les 
précédens. c^. 1 , des environs de Lyon. 

Nota, Le Gorytes Concinnus Vander L. Part. 2,pag. 92, 
n° 3. Sphex Conciiina Ross. Fri. Eirus. Tom. II, pag. 66, 
n*' 825. Tah, \I, fig. 5, appartient à notre G. y^rpactus, ainsi 
que le Goiyles Affinis Spin. Ins. Lig. tom. II, pag. 260. 
VanderL. Part. 2, pag. 93, n** 5. La var. b du Gorytes Lœvis 
Vander L. ut suprà, est un Arpactus , et peut-être une es- 
pèce distincte. 



8o ANNALES 

Caractère distinctlf entre quelques Satyres Européens de ta séc-^ 
tion des Leucomelaniens (i) , par M. Alex. Lefevre. 

Séance du 7 mars iSSa. 

Depuis quelque temps , parmi les Satyres de celte section , 
on a , tant en France qu'en Allemagne , annoncé la découverte 
de plusieurs espèces nouvelles , qui , jointes à celles déjà faites 
aux dépens de celles antérieurement connues , porteraient le 
nombre de ces Satyres nommés à près de seize ^ lorsqu'on 
effet , en observant attentivement ces Lépidoptères , on ne 
peut raisonnablement en admettre que sept , assez distinctes 
les unes des autres pour être qualifiées d'espèces proprement 
dites. 

De tous les Lépidoptères diurnes d'Europe, les Satyres étant 
ceux qui varient le plus , selon les localités (2) , dans leur 
taille, l'intensité de leur couleur, leur dessin, et surtout le 
nombre de taches oculaires dont leurs ailes sont ordinairement 

(i) Je propose de partager la tribu des Satyrides d'Europe en trois sec- 
tions : 

1° Celle des Pœcilokroiniens , de f^oiy.ùoa, varié, et yp'^/J.x, couleur, qui 
comprend ceux qui varient de couleur entre eux; 

20 Celle des Leucomelaniens , de >£vxoc7, blanc, el [J.tkv.a , noir, qui com- 
prend ceux de ces deux couleurs vulgairement dits Satyres blancs ; 

3° Celle des Mélaniens , de ,«£>«; , noir, qui comprend ceux vulgairement 
appelés Satjrres nègres. 

(2) Exemple : Le Satyre Pyrrha (H.), très-oculé d'ordinaire, se trouve 
dans quelques localités des Alpes et des Pyrénées entièrement dépourvu 
de taches oculaires. On le désigne alors sous le nom de Cœcilia (H.). 

Le Satyre Dromus{Y.), très-oculé dans les Pyrénées, n'offre plus au 
Montanvert, près du Mont-Blanc, que de petits points oculaires; et au 
Talèfre , dernière végétation européenne, y est totalement dépourvu de 
taches oculaires, à tel point que leurs traces disparaissent entièrement. 

Le nombre de ces exemples serait à l'infini , et prouve jusqu'à quel 
point on s'égare en prétendant prendre les taches oculaires pour carac- 
tère distinclif. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCxIQUE. 8i 

chargées , elc. , ce serait donc en vain que , pour les recon- 
naître , on cliercherait à s'aider de ces caractères instables , la 
latitude ayant souvent une telle influence sur la même espèce 
qu'ici elle en altérera les taches au point de les faire entière- 
ment disparaître , et là elle les dilatera et même en fera ap- 
paraître d'aulres en assez grand nombre, pour embarrasser 
l'observateur le plus scrupuleux et lui donner ti douter si tel 
individu qu'il possède est bien une espèce différente ou sim- 
plement une variété locale (i) d'une espèce déjà connue. 

Ordinairement , dans quelques familles des Lépidoptères 
diurnes , les palpes , les antennes , la frange sont, à défaut des 
ailes, de bons caractères récognitifs. Cependant, dans les 
Satyres dont nous nous occupons , ces différences sont trop 
peu senties pour pouvoir être facilement appréciées et saisies. 
Ayant dû, pour distinguer ces Satyres, renoncer également 
à employer les cellules marginales , le nombre des taches ocu- 
laires , les taches centrales des ailes supérieures , et même les 
diverses cellules de l'origine des inférieures en dessous (qui su- 
bissent parfois de grandes modifications) , ce fut enfin dans 
la cellule formée aux ailes supérieures par les deux nervures 
médianes antérieure et postérieure que je rencontrai un signe 
propre à chaque espèce , qui , à ma connaissance, ne change 
jamais, et, selon tous les calculs , serait le dernier de tous à 
s'oblitérer, ce qui n'aurait probablement lieu que dans les 
monstruosités qiie je désigne sous le nom de variétés acciden- 
telles. 

(i) Je n'entends parler niilleniénl ici tle 'Variétés accidentelles c\m d'or- 
dinaire ne se perpétuent pas, et dont on ne trouve de lenips en temps 
que des individus isolés , bien que semblables parfois , comme le ^pat* 
Beroe , etc.; mais seulement de celles qui, dans certains endroits, sem- 
blent remplacer l'espèce primitive en se reprocréant aîjtiUelleraenl , et 
souvent ne doivent leur variété qu'à l'époque de l'année dans laquelle 
elles paraissent, comme les Vanessa Prorsa et Levaua, etc. 

I. 6 



82 -ANNALES 

Pour rendre cette note pins complète, mon intention était 
de faire figurer toutes les variétés nommées parmi ces Satyres, 
mais Tespace ici ne me le permet pas , et je me réserve ces 
détails pour un mémoire sur les variétés dans les Lépidoptères 
en général , leur progression , leurs causes et les moyens de les 
reconnaître , etc., que je me propose de donner plus tard, et 
dont cette note n'est qu'un extrait. 

On est sujet à erreur lorsqu'on veut assigner des lois à la 
nature , ou plutôt classer méthodiquement ses innombrables 
productions , quand elle-même peut-être , en les créant , n*a 
suivi aucune règle. Il peut donc arriver que des faits à moi 
inconnus viennent renverser le mode de reconnaissance que 
je propose, mais qui sont, je dois le dire, le fruit de nom- 
breuses observations puisées depuis plusieurs années dans les 
principales collections d'Europe que j'ai consultées. 

Je prie donc les Entomologistes de m'indiquer les erreurs 
dans lesquelles j'aurais pu tomber i ce sera avec reconnais- 
sance que je recevrai les notes qu'ils voudront bien me com- 
muniquer à ce sujet. 

Forcé de parler ici de quelques nervures de l'aile supérieure 
de ces Lépidoptères , il me faut les désigner nominativement; 
et pour que l'on puisse comprendre les termes dont je me sers, 
je me vois obligé de donner , tant au sujet des nervures de 
cette aile que de certaines parties de son dessin , un aperçu 
qu'ici je rendrai aussi succinct que possible. 

Ces dénominations , que je regarde comme provisoires jus- 
qu'à ce que d'autres observations viennent ou les confirmer ou 
les changer, font partie d'un travail dont je m'occupe , et que 
je tacherai de reudre aussi complet que possible, en donnant en 
plus aux cellules que forment les nervules entre elles des noms 
aussi significatifs que faciles. Il a pour but de faire cesser dans 
les descriptions le vague qui y règne , et d'aider à désigner 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3S 

enfin, d'une manière précise et à ne point s'y trpmper , la 
place qu'occupe tel ou tel signe dans l'aile d'un Lépidoptère. 
Quand aux nervures, considérant donc l'aile antérieure des 
Satyres de cette section comme soutenue par trois nervures prin- 
cipales qui partent du corselet , la première (I) , qui se forme 
de plusieurs rameaux , présente une face assez large et va se 
terminer vers le milieu de la côte. Sans entrer dans le détail 
de ses subdivisions, qui me sont ici inutiles, je l'appellerai 
dans son ensemble nervure costale. 

Je nomme nervure médiane la seconde (II) , qui se divise 
presque à sa naissance en deux branches , que je désigne en 
antérieur (lia) et en postérieur [llb), 

V antérieure, qui file le long de la costale, se subdivise en- 
suite en cinq autres parties , que j'appellerai nervules pour les 
distinguer des nervures. 

Ces cinq nervules , qui occupent toute la partie externe de 
l'aile, et dont les deux premières se terminent sur la côte , 
se dénomment donc facilement ainsi : 
1", 2% 5% 4^ tit 5^ nervules supérieures, 
La 5« neivule supérieure vers l'angle externe de Taile se sub- 
divise en deux ramuscules , entre lesquels continue la nervule , 
et que j'appellerai, celui supérieur, i" ramuscule , et l'autre , 
2*^ ramuscule. 

La postérieure se subdivise en trois nervules , que par oppo- 
sition j'appelle i'% 2" et 3^ nenmles inférieures. 

Quant à la 3« nervure (III) , qui est parallèle au bord pos- 
térieur de l'aile et ne se subdivise pas , pour éviter, dans la 
désignation de ces nervures , les répétitions fatigantes d'an- 
térieure et de postérieure , ou de supérieure et d'inférieure , je 
la nomme nervure sous-médiane. 

La cellule de l'aile , qui est donc formée prsr les deux bran- 
ches de la nervure médiane , est ici fermée par une nervule (o), 
que je nomme nervule cellulaire. 



84 ANNALES 

Ainsi , on peut se figurer l'aile de cette manière : 

F* nervure Ci>slale. (a i^' nervule sup. 

(lia) p 2« id. rir'ramuscule. 

antérieure. < c 3*^ id. < 

|</4* id. U' rarauscule. 

A' I ''^S^ id. 

IP nervure médiane, j^ ^^^ nervule celliilaire. 

(II h) ix i'« nervule inférieure, 

postérieure./ S a» id. 

h3« id. 

JIP nervure sous-médiane. 

On voit par ce tableau que ces termes ne sauraient se con- 
fondre entre eux , et «ont aussi faciles à comprendre qu*à re- 
tenir; et si, par exemple, on dit que dans le satyre ^rgé il 
y a vers l'angle externe de l'aile antérieure une tache ocu- 
laire placée entre la 5^ et 4' nervule supérieure , ou que les cel- 
lules marginales du dessin cessent de la 5* nervule inférieure 
à la nervure sous-îfiédiane f il n'est pas possible de se tromper 
sur la position de ces caractères ou manquaus ou présens. 

Pour ce qui est du dessin , dans ces Satyres , aux ailes anté- 
rieures, il descend de l'extrémité de la nervure costale jus({ue sur 
la 3* nervule supérieure un trait noir qui se bifurque à cet en- 
droit. Intérieurement, il suit, en la couvrant, la naissance de la 
4' nervule , puis le coude que forme à son origine la 5®, et 
enfin la nervule cellulaire jusqu'à sa jonction avec la i'* ner- 
vule inférieure. Extérieurement, il se jette en dehors en se 
courbant en dedans , vient rejoindre ce même point de jonc- 
tion de la nen^ule cellulaire avec la i" nervule inférieure, et 
forme ainsi un cercle ^ un omicron plus ou moins parfait , 
souvent entièrement empâté de noir, mais en dessous toujours 
vide h son centre , à travers lequel on voit passer les 4^ et 
5' nervules. 

Cette tache , qui est généralement mieux sentie en dessous , 
est commune aux Satyres de cette section , et je la désignerai 
sous le nom de tache annulaire. 



tableal: COMPA 



liATIF DES CABACTÈRES DISTINCTIFS ENTRE LES SATÏBES LEUCOMELAOTENS. 






5) CI.OTIIO (H«i 






DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 85 

Les bords, suivant les espèces, en sont plus ou moins grêles 
ou dilatés. Ainsi, par exemple: 

Dans le premier groupe, elle est fort petite , plutôt ovalaire 
et finement sentie. 

Dans le deuxième, elle est grande et bien écrite. 

Dans le troisième , elle est également grande , mais large et 
empâtée en général. 

Observations sur les variétés locales des Satyres Leucomelaniens, 

Lachésis. Varie peu vu sans doute le peu de localités con- 
nues à ce satyre qui habite principalement le sud-ouest de la 
France et de l'Europe. 

Galathka. Se trouve dans presque toute l'Europe, par cette 
raison varie beaucoup, se rembrunissant plus ou moins selon la 
latitude plus ou moins chaude qu'il habite. Les Satyres Leuco- 
mêlas {R[ih.)^Procida (Herbst), Galaxera (Esp.) et Ca/ene n'en 
sont que des variétés ou pâles au obscures suivant les pays d'où 
ils viennent. Dans quelques individus que j'ai pris sur la côte 
d'Asie , contre Smyrne , et Brousse , les taches noires étaient 
tellement vives et dilatées , qu'ils en paraissaient presque en- 
tièrement assombris. En outre , les diverses cellules de l'ori- 
gine des inférieures en dessous , présentaient des anomalies 
remarquables comme, par exemple, entre les i" et s'' nervu- 
res anales , une cellule isolée omicroniforme. 

Clotho. Varie assez \ mais aussi il habite la Servie , la Tau- 
ride , la Sicile et les Alpes méridionales , etc. Le Sat. Atro- 
pos (Hub.) n'en est qu'une légère variété. En juillet 1824, j*ai 
pris dans les vallons arides du centre de la Sicile, contre Nicosia, 
ce même Satyre , que feu Dabi en rapporta depuis moi à son 
dernier voyage , et dont il ne manqua pas de faire une espèce 
sous le nom de Lyssianassa» Né dans une latitude presque 
africaine, ce Lépidoptère suit sa règle générale, et ne dilTèi'C 



86 ANNALES 

des Clotho ordinaires que par des taches plus vives et plus 

dilatées sur un fond parfois très-jaunâtre. 

En 1829, M. Rippert de Beaugency rapporta des Alpes mé- 
ridionales ce Satyre que jM. Boisdoval pensa devoir regarder 
comme une espèce nouvelle qu'il désigna à cette époque aux 
amateurs sous le nom de Cteanthe. 

Ayant tous les caractères particuliers aux Clotho y je ne puis 
l'admettre que comme ime variété opposée à Lyssianassa , 
plus petite de taille , plus pâle , et à taches plus circonscrites, 
vu la latitude plus froide où il fut pris. 

Quant h. la variété Hlerta ( Dald ) annoncée comme apparte- 
nant à cette espèce , mais avec un point de doute dans l'in- 
dex méthodique de M. Boisduval, j'ai vu chez Dahl, en 1829, 
une grande quantité du Satyre suivant pris aux environs de 
Fiume et de Raguse (Dalmatie) étiquetés Hlerta ou Herta, 
et me suis assuré que c'est à cette espèce qu'il faut rapporter 
cette variété. 

Larissa. Varie beaucoup. Jusqu'à présent il ne s'est trouvé 
qu'en Dalmatie, en Turquie d'Asie et en Morée , derniers 
endroits où je l'ai pris. Tous ceux que j'ai recueillis , dans 
une même localité , présentaient entre eux des dissemblances 
étonnantes. Tantôt, les uns étaient très-petits, peu oculés, d'un 
blanc vif avec des taches noires très-circonscrites. Tantôt , 
très-grands, le fond des ailes était d'un ton jaunâtre, et elles 
présentaient des taches oculaires très-vives (1) , et des taches 
noires souvent tellement étendues , que les ailes en étaient en- 
tièrement assombries. D'autres enfin ressemblaient , par leur 

(i) J'ai remarqué sous les ailes supérieures dans une Ç qui me venait 
de Dahl, et une que j'ai prise sur le chemin de Smyrne à Constantinople, 
près de Marmara , une grande tache oculaire (un peu visible en dessus ) , 
placée près des cellules marginales entre la 2'' et la 3^ nervule inférieure , 
et dont ordinairement on n'aperçoit pas même la trace dans les Larissa. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 8; 

grande taille , leurs taches circonscrites et leur blanc de lait , 
aux H 1er la de Dahl. 

La nourriture des chenilles , qui a aussi tant d'influence 
sur les Lépidoptères , est sans doute la cause de ces variétés 
dans une espèce d'une latitude et d'une localité h peu près 
semblables. 

Hierta ou Herta de Dahl ne peut se désigner exactement,* 
cependant les individus plus pâles sont ceux auxquels on donne 
ordinairement ce nom. Mais c'est en vain qu'on cherche- 
rait à tirer de la courbure, de la sinuosité peu ou très-pronon- 
cée de la ligne caractéristique de la cellule des supérieures , 
un bon caractère pour faire dans ce Satyre deux espèces dis- 
tinctes. 

J'ai observé que cette ligne était constamment plus ou 
moins courbe ou brisée dans là masse des individus de cette 
espèce , que j'ai été à même d'examiner; et parmi ces Satyres 
-que j'ai pris en quantité contre Modon, en Morée , dans mon 
dernier voyage , je n'ai pu également trouver deux individus 
où celte ligne fut exactement pareille; elle variait autant qu'ils 
différaient entre eux par l'intensité de leurs couleurs, le 
nombre des taches oculaires, la taille, etc. Mais dans tous, 
cette ligne gardait constamment son caractère spécifique, c'est- 
à-dire sa position dans la cellule et sa forme linéaire, et par 
conséquent elle ne peut permettre , soit de rapporter ce Satyre 
à d'autres de cette section , soit de le séparer de Larissa. 

Bien que d'habiles Lépidoptérophiles m'aient fait observer 
à cet égard que deux Satyres de faciès semblables pouvaient 
posséder ce même caractère , et cependant former deux es- 
pèces; jusqu'à ce que le contraire me soit démontré par des 
caractères stables , on me permettra de me refuser à admettre 
cette possibihté, qui , si on l'acceptait, nous jetterait dans un 
dédale inextricable , et nous forcerait par conséquent à regar- 
der comme autant d'espèces les Pherusa , Galaxœra , Clcan^ 



88 ANNALES 

tlie y Lyssianassa, Proc'ida , etc. , etc. , que nous devons soit 
aux calculs spéculateurs d'un marchand, soit à l'erreur des ob- 
servateurs. 

Argé. Trouvé jusqu'à ce jour seulement en Calabre ou en 
Sicile (où cependant ni Dahl ni moi n'avons pu le rencontrer), 
varie peu et par conséquent n'a pu , jusqu'à présent, donner 
lieu à faire quelque espèce nouvelle à ses dépens. 

Inès. Ce Satyre, assez rare encore dans les collections, 
vient de Portugal et d'Andalousie; et, d'après le petit nom- 
bre d'individus que j'en ai vu , il m'a semblé , comme Argé , 
très-peu varier. Ce fut en vain que j'espérai le prendre en 
Egypte , où cependant je trouvai les Pier. Glaiicé et Eelemia, 
le Polyom. Lysimon , etc. , qui sont également du Portugal et 
de l'Andalousie. Dans les espèces de ce Satyre que j'ai étu- 
diées dans les collections d'Allemagne et de Suisse , dans celle 
de M. Duponchel, à Paris , et dans ceux qui m'ont été com- 
muniqués par M Foulques de Villaret , j'ai retrouvé absolu- 
ment les mêmes caractères. Malgré sa très-grande affinité avec 
Psyché, ou plutôt avec la variété sicilienne de ce der- 
nier, nommée Phérusa par Dahl, elle en dilïere par le 
point de départ et d'arrivée de la ligne caractéristique de la 
cellule des supérieures , toujours isolée dans Inès , et qui ne 
va pas rejoindre en arrière la tache quadrangulaire commune 
ou dessous de la tache annulaire , comme on le voit presque 
toujours dans les Psyché (i). 

Psyché. Varie peu, habite principalement le sud-est de la 
France , la Dalmatie , la Sardaigne , la Sicile. A cette espèce, 
il faut rapporter le Satyre Pherusa de Dahl, pris par lui en 
Sicile , variété plus pâle en dessous , et remarquable en ce 
que la large ligne qui partage la cellule des supérieures ne 
va presque jamais rejoindre en arrière la tache quadrangu- 

(i) Le Salyre Inès étant fort peu répandu clans les collections , je croks 



DE L.\ SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. 89 

îaire commune située au dessous de celle annulaire , comme 
dans les Psyché de France et autres , ce qui lui donne un 
faciès qui d*abord étonne et le ferait volontiers prendre pour 
une variété à^Jnes. Mais on ne le peut séparer de Psyché ni 
le confondre avec Inès , tant par les caractères comparatifs ci- 
dessus énoncés que par cette large ligne caractéristique de 
la cellule qui, dans ce dernier, vient aboutir toujours sur la 
5" nervule inférieure en se demi-teintant en arrière quelquefois 
jusqu'à la 2^ 

Satyrus Larissa ( variété d'Arcet , Lef. ) . 

La figure (I) est un Satyre de cette section qui me fut 
f apporté, par M. Félix d'Arcet , d'Eden , dans le mont Liban , 
pu il le prit le 21 juillet 1829. 

Plusieurs amateurs distingués , trompés par le faciès 
étrange de cet individu unique dans ma collection , me sol- 
licitèrent souvent d'en faire une nouvelle espèce ; mais je 

bien faire que d'en donner ici les différences les plus saillantes qui , entre 
plusieurs autres, distinguent cette espèce de la variété Pherusa. 
Inès. Pherusa et Psyché. 

Antennes fauves. Antennes très-noires. 

En dessous, entre l'angle externe Aucune trace de cette ligne; à 
et la tache oculaire, une ligne noire sa place une continuité de cellulçs 
coujjant le bout de l'aile en biais du marginales, 
bord antérieur au bord marginal, 
jusque sur l'extrémité de la 4e ner- 
vule supérieure où s'arrêtent les cel- 
lules marginales du dessin. 

E.T dessous, aux inférieures, ori- Cette nervure entièrement blan- 
gine de la nervure costale traversée che. 
par de petites stries noires. 

En dessous, nervures et nervules Ces nervures et nervules plus ou 
des inférieures étroites et noires. moins épaisses et largement teintes, 

de rouille. 



90 ANNALES 

crois encore ne pas devoir me rendre à leur opinion, puisque 
par le caractère de la cellule et par tout le reste de ses dessins 
il est absolîjment semblable au Satyre Larissa , dont il n*est 
jusqu'à présent pour moi qu'une variété locale , s'il en existe 
plusieurs individus, ou une vanéié accidenfellef si l'unique 
que je possède est un de ces Lépidoptères bizarres dus à ces 
aberrations si communes de la nature. 

Du reste , si malgré mon opinion que je crois basée raison- 
nablement, on persiste à vouloir le regarder comme une es- 
pèce bien distincte, je lui donne le nom de cTArcet, celui de 
la personne à l'amitié de laquelle je le dois. 

Cet individu çf^ est en tout semblable au Satyre Larissa. 

Seulement , aux ailes supérieures en dessous , la tache an- 
nulaire est infiniment plus petite, et en dessus comme en des- 
sous dans la cellule, la partie de l'aile qui d'ordinaire dans le 
Larissa est ombrée de l'origine au trait transversal , est ici en- 
tièrement blanche , et vice versa , l'autre partie de la cellule, 
depuis ce trait jusqu'à son extrémité externe , qui d'ordinaire 
est blanche , s'y trouve ombrée. 

En outre, aux inférieures, les cellules originaires du dessous 
qui, dans \e Larissa, se trouvent, en dessus, entièrement cou- 
vertes d'une teinte noire qui en dessine extérieurement la forme 
irrégulière, ne le sont, dans la var, d'Arcet, qu'en partie, à 
partir de la base jusqu'à moitié de leur étendue. 

Les antennes, un peu fauves en dessus, le sont plus vive- 
ment en dessous, tandis que celles du Satyre Larissa sont plu- 
tôt noirâtres. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 91 

Observations sur le crin des Lépidoptères de la tribu des . 
Crépusculaires et des Nocturnes , par M. Poey. 

(Séance du 7 mars i83a.) 

Lk crin qui est placé à la base des ailes inférieures des lé- 
pidoptères crépusculaires et nocturnes a été employé pour 
distinguer ces deux grandes tribus. 

Cet organe est fort important : je l'ai étudié dans toutes 
ses modifications , et il m'a offert , dans une longue suite d'ob- 
servations , des caractères certains pour établir des genres , 
déterminer des espèces, et reconnaître les sexes. 

D'abord il faut observer que ce crin existe dans les papil- 
lons diurnes , sous la forme d*une neryure qui , tout-à-fait dé- 
gagée dans les nocturnes , entraîne Fabsence de la première 
cellule marginale. 

11 est tantôt simple, tantôt double, tantôt triple, tantôt 
multiple et formant un faisceau de six à cinquante poils assez 
courts. 

Lorsqu'il est simple, il est retenu , sur la côte des ailes su- 
périeures , par un autre organe que je nommerai frein , et qui 
est formé par un prolongement de la membrane de l'aile. 
Lorsqu'il est multiple , il est retenu par une touffe de poils 
relevés qui s'attachent à la seconde cellule interne de ces 
mêmes ailes , ou bien par une éminence arrondie que de 
cop.rtes écailles rendent scabreuse. 

Gela posé , j'indiquerai les généralités suivantes : 

i"" Tous les individus mâles sont pourvus d'un crin unique , 
Lien distinct. 

'i" Chaque fois que le frein part de la côte des ailes supé- 
rieures , c'est pour recevoir un seul crin : cette circonstance 
annonce toujours une mâle. 

3* A l'inverse, on peut poser la règle générale que le crin 



93 ANNALES 

des individus de ce sexe est retenu par le frein inséré sur la 
côte des premières ailes. Les cas d'exception sont très rares ; 
je n'en ai trouvé que parmi les smérinthes , et sur une espèce 
singulière de noctuelle que j'ai nommée Hatuey dans ma cen- 
turie des Lépidoptères de l'île de Cuba; ainsi que sur la pyrale 
jflegialis de Cramer. 

4° Toutes les femelles ont le crin multiple, et jamais retenu 
par le frein de la côte , ni même par aucun frein : car , lors- 
que le crin est double ou triple, il s'arrête devant une touffe 
d'écaillés; et lorsqu'il est nombreux, en forme de faisceau 
il s'appuie sur une éminence raboteuse. 

Ainsi le nombre de crins ne varie que dans les femelles 
Voici le tableau des modifications que cet organe présent 
chez les individus de ce sexe. 

Noms de genres. Nombre d^s crins , et ses modifications 

Spbinx en faisceau, très-nombreux. 

Macroglose à ailes opaques. . . en faisceau, nombreux. 
Macroglose à ailes transparentes triple. 

Sme'rinlhe en faisc, peu nombreux, très-court 

Zygène en faisceau , très-peu nombreux. 

Glaucopide triple. 

Cossus en faisceau , nombreux. 

Zeuzère en faisceau , nombreux, 

Hépiale nul , ou remplacé par une touffe la 

che et laineuse. 

Bombyx-Attacus nul. 

Bombyx-Gastropacha nul. 

Autres Bombyx en faisceau , peu nombreux. 

Ecaille (Chelonia) triple. 

Lithosie triple. 

3N'ocluelle , en général .... triple , longs , Tun des trois mine 

et plus pale. 

f '^'•''''<^ triple , longs , l'un des trois mlnç 

çl plus j)àit;. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 93 

Noms de genres. Nombre des crins ^ et ses modificatiors. 

Catocala triple , longs , forts. 

Erebus . triple, longs, forts. 

Phalène en faisceau, nombreux. 

Herminie double. 

Pyrale ( Bolys , Lat. ) .... double. 

Crambus double. 

Yponomente double. 

Tordeuse variable (triple ou en faisceau). 

Adèle en faisceau , nombreux. 

Teigne double. 

Alucite (Pterophore , Geoff. ) . double. 

En reprenant cette série de genres, et la classant par ordre 
de modifications , nous aurons : 

i*" Le faisceau , à crins plus ou moins nombreux , pour dis- 
tinguer les sphinx, smérinthes , zygènes , cossus , zeuzères, 
la plupart des bombyx, les phalènes , plusieurs tordeuses , et 
les adèles. 

li* Crin triple* — Genre Macroglose (proprement dit) , 
Glancopide , Ecaille, Lithosie, Noctuelle, et Tordeuse (en 
partie ). 

3** Crin double. — Genre Herminie , Pyrale ( Lin. ) , Cram- 
bus , Yponomente , Teigne et Alucite ( Lin. ). 

4' Crin nul. — Quelques genres de la famille des Bombyx , 
comme les Hépiales , les Attacus , et les Gastropachas. 

Je ne m'arrêterai pas à démontrer l'importance de ces dif- 
férentes modifications : il suffit de dire qu'elles sont constantes 
dans la plus grande partie des genres indiqués. Je ne dis pas 
dans tous les genres , parce que je pense que Texamen d'un 
plus grand nombre d'espèces introduira des exceptions à l'é- 
gard de quelques uns; surtout de ceux qui sont les plus nom- 
breux en espèces , et qui n'ont pas encore été subdivisés en 
groupes naturels. Dans ce cas , ces différences elles-mêmes 



(^/j ANNALES 

serviront à établir ou à confirmer i'élablissement des sous- 
genres. 

Ce n'est qu*au-dessu3 de trois , que le nombre de crin , ren- 
fermé dans le faisceau , varie de manière à ne plus servir que 
d'indication d'espèces : et c'est encore un grand avantage. Le 
plus faible parti qu'on peut tirer de cette découverte con- 
siste à bien distinguer les sexes : ce qui n'est pas non plus h 
dédaigner; car la forme des antennes , la grosseur et l'extré- 
mité de l'abdomen n'offrent pas toujours des caractères suf • 
fisans pour bien les reconnaître, lorsqu'on ne veut point 
briser l'insecte : la pointe de l'aiguille résonne sur les organes 
desséchés de la femelle, presque aussi bien que sur les cro- 
chets du mâle. Combien de fois d'ailleurs ces insectes fragiles 
se trouvent-ils sans abdomen dans nos collections, ou n'ont- 
ils qu'un abdomen postiche (i) ! Désormais il suffira de re- 
chercher la présence ou l'absence d'un crin unique, bien 
distinct par sa longueur, et qui est ordinairement retenu sup 
la côte des ailes supérieures. 

Ce caractère est donc à la fois utile à la formation des gen- 
res , à la détermination des espèces , et à la distinction des 
sexes. 

(i) A cet égard je puis citer le papillon Ulysse, hermaphrodite, que 
j'ai vu dans une colleclion. Ce prélendu hermaphrodisme consistait en 
ce que l'individu avait d'un côté les ailes du mâle, et de l'autre celles 
de la femelle. Celui qui l'avait fabriqué avait eu la ruse d'enlever l'abdo- 
men d'une femelle pour le remplacer par celui du mâle. On voyait bien 
que les ailes de ce dernier avaient été collées, mais l'accident paraissait 
naiurel, parce que l'abdomen annonçait toujours un mâle, et que les ailes 
de la femelle étaient intactes. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 95 

Notice sur un nouveau genre de t* ordre des Homopicres , par 
M. L. DE Laporte. 

(Séance du 18 avril i83a.) 

Le genre que nous proposons ici est très-remarquable par sa 
forme anomale qui Téloigne de tous les Horaoptères connus. 
La masse de ses caractères nous semble cependant le rappro- 
cher du genre Bocydlum de Latreille, et nous pensons qu'il 
doit être placé entre ce dernier et celui des Membracis. 

Genre Heteronotus. Erepoç, qui diffère , vwto; , dos. 

Anlennœ filiformes ^ infcriiis inler ocutos itisertœ ^ ocelU minuti , 

rotundati^ approximatif inter oculos positi. 
Rostrum brève , pcdum inlermediorum basin attingens. 
Tarsorum arliculus primas sat validus , secundus minutus , tertius 

cœteris longior j unguicali brei^es. ( PI. 3 , fig. '^. c.) 
Thorax posticè globoso-productus , abdominis apicem sœpius atlin- 

gens. (Fig. 7. a.) 

Tête transversale , triangulaire; yeux grands, globuleux, 
saillans; corselet convexe , muni d*un appendice très-prolongé 
en arrière; abdomen court, muni d'une tarrière en forme do 
sabre dans les femelles; pseudélytres (1) plus ou moins longues, 
offrant en dessus une échancrure sensible; elles sont transpa- 
rentes et parcourues par des nervures assez fortes; pattes 
moyennes; jambes antérieures un peu élargies, les posté- 
rieures longues. 

Nous ne connaissons de ce genre que des espèces améri- 
caines. 

(i) Je propose de donner le nom de pseudélylres aux élytres membra- 
neuses des homoplères , de même que l'on donne celui d'hémelvtres à 
cette partie demi-membraneuse et demi-cornée chez les hémiptères. 



j)6 A?yNALES 

1. Heterenotus spinosus. (PI. 3, fig. 7.) 

Flat^escente micans , corpore nigro fus coque maculato , thorace ùis- 
pinoso y poslica parte producta poslice trispinosa. 

Longueur 4 ï'g- Largeur 1 i/5. 

D*un jaune luisant. Tête (fig. 7. b.) avec deux lignes longi- 
tudinales , noires. Corselet (fig. 7. «.) armé de chaque côté 
d'une forte épine arquée; le prolongement postérieur fermé de 
deux lobes placés l'un h la suite de Fautrc; le dernier plus 
gros et offrant en arrière trois épines, une de chaque côté, 
et la troisième au milieu , en dessous. Tout le corselet est 
nuancé de noir^ de jaune et de brun. Abdomen court. Pseudé- 
lytres grandes , transparentes et d'un beau jaune. Cayenne. 

Cette espèce nous a été communiquée par M. de Romand. 

2. Heteronotus nigricans. (PI. 3, fig. 8.) 
NigeTy lineolis nonnullis Jltn>escentibus thorace inermi. 

Longueur 4 i/^ ^'o* Largeur 1 i/3. 
Noir ; tête luisante, bordée de jaune ; une ligne longitudinale 
de même couleur au milieu. Corselet (fig. 8. a.) granulé, offrant 
une petite ligne longitudinale élevée dans toute sa longueur, et 
un trait jaune au dessus de l'angle humerai de chaque côté/ 
prolongement postérieur du corselet composé de deux lobes 
ovalaires dont le deuxième, beaucoup plus gros que le premier, 
est muni en dessous d'une épine , et très-fortement ponctué, 
presque chagriné. Sur chaque lobe se voit une bande transver- 
sale jaune. Pseudélytres de grandeur moyenne, noires, of- 
frant de très -fortes nervures. Brésil. 

3. Heteronotus flavolineatus. (PI. 5, fig. 9.) 

Pallidè castaneus , Unenlis Jla^is thorace spinoso , thoracis parte 

producta subtus spinosa , postice bidcntata. 

Longueur 5 lig. Largeur 1 5/3. 
D'un brun-clair, un peu pubescent. Corselet (fig. 9. n.) forte- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 97 

m^nt ponctué , ofFi'ant cinq lignes longitudinales jaunes ; l'une 
au milieu, très-étroite, une autre raccourcie de chaque côté de 
la première, et une troisième de chaque côté au dessus de l'an- 
gle humerai ; celle-ci est sinueuse et va en remontant sur le 
prolongement postérieur. Celui-ci, long, assez gros à la hase, 
rétréci au milieu , élargi postérieurement, est terminé en ar- 
arrière par deux petites dents. Il oflre en dessous une épine 
assez forte , derrière laquelle on voit une hande transversale 
jaune. Pseudélytres assez petites, transparentes , brunâtres le 
long des bords inférieurs et postérieurs. Pattes et abdomen 
jaunes. Brésil. 

4- Heteronotus incrmis. (PI. 5, fig. 10.) 

Pallitlè castaneus , lineolis fleuris • thorace sub hispinoso , parle 
producta angusta subtus spinosa, postice bidentata. 

LonPleur 5 lig. Largeur 1 r/5. 

Il ressemble beaucoup au précédent, et n'en est peut-être 
qu'une variété. Il s'en éloigne par le corselet (fig. 10. a.) qui 
offre de chaque côté une faible épine , et dont le prolonge- 
ment postérieur est plus grêle et plus étroit en arrière. Brésil. 

5. Heteronotus armatus. 

Obscure fuscus , thorace spinis duobus validis , pôsticè spinosissimc 
productus ; capite lineis duobus nigris , thorace ajiterius lineoUs 
duobus obliqu is fta^^escentibus . 

Longueur 4 1/2. Largeur 1 1/4. 

Tête d'un jaune très-clair , avec deux lignes longitudinales 
îioires sur le front. Corselet d'un brun rougeâtre obscur ^ armé 
de chaque côté d'une forte épine noire recourbée obliquement 
en arrière; le prolongement postérieur forme deux lobes l'un 
à la suite de l'autre; le postérieur est armé dé trois fortes épi 
nés, l'mie de chaque côté, et la troisième en dessous; leur 



98 ANNALES 

couleur est jaune , l'inférieure n'a ({ue son milieu de colle 
couleur. La base du premier lobe du prolongement , les bords 
latéraux du corselet et deux lignes obliques , placées en 
avant , sont d*un jaune clair. L'on voit aussi à chacun des 
angles antérieurs du corselet une tache triangulaire et noire. 
Corps et pattes d'un jaune clair. Pseudélylres transparentes et 
d'un jaune luisant. Cayenne. 

Cette espèce nous a été communiquée par M. Serville. 

6. Heteronotus fuscus. 

Obsctife Juscus ^ thorace spiiiis duobus validis , postice spinosissime 
productus } capite linea flai'escente. 

Longueur 4 i/^- Largeur i 1/4. 

Cette espèce est semblable, pour la forme, h la précédente ; 
elle en difïere par sa couleur qui est entièrement d'un brun 
rougeâtre et obscur; la tête présente un tgj^it jaune au milieu, 
et un autre de même couleur fait le tour du lobe du corselet , à 
l'exception du bord antérieur. Abdomen d'un gris jaunâtre. 
Pattes jaunes. Cayenne. 

Collection de M. Serville. 



\ 
Monographie d^un genre nouveau dans la famille des CarcLdla- 
nites , par M, A. Chevrolat. 

(Séance du 18 avril i832.) 

Là famille des Curculionites , certainement l'une des plus 
nombreuses dans l'ordre des Coléoptères, avait été jusqu'à nos 
jours peu étudiée sous le rapport des caractères génériques. 
Olivier, dans ses trois derniers volumes {Entomologie des in- 
sectes, 1795 à 1807 ) * ^ décrit sept cents insectes de cette fa- 
mille, et n'avait cru pouvoir y établir que dix-huit genres , en- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. . 99 
core onze y sont-ils indiqués comme divisions. Je crois devoir les 
citer : Bruchus , Macrocéphalus [Antliribus , Fab.), Attelabus, 
^poderus , Rhynchites , ylpion , Brachycerus , Calandra , Or- 
chesteSf Cionus, Bhynchaenus^ Rhina, Lixus, GurculiOj Cosso- 
nus, Brentus et Cylas. M. Germar a publié , en 1 824 , dans un 
ouvrage intitulé Insectorum species , un grand nombre d'espè- 
. ces et de genres , dont la plus grande partie provient du Bré- 
sil. 11 a été reconnu depuis que les coupes que ce naturaliste 
avait établies étaient encore trop restreintes , puisque dans 
plusieurs de ses genres il en a été formé de nouveaux. Il était 
réservé à M. Schonherr de décrire en grand cette famille in- 
téressante : ses précédens ouvrages, sa synonymie Insectorum, 
son CiirciUionidum disposiûo Methodica , et l'étude spéciale 
qu'il fait depuis longues années des Gurcuîionites , sont un 
gage certain de la manière dont sera traité le species qui va 
être imprimé h Paris. Je regrette seulement que dans son der- 
nier ouvrage , qui comprend cent quatre-vingt-treize genres , 
cet auteur ait établi une aussi grande quantité de sous-genres 
avec des noms : ou il fallait les regarder comme sous-divisions 
sans leur assigner de noms , ou les établir comme véritables 
genres , s'ils offraient des caractères distinctifs. Les relations 
pleines d'intérêt que j'entretiens depuis quelques années avec 
cet illustre Entomologiste m'ont mis à même de connaître 
cette famille , et de diriger mes recherches plus spécialement 
de ce côté. Je suis heureux de pouvoir lui exprimer ici la re- 
connaissance que je lui dois, tant pour la bonté qu'il a eue 
de déterminer la plus grande partie des espèces composant ma 
collection, qui renferme maintenant plus de 2,000 espèces, 
que pour les livres rares qu'il a eu la générosité de me donner. 
Je me proposais d'envoyer à ce savant, dans l'intérêt de la 
science, tout ce qui me restait d'uniques; mais les difficultés 
survenues dans toutes les relations avec lé continent m'ont 
forcé à différer mes envois. 



100 , ANNALES 

La formation d*mie société d'Entomologie dont le besoin 
était si vivement senti depuis longtemps , et qui doit être si 
favorable à la science , m'offre aujourd'hui l'occasion de vous 
lire la monographie d'un genre nouveau de la famille des Cur- 
culionites , propre aux Amériques , et qui offre quelques rap- 
ports avec le genre Erodiscus de M. Schonherr, à côté du- 
quel je le place; il en diffère par ses jambes moins longues, sa 
trompe courte, cylindrique et ses antennes à articles serrés. 
Sur les six espèces que je fais connaître , cinq proviennent de 
ma collection; une seule a été décrite par Olivier. 



Otiocéphale nouifeau genre. Fa- 
mille des Erichinides , Schon\ 



Antennes (pi. 3, fig. 3.) un peu 
allongées, assez fortes; funi- 
cule de sept articles , moni- 
liformes ; massue ovale de qua- 
tre articles. 

Trompe (fîg. i. h. et 6. b.) 
courte, cylindrique, un peu 
arquée, presque conique, plus 
courte que le corselet. 

Corselet globuleux ou cylindri- 
que, rétréci postérieurement, 
tronqué obliquement à sa par- 
tie antérieure , tronqué droit 
en arrière, 

Elytres allongées avec l'extrémité 
arrondie, ou globuleuses. 

Pattes (fig. 5. «.) assez fortes, 
presque d'égale longueur entre 
elles. Cuisses renflées dans leur 



Otiocephalus (i) genus novum. 
Rliina 01. Rhinolaccus Schon . 
in litteris. 

Antennae îongiusculas , sub vali- 
dae, funiculo septem arlicn-*- 
lato , articulis moniliformibus, 
clava ovalis , quatuor arlicu- 
lata. 

Rostrum brève, cylindricum, in- 
fra sub arcuâtum , perparuiri 
conicum , thorace brevior. 

Thorax globosus , seu sub cylin- 
dricus , ^osterius angustior , 
antice posticeque truncatus» 



Eiylra elongata , apice roliîn- 
data, vel ovata. 

Pedes validiusculi , fere pari Ion - 
gitudine , femoribus nietlio 
clavatis, apice rmarginatis , iiv- 

(î) A GracciB verbis èriç , Outarde , KeçaA»] , tête. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 



v^lruclis intus (in plurimis) cal- 
caribus ^ tibiis cootortis. 



Descriptio : Corpus sub-rolunda- 
tum vel elongatum , pilosum , 
alatum. Antennœ fere thoracis 
longitudine , versus apicem 
rostri insertae , scapo clavato , 
sub-recto , oculos altingenle , 
funiculo septem articulato. 
Primo valido, truncato, reli- 
quis sub-aequalibus , raonillfor- 
raibus , pilosis ; cîava ovata 
quatuor articulala , articulis 
connexis. Rostrum capite lon- 
gius, sub cylindricum , seu co- 
nicum , subtus perparum de- 
flexum. Scrobes sat profundae, 
subtus flexae , a fine rostri nas- 
centes. Caput convexum. Oculi 
saepiusapproximati, rotundati, 
reticulati. Thorax latitudine 
longius , ovatus seu cylindrir 
eus , lateribus rotundatus, pos- 
terius valde angustior , basi 
oblique et postice recte truu- 
catus. Scutellum plus minusve 
elongatum , Iriangulare par- 
vum. Elytra oblonga , sub-ova- 
lia , tborace latiora , semper 
striata , humeris sub-retusis. 
Pedes longiusculi , approxi- 
niati , femoribus medio clava- 
tis, intus valde dentatis , libiis 



milieu, écbancrées à rextrémi- 
té , munies dans la plupart de 
fortes épines presque à leur som- 
met intérieur. Jambes arquées. 
Description : Corps ou un peu 
allcdigé toujours arrondi à l'ex- 
trémité , ou globuleux , velu , 
ailé. Antennes à peu près de 
la longueur du eorselet , insé- 
rées près de Text rémité de la 
trompe. Scapus en massue , at- 
teignant le milieu des yeux ; 
funicule de sept articles ; le 
premier renflé , tronqué ; les 
autres égaux , monili formes , 
velus ; massue ovalaire de qua- 
tre articles, le dernier à peine 
distinct. Trompe plus longue 
que la tète , cylindrique ou co- 
nique. Fossettes plus ou moins 
profondes et sinueuses , partant 
de l'extrémité de la trompe. 
Tète convexe. Yeux le plus 
souvent rapprochés , arrondis^ 
réticulés. Corselet plus long 
que large, ou globuleux, ou 
cylindrique , arrondi sur les 
côtés , rétréci postérieurement, 
. Ecusson ou allongé ou trian^- 
gulaire , petit. Etytres toujours 
striées de points, plus larges à 
leur base que le corselet , avee 
l'épaulé obtuse obliquement. 
Pattes un peu allongées, ra ppro- 
chécs. Cuisses en m;55suc cui 



02 ANNALES 

delà du milieu , fortement den- flexuosis, apice autuncoconieo 
tées intérieurement ; jambes 
tortueuses armées à l'extrémité 
d'un petit ongle corné, ou tron- 
quées. Tarses (fig. 5. Z'.)en bros- 
se par dessous. Le premier arti- 
cle allongé ; le deuxième court, 
presque triangulaire ; le troi- 
•sième très-large, bilobé. L'on- 
glet court , un peu en massue, 
arqué, muni de deux crochets. 
Abdomen de cinq segmens. 

i""* Division, 



instructis , eut truncatis. Tar- 
sis subtus spongiosis. Articulo 
primo elongato ; secundo brevi, 
sub-trigono ; tertio latiore , bi- 
lobo. Unguiculo parum cla— 
vato, biungulculalo. Abdornenr 
quinque segmeutis. 



Trompe cylindrique , incli- 
née, portée en avant. Corse- 



Dlvlsio prima. 

Rostrum cylindrîcum, pro- 
latum. Thorax cylindricus ^ 



let cylindrique, yeux assez oculi parum remoti, Elytrapi- 
éloignés. Elytres très-renflées riformia. 
à l'extrémité. 



!*•■ Otiocéphale mexicain, 
(PI. 3, fig. 1.) 

D'un noir vernissé, allongé. 



'' Otiocephaius mexicaniis. 
Mihi, 

Niger , elongatus. Linea 

Côté de la poitrine marqué alba marginali prope elylram 

près de l'élytre d'une ligne posita. Elytris apice tumes- 

blanchâtre. Élytres à stries centibus, sub striatis. Femo- 

éloignées, rugueuses en des- ribus intus valde dentatis. 
sus , piriibrmes à l'extrémité. 
Cuisses fortement dentées. 

Trompe cylindrique , un Rostrum cylindrîcum , iu- 

peu arquée en dessous, mar- irksubarcuatum, quinque su?- 

quée de cinq sillons, dont cis impressum. Caput elonga- 

deux sur le côté , profonds^ tum , postice dimensione tho- 

Tête allongée , arrondie par racis. Antennae piceœ , clavjA 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. io5 

obscLira. Oculi subalbi , inter derrière , et de la largeur du 



cjuos linea impressa. Thorax 
cyliiidricus , bis et sesqui lon- 
gior latitudine , lateribus pos- 
ticis depressis, antice postice- 
que transversim granulatus. 
Elytra thorace latiora , ad hu- 
meros oblique truncata, apice 
piriformia, striata, supra gra- 
iiulosa. Pedes elongati, femo- 
ribus valdè dentalis, tibiis sub- 
arcuatis , in medio crassis. 
Tarsis subtus cineris. Pilis 
nigris distantibus omnino tec- 
tus. 



corselet. Antennes rousses , 
avec la massue obscure. Yeux, 
blancs. On voit au milieu de 
ceux-ci une petite ligne enfon- 
cée. Corselet cylindrique > 
deux fois et demie plus long 
que large , ayant une dépres- 
sion aux côtés postérieurs , 
granuleux aux deux extrémi- 
tés. Elytres plus larges que le 
corselet , allongées et très ren- 
flées à l'extrémité; granuleu- 
ses en dessus , à stries appa- 
rentes sur les côtés. Une ligne 
blanchâtre partant du corselet 
à la naissance de Tabdomon , 
est placée près du bord de l'é- 
lytre. Pâtes allongées , cuisses 
armées près de l'extrémité in- 
térieure d'une épine large , 
jambes un peu arquées, ren- 
flées dans leur milieu. Tarses 
gris en dessous. Il est entière- 
ment couvert de poils noirs , 
distans les uns des autres. 

Cette espèce , la plus grande du genre , a été trouvée a 
Orixaba au Mexique, et m'a été envoyée par M. Lesueur. 
2^ Division, Divisio secanda. 

Trompe assez perpendicu- Rostrumsat perpendiculare. 
laire , corselet presque globu- Thorax sub-globosus, Elytra 
leux j élytres allongées.- elongata. 



E Mexica ( Orixaba ). 



io4 ANNALES 

fà,Otiocéphale velu. (Pi. 3 , f. 2 . ) 2 . Otiocephatus pilosus. Mihi, 



Noir , un peu brillant , mar- 
qué en dessous d' u ne ligne mar- 
ginale blanche , ainsi que d'un 
point oblique à l'insertion des 
pattes intermédiaires. Pieds 
allongés, cuisses munies d'une 
petite épine aiguë; tarses et 
antennes fauves; entièrement 
couvert de longs poils blancs. 

Trompe cylindrique , ar- 
quée , un peu carénée en des- 
sus , ayant un sillon sur !e 
côté dans toute sa longueur. 
Yeux noirâtres , rapprochés , 
tête un peu allongée, convexe. 
Antennes fauves, massue cen- 
drée. Corselet globuleux , 
plus long que large , très-com- 
primé en arrière , d'un noir 
brillant. Ecussonponctiforme^ 
blanc. Elytres plus larges que 
le corselet, à angle humerai 
arrondi ; allongées , s'élargis- 
sant au delà du milieu, stries 
formées de points assez rap- 
prochés. Pattes noirâtres très- 
velues. 

Il m'a été envoyé du Brésil 
comme ^.yanl été tiouvc aux 
environs de llio-Janeiro. 



Cmculio Coarctatus Dj. in museo. 

Niger , sub-nitidus , linea 
alba marginali notaque obli- 
qua in insertione pedum inter- 
mediorum, Pedes longiusculi , 
femoribus arcte spinosis. Tar- 
sis antennisque picies. Pilis 
longissimis omninp vestitus. 



Roslrum cylindricum, ar- 
cuatum , supra carinatum , 
impressum su!co laterali. Oculi 
nigricantes , approximati. Ca- 
put elongatum convexum. An- 
tennae picess , clava fusca. 
Thorax globosus, longior la- 
titudine , rétro largiter coarc- 
tatus , niger nitidus, Scutel- 
lumpuncliforme, album. Ely- 
trathoracelatiora, ad humeros 
rotundata , in medio extensa ^ 
apice ovata , punctis sat con- 



tiguis striata. Pedes subnigri >, 



pilosi. 



Hab'. (Rio-Janeiro) in Çra 



silii 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIODE. 



o5 



0. Otiocephalus omericanus. 
MUii 

Curculio ainericanus Dejean in 
museo. 

Aterrimus. Elytris punctis 
contigais valdèstriatis. Femo- 
ribus valide calcaratis. 

liostrum cylindricum, tho- 
race brevior , rugatum inter 
oculos et antennas. Oculi al- 
bicantes , paium remoti. Ca- 
put convexum , punctatum. 
Tborax antice sparsim piinc- 
tatus , globosus , poslice vix 
coarctatus , subiuarginatus, 
Sculelitîmtriaiigulare, obsca- 
rum. Elytra iborace vix la- 
tiora , elongata , apice sensiai 
extensa , punctis impressis 
striata. Pedes validi , femori- 
bus late calcaratis, tibiis bre- 
vibus , cameratis , antici cor- 
nco unco instructis. Omnino 
pilis nigris raris indutus. 



Kx America seplentrionali. 



3. Otiocèphqle américain, 
(PI. 5, %. 5.) 



Très-noir. Elytres marquées 
de stries fortement ponctuées. 
Cuisses très-éperonnées. 

Trompe cylindrique , plus 
courte que le corselet, avec 
quelques rides entre les yeux 
et les antennes. Yeux blancs, 
un peu éloignés. Tête ronde , 
ponctuée. Corselet globuleux 
un peu rétréci en arrière et 
comme rebordé. Ecusson 
triangulaire, obscur. Elytres 
guère plus larges que le corse- 
let ; allongées , s'élargissant 
vers l'extrémité , marquées de 
neuf stries formées de points 
enfoncés. Pattes robustes , 
cuisses munies d'une épine 
large et aiguë. Jambes fortes , 
courtes , cambrées; les anté- 
rieures armées à leur extré- 
mité d'un petit onglet. Il est 
couvert de poils noirs courts 
peu épais. 

Il fait partie de la collection 
de M. le comte Dejean , qui l'a 
reçu des Etats-Unis. 



io6 



A^^ALES 



4. Ot'iocéphale à ély ires jau- 
nes. (PI. 3,%. 4.) 



4. Otloceplialas flavlpennîs. 
MiliL 



Noir, velu. Elytres jaunes, Niger, pilosus. Elylris fla 



Trompe conique , courte , 
large à sa base , fortement ca- 
rénée en dessus , couirerte de 
poils blancs épais. Tête élevée, 
convexe. On y voit avec une 
forte . loupe quelques poils 
blancs a peine perceptibles , 
et une dépression transverse 
au dessus des yeux; ceux-ci 
rapprochés , saillans , arron- 
dis et noirs. Corselet orbicu- 
laire, plus long que large , ré- 
tréci postérieurement , élevé 
dans son milieu , couvert en 
arrière de longs poils blancs 
épais. Ecusson ponctiforme 
blanc. Elytres allongées, paral- 
lèles , plus larges que le corse- 
let, fauves, avec neuf stries de 
points peu enfoncés ; la pre- 
mière et la dernière plus pro- 
fondes. Epaule élevée. Cuisses 
h peine épineuses ; jambes 
droites. Pattes et dessous du 
corps couverts de poils blancs 
courts. 

Il m'a été envoyé égale- 
ment d'Orixaba par M. Le 
sueui'. 



VIS. 

Rostrum brève , conicum , 
basi latum , supra valde cari- 
natum. Caput excelsum, con- 
vexum. Oculinigri, sub-con- 
tigui. Thorax globosus , sub 
elongatus , medio elevatus , 
pilis densis postice ornatus. 
Scutellum punctiforme , al- 
bum. Elytra elongata , paral- 
lela , thorace latiora , fla va ^ 
vix punctato striata. Stria su- 
turalis et marginaUs sat pro- 
fundae. Humera éleva ta. Pede& 
sub elongati , femoribus subs- 
pinosis , tibiis rectis. 



( Orixaba) in Mexica. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 

Di^islo tertia, * o*' Division. 



107 



Rostrum brève. Thorax 
globosus. Elytra ovata. Sub- 
punctato striata. 

5. OtiocephaUis Poey. Milii, 

Cnrculio dimidiatus in museo Dj. 
Rhinolaccus, id. Schonhr. in lit- 
teris. 

Oculis , eîylris basi ex- 
cepta, abdoniineque nigris, re- 
liquis partibus rubris. 

Rostrum thorace brevior , 
cylindricum apice attenua- 
tuni. Caput rotundatum , 
punctatum. Antennœ nigr?e , 
duobus primis articulis rufis. 
Oculi globosi. Thorax rotun- 
datus, basi sensim angustatus, 
postice valde coarctatus, punc- 
tatiis. Elytra ovata. Pedcs 
recti, femoribus apice vix cla~ 
vatis, muticis. Tibiis unco re- 
çu rvo armatis. 



Detectus in iusula Cuba ab 
amico meo Poey. Sat tVequens 
in lloribus Asclepiae currasa- 
victC. 



Trompe courte. Corselet 
et élytres globuleux. Stries 
ponctuées peu marquées. 

5. Otiocép/iale de Poëy. 
(PL 2,fig. 5.) 



Tète , corselet , poitrine , 
pattes et base des élytres rou- 
ge. Le reste noir. 

Trompe cylindrique , amin- 
cie à son extrémité. Tête ar- 
rondie ponctuée. Antennes 
noires; les deux premiers ar- 
ticles rouges. Yeux arrondis , 
noirs. Corselet légèrement ré- 
tréci antérieurement , très- 
comprimé à sa partie posté- 
rieure , ponctué. Elytres glo- 
buleuses arrondies , avec un 
tiers de sa base rouge. Pattes 
rouges , cuisses sans dents , 
jambes droites , armées à l'ex- 
trémité d'un onglet crochu. 
Les pieds seulement sont un 
peu velus. 

Cette espèce a été trouvée h 
la Havane par M. Poëy. 



ANN 



6. Otlocéphale Founni. 
(PL 3,%. 6.) 



Brévirostre, noir. Antennes 
et pattes fauves. 

Antennes fauves , trompe 
hrune , cylindrique , assez 
grosse, plus courte que le cor- 
selet , entièrement couverte 
de poils blancs. Yeux grands, 
saillans,très-rapprochés. Tête 
élevée , ponctuée, déprimée 
au dessus des yeux. On voit 
le long de ceux-ci un prolon- 
gement de poils blancs for- 
mant une sorte de V. Corselet 
élevé , presque globuleux , 
pointillé , d'un noir luisant. 
Elytres ovales , luisantes , à 
épaule obtuse. Cuisses inter- 
médiaires armées d'une petite 
dent. 

11 est indiqué par Olivier, 
comme ayant été trouvé par 
IVL Geoffroy de Villeneuve à 
Saint - Domingue. Il faisait 
})artie de la riche collection 
de ce savant, que j'ai acquise 
de moitié avec M. le comte d^ 
flousselin. 



ALES 

6. Otlocephalus formicarius^ 

Rhina. formicaria. Ol. Ent. Ins. T. 
V, N°234,pag. 336,fig. 5i4. 

Niger , antennis pedibus- 
que rufis, thorace et elytris 
ovatis sub globosis. 

Antennae rufae , rostrum 
crassum , cylindricum , pi- 
ceum , pilis albis indutum , 
thorace brevius. Oculi magni, 
prominuli, approximati, Ca- 
put punctatum. Thorax punc* 
tatus, globosus,niger. Elytra 
ovata , nigro nitida , vîx stria- 
ta , lîumeris retusis. Pedes 
rufi , femoribus intermediis 
dentatis. 



Et in insula Sancto - Dor 
mingo , ex mus. Olivieri« 



DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 109 

BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 

ANNÉE l832. l" TRIMESTIIE. 



SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 
Séance du 3 i janvier. 

A huit heures du soir, dans le local de la société Philoma- 
lique, rue d'Anjou-Dauphine, n** 6, à Paris , a lieu la première 
réunion de la Société. Dix-huit Entomologistes de Paris y 
assistent , sous la présidence de M. Luczot , doyen d'âge. 

M. Latreille est à l'unanimité proclamé président honoraire , 
et une députation est désignée pour lui en aller faire part. 

M. Audinet-Serville est ensuite, au scrutin secret, élu pré- 
sident-, il prend place au fauteuil , et déclare la société Ento- 
mologlque de France exister dès ce moment. 

On passe à la discussion des hases de la Société , de son rè- 
glement , etc» 

Séance du 7 février. 

Vingt- cinq Entomologistes sont présens à cette séance, ou 
l'on continue la discussion du règlement et où l'on arrête 
diverses dispositions administratives. 

On élit au scrutin secret quelques membres du bureau , sa- 
voir : 

Le vice-président , M. Audoi:in. 

Le secrétaire, M. Al. Lefebvre. 

Le secrétaire-adjoint , M. Brullé. 

Le trésorier , M. Duponchel. 

Séance du il^ février. 
Vingl-cinq Entomologistes sont présens h cette séance, dans 



iio ANNALES 

laquelle on arrête définitivement les bases de ia Société , s6n 

règlement, etc. 

M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeaii est nommé 
archiviste. 

A l'unanimité, MM. Cuvier , Geoffroy-Saint-Hilaire , Du- 
mérd, Savigny , Al. Brongniart , de Blainville et Desmarest , 
sont proclamés membres honoraires français de la So- 
ciété. 

Le jour de la séance solennelle de l'ouverture des travaux 
de la Société est fixé au 29 courant , et les membres du bureau 
sont désignés pour aller en deputation prier M. Latreille de la 
venir présider. 

Séance du 29 février. 

A cette séance , sont présens trente-cinq Entomologistes, 
sous la présidence de M. Latreille. 

MM. Duméril et GeofFroy-Saint-Hilaire l'honorent de leur 
présence. 

Le secrétaire donne lecture de !a lettre d'acceptation de 
M. le baron Cuvier. ( Page 17. ) 

M. Latreille prononce un discours d'ouverture, (page 22) 
et se levant , annonce les séances des travaux de la Société En- 
tomologique de France ouvertes dès ce moment. 

Les dispositions arrêtées dans les trois précédentes séances' 
provisoires, sont approuvées. Le secrétaire lit les noms des 
trente-cinq personnes présentes; elles sont, par le présiden! # 
déclarées membres fondateurs de la Société , et passent au 
bureau apposer leur signature au règlement , ainsi que MM. les 
membres honoraires présens. 

M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeau donne lecture d'un 
mémoire sur un groupe d'Hyménoptères, les Gorytes. (p. 02*) 

M. Audinet-Serville donne l'extrait d'une nouvelle classifi- 
cation de la tribu des Prioniens, famille des Longicornes. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGïQUE. m 

IVI. Delaporte lit un essai d'une nouvelle classification des 
Hémiptères. 

Séance du 7 mars. 

Le secnHaire donne lecture des lettres d'acceptation de 
MM. les membres honoraires, de Blainville et Brongniart. 
(Pages 19 et 20. ) 

M. Desmarest , membre honoraire , est présent. 

M. Lefebvre donne verbalement l'aperçu d'un mémoire 
sur un moyen de distinguer plus sûrement les espèces des va- 
riétés, dans quelques Lépidoptères diurnes d'Europe , tribu 
des Satyrides. (pag. 80.) 

M. Poëy lit un mémoire sur le crin et le fi ein des ailes des 
Lépidoptères dans les genres Eunlca etUermlnia. (pag. 91.) 

M. Audouin annonce la lecture prochaine d'une note sur le 
mode de respiration des Hydrophiles. On croit généralement 
que ces insectes viennent respirer h la surface de l'eau comme 
les Dytiques, c'est-à-dire par l'extrémité postérieure de l'ab- 
domen. M. Audouin interroge même, h cet égard, les souvenirs 
des membres de la Société , et tous avouent que jusqu^ici ils 
n'ont pas mis en doute que la manière de respirer des Hydro- 
philes fût différente de celle des Dytiques. Cependant, M. Au- 
douin croit dès à présent pouvoir annoncer que ce n'est pas 
par la partie postérieure de leur corps , mais bien par sa partie 
antérieure ,• et que c'est a l'aide de leurs antennes que ces 
insectes se procurent l'air nécessaire à leur respiration. M. Bois- 
duval nie la possibilité du fait, et pense que les antennes ne 
sauraient dans aucun cas servir à cet usage. M. Audouin persiste 
dans son opinion, et s'engags à démontrer ce fait. Il ajoute 
même que d'abord il l'avait cru entièrement nouveau; mais 
que depuis son observation , il a appris qu'un anatomisle alle- 
mand avait fait la même remarque. 

M. Godet lit un discours sur la manière de travailler les mo- 
nographies et l'Entomologie en général. (Page 54- ) 



1,2 ANNALES 

VOYAGES. 

DÉPARTS. ARRIVÉES. NOUVELLES DIVERSES. 

M, Charles Besche fils , Enloinologisle HamLourgeois , est 
parti en iliars de celle année pour les possessions Danoises , 
snr la côte de Guinée , qu'il va explorer sous le rapport de 
rEnlomologie. 

Madame veuve Salle et son fils , de Paris , sont récemment 
partis dans le même Lut pour l'intérieur du Mexique. C'est 
auprès de M. Chevrolat de Paris , membre de la Sociélé , 
qu'on peut se procurer les renseignemens nécessaires au 
sujet des insectes qui lui seront envoyés par ces voya - 
geurs. 

M. Edouard Verrcaux, fils du marchand naturaliste de ce 
nom, à Paris , et qui avec son frère, M. Jules, qui est resté 
au cap de Bonne-Espérance , rapporta cette année , de diverses 
excursions à i5o lieues du cap, tant à Algoa-Bay qu'à Graliam- 
'stown,TulbaghetBokkeveld, de si belles collections d'histoire 
naturelle, et tant d'insectes nouveaux, repart en ce moment^ 
avec son frère , M. Alexis , pour le même endroit. 

Le projet de ces trois intrépides voyageurs est de parcourir 
les régions inconnues, situées entre Port-Natal et Orange-ri- 
vière , en passant par Litakou. 

M. Adolphe De Lattre, Membre de la Société, part sous peu 
pour un voyage consacré à plusieurs branches de l'histoire 
naturelle , principalement la Botanique , la Minéralogie , l'Or- 
nithologie , et plus spécialement l'Entomologie. 

La province de Saint-Paul au Brésil, Fernambouc , în 
Mexique et l'Améi^ique du Nord , Bahia , le Cap et le Bey 
d'Angola en Afrique, sont les principaux points qu'il veut 
explorer pendant plusieurs années. 

Le dernier voyage au Brésil de cet Enlomologîsie nous 
fait espérer les plus heureux résultats. 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. ii5 

M. le docteur Rambur, membre de la Société, est arrivé 
récemment d'un voyage en Corse, où il a résidé plus d'une 
année , et qui avait pour but d'explorer cette île sous le rap - 
port de l'Entomologie et de la Botanique. 

Il en a rapporté nombre d'espèces rares ou nouvelles , tant 
en Coléoptères qu'en Lépidoptères. 

Parmis ces premiers, on distingue le Carabus Ramburii 
(Dej.), Perçus Loricatus , Perçus Ramburii (Dej.) etc., et 
en Lépidoptères , les Van. Ichnusa , Sa t. Tigellius , Néomiris , 
etc., Arg. Elisa, Hesp. Thérapné. Ses. Anthracilbrmis , Sph. 
Dahlii , Latreil. Corsica , Orgya Rupestris, Pol. Aspho- 
deli, etc. etc. 

Son herbier qui est fort considérable , n'est pas moins richo 
en plantes rares ou nouvelles. 



VENTE DE COLLECTIONS. 

Une collection de près de 4ooo Coléoptères bien nommés, 
la plupart récoltés aux environs de Paris. 

Une collection de plus de 5oo Lépidoptères, tant européens 
qu'exotiques , également nommés. 

S'adresser pour les renséignemens à M. A. Chevrolat, rue 
des Champs-Elysées, n** 6, Paris. 



NECROLOGIE. 



Pierre Carcel, né à Paris en 1800, est mort le 24 juillet 
i83i , au château d'Asie près Constantinople. . 

Le projet de ce jeune et modeste savant, aussi laborieux 
qu'instruit, était, après avoir parcuru l'Asie mineure, de visiter 
la Perse , les pays situés au delà de l'Euphrale , et de revenir 
I. 8 



ii4 ANNALES 

par la Terre-Sainte et l'Egypte , en Europe , lorsqu'après un sé- 
jour d'un an à Constanlinopleet à Smyrne , où constamment il 
fat exposé à la peste , qui pendant son séjour faisait d'affreux ra- 
vages , il tomba malade de la fièvre du pays , et succomba 
enfin à 5i ans, victime de son zèle pour l'Entomologie et les 
sciences naturelles. 

Deux cent mille insectes , 20,000 échantillons de botanique, 
plusieurs caisses de Mollusques , nombre d'animaux verte 
brés , etc. etc. , recueillis dans l'espace d'une année , attestent 
de la prodigieuse et infatigable activité de ce jeune savant. 

Ces collections heureusement vont bientôt arriver dans sa 
pairie , mais ses cendres restent à jamais au champ de repos 
de Rounkali. 

Pierre-Amédée Cauchy, né à Paris en 1806, avocat à la 
Cour royale de Paris , est mort le lei octobre 1 85i , au retour 
d'une excursion Entomologique en Suisse. Ce jeune Entomo- 
phile , enlevé trop tôt aux sciences , s'occupait principalement 
de l'étude des Lépidoptères, dont il possédait une assez belle 
collection. 

On lui doit des observations intéressantes sur ces insectes , 
quelques découvertes d'espèces nouvelles , entre autres une 
Larentia qui porte son nom , et qui lui fut dédiée par M. Du- 
poncbel , qui souvent le cite dans son ouvrage. 

La science vient de perdre M. de Brébisson , Entomologiste 
distingué de Falaise ( Calvados). 

Les documens que nous attendons sur les travaux de ce 
savant , ne nous étant pas encore parvenus , nous remettons 
au prochain numéro l'article nécrologique qui le concerne. 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. n5 

OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE 

PUBLIÉS DEPUIS LE 1^*^ JANVIER l832. 

("i" trimestre. ) 

FRAUCAIS. 

ICOxNOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.yt: Bolsduval ; 
tome II , LIVRAISONS lo, ri et la. Paris, Méquignon-Marvis. 

Chaque livraison composée du texte et de cinq planches coloriées avec 
le plus grand soin , d'après les dessins originaux, 6 fr. 

Le tome I "^ contient douze livraisons. 

HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godan, continuée par M. Dnponchel; tome VIII, 
deuxième partie , nocturnes ; tomeV, deuxième partie, livraisons i, 3 
et 3. Paris, Méquignon-Marvis. 

Chaque livraison composée du texte et de deux planches soigneusement 
coloriées, 3 fr. 

11 paraît jusqu'ici i\i livraisons. 

SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OU PAPILLONS DE FRANCE, T^m^M..Duponchel; tomel'% première 
LIVRAISON. Paris, Méquignon-Marvis. Chaque livraison , 3 fr. 

Ce supplément contiendra toutes les espèces nouvelles découvertes de- 
puis le commencement de l'ouvrage auquel il se rattache. 

ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- 
titulé : Histoire notiirelle da Lépidoptères ou Papillons de France ^ par 
M. Duponckel; tomel"', première livraison. Paris, Méquignon-Marvis. 

Chaque livraison composée du texte et de trois planches coloriées avec 
soin , 3 fr. 

SPECIES GÉNÉRAL DES COLÉOPTÈRES , de la collection de M. le 
comte Dejean; tome V, en deux parties, 2 vol. in-8. Paris , Méquignon- 
Marvis. 

On publie un volume tous les ans. 

CENTURIE DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CUBA, contenant 
la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- 
veaux ou peu connus , par Ph. Poèy; première livraison. Paris, J. Al- 
bert Mercklin. 

Chaque livraison contenant dix planches (oloriées, 10 {i\ 



i»6 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 

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VIER, par F.-E, Guérin; litraisons i6 et 17. Paris, J.-B. Baillière. 

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lonel Borj-de-Saint'Fincenc .' Insectes, Orthoptères, Névroptères , Co- 
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rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval Paris, Roret. 
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NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par le 
docteur Boisduval. Paris, Roret. Première livraison , 3 planches co- 
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LETTRES A JULIE SUR L'ENTOMOLOGIE, suivies d'une Descrip- 
tion méthodique de la plus grande partie des Insectes de France; par 
M. E. Mulsant. Paris, Méquignon-MarVis , 2 vol. in-8, ornés de plan- 
ches coloriées, 24 fr. 

Fi§. noires, 18 fr. 



ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 117 

LETTRES 

DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. 

( ÉTRANGERS. ) 

Lettre de M. Kirby. 
Monsieur , 

Je sens vivement l'honneur que la Société Entomoiogique 
de France m'a voulu faire en m'offrant de m'admettre au 
nombre de ses membres honoraires , et je reçois avec la re- 
connaissance la plus profonde cette preuve agréable de son 
estime. 

Un septuagénaire , dont les yeux sont affaiblis , ne peut pas 
espérer de marcher à grands pas dans la science délicieuse 
que votre Société protège , mais 

Agnosco veteris vatigia Jlammœ. JHÉL -^^^^ 

Je suis accablé de douleur en lisant aujourd'hui, dans le 
journal , la funeste nouvelle de la mort de ce savant célèbre 
et vraiment grand , M. le baron Cuvier. Toutes les sciences 
pleureront sa perte irréparable. 

Permettez moi. Monsieur, de vous remercier pour les 
termes flatteurs que vous avez employés individuellement 
dans votre lettre , et de vous assurer , etc. 

Guillaume K-irby. 
Barbara, îe 19 mai i833. 
( A M. A.. Lefebvre , secrétaire , etc. ) 



n8 ANNALES 

Noiwelle classification de la famille des Longicornes » 
par M. Audinet-Serville. 

(Séance du 29 février iSBa.) 

M. Latreille, dans un de ses plus récens ouvrages [Règn.^ 
anim., 2* édit., tom. 2, pag. io4), s'exprime ainsi sur cette 
famille : «Vu la quantité d'espèces découvertes depuis le 
» Pline du nord [Lhinœus) , l'insuffisance des caractères qui 
)) signalent les genres, le désordre qui règne encore dans 
» plusieurs d'entre eux, une recherche générale et appro- 
» fondie est devenue nécessaire. » 

Cette vérité est sentie par tous les Entomologistes qui s'oc- 
cupent de Coléoptères. J'ai depuis quelques années cherché h 
débrouiller cette belle et nombreuse famille, mais j'y ai trouvé 
encore plus de difficultés que je ne m'attendais h en ren- 
contrer. La tribu des Cet ambycins est, sans contredit, la plus 
difficile , aussi ne l'ai-je encore qu'ébauchée. J'ai plus aisé- 
ment divisé celle des Prioniens que je publie aujourd'hui dans 
nos Annales. On verra que j'ai pris pour base de mes divisions 
quelques grandes coupes indiquées par M. Latreille dans l'ou- 
vrage cité plus haut, pag. 107-109. Je partage cette tribu 
en cinquante genres, dont trente-cinq établis par moi, et dont 
la plupart existent depuis long temps avec mes noms , dans 
les principales collections de Paris. Ils sont répartis dans 
divers tableaux où chacun des genres est signalé parles carac- 
tères principaux qui le distinguent des genres quii'avoisinent. 
Après cette classification par tabîeaiix, viennent les carac- 
tères détaillés de tosis les genres , et les espèces déjà décrites 
que j'y rapporte en les mentionnant seulement, mais indi- 
quant leur synonymie. Je donne la description d'une vingtaine 
d'espèces qui ni'ont parues nouvelles et dont presque toutes 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119 

servent de types à mes nouveaux genres. J'espère , si ce pre- 
mier essai semble de quelque utilité, publier successivement 
et de la même manière les trois autres tribus, Gérambycins, 
Lamiaires et Lepturètes , qui compléteront la grande famille 
des Longicornes. 

Je prie messieurs les Entomologistes qui ont bien voulu me 
laisser examiner et décrire les espèces nouvelles de leurs col- 
lections, de recevoir ici tous mes remercîmens. Je dois 
beaucoup aussi aux communications et aux bons conseils de 
M. A. Maille , qui m'ont fait rectifier plusieurs parties défec- 
tueuses de mon ouvrage. Enfin je suis très-redevable à M. le 
Peletier de Saint-Fargeau, mon collaborateur pour le dixième 
volume de l'Encyclopédie méthodique et la Faune française , 
de la complaisance sans bornes avec laquelle il m'a aidé dans 
la formation des noms tirés du grec, que j'ai imposés aux nou- 
veaux genres de cette famille. 



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LoNGicoRjNEs , Longlcomes. 
4* Famille des Colcoptcres^Tétrar^es. i^B| 
CARACTÎiP.fiS. 

Les trois premiers articles des tarses garnis de brosses en- 
dessous ; les deuxième et troisième cordiformes , le troisième 
profondément bllobé ; on voit un petit renflement ou nodule 
simulant un article à l'origine du quatrième ou dernier. 

Menton court, transversal; languette membraneuse, en 
forme de cœur, écbancrée o\\ bifide. 

Mâchoires dépourvues de dent cornée au côté interne. 

Antennes filiformes ou sétacées , le plus souvent de la lon- 
gueur du corps et quelquefois plus longues-que lui, tantôt 
simples dans les deux sexes , tantôt en scie, peçtinées. ou fla- 
bellées dans les mâles-* 



lâo ANNALES 

Yeux ordinairement réniformes et entourant la base des 
antennes. 

Corps généralement allongé. 

Larves apodes ou presque apodes , vivant dans l'intérieur 



des végétaux. 



1'* Section. 



Yeux échancrés ou réniformes , recevant la base des an- 
tennes. 

Tête s'enfonçant jusqu'aux yeux dans le corselet , sans ré- 
trécissement , ni cou distinct. 

1'*. Tribu, Prionlens. 
2*. Tribu , Cèrambycins. 
3*. Tribu , Lamlaires. 

2* Section. 

Yeux arrondis, entiers ou à peine échancrés. 

Antennes insérées en avant des yeux, ou tout au plus à 
l'extrémité antérieure de leur faible échancrure. 

Tête prolongée postérieurement derrière les yeux ou ré- 
trécie brusquement en manière de cou à sa jonction avec le 
corselet. 

4*. Tribu , lepturètes. 

î". Tribu, Prioniens, PrionlL 

Labre nul ou très-petit et peu distinct. 

Mandibules fortes , ordinairement plus petites dans les fe- 
melles que dans les mâles, souvent très-grandes chez ces 
derniers. 

Lobe externe des mâchoires nul ou très-petit. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xai 

Antennes insérées près de la base des mandibules ou de 

Téchancrure des yeux, mais point entourées par eux à leur 

naissance. 

Tête avancée ou penchée, mais point perpendiculaire, ni 

aplatie en devant. 

Palpes ayant leur dernier article en cône ou en triangle 

renversé, quelquefois presque cylindrique; il est toujours 

tronqué au bout» 

Nota. Le genre Parandre, Parandra , ne me semble point 
appartenir à cette tribu , ni même à la famille des Longi- 
cornes, quoique M. Latreille l'y admette, en observant ce- 
pendant qu'il diffère de tous les autres Longicornes par sa 
languette cornée et en segment de cercle très-court et trans- 
versal , ainsi que par l'appendice portant deux soies , qui se 
trouve entre les crochets des tarses postérieurs. 

Les genres Spondyle et Cantharocnème, par lesquels je 
commence la première tribu , ne me paraissent pas bien évi- 
demment être à leur véritable place. 



12-3 ANNALES 

DIVISION GÉNÉRALE. 

i'^ Sous-tribu. Spondyliens. Antennes courtes, presque mo- 

niîiformes. 
a*. Sous-tribu, Prioniens proprement dits. Antennes longues, 

filiformes. 

1'^. Division. Corps ailé. 

r*. Subdivision. Corps droit, allongé. 

A. Jambes ayant deux rangées d'é{>ines internes. 

B. Jambes sans rangées d'épines internes. 

a. Antennes point comprimées, de onze articles 
cylindriques ou dentés en scie , quelquefois fla- 
bellées dans les mâles. 

î. 3* article des antennes notablement plus 
long que le quatrième. 

= Articles des antennes n'émettant point de 
rameaux dans aucun sexe. 

* Corselet crénelé latéralement, muni sou- 
vent en outre de plusieurs épines. 

** Corselet sans crénelures , armé ii chaque 
bord latéral d'une ou de plusieurs épines. 

*** Corselet mutique latéralement. 

=z=: Articles des antennes des mâles à partir 
du troisième , émettant chacun un long 
rameau linéaire : ils sont simples dans les 
femelles. ( Corselet court , transversal , 
bidenté latéralement. ) 

3. 3* article des antennes de la longueur du 
quatrième ou 5 peine plus long que lui. 



^ 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i25 

b. Antennes de douze articles; cylindriques et 
allongés dans les mâles , courts et dentés en scie 
dans les femelles. 

c. Antennes fortement comprimées et de onze ar- 
ticles. 

2=. Subdivision. Corps assez court , assez large , souvent 
un peu penché en avant. 

A. Antennes ni pectinées , ni flabellées , de onze 
articles; les trois derniers (au moins) com- 
primés. 

B. Antennes ayant depuis onze jusqu'à cinquante 
articles environ; pectinées ou flabellées dans les 
mâles, en scie dans les femelles. 

âe. Division. Corps aptère. 

PREMIÈRE SOUS-TRIBU, 
Spondylilns , Spondylii. 

Antennes courtes , presque moniliformes et de onze arti- 
cles. Corselet presque globuleux , arrondi latéralement, 

mutique latéralement i Spondjle. 

Corselet 



uniépineux latéralement a ''Cantharocnème(i). 

DEUXIÈME SOUS-TRIBU. 

pRiOKiENs proprement dits , Prionii propriè dicti. 

Antennes longues , filiformes -ou sétacées. Corselet plus 
ou moins déprimé. ^ 

(i)Les genres nouveaux, ainii que les espèces nouvelles, seront indi- 
qués par une astérisque *. 



Ï24 ANNALES 

PREMIÈRE DIVISION. 

Corps ailé. 
PREMIÈRE SUBDIVISION. 

Corps droit , quelquefois presque parallélipipède , plus ou meins 
allongé. ( Eljtres le plus souvent déprimées. ) 

A. Toutes les jambes munies intérieurement de deux 
rangées d'épines nombreuses. (Antennes de onze 
articles. Corselet épineux ou crénelé latéralement. ) 

sans crénelures, fortement Iriépineux laté- 
ralement 3 "Tàan. 

dilaté et fortement crénelé latéralement , 
mais sans épines notables. ........ 4 "Cténoscèle. 



ayant ses angles antérieurs avancés, sensi- 
blement dilatés, et armés chacun de deux 
fortes épines 5 *' Anciscrote . 



I un peu rétréci en devant , armé latérale- 

I ment (et souvent même à chaque extré- 

I mité du bord postérieur) d'épines fines 

'. et nombreuses. 6 Macroiome. 

B. Jambes dépourvues de deux rangées de nombreu- 
ses épines internes (1). ( Antennes ayant au moins 
onze articles. Corselet épineux , crénelé ou muti- 
que latéralement. ) 

a. Antennes point comprimées , de onze articles 

(i) Dans quelques mâles ("ceux principalement dont les pattes anté- 
rieures sont plus longues que les autres) le dessous des jambes de de- 
vant est quelquefois très-raboteux , presque épineux. 



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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. laS 

cylindriques ou à peine comprimés , quelquefois 
dentés en scie, ou bien émettant de long6 ra- 
meaux dans les mâles. 

1. 3^ article des antennes grand, toujours nota- 
blement plus long que le quatrième. 

= Articles des antennes n'émettant point de 
rameaux dans aucun sexe. 

* Corselet crénelé latéralement , et souvent 
muni en outre d'épines plus ou moins fortes. 



blépineux ou triépineux ; crénelé seule- 
ment entre la première et la deuxième 
épine. Mandibules et menton glabres. 
( Corps déprimé. ) 7 ^Macredo 



ntie. 



crénelé dans toute la longueur de chaque 
bord latéral. Mandibules et menton très- 
velus dans les deux sexes. ( Corps assez 
épais, un peu convexe.) 8 *CaUipogon. 



dilaté à ses bord latéraux 9 *^rgace. 



sans dilalatioB lo *Aulacop«. 



** Corselet sans crénelures , "muni à chaque 
bord latéral d'une ou de plusieurs épines. 



126 



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DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 12^ 

*** Corselet mutique latéralement.-'» 

/ court, transversal; chaque bord latéral 

arrondi 23 Mégopis. 

presque trapézoïdal, rétréci en devant. 
Corselet / (Tarière des femelles toujours saillante.) if\ *^gosome. 

cylindrique, ses cotés parallèles ^S Ccelodon. 

aussi long que large, presque orbiculaire 

ou en carré à angles très-arrondis. . . 26 ^Anacanihe, 

== Articles des antennes des mâles 
à partir du troisième , émet- 
tant chacun un lonp; rameau 
linéaire; ils sont simples dans 
les femelles. 

Corselet court, transversal, bidenté latéralement. . . %y "Poîjozr. 

9. 3* article des antennes peu allon- 
gé, de même longueur ou à peine 
plus long que le 4**- 

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^.ï '^ - l multiépineux à chaque bord latéral. . 38 * Rhapkipode. 

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Nota. La seconde partie de ce tableau esl à la page suivante. 



3 28 



ANNALES 



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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 129 

b. Antennes de douze articles; cy- 
lindriques et allongés dans les 
mâles , courts et en dent de scie 
dans les femelles. 

Corselet mulique, corps étroit, très-allongé 87 ^Âllocère. 

c. Antennes de onze articles forte- 
ment comprimés. (Jambes un 
peu élargies au bout et velues 
inférieurement dans cette partie. 
Corselet épineux ou crénelé la- 
téralement. ) 



très-excavé sur son disque ; chaque bord 
latéral sans crénelures, mais armé de 
deux fortes épines 38 * Derancistre. 



Corselet 



point excavé , dilaté et crénelé latéra- 
lement , échancré après la dernière 
crénelure 89 *Solinopter€. 



DEUXIÈME SUBDIVISION. 

Corps assez court , assez large , soutient un peu penché en aidant. 
(Eîytres ordinairement un peu convexes. ) 

A. Antennes ni pectinées , ni flabellées , 
de onze articles , les trois derniers 
(au moins) comprimés. Corselet 
distinctement échancré après la 
dernière épine ou crénelure. 

Corselet un peu rétréci en devant, uniépineux latéra- 
lement, sans crénelures. (Ecusson médiocre, glabre.) 40 *Pœkilosome. 

Corselet crénelé | entièrement glabre 41 *Pyrode. 

latéralement. 



Ecusson grand, ( très-large, velu 42 *MaUafpe. 



i3o ANNALES 

B. Antennes ayant de onze à cinquante 
articles environ, pectinées ou flabel- 
lées dans les mâles; leurs articles, h 
partir du troisième, sont souvent , 
dans ce sexe , épais , évasés en en- 
tonnoir à Textrémité, et reçoivent 
chacun dans leur milieu la base de 
l'article suivant. Antennes des fe- 
melles assez fortement en scie, (Cor- 
selet uniépineux ou triépineux laté- 
ralement. ) 



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uniépineux latéralement. Antennes 
flabellées clans les mâles ^3 ^Polyarthron. 

triépineux latéralement. Antennes seu- 
lement pectinées dans les mâles. ... 44 Pn'one. 



triépineux latéralement. 




' muni d'une dent latérale 
un douzième article. . . 



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4j '^Clost'ere. 
46 *Caîocome, 



planes, allant en se rétrécis- 
saiit des angles huméraux à 
l'extrëmité 47 Ccroctène. 



un peu convexes , allant en 
s'élargissant des angles hu- 
méraux à l'extrémité. . . . 



' Chariée. 



•S plus courtes que l'abdomen, béantes à 
leur suture et laissant une partie des 
ailes à découvo t 49 Jnacole. 



DEUXIÈME DIVISION. 



Corps aptère. 

Antennes presque sétacées ; élylres de moitié plus cour- 

t&* que l'abdomen 5o Prionaptsre, 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i3i 

Genre I. Spo?<dyle , Spondyîis Fab. 

Antennes courtes , presque moniliformes , de la longueur du 
corselet, de onze articles un peu aplatis , un peu obconi- 
ques à partir du troisième, excepté le dernier qui est ovale 
et très-aplati ; le premier à peine plus grand que les autres, 
le deuxième petit. 

Corselet presque globuleux , arrondi latéralement , ses côtés 
mutiques , tronqué antérieurement et h sa partie posté- 
rieure , convexe , point rebordé (i). 

Mandibules avancées, arquées ,* pointues à leur extré- 
mité, échancrées à la base de leur côté interne, ayant 
dans cette partie deux petites dents obtuses et une autre 
vers le milieu. 

Elytres presque linéaires , étroitement rebordées au côté 
extérieur; leur angle suturai h peine unituberculé. 

Ecusson en triangle cunnligne. 

Jambes très-finement denliculées tout le long de leur 
côté extérieur. 

Tarses ayant leur dernier article plus grand que tous le» 
autres pris ensemble. 

Espèce. 

I. Spondyîis hupresfoides , Fab. Syst. ELeut,, tom. 2, 
pag. 576, n" 1. — Ou. Entom. , tom. 4- Spondyl. pag. 4? 
n" 1. PI. I , fig. I. Nord de l'Europe. 

Etc. 

(i)Les caractères génériques énoncés les premiers et placés hors 
ligne, sont ceux du groupe d'où dépend le genre , coinrae on le verra 
dans chaque tableau. Les caracîères distinctifs du genre, et qui n'appar- 
tif.nnenl qu'à lui seul dans son groupe, seront toujours iraprimés en 
italique. 



i3a ANNALES 

Genre II. *Cantharocnème, Caiitharocnejnis. 
( y.avQapoç , Scarabé ; xvvjjixï? , jambe. ) 

Antennes courtes , presque moniliformes , atteignant à peine 
les angles huméraux des élytres , de onze articles , le pre- 
mier plus gros que dans les Spondyles , presque conique ; 
le deuxième très-petit , globuleux; ceux de trois à onze un 
peu déprimés, obconiques, presque en dent de scie; le 
dernier arrondi au hoat^ ses côtés parallèles. 

Corselet arrondi latéralement , un peu moins connexe que 
celui des Spondyles, rebordé latéralement; chaque bord 
latéral muni d'une épine petite^ mais distincte^ placée au- 
delà du milieu de ce bord; celui-ci tronqué obliquement 
depuis Fépine jusqu'à l'angle postérieur qui est saillant. 

Mandibules plus fortes que celles des Spondyles, plus 
épaisses , plus crochues à leur extrémité. 

Elytres un peu plus courtes et plus convexes que celles 
des Spondyles , largement rebordées tout autour , sauf à la 
base : angle suturai à peine tubercule. 

Ecusson plus large et plus court que dans le genre précé- 
dent , semi'circulaire et arrondi au bout. 

Jambes distinctement tridentées au côté extérieur , à 
la manière des Mélolonthides. 

Tarses ayant leur dernier article plus grand que tous les 
autres pris ensemble. 

Espèce. 

I. * Cantharocnends spondyloides , Dupont. 

(Long. i4à i5 lig. y compris les Mandibules.) D'un brun 
noirâtre luisant en dessus; tête un peu pointillée. Corselet 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i35 

ayant ses côtés extérieurs distinctement ponctués. Elytres 
Irès-fortement poiatillées , presque chagrinées , offrant sur 
leur disque deux lignes longitudinales un peu obliques , peu 
prononcées. Abdomen d'un roux luisant ainsi que les anten- 
nes et les pattes. 

Du Sénégal. Collections de MM. Dupont et Bucquet. 

Genre III. *Titan , Tilanus, 

Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées de 
nombreuses épines. 

Corselet en carré transversal , sans crénelures , ayant latéra- 
lement trois épines fortes et aiguës» 

Antennes fdiformes , atteignant la moitié des élytres dans 
les mâles, un peu plus courtes dans les femelles, de onze 
articles cylindriques, le troisième à peine aussi long que les 
deux suivans réunis. 

Palpes courts ; article terminal comprimé, presque trian- 
gulaire. 

Mandibules courtes, fortes , arquées , dentées intérieure- 
ment. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Elytres longues , presque parallèles , arrondies au bout : 
angle suturai muni d'une très-petite épine à peine distincte. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen très-grand; son dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles. Anus velu dans ce sexe. 

Pattes longues, égales; cuisses très-faiblement denti- 
culées en-dessous. 

Tarses ayant leur premier article court, large, presque 
triangulaire; le dernier très-grand, au moins aussi long que 
les trois autres réunis. 

I. 10 



!54 ANNALES 

Espèce. 

1. Titanus giganteus. — Pn'onus giganteus , Fab. Syst, 
Eleut\ . tom. 2, pag, 261 , 11*' 17. — Ou. Entom. , toDi. 4- 
Prion. pag. 12 , n" 7. PI. VI, fig. 21. Femelle. Gayenne. 

Genre lY. *CTèNOscfeLB, Ctenoscells. 
( y.TStvov, peigne ; <77s),oç , jambe. ) 

Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées de 

nombreuses épines. 
Corselet presque carré, dilaté et fortement crénelé aux 

bords latéraux , mais sans épines notables. 

Antennes filiformes , de la longueur du corps dans les 
mâles, plus courtes que lui dans les femelles , de onze ar- 
ticles cylindriques ; le troisième aussi long ou plus long que 
les deux suivans réunis. 

Palpes inégaux; les maxillaires notablement plus longs 
que les labiaux; leur dernier article comprimé, presque 
triangulaire. 

Mandibules fortes , pointues , assez longues , dentées in- 
térieurement. 

Tête munie dans son milieu d*une ligne longitudinale 
enfoncée. 

Elytres presque ovales , s'élargissant extérieurement après 
les angles liuméraux, et se rétrécissant vers l'extrémité; 
elles sont arrondies au bout et terminées à Tangle suturai 
par une petite épine droite. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles et Fanus velu. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGIQUE. î55 

Pattes longues, égales; cuisses mutiques ou finement 
dentelées en dessous. 

Tarses ayant leur premier article triangulaire , guère plus 
long que le second; le dernier très-grand , au moins aussi 
long que les trois autres réunis. 

On trouve ces insectes sous les écorces et quelquefois 
courant à terre le long des chemins dans les Lois , ou volant 
h l'entrée de la nuit. Ils produisent un bruit assez fort en 
frottant les pattes postérieures contre le bord des élytres. 
(La Cordaire, Mémoir, sur les habitud. des Coléopt. de 
FAmériq. Mérid, Annal, des Sciences naturelles, tom. 20.) 

Espèces. 

1. Cienoscelis ater. — Prioniis ater, Oli. Entom., tom. 4* 
Prion.,pag. 1 j , n° 6. PI. VII, fig. 24. Mâle. Cayenne. 

Nota. Ua individu que je considère comme étant la fe- 
melle diffère par sa taille plus petite , le troisième article des 
antennes moins allongé et les cuisses plus fortement épi- 
neuses. 

2. Ctenoscelis acanthopus. — Prioniis acantliopas , Germ, 
Ins. spec. nov. Col., tom. 1 , pag. 467, n° 61 5. Femelle (i). 
Du Brésil. 

3. Ctenoscelis tuhercalatiis. — Prionus tuherculatus , Olt, 
Entom, tom. 4» Prion., pag, 20, n° 18. PI. VI, fig. 22. 
Amérique Méridionale. 

Genre V. *AncistroïE5 Ancistrolus. 

( aY/to-rpoTo; , garni de crochets. ) 

Toutes ks jambes munies intérieurement de deux rangées de 
nombreuses épines. 

(î) Le mâle est, je pense, le Prionus dentipes , Dej, Calai. 



i5G ANNALES 

Corselet en carré transversal; angles postérieurs aigus; an- 
gles antérieurs avaficés , dilates , armés chacun de deux 
fortes épines. 

Antennes filiformes , plus longues que le corps dans les 
mâles, plus courtes que lui dans les femelles, de onze ar- 
ticles cylindriques (fort allongés dans les mâles) le premier 
très-grand , à peu près de la longueur du troisième. Le se- 
cond très- court , presque cyathiforme; le troisième aussi 
long que les deux suivans réunis; le onzième un peu plus 
long que le précédent dans les mâles. Dans les femelles ce 
onzième article est h peine aussi long que le dixième, il va 
en s'éiargissant et est arrondi au bout. 

Palpes inégaux; les maxillaires notablement plus longs 
que les labiaux. Dernier article des quatre palpes , com- 
primé , presque triangulaire, l'étant plus fortement dans 
les mâles. 

Mandibules à peine de la longueur de la tête dans les 
deux sexes, dentées intérieurement , recourbées au bout et 
finissant en pointe aiguë. 

Elytres rebordées , un peu ovalaires , s'éiargissant exté- 
rieurement après les angles huniéraux et se rétrécissant 
ve. s l'extrémité; elles sont arrondies au bout avec l'angle 
suturai uniépineux. 

Ecusson semicirculaire, arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant sou dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles et l'anus velu. 

Pattes longues , les antérieures un peu plus grandes que 
les autres dans les mâles. Cui.^ses presque aussi longues que 
les jambes , allant en diminuant de largeur de la base à l'ex- 
trémité. 

Tarses ayant leur premier article triangulaire, guère 
plus long que le second; le dernier très-grand, au moins 
aussi long que les trois autres réunis. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iS; 

Espèce. 

1. *Ancistrolus haniaticolUs ^ Dej. 

(Long. deu\ pouces 3/4, trois pouces. ) Tète et corselet 
noirs et couverts de rugosités; ce dernier garni de poils rous- 
sâtres ; son bord postérieur ninsi que l'antérieur frangés de 
longs !poils de cette même couleur. Chaque angle antérieur 
dilaté sensiblement; cette ddatation ayant deux épines; l'an- 
térieure droite, pointue; l'autre plus forte, recourbée en ar- 
rière en forme de crochet très-aigu. Elytres d'un brun mar- 
ron , ayant chacune trois lignes longitudinales élevées ; le quart 
antérieur des élytres est très-rugueux , le reste légèrement 
chagriné. Antennes et écusson noirâtres ainsi que l'abdomen. 
Mandibules et pattes d'un brun marron foncé. Poitrine 
couverte de longs poils grisâtres. Palpes bruns. Mâle et fe- 
melle. 

Rapporté du Brésil par M. La Cordaire. Collection de 
M. le comte Dejean. Il a été pris aussi par M. Pradier, sur le 
chemin de Caracas, en janvier 1820 , et envoyé à M. Dupont. 

Genre VI. Macrotome , Macrotonin D<ej. 

Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées 
de nombreuses épines ; jambes des mâles un peu com- 
primées et élargies. 

Corselet presque carré, un peu rétréci en devant, armé laté- 
ralement (et souvent à l'extrémité du bord postérieur de 
chaque côté) d'épines fines et nombreuses. 

Antennes filiformes, au moins de la longueur du corps 
dans les mâles , plus courtes que lui dans les femelles , de 
onze articles cylindriques; le troisième de la longueur ou 
plus long que les trois suivans réunis. 

Palpes courts. 



i38 ANNALES 

Mandibules courtes, pointues, dentées inléiieurenient. 

Tête ayant dans son milieu une ligne longitudinale 
enfoncée. 

Elytres longues, presque linéaires, arrondies au bout, 
ayant une petite épine droite à leur angle suturai. 

Ecusson presque triangulaire, sa pointe mousse. 

Abdomen ayant son dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles et l'anus velu. 

Pattes grandes; les antérieures un peu plus longues que 
les autres dans les mâles, cuisses un peu comprimées et 
élargies dans ce même sexe; elles sont plus ou moins épi- 
neuses en dessous , dans les deux sexes. 

Tarses ayant leur premier article allongé , presque cylin- 
drique , au moins aussi grand que les deux suîvans réunis. 
Dernier article h peu près de la grandeur du premier. 

Espèces. 

1. Macrotonia servi pes. — Prionus senipes , Ou. , Entom» 
tom. 4 , Prion. , pag. 19, n" 17. PL X , fig. 36, — F au. Syst. 
Eleut, , tom. 2, pag. 26 [ , n° 2t Afrique équinoxiale. 

2. Macrotoma palniata. — Priomis palmatus, Fab. , iiL 
pag. 263 , n** 29. — Prionus senegalensis , Oli. , iri. pag. 22, 
n° 21, PI. VU, iig» 20, a. Mâle, b. femelle, (quoique Tauteur 
indique tout le contraire. ) Du Sénégal. 

3. Macrotoma caslaiiea. — Prionus castaneus , Oli., i(L 
pag, 25, n*' 22, PI. YIII, fig. 28 et 29. Du Sénégal. 

Nota. Le Prionus luzonuin , Fac. , Sysl. Eleul., tom. 2 , 
pag. 261, n*» 80: — Oli., Entom., tom. ^ ^Vcion., ^a^. 10, 
n** 5. PI. Xï, fig. 44- Mâle, me paraît être du genre il/a~ 
crotonia. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. iSg 

Genre Vil. ^Macrodontie , Macrodonlia. 

[^txrpo;, long; o^ou; , dent.) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes, n'atteîgnaat pas la moitié des élytrcs , 
de onze articles cylindriques, semblables dans les deux 
sexes; le troisième plus long que le quatrième. 

Corselet muni latéralement de deux ou trois épines plus ou 
moins longues et fortes , V intervalle entre la première et la 
seconde visiblement crénelé ou même finement épineux. 

Palpes assez longs; article terminal un peu dilaté, com- 
primé, obconique. 

Mandibules glabres , presque droites , un peu recourbées 
vers leur extrémité , notablement plus longues que la tête 
dans les mâles, multidentées intérieurement, quelquefois 
unidentées à leur partie extérieure , largement canaliculées 
en dessus. 

Tête ayant au milieu une large dépression. 

Elytres très-déprimées , arrondies au bout et munies 
d'une petite épine droite à leur angle suturai. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen entier. 

Corps déprimé. 

Pattes longues; cuisses aussi grandes que les jambes. 

Tarses ayant leur premier article large, triangulaire, 
plus court que le second. Le dernier très-grand , plus long 
que les trois autres réimis. 

On trouve ordinairement ces Prioniens dans les planta- 
tions, sous les écorces et au pied des arbres, lis ne font 
usage de leurs ailes que le soir et rarement. Leur vol est 
lourd , bruyant , peu élevé au dessus de terre et de courte 
durée. Ils ne produisent aucun bruit. ( La Gordaire , /oc. cit. ) 



,4-0 ANNALES 

PREMIÈRE DIVISION. 

Corselet ayant trois longues épines latérales. — Mandibules unî- 
dentées extérieurement vers Textrémité. 

Espèce. 

1. Macrodontia eervicornis» — Piiomis cervlcornis, Fâb., 
Syst, Eleut. , tom. 2, pag. iiScj., n** 12. — Oli. Entoni. , 
t. 4. PrIon.,pag. i5, n" 8, PI. II, fig. 8. Mâle. —Pal. -B au v.; 
Insect. d'Afrique et d'Amérique, pag. 21 5. Coléop., PI. 34, 

fig. I. 

Nota. Je possède un individu que je crois être la femelle. 
Elle est plus petite, ses mandibules sont beaucoup moins 
longues , plus arquées , n'ayant point intérieurement la grosse 
et forte dent que l'on remarque dans le mâle. L'intervalle 
entre les deux premières épines latérales du corselet est plus 
que crénelé et distinctement épineux, 

DEUXIÈME DIVISION. 

Corselet n'ayant que deux épines latérales. — Mandibules mutiquea 
extérieurement. 

Espèces. 

2. Màcrodoniia quadrispinosa. — Prionus quadrispirtosus^ 
ScHON., Syn. Ins.^ tom. 5, pag. 546, n** 63. — Prionus cre- 
nalus , Ou. , Entom. iom. 4, Prion., pag. 27, n° sig. PL Xil ^ 
fig. 45. DeCayenne. 

Etc. 

Genre VIII. *Callipogon , Callipogon. 

{vLOLkkoi^ beau; Ttu^^oi^j , barbe.) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , rugueuses et de la longueur du corps 
dans les mâles , lisses et atteignant à peu près la moitié des 



DE LK SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i4i 

élytres dans les femelles; de onze articles cylindriques; le 
troisième plus long que les deux suivuns réunis; le onzième 
ayant passé le milieu dans les mâles, un petit tubercule in- 
terne. 
Corselet en carré transversal, un peu dilaté et crénelé à chaque 
bord latéral, tantôt finement, tantôt assez fortement. 

Palpes maxillaires notablement plus longs que les la- 
biaux; article terminal des quatre triangulaire, presque 
sécuriforme , évidemment plus long que le précédent , sur- 
tout dans les mâles. 

Mandibules fortes , plus grandes dans les mâles que dans 
les femelles. Dans les deux sexes elles sont dentées inté- 
rieurement et munies en dessus comme en dessous d'un du- 
vet très-épais. 

Menton H'ès-uelu dans les deux sexes. 

Tête assez grande, surtout dans les mâles, largement, 
mais peu profondément creusée en dessus entre les an- 
tennes. 

Elytres rebordées extérieurement ; leur extrémité arron- 
die , munie d'une très-petite épine suturale un peu oblique; 
elles vont un peu en se rétrécissant des angles huméraux à 
l'extrémité. 

Ecusson semicirculaîre , très -velu. 

Abdomen garni de duvet ainsi que la poitrine; il a son 
dernier segment entier et arrondi dans les femelles, large- 
ment échancré circulairement et laissant apercevoir l'anus 
dans les mâles. 

Corps assez épais, un peu con{^>exe. 

Pattes de longueur moyenne; les antérieures un peu 
plus grandes que les autres dans les mâles. Cuisses garnies 
de duvet dans les deux sexes. 

Tarses grands; les trois premiers articles larges , courts. 



i4-2 ANNz\LES 

triangulaires; le quatrième très -grand, arqué, plus long que 
les trois premiers réunis , très-velu en dessous dans les deux 
sexes. 

Espèce. 
\. CaUipogonbarbatuni. 

( Long, de 2 à 4 pouces 1/2 y compris les mandibules. ) 
Il varie beaucoup pour la taille et la longueur des mandibules. 
Corps d'un brun plus ou moins noirâtre , presque noir en 
dessous. Tête paraissant lisse, garnie d'un duvet court, rous- 
sâtre, ainsi que l'écusson. Corselet pointillé; chagriné sur son 
disque dans la femelle , ollrant deux plaques lisses, luisantes, 
un peu saillantes , et en outre quelques inégalités; crénelures 
latérales plus ou moins prononcées; dans la femelle, les 
quatre angles du corselet sont souvent prolongés chacun en 
une épine distincte. Mandibules plus courtes que la tête dans 
la femelle , pointillées , pointues et entières au bout, larges, 
chargées d'une épaisse toison roussâtre, ainsi que le menton. 
Elytres d'un brun jaunâtre, chagrinées, surtout à la base, 
ayant chacune deux lignes longitudinales peu élevées , faible- 
ment prononcées , quelquefois nulles et s'elTaçant lout-à-fait 
avant l'extrémité de Télytre : dessous du corps et pattes cou- 
verts d'un duvet court, roussâtre; le quatrième article des 
tarses est garni en dessous de poils roux. 

Le mâle varie beaucoup pour la taille et la longueur des 
mandibules. Dans les grands individus, elles sont notablement 
plus longues que la tête et ressemblent un peu à celles des 
Lucanes mâles; elles ont une dent plus ou moins prononcée 
au milieu du côté extérieur (elle est à peine saillante dans la fe- 
melle ) , leur extrémité est plus ou moins échancrée Ot four- 
chue. 

Ce mâle m'a été communiqué sous le nom de Prioniis lu- 
caniceruSf parjl* Chevrolat qui l'a reçu d'Orisaba auMexique. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTO.MOLOGIQIJE. i^3 

Depuis j'ai eu de M. Dupont, les deux sexes, cet entomolo- 
giste ayant fait l'acquisition d'une collection rapportée récem- 
ment du Mexique, dans laquelle se trouvait un assez grand 
nombre d'individus des deux sexes. 

Nota. Le P/ioTius ba/hatus, Fab., Syst. Eleut. tom. 2 , 
pag. 260, n" 07. — Oli., Entom. , tom. 4» pag. i5, n° 1 i . 
PI. X, fig. /{O , nous paraît devoir se rapporter h notre es- 
pèce; cependant ces auteurs donnent le corselet comme mu- 
tique, ce qui n'est pas; il est toujours crénelé latérale- 
ment, mais ses crénelures sont quelquefois peu saillantes. 

Genre IX. *Ergate , E/ gâtes. 
( spyccTYji; , Ouvrier. ) 

Jambes sans épines internes , et déforme ordinaire. 

Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , plus 
longues que le corps dans les mâles , atteignant h peu près 
la moitié des élytres dans les femelles , de onze articles 
cylindriques, le troisième plus long que les deux suivans 
réunis. 

Corselet presque en carré transversal , dilaté et ûnemeni cré- 
nelé latéralement dans les mâles , chaque bord latéral 
portant en outre dans les femelles , une crénelure médiane 
plus forte que les autres , prolongée en une petite épine. 

Mandibules et menton glabres; les premières courtes, dentées 
intérieurement. 

Palpes assez courts ; dernier article un peu renflé, presque 
cylindrique. 

Tête ayant un sillon longituçlinal. 

Elytres rebordées extérieurement , leur extrémité arron- 
die , munie à l'angle suturai d'une petite épine oblique. 

Ecusson semicirculaire , glabre , arrondi au bout. 



i44 ANNALES 

Abdomen ayant son dernier segment tronqué au bout , 
un peu sinueux , à peine ëchancré au milieu dans les deux 
sexes. 

Pattes de longueur moyenne; les antérieures plus grandes 
que les autres et scabres en dessous dans les mâles. Cuisses 
de forme ordinaire. 

Tardes allongés; le premier article plus grand que le se- 
cond. 

Espèce. 

I. Ergales scn-arius. — Prionus serrarius ^ Panz. Faune 
Germ, , fasc. 9 , fig. 6. Mâle. -— Prionus obscuius , Oli. , 
Entom., tom. 4- Prion. , p. 26, n° 27. PI. I, fig. 7, mâle. — 
Prionus Jaber, Fab., Syst. Eleut , tom. 2 , pag. 268, n" 5. 
Femelle. —Oli. id., pag. 18, n" i5. PI. IX, fig. 55, femelle. 
— Panz. id. fasc. 9, fig. 5, femelle. D'Allemagne. 

Genre X. ^Aulacope, ^dulacopùs. 

(au>.a^, sillon; ttovç , pied.) 

Jambes dépourvues de deux rangées de nombreuses épines 
internes; ces jambes très-comprimées ^ presque aussi larges 
que les cuisses ^canaliculées en dessus et en dessous j les 
antérieures ayant en dedans cinq ou six épines très-petites, 
quelquefois à peine distinctes. 

Antennes filiformes , de la longueur du corps dans les mâles > 
atteignant la moitié des élylres dans les femelles, de onze 
articles presque cylindriques, le premier grand, presque en 
cône renversé , le second petit, cyathiforme, le troisième 
scabre en dessous dans les mâles, plus long que les trois 
suivans réunis, dans les deux sexes. 

Corselet presque carré, point dilaté^ inégal en dessus, fine- 
ment crénelé latéralement; dernière crénelure plus forte , 
s'avançant horizontalement en une épine fine et pointue. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 145 

Mandibules et menton glabres ; les premières très-courtes, 
terminées en pointe aiguë. 

Palpes courts. 

Tête petite, plus étroite que la partie antérieure du cor- 
selet , ayant une impression entre les yeux , large mais peu 
profonde. 

Elytres allant un peu en s'élargissant de la base à l'extré- 
mité, rebordées extérieurement, arrondies à leur extré- 
mité : angle suturai un peu saillant. 

Ecusson glabre, assez large , court , presque triangulaire, 
obtus postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment un peu échancré 
au milieu dans les mâles et garni de très -longs poils au bord 
postérieur. 

Pattes assez longues , égales dans les deux sexes; cuisses 
comprimées , canaliculées en dessus et en dessous; les an- 
térieures munies en dessous de quelques épines dans les 
deux sexes. 

Tarses ayant leur dernier article presque aussi grand que 
les trois autres réunis. 

Espèce. 

1 . *^uIacopus reticulatus. — Tragosoma reliculatum , 
Dej. ( oollect. ) 

(Long. 12 à 14 lignes. ) D*un noir luisant. Disque du 
corselet à peine pointillé , ses côtés presque rugueux. Elytres 
ayant chacune quatre lignes longitudinales élevées, n'attei- 
gnant pas l'extrémité , les deux intermédiaires se réunissant 
l'une à l'autre par le bout ; entre chacune de ces quatre lignes, 
il y en a une autre, mais bien moins élevée , plus fine et peu 
prononcée. Extrémité des elytres au-delà des lignes, distinc- 
tement réticulée. Poitrine garnie de poils roussâlres ainsi que 
le bord postérieur du dernier segment abdominal. Antennes 



i4â ANNALES 

et pattes de la couleur du corps , tarses brunâtres. Mâle et 

femelle. 

Du Sénégal. Collections de MM. le comte Dejean et 
A. Maille. Ce dernier me l'a communiqué sous le nom de Ma- 
crotOTiia riigidosa ^ Dej. 

Genre XI. ^Enoplocjëre , Enoplocerus, 

(sv07r)>oç, armé; xsoa;, corne.) 

Jambes sans' épines internes. 

Antennes sétacées, plus longues que le corps dans les mâles , 
atteignant seulement la moitié des élytres dans les femelles, 
de onze articles cylindriques et scabres dans les mâles , lé- 
gèrement comprimés dans les femelles ; le premier et le 
troisième fortement canaliculés en dessous dans les deux 
sexes; ce dernier plus grand que les deux suivans réunis, 
le premier gros ^ dilaté exiérieurenient; celte dilatation 
armée d'une forte épine. 

Corselet sanscrénelures, en carré transversal et muni de quatre 
fortes épines latéralement. 

Mandibules courtes, dentées intérieurement , grosses et assez 
larges. 

Palpes cofiris j dernier article court, cylindrique. 

Tête allongée, canaliculée au milieu. 

Elytres ayant leurs angles huméraux saillans , presque 
mucronés ; elles sont arrondies au bout et munies d'une 
petite épine droite à l'angle suturai. 

Ecusson court , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Corps déprimé. 

Pattes antérieures plus grandes que les autres , scabres et 
finement épineuses dans les mâles. Cuisses intermédiaires 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 147 

et postérieures terminées , dans les deux sexes , par deux 
épines emboîtant la jambe. 

Tarses ayant leur premier article triangulaire , plus petit 
que le second; le dernier très-grand, plus long que les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. Enoplocerus amnllatus. — Prionus armillatus ^ Fab., 
Syst. Eleui.y tom. 2, pag. isôi, n° 19. — OLr.,Entom., t. 4» 
Prion., pag. 9, n° 4- l^l- V, fig. 17. Mâle. Des Indes. 

Nota. La femelle est plus petite et ses mandibules sont 
notablement plus courtes et moins épaisses ; l'extrémité des 
ély très à partir de l'épine suturale est distinctement denticuîée. 

Genre XII. *HoPLiDKRii , HopUderes» 
( 0-/.0V, arme ; h^r, , cou. ) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , plus longues que le corps dans les 
maies (1), de onze articles allongés, cylindriques, assez 
grêles; le premier grand , en cône renversé , le second pe- 
tit , le troisième notablement plus long que le quatrième; 
ceux de trois à dix munis à leur extrémité interne d'une 
épine fine, mais distincte; les troisième, quatrième, cin- 
quième et sixième légèrement frangés en dessous; le on- 
sième allongé , aplati , linéaire. 

Corselet transversal , dilaté latéralement y portant dans cette 
partie cinq épines très-aiguës ; il est très-fortement échan- 
cré après la dernière épine. Angles postérieurs nullement 
saillans. 

Palpes maxillaires plus longs que les labiaux ; leurs deux 

(i)Feïnelies inconnues. 



i48 ANNALES 

derniers articles prcsqaeen triangle renversé, le dernier plus 
court que le précédent. 

Mandibules courtes, recourbées et pointues à leur ex- 
trémité, dentées intérieurement. 

Tête ayant dans son milieu une fine ligne longitudinale 
enfoncée. 

Elytres un peu dilatées exiérieiiienicnl . angles humé- 
rauxsaillans , uniépineux ainsi que l'angle suturai. 

Ecusson semicirculaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment tronqué droit àTex- 
trémité dans les mâles. 

Corps déprimé. 

Pattes antérieures plus grandes que les autres dans les 
mâles. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. "^ IIootidere.<; spinipcnnis , Dupont. 

(Long. 2 2 lig.) Corps noir, luisant en dessous. Tête et disque 
du corselet fortement chagrinés, presque rugueux, les côtés ex- 
térieurs de ce dernier seulement pointillés. Son bord antérieur 
frangé de poils roux; élylres d'un brun marron, fortement 
pointillées à leur base, lisses ensuite; elles ont le long du 
bord extérieur h la base une douzaine d'épines fmes mais 
distinctes. Jambes antérieures munies à leur extrémité interne, 
de longs poils roux. Le duvet du dessous des tarses est aussi 
de cette couleur. Mâle. 

De Madagascar. Collection de M. Dupont. 



DE LA S(3ClÉrÉ ENTOMOLOGIQUE. i/,9 

Genre Xlj^ *Orthom!:gas , Onlioin^gas. 
( opOo; , droit ; psya; , grand. ) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes semblables dans les deux sexes , de la longueur du 
corps dans les mâles, atteignant seulement le milieu des 
élytres dans les fenielles; de onze articles cylindriques, 
mutlques; le, troisième plus long que les deux suivans 
réunis : les premier et troisième canaliculés en dessous. 

Corselet sans crénelures , presque en carré transversal; bord 
latéral point dilaté , ayant chacun quatre épines pointues. 

Palpes allongés; dernier article presque cylindrique. 

Mandibules dentées au côté interne, de moyenne gran- 
deur. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Elytres allongées ^ linéaires^ angles huméraux un peu 
saillans et mousses; angle suturai ayant une petite épine 
droite , assez longue dans les mâles, presque nulle dans les 
femelles. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré circulai- 
rement dans toute sa largeur dans les mâles, avec Fanus 
saillant. 

Corps allongé f linéaire. 

Pattes longues ; cuisses intermédiaires et postérieures ter- 
minées par deux épines emboîtant la jambe. 

Tarses ayant leur dernier article très-grand, plus long 
que les trois autres réunis. 

Espèces. 

1. Orthomegas cinnanionieus. — Prionus cinnanionieus ^ 
Far. Syst. EleiU.^ tom. q, pag. 264, n** 33. — Prionus corti- 



i5o ANNALES 

ciniis^ Oli., Entom., lom. 4- Prion., pa|. 21 , n" 20. PI. îX / 

fig. 54. De Cayenne. 

2. Onhoniegas sericeus. — Prionus sericnus , Oli., id. , 
pag. 1 6, n'* 12. PI. VIII, fig. 26. Mâle. — Palis.-Bauv. Insect. 
d'Afrique et d'Amérique, pag. 225. Coléopt., pi. 35, fig. 2 , 
mâle; fig. 5, femelle. De Cayenne et de Saint-Domingue. 

Genre XIV. Pl.vtygnathe, Plaf^gnathus , Dej. 

Jambes sans épines internes. 

Antennes semblables dans les deux sexes , à peine de la lon- 
gueur du corps dans les mâles; celles des femelles n'attei- 
gnant pas la moitié des élylres; ell'^s sont composées de 
onze articles cylindriques; le second grand , raoiîis épais ^ 
mais de la longueur du premier dans les femelles et cer- 
tains mâles; court et globuleux dans quelques individus de 
ce dernier sève; le troisième allongé , aus.si grand ou même 
plus grand que les quatrième et cinquième réunis. 

Corselet sans crénelures , en carré transversal , ses quatre 
angles tronqués oulU/uer/ie/it , ce qui for/ne qua're den- 
ticules obtus, à chaque hord latéral. 

Pulpes maxillaires plus longs que les labiaux. 

Mandibules ( dans quelques mâles ) plus longues que la 
tête , très-comprimées latéralement , très -larges vues do 
profil, creusées longitudinalement en dessous. Dans d'autres 
mâles elles sont très-courtes et de forme ordinaire ainsi 
que dans toutes les femelles. 

Tête forte et large dans les mâles, plus petite dans les 
femelles. 

Elytres allongées, assez étroites, arrondies et munies k 
leur angle suturai d'une très-petite épine peu distincte. 

Ecusson court , presque triangulaire dans les mâles, 
presque orbiculaire dans les femelles. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE. i5i 

Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
au milieu. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses courts; le dernier article à peu près aussi long 
que les trois autres réunis. 

PREMIÈRE DIVISION. 

Deuxième article des antennes grand , moins épais , mais de la lon- 
gueur du premier dans les deux sexes. Le troisième à peu près de 
la longueur des quatrième et cinquième réunis. — Mandibules des 
malcs plus longues que la tête, très-comprimées latéralement, 
très-larges vues de profil , creusées longitndinalement en-dessous 
et dentées intérieurement vers leur exlrémité. 

Espèce. 

1. Plafjgnathus odangulari.^ — Prionus octangiilaris , 
Oli., Entom., lorn. 4- Prion., pag. 55, n" 38. PL VI, fig. ig, 
femelle; PI. XJil , fig. 54, a. mâle, b. femelle. De Tlle-de- 
France. 

DECXIÈME DIVISION. 

Deuxième article des antennes court et globuleux dans les mâles; 
le Iroisième (dans ce sexe) plus grand que les quatrième et cin- 
quième réunis. — Mandil)ules courtes et de forme ordinaire dans 
les deux sexes. 

Espèce. 

2i* PlatygnatJms pnrallelus y Dupont. 

(Long. 2 pouces.) Corps noir, luisant; tête pointillée. 
Corselet fortement pointillé et inégal , ses côtés rugueux. 
Ecusson d'un brun très foncé ainsi que les élytres : celles-ci 
fortement poinlillécs, ayant quelques enfoncemens irré"*a- 
liers; on voit en outre sur chacune quatre ligoî>s lon"-itudinaIes 
élevées h peine prononcées; augic suturai avant une petite 
épine. Pattes d'un brun Irès-t'oncé. Feiricllc. 



i5'2 ANNALES 

Le mâle a le troisième article des îmtennes scabre, presque 
épineux en dessous : les ligne&Jjongitudinales des élytres sont 
plus distinctes que dans la femelle. 

Ile-de-France. Collection de M. Dupont. 

Genre XV. *Aca.nthophore , Acanthophorus, 
( ay.avQa , épine ; «pgpw , je porte. ) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes plus longues que le corps dans les mâles, attei- 
gnant seulement la moitié des élytres dans les femelles, de 
onze articles; le troisième notablement plus long que le 
quatrième : ceux de trois à dix prolongés à leur extréndté 
interîie en une épine plus ou moins grande. 

Corselet sans crénelures, transversal; chaque bord latéral 
muni de trois épines longues et pointues. 

^iandibules allongées, plus ou moins arquées, multidentées 
intérieurement , ordinairement plus longues que la tête dans 
les mâles. 

Palpes assez longs ; article terminal peu dilaté , com- 
primé, obconique. 

Elytres rebordées , déprimées ; angles huméraux assez 
prononcés, arrondis; elles sont arrondies au bout avec 
l'angle suturai un peu saillant. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles et l'anus velu. 

Corps déprimé. 

Pattes longues. 

Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
antres réunis. 



DE Lk SOCIETE EiNTOiMOLOGIQUE i55 

Espèces. 

1. Acanîliopliorus serraticornls. — Pr'ionus serraliconiis ^ 
OLi.,Entom., tom. 4- Prion., pag. i4, n° 9. PI. IX, fig. 55. 
Blâle. Des Indes Orientales. 

2. Acanthophorus maculatus. — Piiomis maculât us, Fab. 
Sjst. Eleut., tom, 2, pag. 209, n 11. — Oli, fV/. , pag. 27, 
n°28. PI. IV, %. 14. Femelle. Du Sénégal. 

Etc. 

Genre XVI. *Stictosome , Stictosomus. 

(rTTtxTo;, ponctué; aoi^ot ^ corps.) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , atteignant les deux tiers des élytres dans 
les deux sexes , de onze articles simples , cylindriques ; le 
premier gros , assez court , presque en cône renversé ; le 
troisième plus long que les trois suivans réunis. 

Corselet sans crénelures , en carré transversal ; chaque bord 
latéral ayant trois épines pointues. 

Mandibules allongées , étroites , aiguës , dentiçulées intérieu- 
rement. 

Palpes très-allongés; les maxillaires plus grands que les 
antres à articles cylindroconiques : palpes labiaux ayant 
leurs deux derniers articles allongés et cylindriques. 

Tête beaucoup plus large dans les mâles que dans les fe- 
melles. 

Elytres longues , presque linéaires , ayant un rebord ex- 
térieur assez large, arrondies au bout et munies à l'angle 
suturai d'une petite épine un peu oblique. 

Ecusson petit , semicirculaire. 

Abdomen entier. 

Pattes assez grêles; cuisses comprimées, presque aussi 
longues que les jambes. 



i54 ANNALES 

Tarses ayant leurs trois premiers articles petits , courts» 
triangulaires; le quatrième très-grand ^ à peu près deux 
fois aussi long que les trois autres réunis. 

Espèce. 

1.* Stictosomus semicostatus , Dupont. 

(Long. 2 5 ou 26 lignes y compris les mandibules. ) Corps 
noir, luisant. Tête et corselet chargés d'une multitude de gros 
points enfoncés qui les rendent rugueux. Elytres et écusson 
pointillés; les premières ayant chacune quatre lignes longitu- 
dinales élevées, distinctes; la troisième en partant de la suture 
plus courte que les autres et libre; les première , deuxième et 
quatrième descendant plus bas que la troisième , mais n'attei 
gnant pas cependant l'extrémité de Télytre, et réunies au bout 
toutes trois ensemble par une petite côte transverse. Palpes, an- 
tennes , mandibules et pattes de couleur noire. Mâle et femelle. 

De Cayenne. De la collection de M. Dupont et de la mienne. 

Genre XVII. Dèrobrachus, Deroùrachus fDEJ, 

Jambes sans épines internes. 

Antennes courtes, atteignant au plus la moitié des élytrcs dans 

les mâles , moins longues dans les femelles , de onze articles 

cylindriques dans les deux sexes ; le troisième notablement 

plus long que le quatrième. 
Corselet sans crénelures, court, transversal, déprimé sur son 

disque ; chaque bord latéral portant trois épines. 
Mandibules courtes, aiguës, dentées au côté interne. 
Palpes a.ssez grêles , les maxillaires très-allongés ^ beaucoup 

plus grands que les labiaux; leur dernier article déprimé, 

dilaté , presque trigone. 

Yeux grands. 

Elytres longues, rebordées tout autour, presque parai 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i55 

lèles, arrondies au bout et mutiques dans les femelies; 
î'vant une large troncature sinuée dans les mâles, dont 
ichaque angle porte une épine; la snturale oblique. 

Ecu«^son court, seuiicirculaire. 

Abdomen ayant son dernier segment h peine échancré 
^lans les mâles. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses comprimées, cana- 
liculées en dedans. 

Tarses ayant leur premier article allongé, en triangle 
renversé; le quatrième presque aussi long que les trois autres 
réunis. 

Espèce. 

».* Derobrachus hiei^ico'ls j Diïj. 

(Long. 24 , 26 lig. ) Corps d'un brun lestacé; tète et cor- 
selet noirs; la première ayant dans son milieu une petite ligne 
longitudinale enfoncée. Corselet fortement ])onctué. Elytres 
ayant leur angle suturai muni d'une petite épine; elles offrent 
chacune trois lignes longitudinales élevées peu distinctes. 
Pattes testacées , genoux noirâtres. Mâle et femelle. 

De la Géorgie d'Amérique. Collections de M, le comte De- 
jean et de M. Dupont. 

Genre XVIII. Orjhosome , Orthosoma^ Dej. 

Jambes sans épines internes. 

Antennes sétacées , atteignant aux deux tiers des élytres , de 
onze articles cylindriques, ini peu comprimés^ un peu 
dentés en scie dans les deux sexes ; premier article cana- 
liculé en dessus et en dessous, ainsi que le troisième. Celui-ci 
plus long que h quatrième. Le onzième allongé, plus grand 
que le dixième, un peu rétréci vers le bout et presque fusi- 
forme dans les mâles; linéaire et arrondi à l'extrémité dans 
les femelles. 



,56 ANNALES 

Corselet petit, transversal, presque cane-, chaque bord la- 
téral ayant trois épines. 

Mandibules courtes, un peu recourbées à leur extrémité, den- 
tées au côté interne. 

Palpes courts 5 dernier article plus court que le précédent , 
déprimé, presque triangulaire. 

Tête petite, plus étroite que le corselet. 

Yeux grands, ne laissant entre eux en dessus qu'un étroit 
intervalle. 

Elytres îrcs-grandes , allongées y déprimées, rebordées 
extérieurement , presque linéaires , arrondies au bout , 
munies à leur angle suturai dune petite épine un peu 
oblique. 

Ecusson sentie hculaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant le bord postérieur du dernier segment 
sinué. 

Corps allongé , étroit. 

Pattes de longueur moyenne , assez fortes. 

Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
précédens réunis. 

L'07'i/2050/77rtZ>«<^//fm,DEJ.,vitsous les écorces ; elle vole 
rarement et ne produit aucun bruit. (La Cordaire, loc. cit.) 

Espèces. 

1, Orthosoma cylindricum. — Priotius cylindricus ^ Fab., 
Syst. Eleut., tom. 2,pag. '261, n° 18. — Ou. , Enlom., tom. 4- 
Prion., pag. 26 , n' 25. PI. ï, fig. 6. Mâle et femelle. De l'A- 
mérique septentrionale. 

Nota. M. le comte Dejean ( Catalogue ) rapporte à cette 
espèce le Prionus sulcatas , Pal.-Bauv. Ins. d'Afrique et 
d'Amérique, pag. 226. Coléopt., PI. 35, fig. 4- Ce dernier 
auteur indique Saint-Domingue pour pairie et donne comme 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i57 

synonyme leP/ionus sulcatus,Ou.,id.^]). 69, n" 4?» PL VIII, 
fîg. 27, qui est de Gayenne. M. le comte Dejean ne cite pas 
Olivier. Schônherr {Sy/ioji. Ins,, tom. 5) fait deux espèces des 
Prionus suJcatus et cjUndricus , Oli. 
Etc. 

Genre XIX. *Méroscélise , Meroscelisus. 
(uyjpoç, cuisse; axs/ïî , jani e; t<7o; , égal.) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , atteignant au moins la moitié des ély- 
tres , de onze articles ; le troisième plus long que les deux 
suivans réunis ; le premier long , en massue ; le second 
court, globuleux. Ceux de trois à sept renflés au milieu 
et amincis aux deux extrémités dans les femelles : ces 
mêmes articles presque en cône renveisé dans les mâles : 
le onzième arrondi au bout. 

Corselet sans crénelures, presque en carré transversal, et muni 
de trois dents h chaque bord latéral. 

Mandibules courtes, épaisses, dentées au côté interne. 

Palpes courts , assez épais : article terminal en cône ren- 
versé , distinctement tronqué au bout. 

Elytres peu allongées , arrondies et mutiques à Vextré- 
mité. 

Ecusson petit , triangulaire» 

Abdomen ayant son dernier segment et hancré dans les 
mâles. 

Corps glabre. 

Pattes assez longues ; cuisses allongées , cylindriques , 
aussi grandes que les jambes. 

Tarses ayant leur premier article grand ; celui des quatre 
antérieurs en triangle renversé. Ce même article dans les 



iSe ANNALES 

tarses postérieurs très-allongé , au moins aussi grand 
que le quatrième. 

Espèce, 

1. * Mcroscelisus violaceus» Dej. 

( Long. 12^14 J*g' ) D'un noir mat en dessus , un peu lui- 
sant en dessous. Antennes et pattes d'un noir luisant. Tète ayant 
au milieu une ligne longitudinale enfoncée. Dessus du corps 
paraissant lisse et sans aucuns points enfoncés. Elytres allant 
un peu en s'élargissant vers leur extrémité; elles ont un très- 
léger reflet violet considérées à certain jour. Mâle et femelle. 

Du Brésil. La femelle de la collection de MM. Dupont et 
Chevrolat; le mâle de celle de M. le comte Dejean. 

Nota. Dans la femelle communiquée par M. Dupont , je 
n'ai pu découvrir d'ailes sous les élytres, mais c'est, je pense, 
un avortement individuel , ou l'effet d'un accident. 

Genre XX. *Notopiiyse, Notophysis. 
(voQoç, bâtard ; ^uo-tç, nature.) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines en dessous; très fine- 
nient denticulées en dessus , un peu dilatées à leur extré- 
mité. 

Antennes filiformes , presque aussi longues que le corps dans 
les mâles (1), de onze articles cylindriques; le troisième 
notablement plus long que le suivant. 

Corselet sans crénelures , en carré transversal, son disque un 
peu élevé, ses côtés extérieurs creusés longitudinalement , 
rebordés, ayant au-delà du milieu un tubercule presque 
épineux, peu saillant. 

• f) Femelles inconnues. 



DE Lk SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. ï5g 

Palpes maxillaires plus longs que les labiaux; article ter- 
piinal des quatre plus grand que le précédent etobconique. 

Mandibules de la longueur de la tête , arquées , pointues 
et recourbées au bout, finement denticulées intérieure- 
ment. 

Têle forte, ayant une ligne longitudinale enfoncée entre 
les yeux. 

Elytres peu allongées, un peu convexes , canaliculées au 
bord extérieur : angle suturai ayant une très-petite épine. 

Ecusson court, assez large, presque triangulaire. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur premier article allongé , allant en s'é- 
largissant vers l'extrémité; le second triangulaire; le troi- 
sième le plus petit de tous ; le quatrième presque aussi 
grand que les trois autres réunis. 

Espèce. ^ 

1. *Notophysis lucanoides. 

(Long. 16 à 18 lig. y compris les mandibules. ) Corps en- 
tièrement glabre et luisant , d'un noir un peu brunâtre; tête et 
corselet très -lisses. Elytres présentant sur leur disque quatre 
ou cinq lignes longitudinales rapprochées, peu prononcées, 
oblitérées à la base et à Fextrémité. Dessous du corps et pattes 
d'un brun noirâtre. Mâle. 

Collection du Muséum d'bistoire naturelle. Un seul indi- 
vidu, désigné sous le nom de Prionus lucanoides-, il a été 
rapporté de l'île des Kanguroo , par M. Péron. 

Genre XXI. Tragosome , Tragosoma , Dej. 

Jambes sans épines internes, allongées, allant en se dilatant 

de la base à l'extrémité. 
Antennes fiH/ormes, n'atteignant pas la moitié des elytres dan.< 



i6o ANNALES 

les femelles ; celles des mâles allant aux deux tiers ; elles sont 
composées de onze articles courts et cylindriques j le troi- 
sième notablement plus long que le suivant. 

Corselet sans crénelures , courte transversal , déprimé^ pu- 
bescent, muni à chaque bord latéral , vers le milieu, d'une 
épine distincte. 

Palpes courts -, article terminal court, cylindrique. 

Mandibules très-courtes dans les deux, sexes. 

Tête petite. 

Yeux assez grands. 

Elytres très-allongées; angle suturai uniépineux. 

Ecusson presque triangulaire, arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
dans les mâles. 

Pattee de longueur moyenne; cuisses longues , allant en 
diminuant de laro;eur de la base à l'extrémité. 

Tarses ayant leur dernier article presque aussi grand que 
les trois autres réunis. 

Espèce. 

1. Tragosoma depsarium.—Prionus depsajius, Fab. Syst, 
Eleut, ,iom. 2, pag. 268, n° 7. — Ou. Entom., tom. 4. 
Priop,, pag. 37, n" 44. PI. XI, fig. /^i. — VAm.Faun, gemu, 
fasc. 9, fig. 7. D'Allemagne et de Suède. 

Genre XXII. Moaodesme , Monodesmus , Dej. 

Jambes sans épines internes; ces jambes longues et allant en 
s'élargissant de la base à l'extrémité. 

Antennes de la longueur du corps , semblables dans les deux 
sexes , de onze articles allongés , un peu comprimés , den- 
tés en scie à partir du troisième : celui-ci grand, plus long 
que le quatrième. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 161 

Corselet sans crénelures , court, presque cylindrique, légè- 
rement déprimé sur son disque ; chaque bord latéral ayant 
au milieu une épine distincte. 

Palpes courts; dernier article des maxillaires un peu élargi 
au bout. 

Mandibules courtes , aiguës. 

Elytres allong:ées , assez étroites , arrondies et munies 
d'une épine oblique à leur ancle suturai. 

Ecusson court, arrondi au bout. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses allongées. 

Tarses ayant leur premier article grand , surtout celui 
des tarses jjostérleurs qui est, presque aussi long que le 
Lerniinal. 

Faciès d'un Cérambycin. 

Espèce. 

1. *3/onoclesnius callidioides ^ Dej. 

(Long. 9^12 lig.) Corps d'un noirâtre mat, entièrement 
couvert d'un duvet court, cendré. Antennes glabres, noirâtres. 
Corselet un peu inégal en dessus. Elytres paraissant lisses. 

Ile de Cuba. Collections de MM. Dejean, Dupont et Che- 
vrotât. 

Genre XXIII. Mégopis , illegopis , De/. 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , de la 
longueur du corps dans les mâles , de onze articles cylin- 
driques , le troisième très-grand , aussi long que les deux 
suivans réunis. 

Corselet mutique , court , transversal , arrondi latéralement, 
pubescent. 



102 AJNNALES 

Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux , 
leurs articles presque cylindriques. 

Mandibules courtes , pointues au bout. 

Tête arrondie , plus longue que le corselet. 

Yeux très-grands. 

Elytres très-longues , étroites , arrondies à rextrémité. 

Pattes de longueur moyenne : cuisses allongées. 

Tarses à articles courts; le dernier plus grand. 

Espèce. 

I, *Megopis niutica, Dej. 

(Long. i5à i61ig.) Corps pubescent, testacé. Yeux noir^. 
Antennes et pattes de la couleur du corps. Elytres ayant cha- 
cune trois lignes longitudinales élevées , dont les deux les plus 
rapprochées de la suture se réunissent Tune avec l'autre avant 
l'extrémité de Télytre. 

Ile-de-France. Collections de MM. Dejean et Dupont, et de 
celle du Muséum d'histoire naturelle. 

Genre XXIV. *iEG0S0ME , ALgosoma. 

( a/i^ , Chèvre ; (rwpa , corps. ) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , à peu 
près de la longueur du corps dans les mâles , atteignant la 
moitié des elytres dans les femelles, de onze articles cylin- 
driques , scabres dans les mâles , lisses dans les femelles ; 
troisième article plus long que les deux suivans réunis. 

Corselet mutique , ^/'e5^/iie trapézoïdctï ., réiréci en deuant: 
ses côtés rabattus subitement ; leur rebord ne se voyant 
qu'en dessous. Angles postérieurs aigus , presque spini- 
formes. 

Palpes presque égaux; dernier article cylindroconique. 



DE LA S0CII!:TÉ ENTOMOLOGIQUÉ. i65 

Mandibules fortes, courtes, à peine dentées inlérieure- 
ment. 

Tête un peu allongée derrière les yeux , ayant une ligne 
longitudinale légèrement enfoncée. 

Elytres allongées, rebordées extérieurement, presque li- 
néaires, arrondies et munies à Tangle suturai d'une très- 
petite épine à peine distincte. 

Ecusson assez grand, arrondi au bout, ses côtés paral- 
lèles. , 

Tarière des femelles longue ^ toujours saillante , dépas- 
sant notablement l'anus. 

Abdomen des mâles ayant son dernier segment légère- 
ment échancré au milieu et l'anus velu. 

Pattes fortes, de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article presque aussi lon^- que 
les trois autres réunis. 
^ Faciès d'un Cérambycin. 

Espèce. 

1. ^go<foma scabricorne. — Prionus scabricornis ^ Fah. 
Syst. Eleur. , tom. 2, pag. 258 , n" 8. — Oli. Entom. , tom. 4. 
Prion.,pag. 35, n°4i. PI. XI, fig. 42. Femelle. —Panz. Faur;. 
germ., iasc. 12, fig. 7. Femelle. — La Lepture rouillée,GEori'. 
Ins. Paris, tom. i,pag. 210, n" 5. Mâle. Allemagne. Je F^i 
reçue de feu M. Guéneau de Mussy, qui avait pris plusieurs 
individus des deux sexes sur de vieux troncs de Tilleuls, au- 
près de Dijon. A ma connaissance cet insecte n'a jamais éié 
trouvé aux environs de Paris. 

Nota. M. le comte Dejean possède une autre espèce de ce 
genre très-voisine de celle-ci ; il l'a nommée JEgosoma affine. 
Elle est de l'Ile-de-Javs. 



i64 ANNALES 

Genre XXV. Cœlodon, Cœlodon , Latr. inéd. 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , de la 
longueur du corps dans les mâles, plus courtes que lui dans 
les femelles , de onze articles cylindriques , le troisième 
sensiblement plus long que le quatrième. 

Corselet mutique y» cy lindriqae , ses côtés parallèles , inégal 
sur son disque , ayant un sillon transversal à sa partie pos- 
térieure , et un autre à la partie antérieure. 

Palpes maxillaires plus longs que les labiaux; leurs articles 
cylindriques ainsi que ceux des labiaux ; le terminal un 
peu plus grand que le précédent. 

Mandibules des mâles presque aussi longues que la tête, 
larges, comprimées, sans dentelures visibles à leur parWe 
interne, pointues et un peu recourbées à leur extrémité; 
dila'ées à leur Jase extérieiue ; cette dilatation ayant une 
épine courte , obtuse. 

Tête forte , de la longueur du corselet dans les mâles. 

Elytres longues , linéaires, parallèles , arrondies au bout; 
angle suturai unituberculé. 

Ecusson petit , semicirculaire , arrondi au bout. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses allongées , au moins 
aussi longues que les jambes. 

Faciès d'un Cérambycin. 

Espèce. 

1. Cœlodon cinereum. — Prionus cinereus , Oli. Entom.. 
lom. 4. Prion. , pag. 35 , n" 4o- PI- XIIÏ , %. 55. Femelle. 

Nota. Olivier n'a connu que la feii^ellc que je n'ai pas vue. 
D'après la figure , les mandibules seraient courtes et de forme 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iG5 

ordinaire , mais armées de la dent extérieure que j'ai observée 
dans le mâle; les antennes sont plus courtes que le corps. Il 
lui donne Surinam pour patrie, mais c'est sans doute une er- 
reur, car le mâle qui fait partie de la collection de M. Bucquet 
a été rapporté récemment du Sénégal par M. Le Prieur. 

^^ 
Genre XXVL *ANACANTnE, Jnacanthu^. 

(a, privatif; axavQa , épine.) 

Toutes les jambes sans épines internes ; comprimées , un 
peu dilatées , canaliculées longitudinalement en dessus et 
en dessous. 

Antennes fdiformes , semblables dans les deux sexes , attei- 
gnant plus loin que la moitié des élytres dans les mâles , 
un peu plus courtes dans les femelles, de onze articles cylin- 
driques, le troisième plus long que les deux suivans réunis. 

Corselet mulique, aussi long que large ^ presque orhiciilaire 
ou bien en carié dont les angles sont arrondis ; ses côtés 
arrondis ; il est déprimé en dessus et rebordé tout autour. 

Palpes assez courts; dernier article des maxillaires dilatée 
comprimé ^ conique. 

Mandibules arquées, fortement dentées au côté interne. 

Tête ayant une ligne longitudinale enfoncée entre les 
yeux. 

Elytres linéaires, rebordées, déprimées, arrondies et 
mutiques à leur extrémité; angle suturai à peine tubercule. 

Ecusson presque en triangle curviligne. 

Abomen entier. 

Pattes fortes ; cuisses comprimées , 

Tarses ayant leur troisième arlicle large , très-prof jndé- 
ment bilobé; le dernier presque aussi lojig que les trois 
autres réunis. 

I. 12 



,66 ANNALES 

Corps étroit, allongé, presque paralléiipipède. 

L'espèce unique qui constitue ce genre se trouve sous les 
écorces; elle est lourde, sa démarche est lente, vu la peti- 
tesse relative de ses pattes; elle ne produit aucun bruit. Je 
ne l'ai jamais rencontrée volant. ( La Gordaire, loc. citât, ) 

bSPECE. 

1. * ^^Jn a can f Inis costatns, Dej. 

(Long. 12 h i5 lig. y compris les mandibules.) Corps 
noir luisant. Antennes et pattes d'un brun noirâtre ainsi • 
que l'abdomen; larses ronssrâtres. Dessous de la tête muni 
d'un duvet épais et serré d'un roux brillant. Têle foriement 
ponctuée, ayant une fine ligne enfoncée au milieu. Corselet 
lisse; on voit sur son disque quelques élévations irrégulières. 
Elytres distinctement pointillées , d'un brun noirâtre, ayant 
chacune trois côtes élevées très-prononcées; les deux pre- 
mières en comptant de la suture, partant de la base de l'élytre; 
la troisième partant de beaucoup plus bas; ces trois côtes ne 
vont pas jusqu'à l'extrémité de l'élytre et sont réunies au bout 
toutes trois ensemble par une courte ligne transverse , élevée 
et un peu oblique. MMe et femelle. 

Du Brésil. De la collection de MM. Dejean et Dupont ainsi 
que de la mienne. 

Genre XXVÎL *Polyoze, Po/ros^. 

( TTo^tfoi^o; , rameux.) 

Toutes les jambes sans épines internes. 

Antennes de onze articles cylindriques; celles des femelles 
simples, plus courtes que le corps, avec le troisième ar- 
ticle très -grand, presque aussi long qi7e les deux suivans 
réunis. Dans les mâles elles sont plus longues que le corps, 
avant leur troisième article dilaté , mais un peu moins long 



DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQLiE. 167 

que dans les femelles : chaque article àpariir du troisième 
émet un lon^ rameau linéaire. 

Corselet court, transversal; chac[ue bord latéral dilaté 
au milieu ; cette dilatation profondément échancrée, ce qui 
forme deux dents distinctes , rapprochées l'une de l'autre. 

Palpes courts ; les maxillaires un peu plus grands que les 
autres. 

Mandibules courtes. 

Tête presque aussi large que le corselet. 

Yeux très-grands, presque contigus en dessus dans les 
raâlcs. 

Elytres allongées , parallèles. 

Ecusson triangulaire , arrondi au bout. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses comprimées. 

Tarses très-grands; premier article allongé, en triangle 
renversé , presque aussi long que le quatrième. 

Espèce. 

1. * Polyoza La Cordairei , Dej. 

(Long. j6 lig. mâle, 2 pouces femelle.) Corps noirâtre, 
pubescent. Antennes et pattes noirâtres. Ecusson et poitrine 
entièrement couverts de poils cendrés, luisans, qui s'enlèvent 
aisément par le frottement. Corselet inégal en dessus. Elytres 
d'un brun plus ou moins foncé, paraissant lisses, ayant cha- 
cune une ligne longitudinale élevée, peu prononcée, placée 
presque au milieu. Mâle et femelle. 

Du Brésil. Collections de MM. Dejean et Dupont. 



iG8 ANNALES 

Genre XXVIII. *Rhaphipode, Rhaphipodiis. 

(pao^iç, aiguille; ttouç , pied.) 

Toutes les jambes munies en dessus et en dessous de plusieurs 
épines très-distinctes , placées irrégulièrement. 

Corselet presque carré, un peu convexe et inégal sur son 
disque j chaque bord latéral multiépineux ; dernière épine 
plus prononcée que les autres; il est fortement échancré 
après cette épine : angles postérieurs nullement saillans. 

Antennes filiformes , atteignant la moitié des élytres dans les 
femelles (i), de onze articles cylindriques; le troisième un 
peu plus grand que le suivant. Le onzième assez long et 
aplati. 

Palpes courts. 

Mandibules courtes , finissant en pointe , dentées inté- 
rieurement. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Elytres allongées , un peu convexes , arrondies et muti- 
ques à l'extrémité. 

Ecusson assez grand , presque triangulaire , arrondi au 
bout. 

Abdomen entier. 

Corps un peu convexe. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses assez grandes , 
comprimées , munies de quelques épines en dessous. 

Tarses ayant leur dernier article grand , plus long que les 
trois autres réunis. 

(i) Mâles inconnus. 



DE LA SOCIETE ENÏOMOLOGIQUE. 169 

Espèce. 

1. * RliaphipodiLS s ut ur ails, Dupont. 

(Long. 20 lig. ) Corps d'un brun noirâtre, presque lisse. 
Elytres testacées avec la suture largement brune surtout à la 
base. Palpes, antennes et pattes d'un brun marron. Poitrine 
couverte d'un duvet court , roussâtre. Femelle. 

Ile de Bornéo. Collection de M. Dupont. 

Genre XXIX. *HopLosckLE , Hoploscelis, 
(onlo-j , arme ; gy.zIo;, jambe. ) 

Toutes les jambes sans épines internes; sensiblement dilatées 
h leur extrémité , ayant en dessus trois ou quatre épines 
longues et très-distinctes. 

Corselet presque en carré transversal; son disque plan : 
chaque bord latéral légèrement dilaté un peu au-delà du 
milieu; cette dilatation uniépineuse. 

Antennes courtes, de onze articles courts, un peu compri- 
més, un peu dentés en scie à partir du troisième; celui-ci 
un peu plus grand que le quatrième. 

Palpes maxillaires allongés , atteignant presque l'extré- 
mité des mandibules, leurs articles obconiques, le dernier 
plus court que le précédent. 

Mandibules fortes , épaisses , arquées , de longueur 
moyenne, paraissant inermes intérieurement, creusées en 
dessus , larges et tronquées au bout. 

Tête forte, transversale , presque aussi large que la par- 
tie antérieure du corselet , ayant au milieu une fme ligne 
longitudinale enfoncée. 

Elytres peu allongées, légèrement : convexes, arrondies 
et mutiques au bout. 



170 ANNALES 

Ecusson court , transversal , arrondi au bout. 
Abdomen entier. 

Pattes assez courtes, fortes; cuisses grosses et compri- 
mées , surtout les postérieures. 

Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. ^Hoploscelis lucanoides ,Dvpo^T. 

(Long. 2 pouces y compris les mandibules, ) Corps d'.m 
noir luisant. Poitrine et abdomen d'un brun rougeâtre ainsi 
que les palpes , les antennes et les pattes. Tête fortement ponc- 
tuée. Disque du corselet pointillé , ses côtés rugueux; il a do 
chaque côté une cavité arrondie , distincte. Elytres pointillécs 
et couvertes en outre d'une multitude de petites stries courtes, 
transversales et longitudinales, ce qui les fait paraître à la vue 
simple, comme chagrinées. 

Du Sénégal. Collection de M. Dupont. 

Genre XXX. Métopocoïle, Metopocoihis , Dej. 

Toutes les jambes sans épines. 

Présternum saillant, fortement caréné au milieu, sa poiiile 
prolongée au delà des cuisses antérieures. 

Métaslernum très- saillant, caréné; cette carène obtuse. 

Antennes courtes, n'atteignant pas la moitié des élytres , 
de onze articles; le premier gros, en massue, le second 
très-court, cyathiforme , ïes huit suwaiis déniés en scuf 
au calé inierne • le troisième à peine plus grand que le qua- 
trième; le onzième plus long que le précédent , terminé eu 
pointe, ayant une dent latérale simulant un douzième article. 

Palpes courts. 

Mandibules courtes, épaisses, recourbées à leur extrémité. 



DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 171 

Tête forte , aussi large que la partie antérieure du cor- 
selet. Front ayant un grand enfoncement circulaire. 

Corselet lisse , un peu convexe sur son disque, presque 
carré; ses côtés arrondis, son bord postérieur sinué, l'an- 
térieur coupé droit : on voit latéralement près de Tangle 
postérieur un fort tiibercule obtus. 

Elytres allongées , linéaires , un peu convexes , distinc 
lement rebordées extérieurement , tronquées à Textrémité ; 
l'angle inlerne de cette troncature armé d'une épine oblique 

Ecusson d'une politesse remarquable , triangulaire ^ 
poinlu. 

Abdomen ayant son dersiior se ment bordé de longs poils. 

C'orps allongé, linéaire, glabre eii dessus. 

Pattes courtes , assez fortes. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. * Metopocoilus maculico/lis , Dej. 

(Long. 2 pouces). Corps luisant. Tête d*un jaune ferrugi- 
neux; vertex ayant une grande tache noire. Extrémité des 
mandibules, noire. Antennes d'un brun marron ainsi que les 
pattes. Corselet pointillé, jaune; son disque portant deux 
taches noires presque ovales, et un peu plus bas, une autre 
tache plus petite et de même couleur: il y a en outre latéra- 
lement un pèlit trait longitudinal noir. Ecusson noir. Elytres 
jaunes, poinlillées, d'une nuance plus claire à leur base : 
an-les huméraux arrondis , ayant chacun une impression ar- 
rondie; extrémité des elytres bordée de noir. Poitrine et ab- 
domen d'un brun noirâtre ; le milieu des segmens de co der- 
nier passant plus ou moins au testacé. 

Du Brésil. Collection de M. le comte Dejean. 



1-2 ANNALES 

Genre XXXf. *SrER>ACANTHE, SternacantJnis, 
( o^xepvov , poitrine ; a/.avGa , épine. ) 

Toutes les jambes sans épines. 

Présternum saillant, fortement caréné au milieu. 

Métasternum caréné et prolongé au Lord antérieur en une 
petite pointe aiguë qui se icge dans une échancrure du mé- 
sosternura, celui ci rebordé latéralement. 

Antennes atteignant la moitié des éiytres, de onze articles 
cylindnîjues ; le troisième à peine plus grand que le qua- 
trième ; les derniers un peu aplatis. 

Palpes courts, presque égaux. 

Mandibules courtes. 

Corselet presque en carré iransversal, son disque/o/-^^- 
nienl luhercuJc -^ ses quatre angles prolongés chacun en une 
épine obtuse; bord latéral portant en outre au milieu une 
épine obîuse; ce bord rentrant brusquement après la se- 
conde épine. 

Elyîres un peu convexes, rebordées; leur extrémité ar- 
rondie et jinititjiie : angles huméraux arrondis , obtus , ac- 
compagnés intérieurement d'une excavation distincte. 

Ecusson presque semicirculaire. 

Abdomen ayant son dernier segment sinué et velu an 
bord postérieur. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. Sleîviacajitfms uiidatus. — Piionus undaîas , Olï. En- 
tom. , tom. /,. Prion. , pag. 5'2, n° 36, PI. Xilî , fig. 5^» 
De Surinam, 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 175 

Genre XXXII. *STiNODoisTi<: , Sienoclonles. 
((TTêvoi;, étroit; oJq-j; , denl. ) 

Tontes les jambes sans épines. 

Présternum à peine saillant. 

Métasternum peu saillant, son bord antérieur prolongé en 

une petite pointe. 
Corselet presque carré; chaque bord latéral crénelé et un peu 

épineux; angles postérieurs distinctement échancrés. 
Mandibules glabres et entières , élmiies et beaucoup plus 

longues que la îéLe dans les mâles, crochues au bout, 

dentelées intérieuremenî. 
Antennes fdiformes , atteignant les deux tiers des élylres dans 

les mâles , et seulement à peu près la moitié des élytres 

dans les femelles, ie onze articles cylindriques; le premier 

poiîii arqué , le troisième guère plus grand que le suivant. 

Palpes inégaux; les maxillaires beaucoup plus longs que 
les lab''aux ; article terminai cylindroconiqjie. 

Tète creusée entre les yeux; son dessous ayant sa partie 
antérieure creusée en demi-cercle et rugueuse; sa partie 
inférieure après l'excavation , presque lisse , luisante : gorge 
portant deux courtes stries longitudinales distinctes. 

Eh très allongées, rebordées; angle suturai uniépi- 
neux. 

Ecusson semiciiculaire , arrondi au bout. 

Abdomen entier. 

Pattes allongées. 

Tarses ayant leur, dernier article évidemment plus grawd 
que les trois autres réunis. 

Espèces. 

1. Sienodoutes tu an dih ni avis — Prionus niandibulaiis ^ 



1^74 ANNALES 

Fae. S) st, Eleul., t. 2, pag. 261 , n" 2S^. — Prionus exserfus. 
Ou. Entooî., tom. 4. Prion., pag. 17, n° 14. PI. VIïï, fig. 3i. 
Mâle. Aniériqne méridionale, Saint-Domingue. 

2, Sî enodonUis dainicorjiis. — Pricnus damiconiis, Fab. id. , 
pag. 262, n° 2 5. — Drury. //2<r., tom. 1, pag. 85, n°i. PI. 38,, 
lig. 1. Amérique méridionale. 

Genre XXXIII. *Basitoxe, Basitoxus, 

( ^ao-t; , base ; toÇov , arc. ) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines internes et allant en 
s'élargissant de la base à l'extrémité. 

Présternum aplati, mutique, son bord postérieur s'avançant 
entre b s hanches antérieures et terminé en pointe obtuse. 

Métasternum peu saillant , ayant au bord antérieur une petite 
saillie angulaire se logeant dons l'échancrure du méso- 
sternum. 

Corselet en carré long ; chaque bord latéral crénelé, point 
tranchant , ni dilaté , laissn.nt un peu apercevoir le dessous 
du. corselet.-^ dernière crénelure prolongée en une épine 
fine , mais très-distincte : angles antérieurs peu avancés; 
les postérieurs échancrés obliquement à partir de l'épine, 

Mandibules glabres et entières, épaisses et bidentées inté- 
rieurement. 

Antennes fdiformes , n'atteignant pas la moitié des élytres dans 
les femelles, un peu plus longues dans les mâles , de onze 
articles cylindriques ; le premier gi'os , conique^ arqué ^ 
les troisième et quatrième presque égaux en longueur. 

Palpes assez courts; article termiflâl obconique; les trois 
premiers des maxillaires courts , presque cyalhiformes. 

Tête forte, ayant au milieu une ligue longitudinale en- 
foncée. 



DE lA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17$ 

Mésosternum rebordé latéralement, échancré au bout. 

Elytres allongées, linéaires, rebordées; angle suturai 
sans épine distincte. 

Ecusson semicirculaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré. 

Pattes fortes, de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 

Espèces. 

1. *BasitoxiLS armatus, 

(Long. 20 lig. y compris les mandibules.) Noir; tête poin- 
tillée. Corselet inégal et pointillé sur son disque, ses côtés 
rugueux : bord latéral fortement crénelé , surtout au dessous 
de l'angle antérieur; dernière crénelure prolongée en une 
épine verticale distincte, dont la pointe se dirige vers l'angle 
humerai des élytres : celles-ci presque rugueuses à leur base , 
chagrinées dans le reste de leur étendue , d'un brun marron 
clair; jambes antérieures munies extérieurement de quelques 
petites épines très-fines. Antennes et pattes noirâtres; tarses 
d'un brun marron ainsi que les palpes. Mâle. 

Du Brésil. De ma collection. 

2. *Basitoxus 3Iaillei. 

(Long. 16 lig. y compris les mandibules.) D'un brun noirâ- 
tre. Mandibules fortement poinlillées. Tète très-rugueuse. Cor- 
selet ayant son disque inégal , luisant, peu pointillé, ses côtés 
Celant fortement, presque rugueux; bord latéral fortement cré- 
nelé , surtout au dessous de l'angle antérieur; dernière créne- 
lure s'avançant horizontalement en une épine courte et ob- 
tuse. Elytres finement chagriuées , ayant chacune deux lignes 
longitudinales élevées , assez distinctes, et vers le bord anté- 
rieur une troisième ligne , mais simplement ébauchée. Pre- 
mier article des antennes un peu canaliculé tant en dessui 



lyG ANNALES 

qu'en dessous. Poitrine* garnie de poils roussâties ainsi que le 
dessous du corselet. Dernier segment de Tabdomen Lordé de 
longs poils roux. Tarses d'un brun marron. Femelle. 
Du Brésil. Collection de M. Maille. 

Genre XXXIV. *Mallodon, Mallodon. 

(|>taA>o; , laitie ; ooov; , (Jet)t. ) ) 

Toutes les jambes sans épines , allant en s'élargissant de la 
base à l'extrémité. 

Présternum aplati, mutique , son bord postérieur s'avançant 
entre les hanches antérieures et terminé en pointe obtuse. 

Métasternum peu saillant , ayant au bord antérieur une petite 
saillie angulaire se logeant dans l'échancrure du mésosternum. 

Corselet carré, déprimé, sensiblement plus large que la tête , 
échancré en devant, les angles antérieurs avancés; chaque 
bord latéral crénelé et quelquefois uniépineux postérieure- 
ment; ces bords presque parallèles , tranchans, un peu di- 
latés : angles postérieurs n'étant pas distinctement échancrés. 

Mandibules grandes et souvent plus longues que la tête dans 
les mâles, garnies de diu'ei intérieujenieiii ; ce duvet moins 
épais dans les femelles et s'enlevant aisément; elles sont 
sensiblement arquées et denticulées à leur partie intérieure , 
seulement au-delà du milieu dans les mâles : celles des fe- 
melles dentées dans toute la longueur du côté interne. Dans 
les deux sexes elles ont en dessus une échancrure plus ou 
moins forte, avant leur extrémité , celle-ci entière. 

Antennes fdiformes, au moins de la longueur de la moitié 
des élytres dans les mâles, un peu plus courtes dans les 
femelles, de onze articles cylindriques; le premier grand, 
plus ou moins comprimé , rarement arqué , renflé au bout : 
le troisième à peine plus long que le quatrième. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQUl!!. 1-7 

Palpes assez longs , leur article terminal peu dilaté, com- 
primé , obconique. 

Tête large dans les mâles avec une légère ligne longitu- 
tudinale enfoncée entre les yeux. Dessous de la tête ayant 
sa partie antérieure creusée en demi-cercle et très-rugueuse : 
partie inférieure après l'excavation presque lisse, luisanle : 
gorge portant deux courtes stries longitudinales distinctes. 

IVîésosternum rebordé latéralement, échancré au bout. 

Elytres déprimées : angle suturai uniépineux. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment entier ou un peu 
sinué dans les deux sexes. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article très-grand , évidemment 
plus long que les trois autres réunis. 

Les Mallodons vivent dans des trous profonds que la larve 
creuse dans Tiritérieur des arbres et sous les écorces. Ils ne 
fréquentent point les feuilles et ne volent pas de jour. Ils 
ne produisent aucun bruit. (La Cordaire, loc. chat. ) 

Espèces. 

1. Mallodon maxillosiis. — Prionus maxillosus^ Fab. , 
Sjst.Eleiit., iom, 2, pag. 274, n° 5i. — Oli. Entom., tom. 4. 
Prion., pag. 16 , u" i3. PI. I, fig. 5. Mâle. De l'Amérique 
méridionale. 

Etc. 

Nota. Ce genre, qui me semble l'un des plus naturels de cette 
tribu, renferme un assez grand nombre d'espèces, tant de TA- 
mérique que du Sénégal , et nouvelles pour la plupart. 



,^5 ANNALES 

Genre XXXV. *CoLPODiiRE , Colpoderus^ 

(xo)i7ro;, sinuosité; ^epy; , cou.) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines. 

Présternum aplati , mutique. 

Métasternum point saillant. 

Corselet niutique , en carré transversal , distinctement sinue 
et fortement rehordé latéralemenl. 

Antennes s,Jahres , filiformes , atteignant aux deux tiers des 
élytres dans les mâles , et à peu près la moitié de celles-ci 
dans les femelles, de onze articles , le troisième un peuplas 
Ion o- que le second; tous les autres à partir du troisième 
sont un peu comprimés, un peu obconiques. 

Palpes allongés; les maxillaires un peu plus grands que les 
labiaux. Les uns et les autres composés d'articles déprimés, 
presque obconiques; le dernier beaucoup plus grand et plus 
dilaté que les précédons . 

Mandibules des mâles de la longueur de la tête, assez 
laro"es , arquées , distinctement échancrées au bout \ celles 
des femelles plus courtes, point arquées, entières à leur 
extrémité , bidenlées au côté interne. 

Tête des mâles forte , presque aussi large que le corselet ; 
celle des femelles plus étroite , ayant une excavation au mi- 
lieu et une courte ligne enfoncée. 

Elytres assez longues , un peu convexes , rebordées exté- 
rieurement; angle suturai arrondi, mutique. 

Ecusson court , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment très-légèrement 
échancré dans les mâles. 

Pattes de longueur moyenne ; cuisses allongées; jambes 
un peu dilatées h l'extrémité. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1-9 

Tarses ayant leur dernier article aussi long quo les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. * Colpoderus cajj'ej\ Rlug. 

(Long. 20 lignes y compris les mandibules.) Corps entière- 
ment glabre, d'un noir luisant. Tête et mandibules très-lisses 
ainsi que l'écusson. Corselet lisse sur son disque , ses côtés ex- 
térieurs creusés longiludinalement et chargés de petits points 
enfoncés très-serrés. Elytres très-fmement pointillées. Antennes 
et pattes de la couleur du corps. Mâle et femelle. 

Du Cap de Bonne-Espérance. Envoyé à M. Dupont parM. le 
docteur Kliig , sous le nom spécifique que nous lui avons con- 
servé. M. le comte Dejean possède la femelle. 

Genre XXXVI. Thyrsiiî , Thyrsia , Dalm. 

Toutes les jambes dépourvues d'épines. 

Présternum aplati , mutique. 

Métasternum point saillant. 

Corselet court, mutique, deux fois plus large que long , ar- 
rondi au bord antérieur et latéralement. 

Antennes de la longueur de la moitié du corps , f usif orme s , 
renflées au milieu^ velues ^ de onze articles; le premier 
grand, obconique; le second petit, subpyriforme, court; les 
troisième et quatrième presque globuleux; le cinquième 
grand, presque cylindrique; les sui vans allant en décrois- 
sant de longueur ; le onzième petit , presque conique , 
presque glabre. 

Palpes courts , filiformes , un peu obtus au bout. 

Mandibules courtes, arquées , bidentées intérieurement. 

Tête petite , trans^erse. 

Elytres un peu plus largos que le corselet, presque li- 



,8o ANNALES 

lîéaires, arrondies au bout, un peu béantes vers l'extrémité 
à la suture. 

Ecusson court , tronqué postérieurement. 

Abdomen petit. 

Corps assez mou , oblong. 

Pattes comprimées, pubescentes. 

Tarses ayant leur dernier article au moins aussi long que 
tous les autres réunis. 

Espèce. 

I. TJiyrsia laleralis ^ Dalm. Analect. Entom., page 17, 
tah, 5, fig. a. Du Brésil. 

Nota. N'ayant pas vu ce genre, j'en donne les caractères 
d'après M. Dalman. 

Genre XXXVII. *Allocère , Jllocerus. 

{oûloç, dissemblable; y.êpata, corne.) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines internes. 

Antennes de douze articles dans les deux sexes, celles des 
mMes sétacées , presque de la longueur du corps, leurs ar- 
ticles c}//V2f//'/V/zfe5 et g/éîesh partir du septième; le troi- 
sième notablement plus long que le quatrième et cambré. 
Celles des femelles n'atteignant pas la moitié des élytres, 
fUifornies , épaisses : leurs articles courts^ élargis intérieu- 
rement en dent de scie à partir du troisième; article termi- 
nal court, surtout dans les femelles. 

Corselet muîique ^ un peu dilaté latéralement, en carré trans- 
versal; ses quatre angles arrondis : cbaque bord latéral sans 
épines ni crénelures , arrondi, un peu sinué. 

Corps étroit, très-allongé. 

Palpes courts; les maxillaires ayant leuçs deuxième et 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 181 

et troisième articles renflés, presque cyathiformes; le ter- 
minal assez gros, ovale. Palpes labiaux ayant leurs deux 
premiers articles coniques : le terminal ellipsoïde. 

Mandibules courtes , recourbées à Textrémité. 

Tête petite, canaliculée entre les yeux. 

Présternum saillant , élevé , caréné; son extrémité échan- 
crée. 

Mésosternum extrêmement^petit, triangulaire; sa pointe 
se logeant dans l'échancrure du présternum. 

Métasternum distinctement échancré au bord postérieur 
pour recevoir une saillie aplatie, aiguë du premier segment 
abdominal , laquelle s'avance entre les hanches postérieures. 

Elytres très-allongées , étroites , quatre fois plus longues 
que le corselet, linéaires; angle suturai à peine unitu- 
hercule* 

Ecusson petit, arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
dans les mâles , entier dans les femelles. 

Pattes assez courtes. 

Tarses ayant leur dernier article presque aussi long que 
les trois autres réunis. 

Espèce. 

T. Allocerus Speiicii, — Prionus Spencil ^ Kirb., Linn. 
2/YÏW5., XIÎ, XXII, i3. Du Brésil. Mâle et femelle. Suivant 
M. La Gordaire il vit sous les écorces et ne produit aucun 
bruit. 

Genre XXXVIII. "^DiRAjJciSTRE, Derancistrus. 

{rJspr] , COU ; y.yY.tcTprrj f crochet. ) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines , un peu élargies au 
bout et velues inférieu rement dans cette partie. 
I. i3 



i8a ANNALES 

Antennes n'atteignant pas la moitié des élytres , de onze ar- 
ticles fortement comprimés, larges, triangulaires pour la 
plupart ; le second très-petit, cyathiforme -, les troisième et 
quatrième presque égaux. 

Corselet muni à chaque bord latéral de deux épines fortes y 
crochues; il est presque carré et tibs-excavé sur son 
disque . 

Palpes courts; article terminal presque triangulaire. 

Mandibules courtes , crochues au bout. 

Tête excavée entre les yeux. 

Présternum grand, aplati; son milieu allant en s'élar- 
gissant, et profondément fourchu au bout. 

Mésosternum très-petit , très-conrt, aplati; sa pointe an- 
térieure se logeant dans l'échancrure du préslernum ; il est 
fourchu postérieurement. 

Métasternum ayant au bord antérieur une saillie angu- 
laire se logeant dans l'échancrure du mésosternum. 

Elytres allant en se rétrécissant de la base à l'extrémité , 
canaliculées extérieurement , très-déprimées ; angles humé- 
raux saillans : elles sont tronquées et crénelées au bout, 
leur angle suturai uniépineux. 

Ecusson petit, presque triangulaire, arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment largement, mais 
faiblement échancré au milieu. 

Corps allongé, déprimé. 

Pattes fortes. 

Tarses larges , épais. 

Espèce. 

1. Derancistrus elegans, — Ptiomis elegans , Pal.-Bauv, 
los. d*Afrîq. et d'Amer., page 217. Coléopt. , PI. 34, %. 5. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. i85 

Un seul individu de ma collection , rapporté deSt.-Domingue 
par feu Palisot-Bauvois qui l'avait trouvé sous la paillasse d*an 
malade à l'hôpital de la Providence. 

Genre XXXIX. *SoLÉNOPT]iRE , Solenoptera. 
(awAiîv , canal j TTTepov , aile. ) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines, un peu élargies au 
bout et velues inférieurement dans celte partie. 

Antennes atteignant la moitié des élytres dans les mâles , un 
peu plus courtes dans les femelles , de onze articles forte- 
ment comprimés; le troisième plus long que le suivant, 
ou de sa longueur. 

Corselet dilaté et crénelé latéralement ^ la dernière créne- 
lure quelquefois prolongée en épine; chaque bord latéral 
follement échancré après la dernière crénelure : angles 
antérieurs arrondis : disque sans excavation. 

Palpes courts , article terminal presque conique. 

Mandibules courtes, arquées. 

Tête assez étroite, un peu prolongée derrière les yeux , 
fortement ( analiculée en dessus. 

Présternum allant un peu en s'élargissant , fourchu au 
bout. 

Mésosternum très-petit , très-court; sa pointe antérieure 
se logeant dans l'échancrure du présternum. Il est fourchu 
postérieurement. 

Métasternum ayant au bord antérieur une saillie angu- 
laire se logeant dans l'échancrure da mésosternum. 

Elytres allant en se rétrécissant de la base à l'extrémité , 
canaliculées extérieurement, un peu déprimées; angles 
huméraux un peu saillaus et mousses; elles sont un peu 



i84 ANNALES 

tronquées et crénelées au bout : angle suturai muni d'une 
épine à peine visible. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Corps allongé. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leurs trois premiers articles courts, élargis; 
le quatrième presque aussi long que tous les autres réunis. 

Espèce?. 

1 . Solcnoptera canaliculala — Prionus canaliciilatns , 
Fab. Syst. Eleut., tom. 2 , pag. 264 , n° 32. -^ Ou. Entom., 
tom. 4. Prion., pag. 20, n° 26. PI. IX, iîg. 02. a. b. Des îles 
de l'Amérique. 

2. Solenoptera Thomœ. — Prionus Tliotnœ , Fab. iV/., 
pag. 262, n" 20.— Oli. ici, n° 25. PI. XïlI., fig. 5o. Ile Saint- 
Thomas. 

5. Sûlenoptera ïbieata. — Prionus lineatus , Fab. ici. , 
pag. 207, n° 3. — Ou. id., pag. 38 , n" 45- PI* ^I » %• ^^ 
b. d'Amérique. 

4. Solenoptera quadrllineata. — Prionus quadrilinenlus ^ 
Ou. iW. ,pag. l\0 , n° 48. PI. III , fig. 1 1. Patrie inconnue. 

Etc. 

Genre XL. *Poekilosome , FœhUosoma. 
{ Txoi-Aikoc, , bigarré ; croua , corps. ) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes semblables dans les deux sexes> atteignant seulement 
1 la moitié des élytres, de onze articles cylindriques; le troi- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i85 

siè'me presque aussi long; que les deux suivans réunis ; les 
derniers comprimés , s'élargissant un peu. 

Corselet lisse en dessus , presque carré , un peu rétréci en 
devant, sans crénelures ; bord latéral quelquefois un peu 
inégal antérieurement et portant passé le milieu , une épine 
pointue j ce bord distinctement échancré après l'épine. 
L'angle postérieur est quelquefois saillant et presque uni - 
épineux. 

Corps assez courte assez large. 

Palpes assez courts; dernier article cylindroconique. 

Mandibules courtes , pointues. 

Tête assez petite. 

Elytres un peu convexes» arrondies et mutiques à leur 
extrémité : angle suturai un peu saillant. 

Ecusson triangulaire , pointu , de médiocre grandeur et 
glabre. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur second article le plus petit de tous, le 
quatrième grand. 

. Ces insectes se trouvent sur les feuilles, les troncs d'arbres 
ou volant pendant le soir dans les Bois. Ils ne produisent 
aucun bruit. ( La Cordaire , loc. citât. ) 

X 

Espèces. 

1. Pœkilosonia ornatum, — Prionus ornalus.DkhU» Ana- 
lect. Entom., pag. 62 , n° 47« I^u Brésil. 

Le Prionus 'versicolor , Dej. catal., appartient aussi h ce 
genre. Du Brésil. 

Nota. M. Dupont a deux individus d'une espèce qu'il nomme 
Pœkilosoma ornatipenne et qui présente une anomalie bien 



i86 ANNALES 

remarquable; le corselet est presque globuleux, arrondi*Iaté- 
ralement et sans aucune épine. Elle est du Brésil, et par la 
distribution de ses couleurs et les nombreuses taches de ses 
élytres, elle est tout-à-fait semblable à la Pœhilosoma macu- 
iipenne du même Entomologiste. Cette dernière espèce serait- 
elle Tautre sexe de la première? La maculipenne a tous les 
caraclères que nous assignons aux Pœkilosomes. Elle est éga- 
lement du Brésil. 

La collection de M, le comte Dejean offre une espèce nojj- 
velle de ce genre; il Ta nommée Pœkilosoma rujîpenne. Du 
Brésil. 

Je ne suis pas certain que ce genre soit ici à sa place natu- 
relle. 

Genre XLI. *Pyrode , Py rodes» 

(7rvipw^>35, étincelant. ) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines internes , glabres et 
plus ou moins comprimées. 

Antennes filiformes, de la longueur du corps et scabres en 
dessous dans les mâles; plus courtes que le corps dans les 
femelles ; de onze articles cylindriques , un peu comprimés, 
surtout les trois derniers; le premier grand, renflé en mas- 
sue à l'extrémité , le troisième sensiblement plus long que 
le quatrième; le terminal large , arrondi au bout, ses côtés 
parallèles. 

Corselet transversal , dilaté et fortement crénelé latéralement, 
tronqué obliquement à partir de la dernière crénelure jus- 
qu'à l'angle postérieur. 

Corps assez court, assez large, un peu penché en avant, 
brillant et métallique. 

Ecusson grand, glabre y triangulaire, pointu. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 187 

Palpes courts , leur dernier article court et cylindrique. 

Mandibules fortes , plus épaisses dans les mâles , courtes, 
li'identées intérieurement, pointues et recourbées à l'extré- 
milé. 

Tèleplsis foiie d'\ns les mâles, un peu allongée derrière 
les yeux , dans ce dernier sexe surlouL 

Elytres htrj^es, très-peu convexes, rebordées extérieu- 
rement , presque carrées. 

Abdomen entier, son dernier segment un peu sinué au 
bord postérieur, surtout dans les mâles. 

Pattes assez longues, à peu près égales; les antérieures 
«cabres en dessous dans les mâles et plus fortes que dans les 
femelles. 

Tarses plus larges dans les mâles; dernier article très - 
grand , sensiblement plus long que les trois autres réunis. 

ESPÎLCES. 

I . Py rodes angulatus, — Prionus anguîatits, Oli. , Entom. , 
tom. 4» Prion., pag. 3i , n" 55. PI. I, fig. 2. Du Brésil. 

2. Pyrodes nitidus. — Prionus nitidus , F xb, Syst, Eleut,, 
lom. 2, pag. 258, n** 4* — Oli. , iW. , pag. 3o, 0*55. PL XII, 
fig. 48. Mâle. ( Les antennes sont figurées trop longues. ) Du 
Brésil. 

5. Pyrodes spfciosiis, — Prionus spedosus , Ou., id. , 
pag. 3j , n'' 34. PL IV, fig. i3. Du Brésil. 

4. Pf rodes blfascialus, — Prionus bifasciatus ^ Fak., /W. , 
pag. 252, n** 24. — Oli., id., pag. 32, n^^Sy. PL I, fig. 3, a, Z>. 
De Cayenne. 

5. Pyrodes cœruleus. — Prionus cœruleus , Schon., Sy?i^ 
Ins., tom. 3, pag. 34o. — Ou., id., PL III, fig. 10. Sans 
description. Du Brésil. t 

Etc. 



i88 ANNALES 

Genres XLII. *MALLASPii , Mallaspis. 
(fj-yXkov y laine; ao-7rtç , écusson.) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines et glabres. 

Antennes filiformes, plus longues que le corps dans les mâles^ 
dépassant la moitié des élytres dans les femelles ; de onze 
articles comprimés à partir du troisième; élargis dans les 
mâles , très-dilatés dans les femelles. Troisième article plus 
long que le quatrième, les suivans allant en diminuant 
graduellement de longueur : le premier long, en massue; 
le second court , grenu. ( Elles sont scabres en dessous dans 
les mâles. ) 

Corselet en carré transversal ; chaque bord latéral fortement 
crénelé et tronqué obliquement depuis la dernière créne- 
lure jusqu'à l'angle postérieur. 

Corps assez court, assez large, eu partie métallique. 

Ecusson grand, très-large ^ îrès-vùlu , triangulaire , pointu. 

Palpes courts. 

Mandibules des mâles courtes , épaisses , recourbées et 
. pointues au bout , un peu dilatées extérieurement et mu- 
i nies dans cette partie d'un très-petit tubercule presque épi- 
neux. 
Tête grande , allongée derrière les yeux , au moins aussi lon- 
gue que le corselet , caniculée au milieu. 

Elytres larges, assez courtes, presque carrées^ rebordées 
extérieurement; angle saturai à peine unituberculé; elles 
sont un peu dilatées au bord extérieur. 

Abdomen ayant son dernier segment légèrement échan- 
cré au milieu du bord postérieur dans les mâles. 

Pattes longues, comprimées; les antérieures plus longues 
que les autres et scabres dans les mâles. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTO^^IOLOGIQLE. 189 

Tarses ayant leur dernier article évidemment plus long 
que les trois autres réunis. 

Espèces. 

ï. Mallaspis scutellaris. — Prionus scutellaris , Ou.. ^ 
Entom., tom. 4- Prion. , pag. i4, n° 10. Pi. II, fig. 9. a. h, 
melle. De Gayenne. 

Etc. 

Nota. Le Pyrodes leucaspis , Dej. du Brésil, appartient 
à ce genre. En outre iM. Dupont vient d'en acquérir une fort 
belle espèce du Mexique , que je crois nouvelle. 

Genf'e XLIII. *Polyarthron , Polyarthron, 

(ttoXu;, nombreux; acSotiv , article.) 

Toutes les jambes dépourvues d'épines internes. 

Antennes composées de quarante-sept articles; flahellées et 
de la longueur du corps dans les mâles. Premier article en 
massue allongée ; le second court, lenticulaire ; à partir du 
troisième chaque article est moniliforme , il émet deux la- 
melles longues et divergentes : antennes des femelles attei- 
gnant la moitié des élytres ; leurs articles en dent de scie , 
émettant un court appendice latéral à partir du cinquième 
ou du septième article. 

Corselet transversal muni d'une épine à cliacpie bord latéral , 
allant en s'élargissant des angles antérieurs jusqu'à l'épine, 
et rentrant brusquement à partir de cette dernière. 

Corps court. to ^lîocî. 

Palpes très-allongés, grêles; leur dernier article sécu- 
riforme. 



igo ANlNALÏlS 

Mandibules presque aussi longues que la tête , fortes , 
très-arquées , aiguës, ayant une forte et large dent interne 
à leur base. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Yeux grands , peu échancrés. 

Elytres assez allongées, un peu déprimées; angle su- 
turai ayant une petite épine dans les mâles , arrondi et 
mutique dans les femelles. 

Ecusson eji triangle curviligne , creusé dans les mâles ^ 
plan dans les femelles. 

Abdomen entier. 

Patte de longueur moyenne. 

Tarses très-grands , presque aussi longs que la jambe* 
Les trois premiers articles ayant leurs deux angles posté- 
rieurs pointus, presque épineux. Le quatrième article grêle, 
presque aussi long que les trois autres réunis. 

Espèce. 

1. Polyarthron peclinicornis. — Prionus pectinicornis ^ 
Fab. ? Syst. Eleut,, tom. 2 , pag. 25 1 , n" 38. Mâle. — Uli.? 
Entom., tom. 4' Prion., pag. 4o, n** 49* Pi» I» %• 5. Mâle. 

( Long. i5 à 20 lig. ) D'un brun presque noir. Lamelles des 
antennes de couleur ferrugineuse ainsi que les poils qui garnis- 
sent le corselet en dessus à ses parties antérieure et postérieure. 
Labre testacé. Corselet lisse, luisant, couvert latéralement d'un 
du \ et grisâtre. Ecusson pubescent. Elytres glabres, sans ponc- 
tuation apparente, ayant chacune trois côtes longitudinales 
élevées ; les deux les plus rapprochées de la suture se réunis- 
sent Tune à l'autre par le bout et n'atteignent pas l'extrémité 
de l'élytre; abdomen et pattes d'un brun roussâtre. Poitrine 
et dessous du corselet garnis de poils roussâtres. Mâle. 

La femelle est entièrement glabre; ses elytres sont plus 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 191 

courtes que l'abdomen et presque béantes à rextrémité; l'é- 
cusson est plus large que celui du mâle; Tépine latérale du 
corselet est plus petite; les courts filets ou appendices des an- 
tennes sont ferrugineux. 

Rapporté du Sénégal par M. Dumolin. Collections de MM. De- 
jean et Dupont. 

Nota. MM. Latreille et Dejean pensent que le mâle est le 
Prionus pectinicornis de Fabricius et d'Olivier. Cela me sem- 
ble douteux, ces auteurs décrivant leur espèce comme ayant 
le corselet mutique et le corps testacé. 

Genre XLIV. Prione , Prionus , Geoff. 

Toutes les jambes dépourvues d'épines internes , assez larges, 
comprimées , canaliculées longitudinalement. 

Antennes ayant plus de onze articles; pectinéeseiàe la longueur 
du corps dans les mâles ^ en scie et atteignant la moitié des 
élytres seulement, dans les femelles. Troisième article plus 
long que les deux précédons réunis. 

Corselet en carré transversal , sans crénelures ; chaque bord 
latéral portant trois épines pointues. 

Corps court, assez large , un peu penché en avant. 

Palpes assez longs , dernier article allongé , comprimé , 
conique, un peu dilaté. 

Mandibules courtes , sans aucunes dentelures au côté in- 
terne. 

Tête ayant une ligne longitudinale enfoncée entre les 
yeux. 

Elytres courtes , un peu convexes , rebordées extérieure- 
ment : angle suturai à peine unituberculé. 

Ecusson assez large, semicirculaire , arrondi au bout. 



T92 ANNALES 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Pattes fortes, assez courtes. 

Tarses ayant leur premier article assez grand , triangu- 
laire; le terminal presque aussi long que les trois autres 
réunis. 

Les Priones ne volent guère que le soir ou dans la nuit; 
ils se tiennent ordinairement sur le tronc des arbres, ou dans 
le tan qui se trouve souvent au pied des Chênes vermoulus. 

PREMIÈRE DIVISION. 

Antennes ayant plus de douze articles. (Dix-neuf, vingt-un, et même 

davantage.) 

ESPÈCE. 

1. Prionus imhricornis , Oli. , Entom. , tom. 4* Prion. , 
pag. 28,n°5i,Pl. XIII, fig. 62. Mâle. — Pal. -Bauv., Ins. 
d'Afriq. et d'Amer. , pag. 242. Coléopt., PL 36,fig. 2. Mâle. 
Amérique septentrionale , Caroline. 

DEUXIEME DIVISION. 

Antennes de douze articles. 

ESPÈCES. 

2. Prionus coriarius, Fab., Syst. Eleut., tom. '2, pag. 260, 
n'^ 16. — Oli., id., pag. 29, n*" 62, PI. I, fig. i . b. d. Mâle. 
c. femelle. — Panz. , Faun. germ.^ fasc. 9, fig. 8. Femelle. — 
LePrione GeofF. Ins. Paris, tom. ), pag. 198, n° 1, PI. III, 
fig. 5. Mâle. Europe. 

Cette espèce est la seule parmi les Prioniens qui se trouve 
aux environs de Paris , encore n'y est-elle pas très-commune. 
Etc. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 195 



Genre XLV. *Clostèr£ , Closterus. 

(vXMtjrmp , fuseau.) 

Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines in- 
ternes. 

Antennes flabellées et plus longues que le corps dans les 
mâles (i), de onze articles; le premier gros, en cône ren- 
versé; le second très-petit, cyathiforme; ceux de trois à 
dix prolongés chacun intérieurement en un rameau pointu; 
article terminal très-grand, fusiforme , plus long que les 
deux précédons réunis. 

Corselet en carré transversal, sans crénelures; chaque bord 
latéral portant trois épines i^ointues» 

Corps court, assez large. 

Palpes courts; leur dernier article presque cylindrique, 
court. 

Mandibules courtes. 

Tête étroitement canaliculée entre les yeux. 

Yeux grands. 

Elytres courtes, un peu convexes, rebordées extérieu- 
rement , arrondies et mutiques h leur extrémité. 

Ecusson petit, semicirculaire, arrondi au bout. 

Abdomen sans échancrure au bord postérieur de son 
dernier segment. 

Pattes fortes, assez courtes. 

Tarses ayant leurs trois premiers articles courts, mais 
assez larges; le quatrième presque aussi long que les trois 
autres réunis. 

(i) Femelles inconnues. 



,g4 ANNALES 

Espèce. 

1. *Clo5terus flabellicornis y Chevrolat. 

(Long. 1 pouce.) Tête et corselet d'un brun noirâtre; cehâ- 
ci pointillé, inégal en dessus , bordé de poils roussâtres en de- 
vant et postérieurement. Elytres d'un brun marron, fortement 
ponctuées dans toute leur étendue, ayant chacune cinq ou six 
lignes longitudinales élevées, dont quelques-unes moins pro- 
noncées que les autres; aucune n'atteint l'extrémité de l'élytre. 
Antennes et pattes d'un brun noirâtre. Abdomen d'un brun 
marron clair. Mâle. 

Collection de M. Chevrolat. Il faisait partie autrefois de celle 
d'Olivier, où il était noté comme ayant été rapporté des Indes 
orientales par feu Riche. M. Dupont m'a communiqué un 
mâle de sa collection qui ne diffère de celui que je viens de dé- 
crire que par sa couleur plus foncée, presque noire. Il est de 
Madagascar. 

Nota. Cette espèce a de l'analogie avec le Prionus buph- 
thalmus, Fab. , Sfst. Eîeut, , tom. 2, pag. 260, n" 10. — 
Prionus spinicomis , Ou., Entom., tom. 4» Prion. , pag. a4, 
n° 24, PI. II, fig. 43. Mâle. 

Genre XLVI. *Calocome , Calocomus» 

(xa^o?, beau; xo^a, chevelure.) 

Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines internes. 

Antennes pectinées et comprimées, n'atteignant guère plus 
que la moitié des élytres dans les mâles (1). De onze ar- 
ticles ; le premier assez grand , en cône renversé , le se- 
cond très-petit , globuleux; ceux de trois à dix pectines en 

(i) Femelles inconnues. 



DE LA SOGIÉÏÉ EiNTOMOLOGIQUE. igS 

longue dent de scie, le troisième un peu plus long que le 
suivant, le onzième ayant vers ïextrémilé une dent la!c- 
rale , ce qui simule un douzième article. 

Corselet presque aussi long que large , dilaté des angles an- 
térieurs jusqu'au milieu; cette dilatation terminée par une 
épine droite , précédée et suivie de quelques légères cré- 
nelures; chaque bord latéral coupé obliquement depuis 
Tépine jusqu'à l'angle postérieur; celui-ci point prononcé. 

Corps court, assez large, glabre. 

Palpes maxillaires plus longs que les autres , article ter- 
minal élargi, triangulaire; celui des labiaux presque cylin- 
drique, tronqué au bout. 

Labre très-velu. 

Mandibules courtes , leur pointe recourbée. 

Tête de la largeur de la partie antérieure du corselet , 
fortement canaliculée entre les yeux, un peu prolongée en 
arrière. 

Elytres planes , allant en se rétrécissant des angles hu- 
méraux à l'extrémité, étroitement rebordées à leur partie 
extérieure : angle suturai uniépineux. 

Ecusson grand , triangulaire ^ pointu. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Pattes fortes ; cuisses comprimées , canaliculées. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 

Espèce. 

1. * Calocomus hamatiferus , Lacord. — Prionus Desma- 

resiii , Guér. Iconogr. du règne anim., Ins., PL XLII, fig. 8. 

(Long. 16 lig.). D'un brun très-foncé; tête fortement poin- 



i9(> ANNALES 

tillée. Corselet et écusson très-rugueux ainsi que ie tiers anté- 
rieur des élytres, le reste de celles-ci, lisse et très-luisant , 
sauf l'extrémité qui est fortenjpnt poinlillée. Un peu avant le 
milieu on voit sur chacune une tache jaune échancrée en ar- 
rière , et une bande longitudinale de même couleur , occupant 
le milieu du bord extérieur. Labre couvert de poils jaunâtres ^ 
bord antérieur du corselet ayant une frange de semblables 
poils. Pattes de la couleur du corps, ainsi que les palpes. Duvet 
des tarses roussâtre. Antennes d'un brun foncé , leurs trois 
derniers articles ferrugineux , ainsi que l'extrémité de la dent 
latérale dts cinquième et sixième articles. Mâle. 

Rapporté du Tucuman par M. La Gordaire. Collections de 
MM. De Jean et Desmarest. 

Genre XLVIL Céroctène , Ceroctenus, Dej. 

Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines in- 
ternes. 

Antennes pectinées et comprimées, n'atteignant pas la moitié 
des élytres, de onze articles ; le premier large , presque cya- 
thiforme; le second petit , lenticulaire ; ceux de trois à huit 
assez brièvement pectines en forte dent de scie; le troisième 
aussi long que les deux suivans réunis; le onzième dépourvu 
de dent latérale. 

Corselet presque transversal, muni d'une petite épine latéra- 
lement; il va eu s'élargissant de l'angle antérieur jusqu'à 
l'épine : bord latéral brusquement échancré à partir de 
l'épine. 

Corps court, assez large, très- glabre, très-luisant. 

Palpes courts ; les maxillaires un peu plus longs que les 
labiaux; article terminal des quatre, comprimé, élargi. 



DE LA SOCIÉTÉ ENT03I0L0GIQUE. 197 

Mandibules courtes , pointues , recourbées à rextrémité, 
bidentées intérieurement. 

Tête presque aussi large que la partie antérieure du cor- 
selet , ayant une dépression au milieu, au dessus des an- 
tennes. 

Elytres planes , allant en se rétrécissant des angles hu^ 
inéraiix à V extrémité ^ canaliculées extérieurement; angle 
suturai uniépineux» 

Ecusson grand , triangulaire. 

Abdomen ayant son dernier segment tronqué postérieu- 
rement. 

Pattes fortes , courtes; cuisses comprimées. 

Tarses ayant leur dernier article un peu moins long que 
les trois autres réunis. 

Les Géroctènes vivent sut* les feuilles, et on les trouve vo- 
lant pendant la plus grande chaleur du jour. Ils ne produi- 
sent aucun bruit. (La Gord., loc. citât, ) 

Espèces. 

1. *Ceroctenus ahdominalis ^ Dej. 

(Long. 1 pouce.) Corps imponctué, entièrement glabre et 
très-luisant. Tête, corselet, élytres, écusson et poitrine d'un 
brun un peu rougeâtre. Gôtés du corselet rougeâtres ainsi que 
l'abdomen, les pattes et les antennes. Bord extérieur des élytres 
depuis l'angle humerai jusqu'au milieu, étroitement rougeâtre. 

Du Brésil. Gollections de MM. Maille , Dejean et Dupont. 

Etc. 

Genre XL VIII. *Chabiée , Chariea. 

( xapt"Ç > élégant. ) 

Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines in- 
ternes. 



Ï9S ANNALES 

Anteiîiies tfès-courles dans les femelles (i) , n'atleignanî pas^ 
la base des élytres; pectinées, de onze articles courts , sauf 
le troisième qui est aussi grand que les deux suivans réunis 
et cylindrique; ceux de cinq h dix en dent de scie, le der- 
nier très-court, obtus à l'extrémité. 

Corselet presque aussi long que large , muni d'une petite épine 
latéralement; il va en s'élargissant de l'angle antérieur jus- 
qu'à l'épine. Chaque bord latéral brusquement échan» ré h 
partir de l'épine. 

Corps très-court , ramassé , un peu penché en avant , glabre et 
luisant. 

P.^lpes fort petits , très-courts. 

Mandibules très-petites , finissant en pointe. 

Tète aussi large que la partie antérieure du corselet. 

Elytres un peu cofwexes, allant en s'clai-gissant des 
ajîgles liaméraux à Vextrémié , canaliculées extérieure- 
ment, arrondies et miitiques à leur extréniilé. 

Ecusson triangulaire. 

Pattes courtes; cuisses comprimées. 

Tarses ayant leurs articles ourts ; le dernier presque 
aussi long que les trois autres réunis. 

EïipÊCE. 

1. *ChaHea cyanea^ Dupont. 

(Long. 7^8 lig. ) Cette jolie espèce, Pune des plus petites 
de toute cette tribu , a le corps entièrement d'un bleu foncé 
luisant, un peu violet en dessus. Elytres finement pointillées, 
ayant cliacime deux lignes longitudinales à peine saillantes; 
antennes et pattes de la couleur du corps. Femelle. 

De Cayenne. Collection de M. Dupont. 

(i) Mâles inconnus. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 199 

Genre XLîX. Anacole, Anacolus , La.tr. 

Toutes les jambes dépourvues d'épines internes. 

Antennes de onze articles , plus longues que le corps et for- 
tement pectinées en dent de scie à partir du troisième dans 
les mâles; ce dernier à peine plus grand que le quatrième. 
Celles des femelles à peu près de la longueur du corps; leurs 
troisième , quatrième et cinquième articles grêles , cylin- 
driques ; ceux de six à onze , allant en augmentant graduel- 
lement de largeur, dentés en scie, mais beaucoup plus fai- 
blement que dans les mâles; article terminal arondi, élargi 
à son extrémité. 

Corselet presque carré, sans crénelures; chaque bord latéral 
uniépineux vers le milieu , échancré depuis l'épine jusqu'à 
l'angle postérieur. 

Corps court , assez large , un peu penché en avant. 

Elytres plus courtes que L abdomen ( celles des mâles sur- 
tout ) , laissant une partie des ailes à décou\^ert , très- 
héantes à leur suture j angle suturai arrondi et mutique. 

Palpes de longueur moyenne , leurs articles cylindriques. 

Mandibules étroites , crochues au bout, denticulées in- 
térieurement. 

Tête assez petite, un peu excavée entre les yeux. 

Ecusson large, presque en triangle curviligne, obtus h 
l'extrémité. 

Abdomen entier. 

Pattes assez courtes. 

Tarses ayant leurs trois premiers articles larges, un peu 
dilatés dans les mâles. 



20O ANNALES 

Espèces. 

?.. udnacolus sangidneus. — Prionus sanguineus , Ëii"= 
cycl., toiii. io,pag. 200. Femelle. Du Brésil. 

2. Anacolus lugubris, — Prionus luguhiis , id. Mâle. Du 
Brésil. 

Etc. 

Genre L. PrionaptIîre , Prionapterus , Guékin» 

Corps aptère , mou , assez court. 

Antennes filiformes , presque sétacées , h peu près de la lon- 
gueur du corps , de on2e articles presque cylindriques , al- 
lant en diminuant de grosseur h partir du cinquième. 

Elytres de moitié plus courtes que V abdomen , très-beantes \x 
leur suture , arrondies et mutiques h l'extrémité. 

Palpes maxillaires plus grands que les labiaux; grêles, 
allongés, leurs articles cylindriques. Palpes labiaux très- 
courts. 

Mandibules plus courtes que la tête, pointues au bout. 

ïête assez petite. 

Yeux grands, réniformes. 

Corselet court* large, en carré transversal, un peu dilaté 
latéralement et très-sinué extérieurement dans cette partie. 

Ecusson triangulaire. 

Pattes allongées, comprimées : jambes sans épines in- 
ternes. 

Tarses presque fdiformes , leur troisième article h peine 
bilobé. 

Espèces. 

1, Prionapterus StaphyUnus ^ Guérin, Iconogr. du règn^ 
anim. Ins. , PI. XLII , %. 10. 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. aot 

(Long, lo li«i;. ) Corps d'un noir terne. Corselet sillonné au 
milieu, rebordé postérieurement; chaque bord latéral pré- 
sente trois lobes peu saillans. Elytres d'un brun un peu rou- 
geâtre, assez luisant, ayant chacune deux lignes longitudi- 
nales peu saillantes. Jambes postérieures un peu arquées. 

De Cordova. Collection de M. Desmarest. 

2. Prionapterus flavipennis y Guérin. Magas. de ZooL 

(Long. i4 à i5 lig.) Il ressemble au précédent, mais il est 
plus grand , et en diffère en outre par ses élytres d'un jaune 
tirant sur le fauve avec des reflets soyeux. 

Même patrie et de la même collection que le précédent. 

Nota. N'ayant pas vu ce genre en nature, j'en donne ici 
le caractère et la description des espèces d'après le manuscrit, 
qu'a bien voulu me communiquer son auteur, M. Guérin.. 

FIN DE LA TRIBU DES PRIONIENS, 



Observations sur le Bombyx Pityocampa de Godart (genre 
Gaslropacha d'Ochs)^ par M, de Vilmers. 

(Séance du 4 avril i832.) 

Tout le monde sait que les chenilles processionnaires du 
pin vivent dans un nid commun qu'elles placent à l'extrémité 
des branches du pin sauvage, arbre dont les feuilles leur ser- 
vent de nourriture, et qu'elles ont les mêmes mœurs que les 
chenilles processionnaires du chêne ; mais peu de personnes 
ont été h même de les observer quand elles quittent un arbre 
pour aller en chercher un autre. Elles marchent sur un seul 
rang , à la suite les une^ des autres , en se touchant si exacte-, 
ïïient par la tête et par la partie postérieure, qu'elles parai§- 



202 ANNALES 

sent au premier coup d'œil former une immense chenille de 
quinze à vingt pieds de iongueur, plus ou moins. On les croit 
d'abord immobiles; mais, en regardant attentivement , on 
voit qu'elles ont toutes ensemble , et à des intervalles de temps 
ëgaujsL, un mouvement progressif et saccadé d'environ une 
demi-ligne. A chaque saccade , toutes les têtes et les parties 
postérieures font, sans se séparer, un petit mouvement à 
droite; alors la colonne avance. Après une petite pause , le 
même mouvement à gauche et une nouvelle saccade portent 
la colonne en avant. C'est ainsi qu'elles cheminent, traversant 
dans leur passage, sans se désunir, les mousses , les buissons; 
et, lorsqu'elles ne peuvent les franchir, tournant autour de 
l'obstacle qu'on place sur leur route. Une chose assez remar- 
quable , c'est que si on touche avec la main ou avec un bâton 
la chenille qui est la première de la fde , elle se contracte en 
s'agitant vivement comme si elle craignait d'être piquée par 
un Ichneumon; et la dernière de la file, y en eût-il six cents , 
fait au même instant , ainsi que toutes celles qui la précèdent , 
les mêmes mouvemens, comme frappée de l'étincelle élec- 
trique. 

L'insecte parfait qui provient de cette chenille présente une 
singularité tellement étonnante , que lorsque je m'en aperçus 
la première fois , je crus que c'était un jeu de la nature; mais 
quelle fut ma surprise, en examinant plusieurs individus , de 
les voir tous conformés de la même manière! Le B. Pityo- 
campe possède à la place de la trompe , entre les palpes qui 
sont extrêmement courts, une pièce écailleuse , d'un brun 
noir, ayant cinq dentelures ou entailles profondes, et visibles 
à l'œil nu. (i) Par la dissection que j'ai faite de cette partie sur 
des individus secs , je n'ai pas trouvé que cette pièce laissât 
une ouverture qui communique à l'intérieur; mais je le croîs, 
îl serait curieux de connaître à quoi sert cet appareil dont le 

(i; PI. 6, lig. 8, a.b. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 3o3 

Bombyx processionnaire du chêne , qui a les môiiies iiabi- 
ludes, est privé. Cette espèce de sçîe serviraît-elle ^ ce Le- 
uiuoptère pour entamer l'écorce des branches sur lesquelles 
il doit pondre ses œufs? Celte hypothèse serait probable si le 
mâle n'offrait pas la même conformation dans la bouche que 
la femelle. Celle-ci a seulement plus que lui h l'abdomen une 
plaque écailleuse , noirâtre, recouverte par des poils gris et 
soyeux. Des observations réitérées pourront peut-être un jour 
faire découvrir le but pour lequel la nature, qui ne fait rien 
en vain , a doué ce Lépidoptère d'une telle conformation : il 
me suffit pour le moment de fixer l'attention des observateurs 
sur ce fait assez curieux. 



(Jbseivations sur T Ecaille pudique de Godnrt {^nre Ey- 
prepla d'Oclis)^ par M, de Villiers. 

(Séance du 4 avril iSSa.) 

L'étude de l'Entomologie a fait depuis quelques années tant 
de progrès , et on doit au zèle et aux nombreuses investiga-^ 
lions des amateurs de cette belle science de si rares et de si 
curieuses découvertes , qu'il semble que la nature n'ait plus 
rien de caché pour nous , et que désormais on doive se con- 
tenter de suivre les pas de ceux qui nous ont précédés dans 
la (arrière , et qui y marchent guidés par le flambeau de l'a- 
nalyse et de l'expérience. Cependant j'ose me flatter d'avoir 
découvert le premier un fait fort extraordinaire; et je présente 
le fruit de mon observation aux Entomologistes qui , plus 
instruits que moi, peuvent la faire tourner au profit de la 
science , en les invitant à en vérifier l'exactitude , que je ga- 
rantis. 

En chassant aux Lépidoptères , dans le midi de la France , 
je m'étais aperçu que dans les belles soirées d'été , si coui- 



& 



2o4 ANNALES 

munes aux environs de Montpellier, l'EcailIe pudique faisait , 
en volant auprès de moi, entendre un petit bruit que je ne 
peux mieux comparer qu'à celui d'un métier de fabricant de 
bas. Ce bruit était même si fort que , guidé par lui , j'ai fort 
souvent pris cette belle Lcaille au vol et sans l'apercevoir. 
Étonné de cette singularité, unique peut-être dans le méca- 
nisme du vol des Lépidoptères, j'ai cherché à découvrir quelle 
pouvait en être la cause , et je l'ai enfin trouvée. 

L'Ecaillé pudique a de chaque côté de la poitrine, h la 
naissance des ailes inférieures, un espace profondément sil- 
lonné et creux, tapissé par une pellicule blanche et très- 
dure , et recouvert hermétiquement par une autre petite peau 
épaisse, luisante, bombée et bordée de poils, dont la partie 
la plus large est située vers l'endroit où le corps se joint à 
Tabdomen.. (i) Cette peau, qui m'a paru pareille à celle qui 
compose les timballes des cigales , ne tient au corps qu'à la 
naissance de l'aile inférieure; et lorsque l'insecte vole , étant 
mise en jeu par les muscles qui font agir cette aile , elle presse 
fortement l'air renfermé dans la cavité , et produit le bruit 
dont j'ai parié. Cette singulière propriété est commune aux 
deux sexes; seulement comme dans cette espèce, ainsi que 
dans tous ses congénères, le mâle vole beaucoup plus que 
la femelle , j'ai été plus à portée d'observer celui-ci que. 
l'autre; mais tous les individus femelles que j'ai disséquées, 
jfn'ont offet le même appareil , seulement plus petit. 

(i)P1.6.Fi§.9. a.b. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOIOLOGIQUB; ao5 

Mémowe sur un genre noin^eau de Diptères , de la famille 
des Tipulaires ^ par M. Aug. Brullè. 

( Séance du a mai i83a.) 

Le genre dont il est ici question est formé sur des femelles 
dont les ailes sont parfaitement identiques avec celles du 
genre Ctenophora Meig , mais les antennes en diffèrent d'une 
manière notable. Bien que Ton ne connaisse pas les mâles , il 
sera toujours impossible de confondre ces deux genres, dont 
le nôtre se distinguera facilement par deux caractères prin- 
cipaux. 

Le premier consiste dans la forme des articles des antennes 
qui, au lieu d'être grenus à partir du deuxième, comme dans 
les Cténophores , le sont seulement à partir du septième. 
Tous ceux qui précèdent , le deuxième excepté , sont de 
forme cylindrique , et le diamètre longitudinal l'emporte de 
beaucoup sur le diamètre transversal. 

Le second caractère est tiré de la forme de l'abdomen, qui 
diminue de largeur, dans notre genre , dès le quatrième seg- 
ment, et d'une manière plus sensible vers le sixième, en sorts 
que le dernier, qui sert d'enveloppe à la tarrière, est fort long 
et n'a pas la forme linéaire ; il se recourbe soit en haut , soit 
en bas, et renferme une espèce de tarrière; dans les Cté- 
nophores, au contraire, l'abdomen, beaucoup moins long, 
est seulement plus mince à l'extrémité que dans le reste d» 
sa longueur, et terminé par deux petites pièces qui, réunies , 
ont une forme cylindrique. 

En examinant les deux sexes des Cténophores , on trouve que 
dans tous deux les trois premiers articles des antennes sont 
exactement conformés de la même manière, et que ce n'est 
i|u'à partii: du quatrième que les antennes du mâle sont bran- 



2o6 ANNALES 

chues. C'est précisément ceUe considération qui m'autorise k 
créer un genre nouveau pour les insectes dont il est if i ques- 
tion. Que l'on suppose, si l'on veut, les antennes des mâles 
de ces insectes Lranchues d'une manière autre que dans les 
Gténopliores, ou encore de la même manière, les premiers 
articles des anîennes n'en resteront pas moins les mômes que 
dans les femelles, et de plus , tout porle k croire que, dans 
le cas où ces antennes présenteraient, dans quelques uns des 
articles, des branches ou autres appendices, les six premiers 
n'éprouveraient aucun changement. C'est ce que la décou- 
verte du mâle nous fera connaître par la suite. 

La place de ce genre semble marquée à côté du i;enre Cté- 
nophore. Les ailes et les palpes sont les mêmes dans les deux 
genres, et chez tous deux le treizième article des antennes est 
très-petit dans les femelles. Aucun autre genre de la famille 
des Tipulaires ne s'en rapprocherait autant que celui de 
Ptychoptera Meig., à cause de l'allongement du premier ar- 
ticle des antennes, de la petitesse du dernier, de la forme 
des palpes et enfin du faciès même du genre ; mais le nombre 
des articles des antennes et les nervures des ailes ne permet- 
tent pas ce rapprochement. 

Genre Xiphura. Br. (çiyoç, gladius, ovpà, cauda. ) 

Antennœ porrectœ , i3 ariiculatœ ; articula i° Ion go ^ suhcylin- 
drico , 2° minuto , subconico , sequenlibus 4 cylindricis , elongatis , 
longiludine decrescentibus , ^° ad 12 subofatis , ultime minutis— 
simo. [Femina.) PL 4. Fig. 2. a. 

Palpi exserti, incurvi^ cylindrici , ^articulati ; articuUs longitudine 
paululum crescentibus , 4° multi articulato , palpi longitudinem 
dimidiam œquante, Fig. 2. ^. 

Slemmata nul la. 

Alœ in modum generis Ctenopbore reticulatœ. Fig. 2. c. 

Les antennes sont beaucoup plus longues que dans le genr® 



DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 207 

Ctenophora; elles atteignent en arrière au moins l'insertion 
des ailes. Leur premier article , long et presque cylindrique , 
et légèrement aminci dans son milieu et entouré dans toute 
sa longueur de stries transversale,s profondes et rapprochées; 
le deuxième article est court , à peu près aussi long que 
large, légèrement conique; le troisième, plus long ou au 
moins aussi long que le premier, grêle , parfaitement cylin- 
drique; les trois suivans vont en diminuant de longueur et 
tendent déjà à prendre la forme ovalaire qui caractérise tous 
les autres articles du reste de Tantenne; le treizième et der- 
nier seulement n'a plus cette forme , il est extrêmement petit. 
Les quatre articles des palpes sont inégaux en longueur; les 
trois premiers vont en s'allongeant , et le dernier, qui égale les 
trois autres en longueur, est multiarticulé , beaucoup plus 
grêle et sinueux. La tête est conformée comme dans les Cténo- 
phores, et l'insertion des antennes est la même. Le prothorax est 
très -court. L'abdomen très-long se termine en un prolongement 
cultriforme, formé par les derniers segmens (1); son extré- 
mité est eflllée et composée de deux lames parallèles et laté- 
rales, étroites et creusées à leur extrémité en forme de cuiller, 
dont la concavité est tournée en dedans; entre ces parties 
est cachée une tarrière composée d'au moins deux pièces. 
Les pattes sont longues comme dans les Gténophores; les 
ailes sont réticulées de la même manière. 

Les deux espèces qui composent ce genre se trouvent , au 
printemps, sur les têtes de saules, dans les environs d'Arras : 
elles m'ont été communiquées par M. Foulques de Villaret 
qui les a prises lui-même et a bien voulu me donner celle qui 
porte son nom. 

(i) Fig. 2, d , vu de côté. 



2o8 ANNALES 

I. Xiphura Villaretiana. Br. pi. 4- fig- 2. 

JC. nitida y nigra , ahdominis hasi ^ femoribus tibiisque rufis ; aîis 
pellucidis ^ flaires centibus , pancto marginali incrassato fasco. 

Long. 20 millim. Lat. alis extens. 07 millim. 

Tête et corselet entièrement d'un noir luisant; antennes 
un peu velues, d'un brun très-foncé, subviolacé, avec les 
deux premiers articles tout-h-fait noirs; les deux premiers 
articles des palpes jaunâtres , les deux suivans bruns. Ecusson 
faiblement ponctué. Métathorax légèrement ridé en longueur à 
son bord antérieur. Abdomen s'élargissant jusqu'au quart de sa 
longueur au plus, rétréci ensuite jusqu'à l'extrémité en fornie 
de sabre dont le tranchant serait dirigé en bas ; il est d'un 
noir luisant , excepté les deux premiers segmens qui sont 
rouges tant en dessus qu'en dessous ; les bords des segmens 
en dessous sont marqués de brun noir, et en dessus le second 
présente , près du bord postérieur, un trait noir duquel part 
une tache noire qui remonte jusqu'au deux tiers de la lon- 
gueur de ce segment ; le bord extérieur, au dessous de ki 
bande noire , est d'un brun livide; l'extrémité de la pièce ou 
de la partie de l'abdomen élargie en cuiller est de couleur 
rougeâtre. Cuisses et jambes de cette dernière couleur; l'ex- 
trémité de celles-ci et les tarses d'un brun noir, mais le pre- 
mier article de ceux-ci a un peu de jaunâtre. Ailes comme 
dans l'espèce suivante, avec le point épais d'un brun lui- 
sant. Balanciers bruns, cuillerons légèrement jaunâtres. 

Cette espèce a été prise par M. Foulques de Viilaret, aux 
environs d'Arras , dans la même locaHté et à la même époque 
que la suivante. 

II. Xiphura nigrofasciata. Br. 

X. nitida j nigra ^ abdominc supra rufo ^ segmcntoruni basi nigra y 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 209 

infra segmends 2 primis ojiinino , sequcntihus 3 incisuris rufts ; 
pedibus et antennis rufis , harum basi tarsisqne ni gris ^ alis pel- 
lucidis j Jlavescentibus , puncto marginali incrassato nigro. 

Long. 29 millim. Lat. ails exiens. 42 millim. 

Tête et corselet en entier d'un noir luisant; antennes 
garnies de quelques poils, entièrement rougeâtres, avec les 
deux premiers articles noirs; palpes d'un jaune sale, le der- 
nier article brun. Prothorax faiblement ponctué 5 mésothorax 
lisse; métalhorax légèrement ridé dans sa longueur; écuss^n 
ponctué un peu plissé sur les côtés. Abdomen rétréci vers les 
deux tiers de sa longueur, d'un rougeâtre luisant en dessus avec 
une bande noire irrégulière et assez large sur la base de tous les 
segmens; cette bande est peu marquée sur les deux premiers : 
en dessous les deux premiers segmens sont entièrement rou- 
geâtres; tous les autres , d'un noir luisant, ont le bord pos- 
térieur d'un rougeâtre clair, couleur qui remonte un peu sur 
les côtés de quelques uns des segmens ; l'extrémité de l'abdo- 
men est d'un noir luisant tant en dessus qu'en dessous. 
Hanches noires , cuisses et jambes rougeâtres , l'extrémité de 
celles-ci et les tarses d'un brun noirâtre; le premier article 
des tarses légèrement jaunâtre. Ailes transparentes, comme 
vitrées et un peu jaunâtres; nervures de la base jaunes * 
toutes les autres noires ainsi que le point épais placé sur le 
bord des ailes au tiers postérieur. Balanciers d'un jaune sale 
ou un peu ferrugineux; cuillerons d'un beau jaune. 

Cette espèce a été trouvée , au mois de mai , par M. Foul- 
ques de Villaret , dans les environs d'Arras. Elle paraît plus 
rare que la précédente. 



210 ANNALES 

Monographie de deux genres nou^^eaux dans la famille 
des CurcuUonites , par M. A. Ghevrolat. 

(Séance du 2 mai i832.) 

En observant avec attention chaque partie des Gurculionites, 
j'ai vu que les tarses de quelques uns de ces insectes élaient 
composés de cinq articles; ce fait est très-distinct, dans la fa- 
mille des Brentides; le quatrième article est enclavé à la base 
du troisième , et le cinquième est fort long , cela prouve que si 
l'on voulait suivre ponctuellement la classification par sections , 
ces insectes et d'autres de cette grande famille devraient 
rentrer parmi les Pentamères. Un exemple bien remar- 
quable , et qui prouve combien ce système de classification 
est défectueux par rapport à l'organisation , est l'observation 
faite par M. Maille sur un accouplement de FAntherophagus 
Palleus, dont l'un des sexes serait Pentamère, tandis que 
l'autre appartiendrait à une autre section (1). Ne voyons-nous 

(i) Je profite de cette occasion pour recommander aux Entomologistes 
de tous les pays, lorsqu'ils rencontrent des insectes accouplés , de piquer 
la femelle au dessous du màle sur la même épingle. J'ai été à même de 
faire des observations intéressantes, en adoptant cette manière, pour les 
insectes de nos environs. Le Luptrus Flavipesù^ Fab. n'est en effet que le 
màle du Rufipes du même auteur. Le TUius Elongatus n'est autre que la 
femelle du TilUis Ambulans. Quand on voit des différences aussi extraor- 
dinaires entre les sexes du Drilus Flavescens , des Cebrio^ des Pcnms, Pti- 
linus, et de beaucoup d'autres, on doit sentir combien il serait avanta- 
geux d'avoir de touîes les parties du globe des insectes qui pussent don- 
ner lieu à de semblables observations. Qu'il me soit permis en passant de 
parler des obligations que j'ai à mon ami L'Herminier , docteur médecin 
à la Guadeloupe, auteur d'une classification naturelle d'après l'appareil 
sternal des oiseaux , pour les envois intéressans qu'il me fait journelle- 
ment, et qu'il accompagne toujours de notes indiquant le nom des plantes 
et ie» localités. 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. o,i 

pas dans chaque famille des anomalies sans nombre? les Hydro- 
canthares et les Clairons offrent des insectes de quatre et de 
cinq articles aux tarses. Les Oxytèles parmi les Brachélylres 
n'ont que trois articles , tandis que la plupart des Staphylins 
en ont cinq. Le genre Enicotarsus , formé par De Laporte dans 
la famille des Lamellicornes , est le seul , jusqu'à présent, sur 
lequel ont ait remarqué trois articles. M. Robineau Desvoidy 
avait déjà signalé, il y a quelques années, plusieurs Céram- 
bycins ayant cinq articles aux tarses. 

Tout ce qui précède m'engage à proposer une cîas^ifira- 
cion basée sur des caractères presque communs, et sur une 
analogie de mœurs et de forme. Les tarses alors serviraient 
pour grouper ces insectes par familles ou sous-divisions. 
Je vais essayer qiielques exemples derapprochemens de genres 
qui se trouvent fort éloignés dans nos classifications actuelles 
et offrir en même temps quelques vues nouvelles. Puissent 
ces essais amener d'heureux résultats et être confirmés par 
des travaux anatomiques ! 

Je crois que les Brachélytres devraient fmir, ou plutôt com- 
mencer l'ordre des Coléoptères en leur adjoignant la petite 
famille des Psélaphiens. On voit en effet que ces insectes se 
lient aux Scaphidies par les Tachynes et les Tachypores, aux 
Nitidules parles Omalies et les Micropèples. Les Carabiqucs 
font un passage naturel aux Ditiques , et ces derniers ont déjà 
une structure conforme à celle des Buprestes de la premièn; 
et deuxième division de M. Schonherr. On est frappé de ia 
grande ressemblance qui existe entre les genres Engis,Tripiox 
et Tritome ; les Crytophages semblent se rapprocher des Tri- 
pbylles; les Agathidies ne peuvent s'éloigner des Anisotoracs; 
les Ténebrions ont les plus grands rapports avec les Trogo- 
sites , et les JNilio ne peuvent être séparés des Coccinelles. 

Dans la famille des Curculionites , les Brentes devraient, 
ce me semble, tenir le premier rang; un petit Coléoptère de 



fti2 ANNALES 

Colombie, que j'établirai comme genre, a les plus grande 
rapports avec les Rliinosimes et les Arrhénodès. Je suis fondé 
d'autant plus à ce rapprochement que tous ces insectes se 
trouvent sous les écorces. 

Le genre Oxycorjnus , formé du grec olhç , acûtus , et de xoowvi , 
clai'a , offre la particularité que je viens de signaler, d'avoir cinq 
articles aux tarses. Il fait partie de l'ordre des Ortliocères de M. Schon- 
berr , et se place près de son genre Antliarhinus ; mais il s'en dis- 
tingue par douze articles aux antennes , tandis que ce dernier n'en 
a que onze. Sa trompe est plus courte , et les articles des antennes 
sont serrés et épais. Je dois à l'amitié de M. Viard les deux insectes 
qu'il a bien voulu me céder , et qui pourraient bien n'être que le 
maie et la femelle d'une même espèce , malgré la grande différence 
de taille, la couleur des antennes, et quoique la seconde ait la trompe 
îiuéairie , tandis qu'elle est cylindrique dans la première espèce. Ce 
dernier caractère serait en rapport avec le genre Antliarbinus. 

Genre Oxycoryne, Oxycojynus , genus noviim. 

Caractère du genre. An- Character : Antennœ sat 



tennes assez épaisses de 1 2 ar- 
ticles : 1^' de la massue long, 
conique, 'i"" étroit, en cercle, 
5'' très-pointu. 

Trompe droite , cylindri- 
que ou linéaire. 

Corselet aplati, trans verse, 
arrondi sur les côtés. 

Elytres larges assez al- 
longées. 

Description : Corps ra- 
courci, large, plan, dur, ailé. 
Antennes droites , de la lon- 
gueur de la trompe , implan- 
tées en dessous à sa base , et 



validae ;2 articulataî. Clava 
triarticulis : i°conico; 2° bre- 
vi, annulari,* ultime acutis- 
simo. 

Rostrum teretiforme, vel 
lineare rectum. 

Thorax planus , transvei*- 
sus, subquadrato orbiculatus. 

Elytra lata subelongata. 

Descriptio : Corpus brève, 
durum, alatum. ^7itennœrec- 
tœ , rostri longitudine , basi 
subtusque insertae. Art. i^cœ- 
teris paulum longiore et cras- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 

siore ; 8-9 moniliformibus , en avant des yeux. Le 



21 Ù 



apice subtruncalis. Caputpos- 
terius expansum, subtriangu- 
lare; jugulum infrà gutturo- 
msu. Rostrum thorace vix 
longior. Oculi latérales , per- 
parum globosi. Srobs hevis , 
subtus oculo commissa. 7"Ao- 
r«a:planus,medio modicecon- 
vexus, lateribus rotundatus, e- 
lytrorum latitudine,posticeque 
Iruncatus, antice subtus valde 
emarginatus. Scutellinn mé- 
diocre, semirotundatum. E- 
lytra plana, apicé rotundata , 
lateribus prominentia. Abdo- 
men 5 segmentis transversis , 
1° latiore. Pedes validi, brè- 
ves, inermes, 4°'P"nii basiap- 



uere 

plus long et épais que les sui- 
vans. 2-9 égaux , monilifor- 
mes , tronqués au sommet. 
Tête moyenne triangulifor- 
me. Menton goitreux. Yeux 
latéraux , peu proéminens. 
Scrobs court, réuni h l'œil en 
dessous. Corselet, aplati , re- 
levé sur les bords, presque 
rond , de la longueur des é! y- 
tres , coupé, droit par derrière 
et un peu en avant. Ecusson 
arrondi en arrière. Eljtres 
assez larges , relevées sur les 
côtés, arrondies à l'extrémité. 
Segmens de l'abdomen trans- 
versaux, le premier fort large. 
Pat;es courtes, miitiques, les 



proximati , femoribus compla- 4 antérieures rapprochées à la 
natis , tibiis rectis , triangula- base; cuisses courtes, apla- 



tis , anticis apice exteriori me- 
dio incisis , aliis truncatis la- 
tescentibusque ad finem. 
i" art° tarsorum recurvo, 
subgloboso; 2°lunato; 5" bi- 
lobo , parallelo; 4° minuto; 
5° longissimo , duobus ungui 
culis armato. 



ties ; jambes à 3 angles , celles 
de devant creusées au milieu 
à l'extrémité , les autres tron- 
quées et élargies au sommet, 
tarses épais. Le 1 "article cam- 
bré en avant, globuleux; 
2^ en croissant; 3'biloLé, pa- 
rallèle^ extrémité de chacun 
garnie en dessous de poils rai- 
des; 4' très petit; 5^ fort long, 
muni de deux crochets ro- 
bustes. 



ai4 ANNALES 

Oxycoiynus melanocerus, Chev, 

PI. 5. Fig. 4. 

Planus^fuho'nilidus^ rostro (cflindrico), antennis, ocuUs^ genibus^^ 
tibiis apice tarsisque nigris ) elylris suhcostatis striato punctatis. 
Habitat in Brasilia. 

Longit. 4 lin. 1/4 (rostro excluso); rostri, 1 lin. 1/2. Lat. 2 lin. 

D'un fauve luisant. Trompe noire , h base tant en dessus 
qu'en dessous fauve; tête avec quelques points; antennes 
épaisses, premier article de la massue blanchâtre au sommet, 
les deux derniers entièrement de cette couleur. Corselet 
aplati, échancré en avant, très-profondément en dessous, coupé 
droit en arrière, bords relevés, angles presque ronds; le milieu 
avec quelques points assez gros. Ecusson moyen, arrondi 
par derrière. Elytres avec huit stries ponctuées séparées par 
des côtes : elles portent quelques points. La première strie 
près le suture a deux rang^ées de points ciselés près la base ; 
les suivantes n'atteignent pas l'extrémité, qui est arrondie; 
marge couverte de points guillochés , relevée sur les bords. 
Cuisses courtes, larges, aplaties; jambes droites, courtes, 
triangulaires, courbées et tronquées au sommet, les quatre 
postérieures très-finement dentées en dessus. Tarses courts , 
larges. Dessous du corps sans points. 

OxycoiyniLs melcmops ^ Chev. 

Fla^o obsoletus , oculis nigris ^ elytris costatis regulariter striato 
punctatis y rostro lineari. Habitat in Brasilia. 

Long. 5 lin. 1/2 cum rostro. Lat. 1 lin. 

D'un fauve mat. Trompe luisante, un tant soit peu arquée. 
Tête et dessous du corps sans points. Antennes d'un fauve 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2,5 

brillant. Premier article de la massue, long, conique, les 
deux derniers blancs , corselet plan, granuleux, coupé droit 
en avant (très-écbancré en dessous) et en arrière, côtés ar- 
rondis , à peine relevés. Elytres trois fois aussi longues que 
le corselet , à côtes relevées. Première strie près l'écusson 
double à la base , réunie à l'extrémité à la deuxième; les trois, 
quatre, cinq, six, sept et huitième se joignent également 
entre elles; vers le sommet elles ne sont pas aussi prolon^-ées 
que la saturale, la neuvième strie vient immédiatement après 
la dernière côte. La ponctuation des stries est régulière et ar- 
rondie. Bord des élytres peu relevés, marge ponctuée. Cuisses 
et jambes d'une couleur pâle. Tarses en dessous en forme de 
feuillets. 

Le premier article de la massue est évidemment plus al- 
longé et conique que dans le précédent, le dernier est très- 



Genre LoncophoTUis , Loncophore. Chev. 

L'insecte décrit par Fabricius et Olivier, sous le nom de 
Hhynchœnus Parasita, ainsi qu'une espèce nouvelle, consti- 
tuent le genre auquel j'ai donné le nom de >o7;>jo(poûoç , qui si- 
gnifie , en grec porte - lance , en raison de la longueur ex- 
traordinaire du rostre de ces Charençons. Ce genre, par sa 
trompe presque droite et ses yeux saillans, paraît avoisiner 
les Anthonomes de M. Germar; mais ses caractères le rap- 
prochent bien plus du genre Balanine près duquel je le place. 
Les différences qui l'en distinguent sont d'avoir les élytres al- 
longées parallèles , les antennes placées dans les mâles près le 
milieu de la trompe , et vers l'extrémité dans les femelles; 
ensuite les crochets des tarses sont bifides. M, Lacordaire a 
trouvé plusieurs de ces insectes vivant sur' les feuilles des 
arbres! . 



i6 



AMSaLES 



Caraclères génériques, 

Jntennes Ibrt longues, très- 
grêles : funicule de 7 articles; 
le \'\ dans le mâle, presque 
aussi long que les 6 qui sui- 
vent » le dernier lié h la mas- 
sue; celle-ci mince, de 4 arti- 
cles. 

Trompe dirigée en avant , 
de la longueur du corps ( dans 
les mâles) filiforme, un peu 
arquée. 

Yeux à peu près ronds, la- 
téraux assez convexes. 

Corselet trapézoïdal , é- 
ch ancré sous la tête. 

Ecusson élevé, punctifor- 

me. 

Ehtres .'allongées, parallè- 
les, arrondies à l'extrémilé. 

Pattes ibrt longues, les an- 
térieures surtout. Cuisses ren- 
flées , dentées. 

Description : Corps étendu , 
ailé; aiUennes insérées dans 
les mâles un peu au delà du 
milieu de la trompe , dans les 
femelles près l'extrémité, de 
12 articles; le i'"^ droit, très- 
long et peu renflé h son som- 
met, alleignant le plus sou- 



Characler g en cri s. 

jintemiœ longissimse, valde 
tenues : funiculo 7 articulalo ; 
i°arl"fere reliquis longiore, 
ultimo clavaB conjuncto, cla- 
va longa, lineari 4 articulata. 



liostrum (in mare) corpo- 
ris longitudine, prolatum, fi- 
liforme, parum arcualum. 

Ocm/z subglobosi, latérales, 
sat prominuli. 

Thorax trapezoidalis pune 
gulam emarginatus. 

Scutelhini elevatum, punc- 
tiforme. 

Eljirn elongala,suL paral- 
lela, apice rotundata. 

Pedes longi, antici longis- 
simi, femoribus clavatis intus 
dentatis. 

Corpus extensum , alatnm. 
Antennœ in mare versus mé- 
dium rostri inserlae, frac ta? , 
12 articulait; art" 1° longis 
simo ssepius oculos attengen 
te , recto , apice crassiusculo ; 
2°longo, 5-5 œqualibus , 6-^ 
brevibus , apice subinflatiaj 



DE Lh. SOCIÉTÉ 

ultimo articule clavœ acumina- 
to. Rostruin in feminâ dimi- 
dii corporis , scrobe recta , ad 
oculos desinenie. Oculi supra 
sub approximati. Thorax an- 
tice coarctatus , postice fere 
duplo latîor latitudine,basibi- 
sinunatus, lateribus rotunda- 
tus. Scutelluin ex surgens e 
depressione. Elytra thorace 
basi latiora, humeris rotunda- 
lis , vel angulatis , in scutello 
valdeemarginata versus apicem 
callosa ; pygidium solum in fe- 
minisconspicuum. Pedes sub- 
approximati , recti , femori- 
bus intus dentatis, tibiis ante- 
rioribus et intermediis unco 
valido armatis , posticis tu- 
mentis. Tarsorum articule i" 
longo, conico; 2° triangulari; 
O** lato, bilobo; ultimo elon- 
gato, arcuato, unguculîs bi- 
fidis distincte armato. abdo- 
men 5 segmentis. 



ENTOMOLOGIQUE> 217 

vent les yeux; 2^ allongé; 3-5 
presque égaux, 6-8 plus courts , 
un peu pointus vers le bout; 
dernier article de la massue 
distinct, terminé en pointe. 
Trompe , dans les femelles , 
moitié de la longueur du corps. 
Fossettes droites , dirigées' 
sur les yeux. Yeux un peu 
plus rapprochés en dessus 
qu'en dessous. Corselet étran- 
glé en avant, arrondi sur les 
côtés, bisinué à la base. 
Ecusson légèrement allongé , 
sortant d'un enfoncement. 
Elytres plus larges à la base 
quelecorselet, très-échancrées 
sur Técusson, convexes en 
dessus , calleuses près l'extré- 
mité , sillonnées. Pattes assez 
rapprochées, droites, cuisses 
munies intérieurement d'une 
forte épine qui paraît double. 
Extrémité des 4 jambes anté- 
rieures armées d'un onglet ai- 
gu , extrémité des postérieures 
tronquée. Le 1" article des 
tarses long conique , 2^ trian- 
gulaire, 5^ large bilobé, der- 
nier allongé , arqué, muni de 
deux crochets' bifides , ceux 
intérieurs courts ; abdomen 
de 5 segmens. 



2i8 ANNALES 

Loncoplioriis obliquas i Chev. 

Albo qUvus , thorace . lateribus , macula laterali Irisona in elyiris , 
Jusque apice : fuscis. Habitat in Brasilia (Rio- Janeiro). 

d^ Long. 5 lin. (rostro excluso); rostri 5 lin. Lat. humeris 2 lin. 

ÇLong. 4 lin. 1/2 (rostro excluso) rostri 5 millim. Lat. hu- 
meris 2 lin. 

PI. 5. Fig. 1. o^ a. Trompe vue de côté. b. Antenne grossie. 

D*un blanc sale. Trompe linéaire d'un brun pubescent , 
ponctuée. Mandibules infiniment petites , bidentées au som- 
met. Premier article des antennes n'atteignant pas entière- 
ment les yeux. Corselet atténué en avant , élargi ensuite et 
arrondi, obscur, avec une ligne blanchâtre au milieu. Ecus- 
son blanc , petit. Elytres une fois et demi plus larges à la base 
que le corselet, parallèles, arrondies à l'extrémité, sillonnées, 
pubescentes , calleuses ; la tache apicale est d'un brun plus 
clair que celle des côtés; angle humerai saillant. Pattes rappro- 
chées, cuisses droites en massue, munies près de leur som- 
met intérieur d'un éperon large aigu , et d'une petite dent 
à côté. Jambes légèrement sinueuses , élargies à l'extrémité , 
avec un onglet crochu aux quatre antérieures. 

La trompe de la femelle est de la moitié de la longueur du 
corps. 

Loncophorus parasita, 

Fusco ferrugineus, cinereo irroratus , rostro pedibusque ferruginei^. 

his apice nigro annulatis. Elytris sulcatis. Habitat Cayennae. 
RkfiLchœnus Parasita, Fab. Syst. Eleut. 1. P., pag. 487, u« 23i. 
-~ — 0/f>. ^«^ /«j., pag. 2i8,n*'2io^pL i5-i8l<. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQCE. 219 

CurcuUo Parasita Fah. Enl. Sjst. Em. 2, pag. 44i> "» igS. 

— varias Encyc. Ins. 5, pag. 5i5 , tAq 200. 

— Jlai^o maculatus jToët ., tom. 2, pag. 62, pi. 35 , fig. 6. cf^. 

— «fo-ro maculatus f^oët, lom. 2, pag. 52, pi. 55, fig. 5, Q. 

PI. 5. Fig. 2. <7. Trompe de profil. ^;. Patte grossie, c. Cro- 
chets vus de face. 

^«r. p. Fusco obscurus , rostro , thorace pcdihusque ferrugineis , 
genubus nigricantibus . Loncop. dubius. in mus. meo. 

f^ar. y, Omnino ferrugineus , elytris cinereo variegatis , fusco 
subfasciatis . 

Pi. 5. Fig. 3. a. Trompe du çj^ vue de côté. 

Long, corporis 4 lin. 1/2 5 lin. Rostri (f 4 lin. Ç 2 lin. 1/2, 
3 1/2. Lat. humeris 2, 3 lin. 

Brun, couvert d'un duvet cendré. Trompe filiforme , de la 
longueur du corps dans les mâles, et de la moitié dans les fe- 
melles , sillonnée de la base à l'insertion des antennes , lisse 
au sommet. Ligne jaunâtre longitudinale au milieu du corse- 
let. Ecusson cendré, petit. Elytres faiblement sillonnées, 
fauves, couvertes de poils courts jaunâtres, formant une tache 
à l'épaule et une autre à l'extrémité. Angle humerai arrondi, re- 
bordé et aplati en dessus. Cuisses munies intérieurement d'une 
large épine et d'une petite dent à sa base , marquées, à partir 
de cet endroit, d'un anneau d'un noir obscur. L'extrémité des 
quatre jambes de devant armées d'un onglet recourbé. 

La var. p, que j'avais appelée Lon. dubius^ m'avait paru, 
ainsi qu'à toutes les personnes à qui je l'avais montrée, devoir 
former une espèce nouvelle , mais après un mûr examen j*ai 
été déterminé à la réunir au L. Parasite; elle est d'un brun 
foncé; ses élytres sont couvertes de quelques poils cendrés ; 



220 ANNALES 

la trompe, le corselet et les pattes sont ferrugineux; Fextré- 
mité des genoux est noirâtre ,* elle paraît aussi constamment 
plus grande. 

La V ar. 7 est tout-à-fait ferrugineuse. Les élytres sont recou- 
vertes de poils épais jaunâtres , et traversées par 2 ou 5 lignes 
ferrugineuses. 

Elle provient de la collection d'Olivier. 

Nota. M. Germas, dans son Species insectornm , a employé ce même nom 
pour désigne!" un genre de la famille des Lamellicornes ; mais M. Rirby 
ayant donné antérieurement le nom de Phanseus au même genre, ce 
dernier devra être conservé. 



Description cTuji Tetralobiis noui^eau ^ par 'M, Gory. 
( Séance du a mai i83a.) 

Tetralobus cinereus. Gory, Sénégal ,- du cabinet de M. Gory, 
Long. 2 pouces 9 lignes. 

Cinereus , antennarum fascicuio jlahelliformi. Corpus maximum 
totum cinereum. Elytra neruis obscuris. Fasciculus antennarum 
€ lamelis octo magnis , nigris. PI. 4- Fig. i. 

Cet insecte varie beaucoup pour la taille , et avait été con- 
fondu jusqu'à présent par beaucoup d'Entomologistes avec le 
véritable Elater Flabellicornis de Fabricius et d'Olivier ; mais , 
après un mur examen sur le véritable Flabellicornis de ces 
auteurs que possède le JMuséum d'histoire naturelle de Paris, 
je me suis convaincu que cette espèce , que je donne ici sous 
le nom d'Elater Cinereus, était tout-à-fait nouvelle. 

Chaperon légèrement relevé, un peu creusé, vertex caréné. 
Corselet échancré pour recevoir la tête , rétréci à sa base , 
ayant ses angles antérieurs arrondis , s'élargissant et ayant ses 
angles postérieurs avancés , aigus et un peu crochus à leur 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 121 

extrémité. Écusson triangulaire. Élytres de la largeur des ter- 
minaisons des angles postérieurs du corselet , allongées , ar- 
rondies à leur extrémité. Antennes dans le mâleflabellées, en 
scie dans la femelle. 

Entièrement noir, mais recouvert d'un duvet gris extrê- 
mement fin et serré, qui empêche de découvrir la couleur 
primitive lorsque les individus sont dans leur fraîcheur natu- 
relle. 



Mémoire sur quelques nouveaux genres de l'ordre des 
Homoptères f par F.-L. de Laporte. 

(Séance du 2 mai i832,) 

Les genres que nous proposons dans ce mémoire sont au 
nombre de huit : presque tous sont très-remarquables par la 
bizarrerie de leur organisation et par leurs formes remarqua- 
bles. Nous croyons que les personnes même les plus préve- 
nues contre la formation de nouvelles causes génériques ne 
pourront refuser de reconnaître la nécessité de celle-ci. 

Genre 1. Poiocera. ttoïoç, quis ^ /-ioa;, cornu. 

Antennes insérées dans une cavité sous les yeux; de trois ar- 
ticles , les deux premiers très-courts , cylindriques , 
le deuxième moins large que le premier , le troi- 
sième très-gros , arrondi , chagriné , terminé par 
une soie. 

Rostre long dépassant notablement la base de la troisième 
paire de pattes. 

Ocelles assez petits, globuleux, placés latéralement entre 
les yeux et les antennes. 

Tarses forts , le premier article long , le deuxième court , 
crochets petits, arqués , munis d'une membrane. 



222 ANNALES 

• Corps assez large , épais. Têle carrée en dessus , plane. Cor- 
selet transversal, arrondi en avant et s'étendant en arrière 
pour former écusson. 

Pseudélytres grandes , réticulées , dépassant notablement 
l'abdomen. Ce dernier large , court , mou , de six articles , 
sans compter Tanus. Pattes fortes, épaisses, surtout les cuisses 
antérieures. Jambes postérieures longues , offrant plusieurs 
fortes dents le long du bond externe et une couronne d'épines 
à l'insertion du tarse. 

Poiocera Luczoti. PL 6. Fig. i . 

P.nigra, elftris reticulatis , maculis minutis ferrugincis et maculis 
pluribus hyalinis conspersis. 

Long. 5. Larg. 3. 

Noir, yeux bruns, partie antérieure du corselet ridée trans- 
versalement. Pseudélytres réticulées , parsemées de points fer- 
rugineux , une tache jaune au bord latéral en arrière , plu- 
sieurs autres assez grandes et hyalines vers l'extrémité. Ailes 
hyalines. Abdomen d'un brun noir bordé latéralement de 
rouge. 

Nous avons dédié cette espèce à M. Luczot, qui a bien voulu 
nous la communiquer. 

Genre 2. Germaria. 

Antennes insérées sur les côtés de la tête à l'angle antérieur 
. des yeux , composées de trois» articles ; les deux pre- 
miers très-courts, renflés , surtout le deuxième; le 
troisième fdiforme et très-long. 
Rostre courte de deux articles, ne dépassant pas la base 
des cuisses antérieures. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a23 

Ocelles assez rapprochées , placées sur le front entre les 
yeux. 
" Tarses garnis en dessous d'épines , de trois articles ; le 
premier long, le deuxième le plus court. Crochets 
courts, larges, munis de membranes. 
Tête presque carrée , arrondie et un peu sinueuse en avant. 
Corps allongé, h eôtés presque parallèles. Corselet formant 
un angle latéral, prolongé en arrière, échancré postérieure- 
ment , élevé au milieu en une carène arrondie et dirigée en 
avant en forme de capuchon. Écusson un peu transversal , 
triangulaire. Pseudélytres longues, parallèles, dépassant sen- 
siblement Tabdomen. Celui-ci composé de six segment égaux 
(du moins dans la femelle, seul sexe que nous en connaissons). 
Anus assez petit. Pattes moyennes assez grêles , les posté- 
rieures longues. Jambes de celles-ci garnies de rangées d'é- 
pines. 

Ce genre nous semble devoir suivre celui de Ledra. 

Germaria Cucullata. Fig. 2. 

Fusco nigricans , thoracc cucidlaio; pseudelytris rubro pallide ma- 

culatis. 

Stoll ? PI. 7, fig. 34. 

Long. 8 1/2 lig. Larg. 2 lig. 

D'un brun noir , pseudélytres un peu plus claires , parse-^ 
mées de quelques taches rougeâtres. Ailes noires. Cayenne. 

Genre 5. Schizia, oylrjii^Jissio. 

Antennes insérées sous la tête , au dessous des yeux , de 
trois articles; les deux premiers un peu arrondis , le 
troisième allongé et terminé par une soie. 



?24 ANNALES 

Rostre loDg , atteignant la base de la troisième paire de 

pattes. 
Tarses de trois articles ; le troisième assez long , crochets 

très- larges. 
Ocelles au nombre de deux, situées sous la partie infé- 
rieure de la tête. 
Tête avancée , bifide en avant. 

Tête large transversale , bifide en avant. Yeux latéraux 
assez saillans. Corselet prescjïie carré, élargi en arrière aux 
angles postérieurs, prolongé et arrondi en dessus de l'écus- 
son; celui-ci triangulaire, allongé, assez grand. Pseudélytres 
longues , disposées en toit , abdomen large , court , fendu 
longitudinalement dans les femelles. Pattes moyennes, sans 
dentelures ; les postérieures longues. 

Ce genre doit être placé après celui A'OEihalion^ de 
MM. Lepeletier et Serville. 

Sclîizia Servillei. (Fig. 3.) 

Fusco Jla^esccns ^ lineis longiludinalibus nigris ) pseadely tris crasse 

reticulatis. 

Long. 4 1/2. Larg. 1 i/5. 

D'un brun châtain jaunâtre. Tête avec une bande transver- 
sale noire sur la partie inférieure de son aplatissement. Partie 
interne de ses deux avances de même couleur. Corselet fine- 
ment pranuleux, offrant au milieu une légère ligne élevée qui 
se prolonge sur l'écusson, et quatre bandes longitudinales 
larges et brunes ; les angles postérieurs et les bords latéraux 
sont de même couleur. Ecusson brun avec un trait jaune au 
milieu qui en couvre aussi l'extrémité. Pseudélytres hyalines, 
parcourues par de fortes nervures et réticulés en arrière. Ces 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^20 

nervures sont jaunes près de la base et noires dans le reste de 
leur longueur. Jambes annelées de noir. Brésil. 

J'ai dédié cette espèce au savant entomologiste M. Serville. 

Genre 4. Alypa. a , priv. tùttos , forma. 

Antennes insérées dans une cavité sous le rebord antérieur de 
la tête, de troi* articles; les deux premiers très- 
courts , assez forts , le dernier allongé et se prolon- 
geant en une longue soie. 
Ocelles au nombre de deux , assez écartés et situés entre 

les yeux. 
Tarses de trois articles ; les deux premiers courts, surtout 
le deuxième ; le troisième long , terminé par des 
crochets très-larges. 
Rostre très-court. 
Tête transversale très-large, offrant en avant un labre 

quadridenté. 
Tête très-large , yeux gros transversaux. Corselet à angles 
huméraux proéminens. li couvre tout le dessus du corps , se 
termine en arrière par une pointe aiguë , et offre en dessus 
une bosse très-élevée. Pseudélytres recouvertes en partie par 
les bords latéraux du corselet. Abdomen court triangulaire. 
Anus des Ç comme dans les cigales du même sexe. Pattes 
moyennes, jambes offrant des lignes longitudinales; les pos- 
térieures longues et présentant une série de faibles épines. 

Ce genre est très-voisin de celui de Centrotus , dont il dif- 
fère essentiellement par la tête. 

AtypaGibba. (Fig. 5.) 
Fusca , thorace hi-gibboso, postice macula lutea. 
Long. 6. Larg. 4- 
D'un brun un peu violet. Tête d'un jaune livide. Cor- 



226 .;•[%' ^'1 f^'lOÎ' ANNALES 

selet élevé et formant, deux bosses , l*une placée vers le milieu 
du corps/et l'autre dirigée en avant. Il offre une tache jaune 
en arrière.- Corps et pattes noirâtres. Brésil. 

Genre 5. Pterygia. T^rspuÇ, ala. 

Antennes insérées latéralement dans une cavité sous les yeux, 
de trois articles; les deux premiers très-courts, à 
peine visibles ; le troisième se prolongeant en une 
soie assez longue. 

Ocelles au nombre de deux , globuleux , petits , placés 
entre les yeux. 

Tarses composés de trois articles; les deux premiers très- 
courts , presque globuleux; le troisième long. Cro- 
chets très-élargis. 

Corselet prolongé en arrière jusqu'à l'extrémité du corps , 
et formant en avant deux sortes d'ailes élevées. 
Tête plane , presque carrée , un peu arrondie en avant. 

Yeux assez gros. Corselet prolongé en arrière, atteignant 

l'extrémité de l'abdomen et formant en avant deux bosses 

élevées, placées l'une h côté de l'autre eu forme d'ailes. Ces 

parties sont renflées à l'extrémité. Pseudélytres assez longues. 

Abdomen un peu allongé , triangulaire , formé de six segmens. 

Pattes moyennes, jambes très-élargies , très-dilatées. Tarses 

courts , grêles. 

Ce genre doit venir après celui de Membracis. 

Pterygia Maquarti. (Fig. 6.) 

Rugosa, nigra, thoracis medio subelei^ato , tarsis luteis. 

Long. 1 i/i lig, Larg. 3/4 de lig. 

Noir, Irès-rugùeux. Corselet offrant en ayant une ligne Ion- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 227 

gitudinale élevée au milieu. Il forme une petite bosse au dessus 
du milieu du corps et derrière les élévations en forme d'ailes. 
Bord inférieur des pseudélytres fortement ponctué. Tarses 
jaunes (1). 

Var. D*un brun olivâtre. Brésil. 

Nous avons dédié cette espèce au savant M. Macquart, dont 
les ouvrages en Entomologie sont bien connus. 

Genre 6. Acanthicus , azav0r/ô;, Spinosus. 

Antennes situées dans une cavité sous les yeux; les deux pre- 
miers articles très-courts , à peine visibles ; le troi- 
sième en forme de soie allongé. 
Ocelles non visibles» 
Tarses de deux articles ; le premier très-court , le second 

long. Crochets larges. 
Corps épineux. Tête surmontée d'une avance du corselet 
bifide à l'extrémité. 
Pseudélytres raccourcies. 

Tête large, transversale, yeux gros. Corselet surmonté d'un 
prolongement dirigé en avant et bifide à l'extrémité. Abdomen 
offrant plusieurs longues épines. Anus relevé. Pseudélytres 
très-courts , de matière coriace. Pattes assez longues : les pos- 
térieures garnies de plusieurs séries de poils. 

Nous pensons que Fabricius aurait placé les insectes de ce 
genre dans celui de Centrotus. Nous n'en connaissons que 
des espèces américaines. 

(i) Les deux individus de cette espèce que nous avons vus sont dans 
quelques endroits revêtus de petites taches jaunâtres, mais elles nous 
paraissent accidentelles. 



328 ANNALES 

Acanthiciis Stolii. 

F us eus ^ nigro maculatus , abdomine spinis octo. 

Stoll. PI. i6. F. 85. 

Long. 3. Larg. i 1/4. 

D*un brun jaune , avec plusieurs taches et lignes noires. 
Corselet prolongé postérieurement en une pointe relevée. 
Abdomen avec deux fortes épines à la base, et trois autres de 
chaque côté en arrière. Abdomen noirâtre. Pattes jaunes. 
Brésil. 

Acanthicus Desmarestii. (Fig. •;.) 

Rubra, lineis numerosis albis ^ abdomine spinis scx. 

Long. 2. Larg. 1. 

D'un brun rouge avec des parties noires et des lignes assez 
nombreuses d'un beau blanc. Corselet terminé en arrière par 
un angle non relevé. Abdomen avec deux épines à la base et 
deux autres de chaque côté , placés obliquement en arrière. 
Pattes brunes. Brésil. 

Nous ne pouvions mieux dédier cette jolie espèce qu'à 
M. le professeur Desmarest , qui a bien voulu nous la coui- 
muniquer. 

Observation. Le genre Bocjdium de M. Latreille , formé 
avec la première division des Centrotus de Fabricius , nous 
semble réunir des insectes dont les caractères autorisent la 
création de quelques nouvelles coupes génériques. Nous pro- 
posons de le diviser de la manière suivante : 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQLIE. 299 

Genre Bocyclium. 

Corselet élevé au milieu et dirigé en avant. Ce prolongement 
trifide à l'extrémité, l'un de ces bras s'étendant au 
dessus de l'abdomen. 
Tête large , yeux gros , ocelles placés entre les yeux. An- 
tennes à deuxième article un peu renflé; le troisième terminé 
par une longue soie. Ecusson distinct. Pattes moyennes : les 
postérieures longues, assez grêles , garnies de plusieurs séries 
longitudinales de poils raides. Tarses grêles, de trois articles; 
le deuxième très court. Crochets longs. 

Beaucoup d'espèces exotiques rentrent dans ce genre. 

Genre Sphaeronotus. 

Corselet élevé au milieu et dirigé en avant. Ce prolongement 
se divisant h l'extrémité en plusieurs bras, dont 
l'un s'étend au dessus de l'abdomen; les autres sont 
terminés par des boules. 
Forme du genre Bocydium. 

Centrotus Globularis Fab. 
Genre Cyphonia. z^wv , Furcijer. 

Corselet élevé postérieurement et dirigé en arrière , en for- 
mant une fourche trifide. 
Tête large, yeux gros , deux petits ocelles entre les yeux. 
Antennes à deux premiers articles très-courts; le premier 
presque carré , le deuxième ovalaire , le troisième terminé par 
une longue soie. Pseudélytres longues. Pattes moyennes : les 
postérieures longues et garnies de plusieurs séries longitudi- 



a5o ANNALES 

nales de poils épineux. Tarses de trois articles : le premier le 
plus long , le deuxième très-court , le troisième assez long. 
Crochets larges. 

Il faut rapporter à ce genre les Centrotus Clai^atus , Clu- 
viger^ et probablement Trifidus de Fabricius. Nous en avons 
figuré ici (fig. 4) une espèce qui nous semble nouvelle. 

Cyphonia Ornata. (Fig. 40 

Nigra , thorace antice spinis quatuor ; ahdomine riibro ; thôracis 
lateribus albis. 

Long. 2 1/4. Larg. k 

Noir parsemé de quelques longs poils. Corselet offrant 
quatre épines à la partie antérieure : les deux premières lon- 
gues , arquées; les deux suivantes plus courtes; l'on voit une 
tache d'un blanc jaune de chaque côté. Pseudélytres un peu 
jaunâtres et hyalines. Abdomen rouge avec l'extrémité noire. 
Brésil. 

Explication de la planche 6. 



Fig. 


1 . Poiocera Luczoti. 




a. Tête vue en dessus. 




b. Antenne grossie. 




c. Tête vue en dessous. 




d. Tarse grossi. 


Fig. 


2. Germaria Cucullata. 


Fig. 


5. Schizia Servillei. 




a. Tarse grossi. 


Fig. 


4. Cyphonia Ornata. 




a. là. id. de côté. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUB. 23i 

Fig. 5. Atypa Gibba. 

a. Tête et corselet vus de face. 

h. Tarse grossi. 
Fig. 6. Pterygia Macquartî. 

a. Tête et corselet de face. 
Fig. 7. Acanthicus Desmaresti. 

a. Tête et corselet vus de face , de V Acanthicus Stolii. 

bc Tarse grossi. 



BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 

ANN^E l832. 2* TRIMESTKE. 

SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 

(Séance du 4 avril.) 

Correspondance. — Lettres d'acceptation de MM. Desma- 
rest et de Humboldt (pag. 20 et 21), 

Ouifrages offerts. — Première livraison de la partie Ento- 
mologique du voyage de V Astrolabe, par M. Boisduval. 

Communications. — M. Audouin présente une nouvelle li- 
vraison de l'ouvrage de MM. Brandt etRatzburg, sur les ani- 
maux employés dans la thérapeutique. Cette livraison contient 
plusieurs planches représentant des Mylabres , des Lytta et 
des Méloé , l'anatomie de la Cantharide et de sa larve. 

M. Lefebvre communique l'observation qu'il a faite sur 
deux Lépidoptères nocturnes de la tribu des Tinéites , la 
Pœdisca Semimaculana , d^ (Hub.), et la Pœd, Ratana , 
Ç (Hub.) , qu'il a pHs accouplés le 20 juillet i'83i. Il pense 
qu'il en pourrait être de même de deux espèces de la même 



^o'i ANNALES 

tribu, les Teras Emavgana^ d^ (Fab.) , et les Ter. Fffrac- 
lana , Ç (Hub.) , qu'il surprit au mois de septembre suivant 
dans la position de l'accouplement , sans cependant qu'elles 
fussent réellement accouplées. Il croit que la première pour- 
rait bien n'être qu'une variété de la seconde , vu ie petit nom- 
bre d'individus qu'on en rencontre, leur même localité et leur 
même époque d'apparition. MM. Boisduval et Rambur obser- 
vent que les Pœd. Semlmaculana et Batana ne sont peut- 
être aussi qu'une même espèce. 

M. Lefebvre présente aussi une remarque curieuse que lui 
communiqua , à son passage à Vienne , M. ïreitschke : c'est 
l'accouplement de la ^ygena Fiîlpendulœ Ç avec la Zyg. 
EphioAtes c^ jaune, hybrisme dont il eut souvent la preuve. 
M. Lefebvre en vit deux paires se tenant encore ensemble dans 
sa collection, sur cinq qu'il avait prises en iSiy^M- Treitschke 
pense que la Zyg. Ephialtes rouge doit naissance h cet ac- 
couplement hybride, vu que, d'après ses observations, il n'y 
a jamais d'accouplement soit entre la Zyg. Ephialtes jaune 
et rouge , ou bien entre les Ephialtes rouges , soit enfin entre 
VEphialtes rouge et la Filipendulœ. Ce même auteur obtint 
de l'accouplement des SalurJiia Carpini et Spini ^ trois che- 
nilles un peu semblables h celles du Carpini, c'est-à-dire, 
vertes tigrées de noir , ou noires tigrées de vert ( dont M. Le- 
febvre vit les dessins); mais, bien qu'elles aient fdé , elles 
u'ont donné aucun résultat. 

De ces faits , et d'autres connus de ce genre, M. Lefebvre 
induit que dans des espèces excessivement voisines , l'organi- 
sation des parties génitales étant sans doute à peu de chose 
près la même , il peut se trouver de ces êtres qui doivent 
l'existence à de pareils hybrismes, sans cependant oser ayau- 
cer pour cela que ces çtres soient h leur tour susceptibles de 
reproduction. # 

A, ce sujet , M. Audouin cite l'observation qu'il a faite sur 



DE Là société ENTOMOLOGIQUE. a35 

l'accouplement de la Coccinella Bipunctata. Il en a élevé un 
grand nombre d'individus , les a vus s'accoupler, et a été té- 
moin de la ponte des femelles. Après la fécondation des œufs, 
il en est sorti de petites larves qu'il est parvenu à élever jusqu'à 
leur métamorphose en insecte parfait. A cette occasion il a 
voulu tenter quelques expériences sur leur hybrisme. On sait 
que très-souvent on rencontre la Cocc. Dispar accouplée avec 
la Cocc. Bipunctata, M. Audouin a mis en rapport ces deux 
espèces^ et les a vu en effet s'accoupler; les femelles fécondées 
n'ont* pas même tardé à pondre , mais toujours ces œufs ont été 
stériles : ce fait s'est reproduit jusqu'à six fois. M. Audouin 
croit pouvoir en tirer la conclusion que , si ce n'est toujours , 
au moins dans bien des cas, il ne résulte aucun produit fé- 
cond du produit accidentel de ces deux espèces , et il pense 
qu'il peut en être de même dans la plupart des accoupîemens 
qu'on a observés entre des espèces différentes. C'est, selon lui, 
en rendant ce produit stérile que la nature a maintenu dans 
leur intégrité les caractères propres à chaque espèce. MM. Bois- 
duval et Rambur appuient cette opinion. 

Lectures. — Les Bombyx Pyliocampa et Chelonia Pudica, 
pag. 201 , par M. Devilliers (de Chartres). 

Monographie d'un nouveau genre d'Hémiptères Hétérop- 
tères {Heteronotus) ^ par M. de Laporte, pag. 96. 

Membres reçus. — MM. Drapiez (de Bruxelles), Léon Du- 
four (de Saint-Sever ) , et Lépine (de Paris). 

(Séance du t8 avril.) 

Ombrages offerts. — Supplément aux Lépidoptères de 
France de M. Duponchel , par l'éditeur des Annales. 

Communications. — M. Audouin communique une traduc- 
tion manuscrite d'un ouvrage allemand de MM. Hcmpricli cl 



334 ANNALES 

Ehrenberg , ayant pour titre : Prodrome des espèces de 
Scorpions propres au nord de V Afrique et à î Asie occi- 
dentale. Ce travail , dans lequel les auteurs établissent plu- 
sieurs genres nouveaux , a été récemment revu par eux , et 
fait partie du grand ouvrage de M. Ehrenberg sur son voyage 
en Afrique. 

Lectures. — Monographie d'un nouveau genre de Curcu- 
lionites (Otiocephalus) , par M. Chevrolat, pag. 98. 

Note sur un nouveau genre {Reaumuria) de Lépidoptères 
nocturnes, tribu des Cheloniens , par M. Rambur. Ce genre 
comprend la Chelonia Parasita et la Chel. Corsica, nouvelle 
espèce rapportée par lui de Corse. 

Membres reçus* — MM. Cantener (de Strasbourg), Charles 
ISodier (de Paris), Dupont (id.), Graslin (de Château-du- 
Loir), Marchand (de Chartres) , Merck (de Lyon), Mulsant 
( id. ) , Rippert (de Beaugency) , Du Traigiiaux ( de Paris) > c^t 
de Yilliers (de Chartres). 

(Séance du 3 raai.) 

Ouvrages offerts. — Deux livraisons du Supplément aux 
Lépidoptères de France de M. Duponchel , par l'éditeur des 
Annales. 

Communications. — M. Audouin présente la première li- 
vraison des nouvelles Annales du Muséum d'histoire natu- 
relle de Paris , dans laquelle se trouvent deux mémoires de 
M. Latreille : l'un sur les Aranèides quadripulmonaires , 
l'autre sur les Insectes Coléoptères de la tribu des Denti- 
er ares , famille des Brachélytres^ 

M. Milne Edwards rend compte d'un travail qu'il a présenté 
b l'Institut relatif à l'anatomie comparée des Crustacés Dé- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 255 

capodes et à la classification naturelle de ces animaux. Il a 
trouvé qu'il existe dans cet ordre trois modifications princi- 
pales d'organisation , et il le divise par conséquent en trois 
sections , au lieu de deux , comme on l'avait uni jusqu'ici.. 
M. Milne Edwards conserve à deux de ces groupes les noms 
déjà employés de Brachyures et de Macroures , et il donne à 
la nouvelle division qu'il établit celui à! Ajiomoures , à cause 
de la disposition anomale de leur abdomen (ou queue). Les 
Crustacés qui forment ce groupe naturel diffèrent des autres 
Décapodes par un grand nombre de caractères soit anatomi- 
ques, soit zoologiques; ils se distinguent facilement des Bra- 
chyures par la position des organes femelles de la génération , 
et des Macroures par l'organisation de leur abdomen , qui ne 
présente pas en dessus de pattes natatoires , mais seulement 
des filamens ovifères comme tes Brachyures. La section des 
Anomoures se compose des genres Ranine , Dromie , Dapro- 
mène , Homole , Albunée , Hippe , Rémipède , Pactole , Por- 
cellane , Birgus et Pagure. 

Lectures. — Mémoire sur un nouveau genre de Diptères de 
la famille des Tipulaires (Xiphiua), par M. Brullé, pag. 2o5. 

Mémoire sur un nouveau genre de Charensons (Locco^. 
pJioras), par M. Çhevrolat, pag. 216. 

Mémoire sur un Elateride uou\eau(TetjaIobiis Cuiereus), 
par M. Gory, pag. 220. 

Mémoire sur plusieurs genres nouveaux d'Homoptères, par 
M. de Laporte, pag. 25^1. 

Mémoire sur un Lépidoptère nouveau , famille des Pseudon 
bombycites (^/e^a^oma Repanda) , par M. Feisthamel. 

Membres j^erus. — ]\1M. de Saint-Marccaux (de Reims) 
et Mathieu (d'Orléans). 



236 ANNALÈîS 

(Séance du i3 juin.) 

Correspondance. — Lettre d'acceptation de M. Kirby^ 
pag. 117. 

Ouvrages offerts. — Preniière livraison de l'Iconographie 
des Chenilles des Lépidoptères de France de M* Duponchel , 
par l'éditeur des Annales. 

Deux mémoires de M. Latreille , extraits des Annales du 
Muséum d'histoire naturelle , Tun sur les Aranéides quadri- 
pulmonaires , l'autre sur les insectes Coléoptères de la tribu 
des Denticrures , par l'auteur. 

Monographia ïenthredinetarum de M. le comte Lepeltier 
de Saint-Fargeau , par l'auteur. 

Première décade d'une centurie de Lépidoptères de l'île de 
Cuba, de M. Poey, par l'auteur. 

Description et figure de V Heterosternus Buprestoïdes de 
M. Dupont, par l'auteur. 

Communications. — Le secrétaire , en faisant part de la 
mort de M. Cuvier, membre honoraire, annonce qu'une dé- 
putation , composée des membres du bureau , et à laquelle se 
joignirent la plupart des membres de la société, escorta le 
cortège funèbre et se fit un devoir de soutenir pendant une 
partie du trajet les restes de ce grand homme. 

M. Audouin lit une notice nécrologique sur M. Cuvier et 
fait circuler des dessins originaux d*insectes accompagnées de 
leurs descriptions , faits de la main de ce grand naturaliste , 
à l'âge de dix-huit ans. 

M. Lefebvre donne lecture d'une lettre sur une apparition 
considérable de Hannetons (MelolontJia Kulgaris) qui, le 
18 mai dernier, h neuf heures du soir, assaillirent, au sortir 
du village de Talmontiers , la diligence sur la route de Gournay 
h Gisors (Eure) avec une telle violence, que les chevaux 



ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. aS; 
effrayés , obligèrent le conducteur à rétrograder jusqu'au vil- 
lage pour y attendre que cette grêle d'une nouvelle espèce 
eût cessé. 

Il annonce également que diverses apparitions semblables 
ont eu lieu sur différons points de la France , où cet insecte 
a commis des ravages considérables. Il appelle l'attention de 
la Société sur les moyens à employer pour détruire cet in- 
secte et pour prévenir ses ravages. 

M* Farkas, Entomologiste Hongrois, qui assiste à la séance, 
annonce que dans son pays on les utilise en obtenant d'eux , 
par le moyen d'une forte ébullilion , une substance huileuse , 
employée avec succès pour graisser les roues des voitures. 

M. Godet rapporte qu'en Suisse on prévient en partie les 
ravages de ce Mélolontbe en donnant une prime aux enfans , 
qui en rapportent de grandes quantités , et que souvent on 
s'est aperçu des effets avantageux de ce moyen. 

M. le président prend en considération ces observations , et 
engage les membres de la Société à tenter des expériences 
dans le but d'utiliser ces insectes , et en même temps de les 
détruire. 

M. Audouin pense qu'il se pourrait qu'il y eût émigration 
de ces insectes lorsqu'ils ont tout détruit dans les lieux où ils 
abondent. M. Godet appuie cette opinion, et rapporte à ce 
sujet qu'il fut témoin , sur les bords du lac de Neufchâtel en 
Suisse , en juillet 1828 , du passage d'une nuée de la V ancssa 
Uitlcœ qui dura une demi-heure, en se dirigeant du N.-E. 
au S.-O. M. Lefebvre parle d'une grêle de VOEdipoda Cru- 
ciata [Charp.) dont il fut témoin, le 9 juii> 1829 , dans les 
campagnes de Smyrne , et surtout au sommet de la citadelle , 
où cet insecte bruissait , vers midi , comme une forte pluie , et 
couvrait la terre à environ deux pouces d'épaisseur. 

Lectures. — Mémoire sur les sens des insectes , et princi- 



238 ANNALES 

paiement sur Forgane de l'ouïe , par M. Luczot. Cette lecture 
fait naître une discussion sur l'organisation interne des Inver- 
tébrés et sur la force de leur vitalité. A ce dernier sujet 
M. Lefebvre rapporte qu'ayant piqué un Ceramhix Moscha- 
tus , vers la fin de l'automne , il le retrouva vivant au mois de 
février suivant; et qu'en Provence, en 1823, ayant piqué 
avec une aiguille , à travers le thorax , une Araignée de la fa- 
mille des Thomises et surpris de la revoir encore vivante au 
bout de quinze jours , il eut l'idée de la nourrir avec des 
mouches , et la t:onserva ainsi plus de deux mois , époque h 
laquelle il la fit périr en la plaçant par mégarde dans une boîte 
camphrée. Dans une expérience pareille, répétée par lui en 
Normandie il y a un an , il conserva une pareille Aranéide en- 
viron quatre semaines. 

M. Lepeletier de Saint-Fargeau observe que dans ces dîf- 
férens cas il n'y avait sans doute pas eu émission de la liqueur 
interne , émission qui , trop abondante , provoque la mort dans 
les insectes. A ce sujet il cite la faculté qu'ont les Araignées, 
lorsqu'une de leurs pattes a été cassée , de s'arracher le reste 
de cette patte, mais dans l'articulation humérale; alors, par 
une contraction des lèvres de la plaie , l'hémorrhagie n'a 
pas lieu. 

M. Audouin communique quelques observations, faites de 
concert avec M. Milne Edwards , sur plusieurs Crustacés , qui 
ont, comme on le sait, la faculté de reproduire leurs pattes. 
La manière dont se fait cette reproduction a été assez bien 
observée , mais on a apporté moins d'attention à l'étude des 
circonstances très-curieuses qui précèdent ce singulier phéno- 
mène. M. Audouin prend pour exemple le Tourteau , connu 
vulgairement sur nos côtes sous le nom de Poupart , et dit 
que si on vient h briser une de ses pattes dans un point quel- 
conque de sa longueur, autre que le petit article qui suit la 
hanche , le Crabe , qui du reste ne paraît pas en souffrir ex- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 259 

trêmement, remédie de lui-même à cette opération mal faite 
en se pratiquant une nouvelle amputation du membre dans le 
seul lieu convenable. Mais, tandis que l'Araignée s'arrache la 
patte, le Tourteau, qui ne peut agir de môme, employé un 
moyen tout autre et non moins efficace : on le voit, afin de se 
débarrasser de la portion du membre inutile , raidir la jambe 
ou le moignon de jambe qui lui reste. Bientôt l'efTet est pro- 
duit , un petit craquement a lieu h la base de la patte , et plus 
particulièrement dans le petit article qui fait suite à la hanche, 
et que M. Savigny (Mém. sur les Anim, sans vert., 1'* part., 
pi, 3, fig. 1. g'jlett. c.) considère comme le premier article de 
la cuisse ; ce craquement résulte d'une fracture circulaire qui 
vient de se faire dans la substance calcaire , et la contraction 
volontaire de certains muscles en est uniquement la cause : 
aussitôt la portion du membre qui se trouve détachée tombe 
d'elle-même. Ce qui est curieux, c'est de voir que le Tourteau 
peut ainsi, par cette fracture d'un nouveau genre, s'am- 
puter volontairement et successivement les différentes pattes 
lorsque celles-ci ont perdu quelques-unes de leurs pièces. Le 
bourgeon qui doit donner naissance à un nouveau membrç 
ayant toujours son origine à la hanche , on conçoit combien 
il était important pour l'animal que l'amputation pût toujours 
s'effectuer vers ce point. C'est aussi là qu'elle se fait le plus 
ordinairement, et quelquefois avec la plus grande facilité, car, 
lorsqu'on saisit un de ces crustacés par une ou plusieurs de 
ses pattes , il n'est pas rare qu'il échappe en les laissanl!Wtre 
les mains de l'observateur. 

Mémoire sur une nouvelle disposition de l'ordre des Né- 
vroptères , par M. Brullé (1). Cet Entomologiste ne laisse 
dans cet ordre que les genres à métamorphoses complètes » 

(i) Ce mémoire est desliiié à être inséré clans la partie Entomologique 
de l'ouvrage publié par l'expédilion scientifique de Morée. 



i4o ANNALES 

qui sont la plupart de ceux de la famille des Planipennes 
de M. Latreille. Il renvoie parmi les Orthoptères les Man- 
tispes, les Raphidies et les Psoques, et forme, avec les Li- 
Lellulines , les Éphémères et les Perles , un ordre particulier 
sous le nom de Dictyoptères. Les Termites en constituent un 
autre qu'il appelle Isopières. Enfin il adopte Tordre des Tri- 
choptères que M. Kirby a formé avec la Friganes. 

Descriptions d'un nouveau genre de Charensons de l'ordre 
des Orthocères, par M. Chevroiat , pag. 21 5. 

Mémoire sur un nouveau genre de crustacés Macroures 
( Isea ) , formant un passage entre les Paguriens et les Tha- 
lassinites, par M. Guérin. 

Membres reçus. — MM. Blondel (de Versailles), Bohe- 
man (de Grenna en Suède), de Chauvenet (de Hesdin) , 
Louis Coulon (de Neufchâtel en Suisse), de Fons-Colombe 
(d'Aix en France), Guénée (de Châteaudun), le comte de 
Jousselin (de Versailles), Lacordaire (de Paris) , Lorey (de 
Dijon), Melly (de Manchester en Angleterre), le comte de 
Saporta (d'Aix en France), Schonherr (de Skara en Suède), 
et le colonel Saint-Yon (de Paris). 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 241 

VOYAGES. 

DÉPARTS. ARRIVÉES. NOUVELLES DIVERSES. 

M. Bohéman , savant Entomologiste suédois , est parti der- 
nièrement avec plusieurs naturalistes pour explorer la Lappo- 
nie. L'Entomologie et l'Ornithologie sont le principal but de 
leur voyage. 

M. Lacordaire , parti en i85o pour Caïenne, vient d'arriver 
avec de nombreuses collections Entomologiques , consistant 
surtout en Coléoptères. 

M. Goudot, connu par ses précédens voyages tant à Tanger 
qu'en Espagne, et surtout par son dernier à Madagascar, est 
retourné dans cette île. Il vient d'écrire qu'heureusement 
arrivé à sa destination , il n'a pu cependant pénétrer dans l'in- 
térieur, vu la guerre dans laquelle se trouve engagée en ce 
moment la reine des Owas ; et que momentanément il s'est 
fixé sur la côté, où il a néanmoins en insectes recueillis déjà 
beaucoup d'objets intéressans. 



NÉCROLOGIE. 

Au moment où la science vient de perdre le grand homme 
qu'elle regrettera éternellement , nous croyons faire plaisir 
aux Naturalistes en leur donnant le fac-similé de la lettre que 
M. le baron Cuvier s'empressa le premier de répondre à la 
Société. 

Le discours nécrologique sur M. Cuvier, par M. Audouin , 
prononcé à la séance du î5 juin, fera partie du prochain nu- 
méro. 



242 ANNALES 

OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE 

PUBLIÉS DEPUIS LE l" AVRIL l832. 

(2* trimestre.) 

FRANÇAIS. 

ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.-J. Boisduval; 
tome II , LIVRAISON i3^ Paris , Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 6 fr. 

HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godart, continuée par M. Duponchel ; tome VIIÏ^ 
deuxième partie, nocturnes; tome V, deuxième partie, livraisons 4 
et 5. Paris , Méquignon-Marvis, 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 

SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OU PAPILLONS DE FRANCE , par M. Duponchel; tome I" , livrai- 
sons 2 et 3. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, 3 fi*.' 

ICONOGRAPHIE DES CHENILLES, pour faire suite à l'ouvrage in- 
titulé : Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France, pat^ 
M. Duponchel ; tome L' , a^ livraison. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 3 fr 

CENTURIE DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CURA, contenant 
la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- 
veaux ou peu connus, par Ph. Poëj; ae livraison. Paris, J. Albert 
Mercklin. 

Prix de chaque livraison contenant dix planches coloriées , lo fr, 

ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAL DE M. LE BARON CU-' 

VIER, par F.-E. Guérin; livraisons i8, 19 et 20. Paris, J.-B. Baillière. 

Prix de chaque livraison en noir , 6 fr. 

Figures coloriées , i5 fr. 

MAGASIN DE ZOOLOGIE , par M. Guérin , quatrième livraison. Pa- 
ris, Lequien. 
Le volume de 5o planches coloriées et texte, 18 fr. 



DE LA SOGIKTE ENTOMOLOGIQUÉ. ^'5 

ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU 
PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d'Eu- 
rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval. Paris , Roret. 

2,3 et 4e LIVRAISONS. 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 

COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE-^ 
NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par le 
docteur Boisduval. Paris , Roret. 2 et 3^ livraisons. 

Prix de chaque livraison ,. 3 fr. 

EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE , partie Entomologique , 

^ar M. Srullé, 2 premières livraisons. Paris, Levrault , éditeur. 
Prix de chaque livraison , 12 fr. 

DICTIONNAIRE CLASSIQUE D'HISTOIRE NATURELLE; par une 
réunion de Naturalistes, sous la direction de M. Bory de Saint-Vin- 
cent. Tome XVII et dernier , composé de l'explication des planches ; 
par M. Bory de Saint-Vincent. — Paris, Rey et Gravier. — Celte partie 
de l'ouvrage offre déjà quelques supplémens aux volumes préeédens, 
et les complète. 

NOUVELLES ANNALES DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATU- 
RELLE , etc. , publiées par les professeurs de cet établissement et 
par d'autres naturalistes. — In-40 avec fig. , première livraison. Paris, 
i832, Roret. 

Cette livraison contient, entre autres travaux, les Mémoires de zoo- 
logie dont suivent les titres : w 
1° Essai de classification naturelle des Vespertilions , et description de 
plusieurs espèces de ce genre , avec a planches noires , par F. Cuvier. 
— 20 Essai pour servir à la détermination de quelques animaux sculp- 
tés dans l'ancienne Grèce , et introduits dans un monument histori- 
que enfoui durant les désastres du troisième siècle ; par M. Geoffroy 
Saint- Hilaine. — 3° Sur le poisson appelée Mâchera, avec i planche 
noire, par M. le baron Cuvier.— 4* Description de plusieurs espèces 
nouvelles de poissons du genre Apogon , avec i planche noire ; par 
A. Falenciennes. — 5" Vues générales sur les Aranéides à quatre pneu- 
mobranchies ou quadripulmonaires, suivies d'une notice de quelques 
espèces de Mygales inédites et de l'habitation de celle qu'on nomme 
Nidulans ; par M. Latreille. — 6* Considération sur les insectes Coléo- 
ptères de la tribu des Denticrures, famille des Brachély très ; par M. La 
treille. 



^44 ANNALES 

f:OMPLP:MENT DE L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈ- 
RES DE FRANGE , etc. , par M. Duponche.l. ~ Iconographie des che- 
nilles. Première livraison, in-S" , avec 3 planches coloriées. 
Cette livraison, parfaitement traitée sous le double point de vue de la 

science et de l'art, réalise complètement Tespoir que les Entomologistes 

avaient conçu en voyant le nom justement recommandable de M. Dupon- 

chel en tête de cet ouvrage. 



ETRANGERS. 



CENNI soprale Variazioni a cui vanno soggelte le farfalle del gruppo 
3Ielitœa. Di Carlo-Luciano Bonaparte , principe di Musignano Extrait 
de l'Antologia , n'^ laS. Mai i83i. 

Petite notice de quatre pages in-8o , accompagnée d'une planche colo- 
riée représentant le Melltœa phœhe , var. melanisca. 

SYMBOL^E PHYSICtE , Hemprich et Ekrenberh. Animalia everlebrala 
exclusis insectis percensuit i?. G. Ehremberg. Séries prima cum tabula- 
rum décade prima. Berolini , i83i. — In-fol. de dix planches. 

MONOGRAPHIE DER CARABIDEN , son Zemmermann. Berlin, i832. 
In-8*' de 76 pages , sans planches. Description en allemand avec phra- 
ses latines. 

GETTRUE DARTELLUNG und Beschreibund derthiere; die in der 
arzneimiltellehre in Betracht kommen , von Brandt und Ratzeburg, 
Berlin, i83o. — In-8'' accompagné de 5 planches coloriées. 
Ouvrage en Wemand traitant de l'usage des insectes en médecine dans 

lequel on a représenté ceux qui offrent quelques propriétés remarquables. 

SPINX VESPIFOR MIS , an essay by Hedward Newman, at Fr. Westley, 
slationers' hall court, London. Prix , 5 fr. 

Cette notice est précédée de considérations générales sur les insectes, 

et accompagnée de plusieurs tableaux de classification. 

BOMBI SCANDINAILE , monographice fractali et Iconibus illustrati. 
Spécimen acaderaicura , respondente P. W. Brandsten. Londini Gotho- 
rura , i832. ' 



DE LA SOCIÉTÉ ENT05I0L0GIQUE. 245 

LETTRES. 

( ÉTRANGERS. ) 

Lettre de M. Klug. 
Monsieur , 

J# voulais depuis assez long-temps vous exprimer le plaisir 
extrême que j*ai ressenti en apprenant la nouvelle qu'il s*est 
constitué en France une Société Entomologique , et qu'elle 
m'a fait l'honneur de m'en nommer membre honoraire. Ce- 
pendant des affaires accumulées m'ont empêché de penser à 
toute espèce de correspondance, et de m'acquitter de ce devoir 
eu présentant mes remercîmens les plus vifs à l'honorable 
Société qui a bien voulu me juger digne de cette distinction. 
Je vous prie donc , monsieur, de lui témoigner ma vive recon- 
naissanee , et de lui faire savoir que je ressentirais une peine 
infinie si ce retard pouvait la faire douter de mon zèle. 

Agréez, monsieur, etc.. Signé Klug. 

Berlin, le 6 août i83a. 
A M. A. Lefebvre , secrétaire , etc. 



Catalogue des Lépidoptères de Vile de Corse , a^ec la des* 
criplion et la figure des espèces inédites (i), par M. P. 
Rameur , docteur en médecine* 

(Séance du i8 avril i832.) 

En faisant connaître les animaux d'un pays , il est indis - 
pensable de donner une idée de ce pays, de sa forme, de la 

(i) Malgré le titre que je donne à celte notice, je ne prétends point faire 



5.46 ANNALES 

nature de son terrain et des végétaux qu'il produit; puisque ^ 
avec sa position plus ou moins méridionale , ce sont les causes 
qui inflrient le plus sur le nombre et la diversité des espèces. 
La différence du terrain surtout agit singulièrement sur les 
êtres qui l'habitent : aussi tel sol n'admet-il que telle espèce 
de plante , tandis que tel autre exclut toujours telle espèce ou 
môme tel genre. 

Quoique la Corse soit comprise entre les 45° et 4 1° 21' de 
latitude septentrionale , son climat est pourtant singul* re- 
ment tempéré par les vents qui y régnent d'une manière régu- 
lière et surtout par sa position au milieu de la mer. 

Sa longueur est de quarante-six lieues de 2000 toises, et sa 
plus grande largeur de vingt. Elle est composée d'une vaste 
chaîne de montagnes , qui court du nord au sud; cette chaîne , 
dont les principaux pics sont souvent très-élevés ( 2,763 mè- 
tres) , présente des flancs très-escarpés , souvent comme déchi- 
rés, qui se divisent en un grand nombre de rameaux irrégu- 
liers qui s'en vont en mourant vers la mer; ils sont tous plus 
ou moins creusés et séparés entre eux , par les nombreux ruis- 
seaux ou torrens qui se précipitent des sommets; il n'y a 
tçuères de vallées qu'aux embouchures des rivières et sur la 
côte orientale qui en offre d'assez étendues , généralement 
marécageuses et renfermant des étangs^ La côte occiden- 
tale de l'ile est horriblement déchirée , et ses bords escar- 
pés dominent souvent de beaucoup le niveau de la mer. 
Cette forme irrégulière et montagneuse de l'île paraît aider 
singulièrement h la production des forêts: aussi les voit-on s& 
reproduire avec une grande rapidité que facilite une extrême 
véo-étation; et sans la main destructive des pâtres farouches et 

un catalogue complet des Lépidoptères de la Corse. N'étant resté que seize 
mois dans ce pays, l'Entaniologiste le moins instruit comprendra faci- 
lemeut combien d'espèces ont dû m'échapper , puisque tous les jours 
les ejivirons de Paris en olïrent qu'on n'y avait point encore trouvées. 



DE L\ SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 047 

nomades qui la parcourent en tous sens , l'île entière ne serait 
bientôt plus qu'une immense forêt, d'où l'on verrait sortir ses 
divers pics dénudés: mais abandonnée au pâtre dévastateur , 
presque toutes ses forêts ont été détruites par le feu ; il n'est 
pas un seul point de l'île où l'on n'aperçoive les traces de 
la flamme; c'est même devenu l'unique et rapide moyen de 
défrichement , moyen qui caractérise parfaitement l'horreur 
des habilans pour le travail et l'industrie. 

Une humble végétation a donc , dans la plus grande partie 
de l'île, remplacé les majestueuses forêts dont il ne reste plus 
que quelques débris. 

Le terrain de la Corse est presque entièrement granitique , 
avec des parties schisteuses et calcaires. La portion calcaire 
la plus curieuse , et qui est restée en partie intacte à côté du 
bouleversement des roches voisines , est située à son extrémité 
méridionale, et comprend le territoire de Bonifacio; il forme 
comme une portion étrangère à l'île , produisant des plantes et 
des insectes qui lui sont propres, et dont même les habitans 
diffèrent des autres par le caractère. 

Une autre partie calcaire considérable , et qui forme le ter- 
ritoire de St-Florent, est située sur la côte occidentale et 
près de son extrémité nord : c'est dans cette localité seule- 
ment que j'ai vu le laurier rose {Nerium Oîeander) border 
les torrens. 

On rencontre aussi , vers le centre et au nord de l'île , des 
parties schisteuses, parmi lesquelles se trouvent mélangées 
quelques portions calcaires ; c'est surtout aux environs de 
Corte et de Bastia ; elles produisent également des plantes et 
des insectes particuliers. 

Nous allons maintenant présenter une idée de la végétation 
en nommant quelques unes des plantes qui semblent donner 
Xq faciès végétal de l'île , et nous dirons quelques mots sur Ja 
station des Lépidoptères. 



248 ANNALES 

En commençant par les lieux que Latlent souvent les flots 
de la mer, nous rencontrons les plages sablonneuses qui ne se 
trouvent guères que sur la côte orientale el au fond des golfes 
souvent si profonds et si répétés de la côte occidentale; elles 
ont en général un aspect fort aride, et sont, h l'exception des 
Météromères, peu riches en insectes, surtout en Lépidop- 
tères. 

Elles sont souvent envahies par le Cistus sahlœfolius et 
surtout V Halimifoliiis dont elles sont la patrie exclusive , et 
qui les embellit beaucoup au moment de sa floraison par ses 
nombreuses fleurs et ses belles corolles jaunes. Je n'ai jamais 
rien trouvé sur ces arbustes dans ces localités. 

UEIfcIijysium an^ustifolium et la Lavendula stœchas se 
propagent aussi sur ces plages , que leur aspect est loin d'em- 
bellir. Quelques chenilles presque souterraines à^Agrotis 
s'accommodent très-bien de ces sables arides; telles sont celles 
appelées i^/zZ/z^era, puta ^ saucia, trux, et même segetum, 
si redoutable pour nos jardins potagers. Plusieurs Euphorbes 
se trouvent aussi répandues dans ces lieux : tels sont surtout les 
Euphorbia paraluis , myrsiniies , sur lesquelles on rencontre 
de temps en temps la belle chenille du Sphinx Dahlii. 

D'autres plantes tout-à-fait particulières h ces localités , et 
qui quelquefois sont les seules à qui l'extrême aridité permet 
de végéter, sont plusieurs Silène; leurs fleurs et leurs graines 
sont , comme on sait , souvent dévorées par quelques espèces 
du genre Hadena. 

Quelquefois aussi ces plnges sont verdies par la Scrophu- 
laria ramosissinia descendue des montagnes , pour croître 
avec profusion dans cette station accidentelle ; ses jolies fleurs 
et ses fruits sont dévorés par les chenilles des Cucullia scro- 
pliulariœ? et scrophulan'phaga, et ses feuilles quelquefois par 
celle de la C. Ferhasci, 

En s'avançant d^ns les plaines , on rencontre , surtout le 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 249 

long des rivières , de fertiles prairies , plus ou moins maréca- 
geuses. 

Les arbres qu'on y remarque sont le Tamarix gallica , 
YAlnus viscosa, VUlmus campestris , Salix incana , etc. 
C'est d'ailleurs dans ces parties humides que se trouvent le 
moins de plantes particulières à la Corse, et que se voient 
aussi beaucoup de Lépidoptères de nos pays; c'est sur les fleurs 
de ces prairies que butinent un grand nombre de nos Piéri- 
des et plusieurs autres diurnes; on y rencontre aussi la plu- 
part des Plusies des environs de Paris , et de plus une espèce 
que M. Lefebvre a le premier rapportée de Sicile , la P. ac- 
centijera , dont la chenille vit sur les menthes. Comme on 
sait, les prairies sont aussi la station ordinaire des Leucanies; 
nous y avons retrouvé deux espèces que nous avions décou- 
vertes à Montpellier, les Leacania riparîa et anmicola : elles 
y volent sur les fleurs des menthes, avec la stiawinea et la 
punctosa. 

C'est dans ces lieux humides que vit , principalement sur les 
fleurs de salicaire, la chenille polyphage du Polyomtîialus 
telicanus ,• si on renferme plusieurs de ces chenilles dans une 
même boîte , elles sont si voraces que non-seulement elles se 
dévorent entre elles , mais qu'elles n'épargnent même pas 
leurs chrysahdes. 

Le Tamarix , qui d'ailleurs nourrit plusieurs espèces , ne 
nous a offert qu'un Ptéropliore intéressant ; et X Aune une 
espèce inédite ^^Xylina : ce dernier arbre nourrit, ici comme 
en France , des espèces communes , telles que Bombyx pyri , 
biicephala, coryll , etc. L'orme nous a fourni comme dans le 
midi de la France, VUropiis ulmL Avant de nous élever plus 
haut, quelques localités qui dépendent presque des plages et 
qui sont tout-à -fait particulières aux parties calcaires, mé- 
ritent de fixer l'attention. 

Elles forment des revers escarpés qui bordent k mer. La 



aSo ANNALES 

principale plante qui y croît est le Chenopodiam jruticosum; 
ses feuilles, presque cylindriques , sont dévorées avec avidité 
par les noctuélites Chenopodiphaga et Peregj'ijia; c'est aussi 
sur cette plante que se rencontre la chenille du Plerophorus 
adactylus , dont la forme est si bizarre et la marche si lente. 
Dans des lieux semblables , mais granitiques, de la côte oc- 
cidentale , le Lotus cretlcus et la Slatice articulala nourris- 
sent la chenille de l'espèce à'Orgja, que nous avons appelée 
jupeslris. 

Mais quittons les bords de la mer, et entrons dans ces lo- 
calités doQt l'aspect est si particulier; là l'œil a peine h trou- 
ver une plante du nord de la France ; on croirait être trans- 
porté sur la côte africaine : sur ces collines après et brûlées, 
la plupart des arbres et arbustes ne perdent plus leurs feuil- 
les; la végétation , n'ayant point à craindre les frimas , semble 
toujours exister. Parmi la grande quantité de végétaux qui 
abondent dans ces localités , nous ne parlerons que des espèces 
les plus productives pour l'Entomologie , laissant de côté la 
plupart des plantes ^erbacées qui ne servent guères de pâture 
qu'aux espèces polyphages. Nous citerons en première ligne les 
OiiercussLihc.r et ilex comme étant les arbres les plus précieux. 
Î\I. le comte de Saporta , aux environs d'Aix en Provence , a 
déjà découvert presque toutes les espèces particulières à ces ar- 
J)res , et que nous avons retrouvées en Corse , telles que celles 
appelées ilicis , suheris , occlus a , saportœ , auxquelles se joi- 
guent d'autres qui se trouvent presque partout ; ainsi les Boni- 
i yx /agi f hucephala ^ trépidât Noctua alchjmista ^ lunavs , 
protea, stahilis^ mstahilis y amhigua^ Phalœna honornria^ 
petrificaria, hirtan'a. Ces deux arbres sont devenus rares dans 
ces localités , surtout particulières au liège : car Vlîex grimpe 
jusque sur de hautes montagnes , où il suit de près la végéta- 
tion froide des hêtres , à plus de looo mètres de hauteur. 
Ces lieux sont souvent envahis par Y Arbousier qui nous 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25i 

fournit le beau Nymplialis jasius , qui n'est point commun eii 
Corse , à cause des incendies continuels; il ne m'a pas paru ser- 
vir de pâture h beaucoup d'espèces. Un autre joli arbrisseau qui 
quelquefois, dans ce pays, prend la dimension d'un j^rand ar- 
bre, est XeLenlisque (Pistacia Lentiscus). Il fournit, ici comme 
-dans le midi de la France, les deux belles espèces de Noctuelles 
appelées Thyrrhœa et uidulatrix ; M, de Saporta a découvert 
le premier la chenille si peu caractérisée de celte dernière et 
intéressante espèce. Les Genisla juncea , cahdlcans , les 
CytisLis trijlorus et lanigeriis^ croissent ici mêlés aux Phylli- 
rea. Le premier produit V Amphipyra spectrwn et le Eolis 
polygonalis ; il est , ainsi que le second , assez recherché des 
chenilles polyphages de noctuelles. U Ifnniithœa coromllaria 
paraît vivre exclusivement sur le quatrième arbuste, si redou- 
table par ses piquaos; il est fort répandu dans ces lieux, où il 
se mêle, dans le nord de l'île , avec le C. i>pinosus , dont il ne 
semble être qu'une variété. 

Mais les végétaux les plus communs dans ces localités , et 
qui sont les premiers arbrisseaux qui recouvrent les terres in- 
cultes , sont les cistes qui caractérisent si bien les climats mé- 
ridionaux; là croissent avec profusion les Cistus monspelieii- 
sis , sali^iœfolius , vil/osus , creticus , etc. 

Ces plantes ornées de fleurs si belles , mais si passagères 
qu'un même instant voit naître et disperser leurs frêles péta- 
les, nourrissent peu de chose; les Phalènes rhoniboïdaria^pu- 
piilaria s'accommodent cependant de leurs feuilles glutineuses 
et odorantes ; leurs fruits sont aussi la pâture de petites Py- 
rales. 

L'on rencontre fréquemment dans les haies le Lonlcera 
balearica et le periclynieniini , que l'on voit reparaître dans 
les lieux frais du nord de l'île; ils nourrissent la Limenitis ca- 
milla qui, comme la sybillaj vit exclusivement de chèvre- 
feuille , et que Godart avait supposées si gratuitement pouvoir 



252 ANNALES 

vivre , l'une sur le chêne , et l'aulre sur l'aune. A rexception 
des chenilles è^ Amphipy va f'jj'-isci et de Xylina rhizoliiha^ 
je n*ai trouvé que peu de chose sur ces plantes. On rencontre 
aussi de temps en temps le Genista corslca, qui croît plus vo- 
lontiers dans les lieux élevés et dnns des parties schisteuses; 
quoique ses rameaux soient très- épineux , il n'en est pas moins 
un arhuste précieux : il nous a fourni VEffusa , deux Phalènes 
inédites, la Corsicaria et la Pjoximaria y^ï an^ûyOpaca- 
ria, dont la chenille ressemble tellement à la Jourdanaiia 
qu'on peut à peine les distinguer. 

Parmi les végétaux plus humbles , nous voyons surtoul 
croître abondamment dans ces localités , et braver l'excessive 
ardeur du soleil , Y Elychrisium angustifolium ^ dont les belles 
fleurs dorées embellissent seules ces lieux quand le soleil a 
tout dévoré ; c'est sur cette jolie plante que j'ai trouvé la che- 
nille de la Jouidanaria , et celle d une espèce inédite à^Eras- 
iri'a que ses pattes seulement , au nombre de quatorze y 
m'avaient fait prendre pour une Phalène» Plusieurs autres es- 
pèces ne dédaignent pas les feuilles menues de cette plante, 
blanchie par un épais duvet. 

C'est dans ces lieux que se plaisent les\Srtfj/'(?5 ida^ ti- 
gclius , corinna , avlsteus , parmi lesquels on est surpris de 
rencontrer quelquefois l«/«rtir«. 

Nous n'oublierons pas de signaler une plante bien précieuse 
pour les chenilles polyphages , quand le soleil a brûlé, souvent 
à leur naissance, toutes les autres plantes herbacées; c'est 
VAspliodelus inicrocaipus , qui remplace dans ces lieux notre 
ramosiis , confiné ici sur les hautes montagnes; les feuilles 
longues, épaisses et insipides de cette plante forment , avant 
que la fleur n'ait paru , une toufle dans l'intérieur de laquelle 
la chenille, tout en dévorant le cœur , se trouve h l'abri des 
ardeurs du soleil et hors de l'atteinte d'un sol brûlant; c'est 
dans cette fraîche retraite que nous avons découvert la larve 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQLE. a53 

de la Polia asplwdeli , de la Xylina aust rails ^ et aussi de 
VOrbona^ pronuha ^ saucia ^ meiiculosa , etc. Une Pyrale 
jaune, particulière à l'île, lie souvent en faisceau les feuilles 
de cette plante; tandis qu'une autre espèce en fait autant, 
dans le midi de la France , sur VA» ramosus. 

Le Pancratium iliyricum est dans le même cas que l'As- 
phodèle. 

Dans des localités correspondantes, mais seulement calcaires 
ou schisteuses et où croit le Rhamnus alaternus, se rencontre 
souvent la Collas cleopalra; la Cheîonla pudica , qui se 
trouve aussi très-répandue dans ces lieux , disparaît prompte- 
ment si l'on monte plus haut. 

La saveur caustique du Daphne gnidlum ne rebute point 
plusieurs chenilles polyphages, et entre autres celles del'iÇ/-- 
}usa. 

Le myrte, qui caractérise si bien ce pays, est ici fort répandu; 
la suavité de son odeur , ses élégantes fleurs dont les étamines 
forment presque h elles seules toute la beauté , ne sauraient 
toucher le sauvage habitant qui , en chauffe sa cabane ; il n'é- 
chappe même pas à la voracité de la chèvre : ses feuilles ne 
paraissent plaire qu'à bien peu d'insectes , et nous n'avons ja- 
mais vu dessus qu'une seule chenil de Tlnélte. Nous n'aban- 
donnerons pas ces régions sans signaler une belle plante , sur- 
tout particulière au sol calcaire de Bonifacio; c'est VAitenilsla 
arhorescens ; outre la chenille de la Cacidîla tanacetl , elle 
nous a fourni celle de la Chamorulllœ \ dans ces mêmes lieux 
croissent la Cineraiia niaiidnia , le Romarin , le Buple^rwii 
suffruticosum , etc., plantes assez ingrates. 

Si on s'élève plus haut , jusqu'à 5 à 600 mètres , et dans les 
mêmes localités au nord de l'île, on ne voit que de vastes 
landes appelées MaJds ^ qui ont pris la place des forêts; elles 
sont formées par V Arbousier^ par les Phyllirea, VErlca 
scoparia et Varhorea , dont les rameaux se terminent en Ion- 



254 ANNALES 

gués panicules de fleurs blanches , qui au moindre mouvement 
iàissent échapper d'épais nuages de pollen qui incommodent 
beaucoup. Ces bruyères m'ont paru bien moins productives 
<jue dans nos pays. 

Les lieux schisteux fournissent la Scrophulnria ramosis- 
siina ^ dont nous avons déjà parlé, et une autre jolie plante 
cultivée dans nos jardins, la SantoUna incana ^ qui sert de 
nourriture à la Zygœna corsica et probablement à quelques 
autres espèces. Ces localités sont la patrie de plusieurs autres 
plantes plus ou moins productives; l'on y voit les Geiiista 
corsica, lobelii , VEuphorbia spinosa; l'on commence à 
rencontrer le Thymus heiha-barona , plante connue des 
habitans sous le même nom, et qui dans leur langage sert de 
comparaison pour toute odeur agréable ou plante précieuse; 
ils emploient même son nom comme terme d'amitié ou de 
tendresse. 

Quand on s'élève à travers les nombreuses sinuosités des 
montagnes, la principale et presque seule végétation, survenue 
après la destruction des forêts, est toujours composée de Cis- 
tes, de Bruyères, d'Arbousiers et de Phyllirea, qui forment à la 
longue des bois impénétrables qu'on appelle toujours makis j 
dans ces lieux on rencontre de temps en temps des bois de 
chênes verts, tristes débris que la flamme a plus ou moins 
épargnés ; c'est dans ces parages , de 5oo à i ,000 mètres de 
hauteur, que j'ai rencontré sur cet arbre les Bombyx huce- 
phala^ Bucephaloïdes^ mouacha^ Phalœnamavi^atitaria^ etc. 

Dans les parties humides de ces lieux croissent le bel 
Ahius cordaia et le Fraximis florifera qui descend quelque- 
fois dans les plaines. N'ayant que peu exploré ces localités , 
nous ne pouvons nous faire une idée juste de leur richesse en 
Lépidoptères. 

Il est vraiment extraordinaire comme, dans ces parties 
piontagueuses , les plantes méridionales se propagent jusque 



^ 



DE LA SOCIETE EiN TOMOLOGIQUE. a55 

sur des sommets extrêmement froids ; c'est un fait que j'avais 
déjà remarqué dans les Cévennes, où les plantes du Langue- 
doc viennent presque se mêler à des plantes alpines. 

Les insectes suivent aussi les plantes sur ces montagnes 
froides , et l'on y voit voler le Pandora mêlé au Paphla 
et au Rhamni , le Corinna et le Tigelius. C'est dans ces lieux 
qu'apparaît le Satyre neomyris qui , dans le nord de l'île , des- 
cend jusqu'au bord des plaines. 

Enfin V Arbousier d'abord, puis le Ciste à feuille de sauge ^ 

déjh tout rabougris, finissent par disparaître; le Quercus Ilex, 

devenu rare , ne tarde pas à abandonner VErica scopar'a qui 

termine les makis , et qui bientôt elle-même cède la place h 

une autre végétation qui commence de looo à 1200 mètres. 

Ces parties de l'île, primitivement couvertes de forêts de 

Hêtres et de Pinus lariXy et maritimaf que couronnaient des 

bois de Sapins, se trouvent presque partout dénudées. C'es^t ici 

la véritable patrie de VArgyne Elisaj elle y vole avec le Neo- 

myris et les espèces que nous avons mentionnnées plus haut , 

et qui bientôt les abandonnent tous les deux. Le Polyommate 

^Jrgus est le seul de son genre qui soit arrivé jusque là, et l'on 

s'aperçoit que déjh il a ressenti l'influence du froid par la teinte 

sombre et presque noire du dessous de ses ailes inférieures. 

Le principal arbuste qui croît dans ces lieux est le Juniperas 
a/pina , L. , que la violence des vents semble contraindre à 
ramper sur la terre. Nous avons plusieurs fois trouvé dans ces 
localités une belle Lithosie nouvelle que nous avons nommée 
hifasciala (elle descend d'ailleurs jusque dans les plaines) , 
la Phalœna ornataria, etc. 

Beaucoup d'espèces ont dû nous échapper dans ces monta- 
gnes, que nous avons peu visitées, et où nous n'avons rencontré 
que quelques Nocturnes peu intéressans. En s'élevant encore 
h l'extrémité des bois de hêtres , et lorsqu'on approche des 
derniers sommets , on trouve des bois de Sapins et à*yllnus 



256 ANNALES 

suai^eolens, qui paraissent être les derniers arbres. Quoique ces 
plantes doivent nourrir plusieurs espèces , elles ne nous ont 
rien offert. 

Enfin , si l'on dépasse ces arbres , l'on ne trouve que des ro- 
ches dénudées , ou couvertes d'un stérile gazon ; la nature 
dans ces régions ne produit que peu de plantes. 

UElychrysiuîu frigidiLui , qui revêt presque toutes les ro- 
ches , semble seul animer avec ses jolies fleurs blanches cette 
misérable végétation. Ces localités , où dans nos Alpes la na- 
ture a entassé avec profusion toutes ses richesses , sont ici 
tout-à-fait pauvres et stériles , et ne paient point h TEnlomo- 
logiste le prix de ses peines. C'est en vain qu'on croirait re- 
trouver des Polyommates, des Satyres, comme dans les autres 
montagnes: nous avons parcouru ces lieux à différentes épo- 
ques , sans jamais rien rencontrer. 

Cette pauvreté , je crois , tient surtout à la latitude : car 
d'après les données de M. Lefebvre sur la Sicile , il semblerait 
que les sommets de cette île ne seraient pas plus riches que 
ceux de la nôtre. Nous ne terminerons pas cet aperçu sans 
donner une idée de l'influence du territoire et du climat sur 
les Lépidoptères en général. 

En commençant par les Diurnes , nous retrouvons ici, 
comme dans le midi de l'Europe , nos deux espèces de Papil- 
lons', mais c'est avec surprise que nous voyons disparaîlre 
tout à coup le genre Thaïs , quoique les plantes qui nourrissent 
ces espèces (les Aristoloches), ne manquent point dans l'île; 
cette circonstance ne peut être due qu'à la nature du terrain , 
puisque les Thaïs se retrouvent dans les autres îles de la Mé- 
diterranée , dans la Péninsule espagnole et la Grèce. Je con- 
çois mieux la disparition du genre Parnassien, qui semble sur- 
tout particulier au nord de l'Europe, et dont on pourrait peut- 
être fixer l'étendue à un certain degré de latitude , quoique 
pourtant M. Lefebvre en ait rencontre deux espèces en Sicile. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. aS; 

On retrouve, comme on verra par notre catalogue , toutes les 
Piérides communes des environs de Paris, et de plus la Tagis. 
On retrouve aussi avec surprise la Col. Rhanmi. Le genre 
Polyommate est ici très-borné, et l'on s'étonne de ne ren- 
contrer qu'une seule espèce particulière au midi de l'Europe. 
La Limeiiitis catnilla paraît ici comme dans une grande par- 
tic de la France; mais, à l'exception du Jasius , les auttfes 
Nymphales ont disparu. ^ 

Nous rencontrons dans les Ar^ynnes une espèce caractéris- 
tique du terrain ; nous voyons le Paphia se mêler à la Pan- 
dora-^ mais nous cherchons en vain ces espèces qu'on a dési- 
gnées sous le nom de Damiers, et dont quelques-uns semblent 
braver facilement les chaleurs du midi de la France. 

Dans les Kanesses, VIchnusa vient caractériser le pays, dont 
elle semble éviter les portions calcaires ; si L. album s'y est 
aussi propagé, c'est ii l'exclusion de sa congénère C. album f 
qui pourtant ne commence à paraître que dans le midi de la 
France. 

Trois Saljres, dont deux surtout , viennent caractériser le 
terrain; à l'exclusion non moins caractéristique des Satyres 
blancs , que la chaleur est loin de contrarier , puisqu'ils se 
rencontrent dans tout le midi de l'Europe. S'il ne se trouve 
plus de Nègres y au moins la Corse a cela de commun avec 
d'auti'es îles de la Méditerranée. 

En Hespériesy on retrouve quelques espèces ordinaires; 
celle appelée Sao m'a paru tellement modifiée que j'ai cru 
devoir la considérer comme une nouvelle espèce. 

Nous rencontrons une nouvelle espèce de Sésie; mais nous 
ne pourrions assurer qu'elle soit particulière à l'île. 

Le genre Sphinx nous offre une belle espèce particulière, en 
Europe, à la Corse et h la Sardaigne; c'est le Dahlii, qui rem- 
place V Euphorbiœ et le Nicea, 

Le genre Smerinllw , peu nombreux, n'offre rien de parti- 



358 ANNALES 

culier; mais la nature se montre plus bizarre h l'égard dd 
o-enre Zygène, qu'elle exclut complètement, à l'exceptioiï 
d'une espèce toute caractéristique et particulière aux terrains 
schisteux, la Z. Corsica. 

Les Procris semblent être étrangers à l'île. 

Les Lithosies sont assez nombreuses; deux nouvelles es- 
pèces, et surtout une (la hifasciata) , paraissent tout-à-fait 
particulières au pays. ^^ 

La tribu des Chélouiaires est ici peu nombreuse ; mais une 
espèce remarquable et inédite nous a donné l'occasion de 
former un nouveau genre sous le nom de Trichosoma. 

Le genre P-nc/^e se retrouve ici, comme dans toutes les au- 
tres parties du midi. Une nouvelle espèce à''Orgya vient aussi 
caractériser les âpres roches granitiques de notre île, qui paraît 
d'ailleurs peu riche en Bombycites. Nous n'avons point vu de 
Stygia , et le genre Hépiale semble être tout-à-fait étranger 
au pays. 

Rien de remarquable pour les autres Bombycites, 

Dans les Noctuélites rien d'extraordinaire; la plupart des 
genres se retrouvent; et parmi ceux-ci, les genres Agrotis^ 
Plusia^ CuciiUia et les Catocala nous fournissent le plus 
d'espèces. 

Une espèce fort remarquable semble faire le passage aux 
Herminies , et formera un nouveau genre , sans doute particu- 
lier à l'île. Les Phalénites , à l'exception de quelques espèces 
nouvelles , sont dans le même cas que les précédentes. Nous 
ne dirons rien des petites espèces ; leur étude est trop peu 
avancée. 

Nous allons passer immédiatement à la description des es- 
pèces inédites , et nous terminerons cette notice par le cata- 
logue de toutes les espèces que nous avons recueillies dans 
l'île, 



bE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25^ 

Diurnes, 
G. PiERis. Pieris Tagis. PI. 7,%. 1, 2. 

P. Beliœ statura y eique simillima. Alis anticis minus produetis ; 
macula nigra discoidali , supra part^a , infra lunata , minima , //- 
ncari pupillata ', posticis infra albo non argenteo maculatis, 

Hubner, Pap. tab. 110, fig. 565, 566. 

Esper. Pap. Europ. tab. 117, fig. 5, 6. 

Ochseaheimer, Schmet von Europ., t. 1, p. 162. 

Goflart, Encycl. méth., t. 9, n° 28. 

Boisduvalj P. Belleziiiaind, metb.? P. Tagis, p. 27, pi. y, 
fjg. 12 3. icon. hist. ? 

Duponchel , Suppl. aux Diurnes de Godart, t. 1, pag, 29, 
pi. 3, fig. 5, 6. ? 

Cette Piéride ressemble presque entièrement h la Belia; 
mais les ailes supérieures sont plus arrondies, et leur bord 
antérieur n'offre pas, vers son milieu, de concavité bien sen- 
sible. La tache noire discoïdale en dessus est plus étroite; en 
dessous, elle est réduite à un petit croissant traversé, dans 
sa longueur , par une ligne blanche. Le dessous des ailes infé- 
rieures est également très-semblable à la Belia ; mais les tache» 
blanches sont ordinairement plus petites , pas sensiblement 
argentées. Ce caractère n'est pas d'ailleurs constant , puisque 
V Ausonia a quelquefois ses taches blanches argentées. 

Nos individus diffèrent assez notablement de ceux de Pro- 
vence appelés 5e//e^//2rt, et que M. Boisduval considère comme 
la véritable Tagis : ainsi, dans les nôtres, le sommet desailes^ 
supérieures est en dessus d'un noirâtre lavé d« blanc moins 
foncé , avec les taches blanches bien moins larges ; les taches 
blanches du dessous des inférieures sont aussi moins larges , 
plus nombreuses, quelquefois un peu nacrées. Le dessous do 



î6o ANNALES 

ces ailes ressemble beaucoup à celui de certains individus àcBe- 

lia; tandis que, dans l'autre, il se rapprocherait de T^M^oma. 

Il pourrait bien se faire qu'ils formassent deux espèces dis- 
tinctes , et alors les individus de la Corse sembleraient être la 
vraie Tagis, Toutefois ces deux espèces se rapprocheraient 
beaucoup par un caractère commun, la petitesse et la forme 
de la tache noire discoïdale. 

Cette espèce paraît en Corse au mois d'avril et au com- 
mencement de mai , aux environs d'Ajaccio , où ne se rencon- 
tre plus les P. ausonia et helia. 

Diurnes, 

G. Vanessa. Vanessalchnusa, PI. 7, fig. 5. Bonelli, mem. 
de VAc, de Turin. 5o v., pag. 17^ » tab. 5, fig. 2. 

F', urticœ simillima , alis anticis duobus punctis sœpissime carenti- 
hus , fasciafuha posticarum latiore. 

Celte Vanesse ressemble presque entièrement à la V. Urlicœ; 
mais les deux points noirs extérieurs et discoïdaux des ailes 
supérieures manquent presque toujours. Le troisième est plus 
rapproché de la base de l'aile; et la tache couleur d'ocre, qui 
est placée h son côté externe dans l'autre espèce , manque ici; 
elle reparaît quelquefois un peu chez la variété signalée plus 
bas. La bordure des ailes est ordinairement plus foncée; la 
large bande fauve transverse des ailes inférieures est bien plus 
large dans son milieu. 

Le dessous des ailes est semblable , ordinairement un peu 
plus obscur. Une petite famille de chenilles m'a produit une 
variété chez laquelle les deux points noirs , qui avaient dis- 
paru, commencent à se montrer plus ou moins; tandis que 
le troisième , qui s'approche de la base , tend à disparaître 
quelquefois presque entièrement. Elle conserve du reste tous 
ses autres caractères. 



D^A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQL'E. 261 

Elle a les mêmes mœurs que sa congénère, et paraît aux 
mêmes époques dans les parties montagneuses. Quoiqiî'ollc 
fréquente toute l'ile , elle est cependant rare dans les par- 
ties basses et chaudes où les orties sont bientôt brûlées par le 
soleil; tandis que je l'ai vue voler assez communément jusque 
sur le sommet du mont d'O/o : elle atteint ainsi des régions 
qui s'élèvent de plus de 2700 mètres au dessus du niveau de 
la mer. La chenille est noire, très-finement piquée de blanc, 
et plus claire vers le pli des anneaux. 

Au dessus des stigmates , il existe une ligne rougeâtre plus 
ou moins apparente , bordée inférieurement par une ligne 
brune sinueuse qui porte les stigmates; ceux-ci sont ovoïdes , 
noirs , à disque peu visible , entourés d'une ligne paie. 

Plus bas se voit une ligne d'un jaunâtre obscur de la cou- 
leur du ventre , dont elle est séparée par une autre ligne de 
couleur noire, tantôt macuîaire , tantôt presque nulle. 

La partie antérieure du ventre et les espaces compris entre 
les pattes , sont noirs; quelquefois cette couleur envahit pres- 
que tout le ventre. 

Chaque anneau présente une rangée circulaire de sept épi- 
nes rameuses, excepté les deuxième et troisième, qui n'en ont 
que quatre. Ces épines sont noires en dessus, plus claires sur 
les parties claires. Leur base est très-brillante, et forme comme 
un point bleuâtre. Outre ces épines , dont les premier et dou- 
zième anneaux sont privés, le corps, principalement aux cô- 
tés, est garni de poils blanchâtres. 

La tête est échancrée en cœur supérieurement; elle est 
très-noire , avec de petits tubercules pilifères blanchâtres. 

Les pattes écailleuses sont noires ; les autres sont verdâtres , 
avec une taciie noirâtre au côté externe. 

La chrysalide ressemble à celle de la V, urùcœ : elle est 
brune ou noirâtre; (juelquefois lavée d'un peu de rougeâtre, 
avec des parties plus cinires. ^ 

I. 18 



262 ANNALES H 

L'extrémité des pointes du corps est souvent rougeâire ou 
d*UD rougeâtre argenté, avec six taches argentées au delà du 
dos , qui manquent souvent. 

Cette chenille vit sur VUrtica htsplda. 
Je ne l'ai jamais rencontrée sur d'autres espèces, telles que 
VUrtica pilulifera , membranacea et dioica qui nourrit chez 
nous VUvticœ, quoiqu'elles soient souvent très-communes 
dans l'île; elle les mange cependant , quand on les lui donne : 
mais elle préfère toujours Vhispida, Elle vit en sociétés qui se 
dispersent après la quatrième mue , et quelquefois avant. 

Le papillon passe l'hiver, et se montre en février et mars 
pour la première fois dans les plaines , et en mai , dans les 
montagnes 5 pour la seconde fois en mai , dans les pre- 
mières localités , où il est très-difficile de concevoir comment 
il peut se reproduire pendant les chaleurs de Tété , puisque 
toutes les orties sont brûlées. 

Il paraît d'ailleurs dans les montagnes absolument aux mê- 
mes époques que la ^^ iirticœ dans ces pays- ci. Il a été décou- 
vert dans l'île de Sardaigne , sur le sommet du Genargentu , 
le 20 mai 1825, par M. de la Marmora. 

G. Satyrus. Satyrus Aristeus» (Boniîlli, Mém., pag. 177? 
tab. 2,%. 1.) 

Nous croyons que c'est à tort que Boneili a fait de ce pa- 
pillon une espèce distincte. Il n'est évidemment qu'une va- 
riété du Semele (L.). Il n'en dilï^re qu'en ce que la couleur 
fauve du dessus des quatre ailes et du dessous des inférieures 
s'étend sur presque toute leur surface. Cette variété est d'ail- 
leurs constante dans l'île, où elle existe seule. Elle se trouve 
dans toute la Corse, et s'élève même dans les montagnes à une 
grande hauteur sans éprouver aucun changement. 

9 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a6v3 

Satyrus Tigelius. 

(BoNELLi. Mémoires de C Académie de Turin, 5o vol., p. i8i, 
tab. I , fig. 2.) 

Simillimus S. mcgœrœ^ sed ininor. Alarum posticarum disco^fascia 
média transiter sa supra destituto. 

Ce Satyre ressemble beaucoup au Megœra; mais les dif- 
férences qu'il présente étant toujours constantes , nous pen- 
sons avec Bonelli qu'il doit former une espèce. II est toujours 
plus petit; la bande transverse et oblique du dessus des ailes 
supérieures du mâle est plus étroite vers le bord antérieur de 
l'aile; les trois autres lignes Iransverses qui partent de ce bord 
sont également plus étroites; et la ligne qui, en faisant un 
angle du côté de la marge , vient s'arrêter vers l'angle posté- 
rieur de l'aile , est presque complètement effacée : aux ailes 
inférieures , la base est moins obscure , et cette partie est li- 
mitée par une ligne moins sinueuse ; mais le principal carac- 
tère , et qui est toujours constant , c'est que l'espace compris 
entre cette ligne et la rangée d'yeux, n'offre jamais de bande 
noire transverse. Il y a des femelles chez lesquelles les lignes 
du dessus des ailes disparaissent presque complètement. Le 
dessous ne présente pas de différence bien notable; seulement 
il est plus varié aux ailes inférieures, et la ligne blanchâtre, 
ou d'un blanc grisâtre , qui longe la marge des ailes , est plus 
vive et plus anguleuse. Tout le reste est à peu près semblable. 
Ce qui paraît confirmer l'authenticité de celte espèce , c'est 
que les individus de Megœra, pris dans les parties de l'Europe 
plus chaudes que la Corse , diffèrent peu des nôtres , tandis 
{{UGA^Tigelius en Corse et en Sardaigne remplace ses deux 
congénères. 

La chenille est d'un vert clair; le vaisseau dorsal est cou- 



264 ANNALES 

vert par une petite bande d'un vert plus foncé , sinuéc et bor- 
dée d'un petit liseré jaunâtre. Entre cette bande et les stig- 
mates , il en existe une autre , h peine visible , fort sinueuse , 
très-légèrement bordée de jaunâtre. On voit au dessous des 
stigmates une ligne longitudinale pâle , d'un blanc jaunâtre 
ou verdâtre, qui disparaît antérieurement, et qui est bordée en 
dessus par une nuance plus foncée. 

Les stigmates , dont on ne distingue bien que le premier et 
le neuvième, sont courtement ovoïdes , avec la bordure ferra 
fineuse et le disque plus pâle. La tête est arrondie, rugueuse, 
verte et hérissée de petits poils ; un des yeux lisses est double 
au moins des autres, et très-saillant comme dans la Alegœra, 

Les pattes sont verdâtres , avec les crochets un peu roussâ- 
tres. 

Le corps est couvert de petits poils noirâtres qui partent do 
très-petits tubercules blanchâtres. 

L'extrémilé du dernier anneau porte au dessus de l'anus 
deux petites cornes horizontales et hérissées de petits poils. 

La chrysalide est tantôt verte, avec quelques atomes noirâ- 
tres , et, sur la face dorsale de l'abdomen , deux rangées de six 
ou sept tubercules blanchâtres , noirs a l'extrémité; tantôt elle 
est noire, comme chagrinée de très-petits atomes pâles , avec 
les deux rangées de tubercules, deux points h la crête dorsale, 
et l'angle supérieur de l'enveloppe, des ailes roussâtre; elle 
est un peu plus courte que celle du Megsera. 

Dans ce Satyre , comme dans ses congénères , la couleur 
n<^re de la chrysalide ne vient point à la longue, comme Godart 
le pensait; mais les chrysalides sont noires ou vertes dès le 
commencement. 

Cette chenille vit de graminées. Elle paraît, ainsi que le pa- 
pillon , presque toute l'année dans les parties chaudes; dans 
les montagnes , où elle s'élève très-haut , elle suit les mêmes^ 
époques que le Megœra. 



DE LiV SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGÏQUE. 265 

G. Hésperia. Hesperia Therapne (PI. 7, fîg. 4)* 

//. Sao similis^ sed paulo minor. Alis anticis ^ supra fascia maculari 
exterua interrupta , série marginali atomorum vixflexuosa. 

Cette Hespérie ressemble beaucoup à la Sao. Ses ailes sont 
en dessus d'un brun noirâtre, plus ou moins mélangé de blanc 
jaunâtre , et quelquefois lavé de rougeâtre. Les taches qui 
composent les deux séries transverses des ailes supérieures 
sont plus larges que dans la Sao , et la série externe est tou- 
jours interrompue dans sa continuité, n'étant formée anté- 
rieurement que par trois taches souvent confondues entre el- 
les; la quatrième, qui vient après , se trouve plus rapprochée 
du bord externe que dans la Sao. Mais ce qui la caractérise 
surtout , c'est que la ligne marginale d'atomes blanchâtres , 
souvent à peine visible, est ici beaucoup moins flexueuse et 
plus proche de la frange. Les ailes inférieures ont la série 
transverse du milieu de l'aile formée de taches beaucoup plus 
larges. Toutes ces taches sont d'un blanc jaunâtre ou rous- 
sâtre. 

Le dessous , qui reproduit quelques unes des différences du 
dessus, ne diffère pas , du reste, sensiblement de l'autre es- 
pèce. 

La massue des antennes , qui est toujours en partie noire 
dans la Sao ^ a , dans notre espèce , la face interne de l'extré- 
mité d'un rouge foncé. 

Cette Hespérie est peu répandue dans l'île ; on la trouve à 
la même époque que la Sao. 



26a ANNALES 

Crépusculaires, 

G. Sphinic. Sphinx Dalhii [Treitschke). 

S. Euphoi'biœ similis. Alis anticis alho rufescentibus . F^ascia 
margineque anteriore olii^aceis. Posticis rubris , basi strigaque 
nigris, Dorso strigis duabus albis. Abdomine tribus maculis latera- 
libus nigris. 

Boisd. Ind. meth. 

Ce beau Sphinx ressemble beaucoup au S, Eupliorhiœ ^ 
dont il a presque tout h-fait le dessin. Les principales différen- 
ces qui le caractérisent sont d'avoir , i° les nervures des ailes 
supérieures jaunâtres un peu comme dans le S, lineata; 2" les 
épaulettes (plérjf^odes , Lat.) entièrement ceintes de blanc; 
3° d'avoir trois taches noires sur les côtés de l'abdomen , dont 
les anneaux sont bordés en dessus d'un reflet bleu. Les trois 
taches de l'abdomen le distinguent aussi du Zygophylli , dont 
il est singulièrement rapproché. Il paraît deux fois comme 
V Euphorbiœ t en avril et au commencement de mai', puis en 
août. Nous renvoyons , pour la description et la figure de la 
chenille > à la Collection icon. et hist. des chenilles d'Europe^ 
que nous publions de concert avec MM. Boisduval et Graslin. 

G. Slsia. Sesia anthraciformis (PI. 7, fig. 7). 

Alis anticis viridi-violaceo-nigrescentibus<, spatiis diiohus hyalinis^ 
Posticis hfalinisy marginibus nigris. Fimbriis brunneis. Antennis^ 
capite , corpore pedibusque viridi-violaceo-nigrescentibus. 

Elle est de la taille de la Fonnicœfomds, Ses ailes supérieu- 
res sont d'un noir verdâtre , qui quelquefois devient un pou. 
bleuâtre vers l'extrémité de l'aile et le long du bord posté- 
rieur; elles offrent deux espaces vitrés, dont l'externe , presque 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 267 

carré , est traversé par deux nervures , et le second , qui est 
allongé, par une seule nervure; on aperçoit aussi quelquefois 
près de la base une légère éclaircie vitrée linéaire. Les ailes 
postérieures, presque entièrement transparentes, ont leur base 
noire h sa naissance , et une bordure étroite d'un noir bleuâ- 
tre. La nervure qui ferme la cellule discoïdale est bordée de 
noir du côté externe. La frange est brune; le dessous des ailes 
ne diffère pas sensiblement. 

La tête , les pattes et tout le corps sont entièrement d'un 
noir plus ou moins verdâtre , quelquefois bleuâtre sur les pat- 
tes. Les palpes et les antennes sont de la même couleur, ces 
dernières sont très-fmement velues à leur face inférieure dans 
le mâle; le tibia est très-épais, surtout dans le mâle. J'ai 
trouvé cette Sésie dans le mois de mai sur les tiges et les feuil- 
les de y Eupliorhia mj rsinites , et dans des lieux où il n'exis- 
tait presque que cette seule plante; ce qui me fait penser que 
sa larve pourrait bien vivre dans l'intérieur de cette Euphorbe. 

Crépusculaires. 

G. Zyg^na. Zygœna Corsica (PI. 7,fig. 5. 6). 

^lis anticis lateo-rufis ; marginibus virUi-cœrideis, maculis quinque 
rubris. Posticis rubris • cotlari, liumeris ^ pedlbus ^ abdominisque 
subtils annidorum margiiie albidis. 

Boisduval. Mono, des Zyg. p. 81, pi. 5, fig. 2. 

Elle est de la taille de la Z. Fausta. Les ailes supérieures 
sont d'un jaune roussâtre : couleur qui est plus ou moins en- 
vahie, surtout chez le mâle et sur les bords de l'aile, par une 
teinte d'un bleu violet- verdâtre. Cette teinte même s'é- 
tend , mais très-rarement , sur presque toute l'aile. Chez la fe- 
Dielle , elle est bornée au sommet et à une partie de la frange. 
Ces ailes présentent cinq taches rouges, placées comme à l'or- 



2G8 ANNALES 

dinaire. Leur frange est d*un bleu violet ou noirâtre , avec le 

horà externe roussâtre chez la femelle. 

Les ailes inférieures sont d'un beau rouge; avec la frange 
d'un noir bleuâtre, qui s'étend souvent un peu sur le bord de 
l'aile chez le mâle. 

Le corps est d'un noir plus ou moins bleuâtre , avec le bord 
postérieur des anneaux du ventre blanchâtres en dessous. Cette 
couleur s'étend même chez la femelle sur une grande partie du 
dernier anneau , et sur le bord dorsal des deux précédens; les 
deux épaulettes {ptérygodes, Latreille) sont blanches dans la 
femelle, et seulement en partie chez le mâle. Le pj'othorax en 
dessus est blanchâtre; la tête est de la couleur du corps; avec 
les antennes fortement en massue , et d'un noir verdàtre. 

Les yeux sont bordés postérieurement par une ligne blan- 
che. Les pattes sont d'un blanc sale chez la femelle, avec les 
faces supérieures et antérieures des cuisses de la couleur du 
corps , et les tarses un peu obscurs ; le blanc domine beaucoup 
moins chez le mâle. 

Cette jolie espèce paraît au commencement de juin. Elle 
vole assez rapidement en plein soleil; mais, à l'approche de 
la nuit , elle va se poser sur les tiges sèches des bruyères ou 
sur celles de la plante dont sa chenille se nourrit. 

Cette chenille est d'un brun clair un peu bleuâtre, A la 
loupe, son corps est très-finement pointillé de noir; il y a , 
sur le vaisseau dorsal , une ligne blanchâtre à peine visible , 
qui quelquefois n'est sensible qu'au bord postérieur des an- 
neaux. 

En descendant un peu vers les côtés , on voit une série lon- 
gitudinale de taches d'un noir velouté. Ces taches sont trian- 
gulaires , avec l'angle le plus aigu tourné vers le vaisseau dor- 
sal ; elles sont placées au bord antérieur de chaque anneau ; 
îe premier seul en manque. Immédiatement au dessous existe 
une autre série de taches jaunes, plus petites que les autres , 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 269 

av^c une de leur extrémité qui s'avance entre celles-ci. Elles 
sont placées au bord postérieur des anneaux; les deux extrê- 
mes en sont privés. 

Plus bas se trouvent les stigmates ; ils sont arrondis; un peu 
brunâtres, avec la bordure noire et saillante. 

Les masses de petits tubercules pilifères qui sont au dessus , 
et ceux qui sont à la base des pattes membraneuses , forment 
des groupes saillans comme dans les écailles , mais plus larges, 
ils produisent de petits poils blanchâtres ou brunâtres. 

Le premier anneau , qui dans le repos se cache dans le 
deuxième , loge lui-même la tête , et est bordé antérieure- 
ment de jaune. 

La tête est très-petite , d'un noir luisant. Cette chenille , 
pour se métamorphoser , file , le long d'une tige , une coque 
presque ovoïde, un peu comprimée, pointue à ses deux ex- 
trémités, luisante, d'une consistance papiracée; elle est d'une 
couleur uniforme d'un roux très-pâle. Elle présente en des- 
sus deux plis saillans qui parcourent toute sa longueur ; on en 
voit un ou deux autres sur les côtés. Outre cela , elle est plus 
ou moins rugueuse , et irrégulièrement réticulée. 

La chrysalide est courte , assez épaisse , noirâtre , plus fon- 
cée sur l'enveloppe des ailes; les diverses parties de l'insecte 
y sont bien distinctes. 

Sa face dorsale est elliptique. Les antennes sont si saillantes 
qu'elles semblent n'être qu'appliquées sur la chrysalide. 

Les pattes postérieures s'avancent jusqu'au dernier anneau. 
Le bord des anneaux du ventre est roussâtre en dessous. Les 
ailes postérieures dépassent les autres, et s'avancent vers la 
face dorsale; elles sont d'un rouge très-obscur. 



ajo ANNALES 

Nocturnes lomhycites» 

G. LiTHOSiA. LUhosia hifascîala (PI. 8, fîg. j i ). 

L» alis anticis albis , lineis longitudinalibus , fasciisquc duabiu 



Cette Lilhosie a tout-à-fait le port et la taille de la L. Cri-- 
brum, mais elle forme une espèce bien distincte. 

Les ailes supérieures sont en dessus comme dans la L. Cri- 
hriim , mais elles ne sont traversées dans leur largeur que par 
deux bandes noirâtres , dont la première plus éloignée de la 
base, et la seconde correspondant à la troisième du Crihrum, 
De plus , la ligne qui traverse dans sa longueur la cellule dis- 
coïdale dans le Cribruin , borde ici la nervure antérieure de 
cette cellule. Les ailes inférieures sont d'un brun plus foncé, 
et leurs nervures sont postérieurement bordées de lignes rous- 
sâtres qu'on ne voit pas dans l'autre. 

Les antennes sont un peu plus pectinées dans le mâle. Il y 
a deux gros points noirâtres sur le prothorax , et l'on voit ime 
large bande de la même couleur sur chaque ptérygode. Quoi- 
que notre espèce varie tout comme l'autre, les caractères que 
nous venons de citer sont toujours constans. 

Cet insecte se montre dans toute la Corse , mais il afîec- 
lionne surtout les montagnes. 11 paraît dès le mois de mai; dans 
ies montagnes élevées , ou le rencontre jusqu'à la fin de l'été. 

La chenille est d'un brun-roussâtre plus ou moins foncé. Il 
existe sur le vaisseau dorsal une ligne d'un jaune roux; entre 
cette ligne et les côtés , on aperçoit une autre ligne longitu- 
dinale roussâtre , souvent à peine visible. Les côtés sont rous- 
sâtres , plus ou moins nuancés de brun; les parties , qui sont 
au dessus des pattes , sont un peu plus brunes , et le ventre 
est roussâtre. 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 171 

Il y a sur chaque anneau une ou deux rangées circulaires 
de tubercules brunâtres portant des touffes de poils courts , 
dont il y en a de blanchâtres et de noirâtres. 

Les stigmates sont oblongs , un peu comprimés , noirs. La 
tête est d'une couleur cuivreuse obscure, fort brillante. Les 
pattes sont rousses , les écailleuses plus foncées. 

Elle fait une coque très-légère , grisâtre , et produit une 
chrysalide noire , épaisse, ventrue , avec le corps rétréci dans 
la femelle. Elle est très-obtuse à son extrémité, et les anneaux 
de son ventre sont garnis de soies crochues très -fmes. Elle 
éclot en mai , juin , juillet et août. 

Cette chenille est polyphage. Elle aime surtout les grami- 
nées, chicoracées, etc. 

Liihosia rufeola {V\, 8, fig. 12). 
L, gris eoruf es cens , alis anticis punctis aliquot nigrescentibus. 

Cette espèce n'est pas plus grande que la L. seiva» Les ai- 
les sont roussâtres ou grisâtres ; les supérieures sont finement 
sablées d'atomes noirs irrégulièrement disséminés; l'aile est 
traversée, un peu avant son milieu, par une rangée de quatre 
points noirâtres qui peuvent s'unir et former comme une bande 
oblique. Plus loin, et dans le centre de l'aile, se trouvent deux 
autres points noirâtres qui se prolongent pour s'unir en ua 
angle aigu. 

Le dessous des ailes supérieures est brunâtre , avec les 
bords plus pâles , excepté à la base. Celui des inférieures est 
semblable au dessus ; avec le bord antérieur, à partir de la base, 
d'un brun roussâtre très-pâle. 

La tête et les palpes sont roussâtres ; les antennes sont un 
peu ciliées. Tout le corps est gris, avec le ventre blanchâtre. 
Les pattes sont grises , avec leur iace interne et'îes tarses un 
peu rousiiâlrcs. Je n'ai point trouvé la femelle. 



an2 ANNALES 

On rencontre cette petite espèce le long des haies et de^ 
murailles , au mois de mai. 

G. Trichosoma. Trichosoma Corsicum, (PI. 8, fig. 6.) 

Arclia, (Schrink. Latreille. ) Eyprepia (Ochsenheimer). 
Cheloiiia ( Godart ). 

T. Alis anticis nigris, rivuUsful^o-roseis. Vosdcis fulvis^ nîgro ma- 
culatis. Fœmina vix hemi'ptera. 

Ce joli Lépidoptère, qui, au premier abord, semblerait se 
placer dans le genre Chelonia , à côté de la C. Plantaginis , 
s'en éloigne beaucoup par ses caractères , que nous avons 
trouvés sufïisans pour former un genre nouveau. 

Ce genre paraît comprendre trois espèces : T. Latreillii? 
Corsicum, et Parasitus. 

Caractères du genre Trichosoma : 

— Chenilles velues , polyphages. Chrysalides courtes , épais- 

ses , n'ayant point les anneaux du ventre flexibles; enve- 
loppées dans une coque , lâche , très-petite. 

— Insecte parfait. Fem. : ailes au moins moitié plus petites 

que celles du mâle; antennes courtes, fmement dentées. 
Mâle : ayant les antennes pectinées , avec les dents ter- 
minées par un poil penché vers l'extrémité. 

— Palpes inférieurs cyUndriques , médiocrement longs, très- 

velus. Spiritrompe courte, disjointe à l'extrémité. Tibia 
des pattes antérieures très-court, évasé antérieurement, 
avec le bord plus ou moins denté , portant un péroné (i ) 

(i) Nous appelons ainsi un prolongement filifoime ou en pointe, qui 
pari de la face interne du tibia, plus ou moins près de sa base , dont 
la forme et la longueur varient beaucoup , et qui se rencontre dans un 
grand nombre de Lépidoptères, surtout les Borabycifes, Noctuélites 
Phaiénites , etc. 



DE Li SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE §;5 

de sa longueur ou plus long que lui; filiforme. Celui 
des postérieures ne portant qaune paire d*épines. 
— Il paraît au commencement du printemps. Le mâle cher- 
che sa femelle en volant rapidement à l'ardeur du so- 
leil. 

Elle est de moitié plus petite que la Ch. Planlaginis, et lui 
ressemble un peu pour le dessin des ailes. Les ailes supérieu- 
res sont noires , avec des lignes sinueuses transverses qui s'a- 
nastomosent dans dilTérens endroits. Ces lignes sont au nombre 
de quatre ou cinq ; leur couleur est d'un jaune fauve, plus ou 
moins lavé de rouge. Les postérieures sont fauves , avec une 
bande marginale postérieure , formée de taches noires plus ou 
moins rapprochées et confondues , et deux ou trois lignes de 
la même couleur qui partent ('e la base pour venir s'unir à ces 
taches. Le bord postérieur de la cellule discoïdale est couvert 
par un croissant noir; les franges sont brunes. 

Le dessous des ailes est d'un jaune fauve, avec des bandes 
et des taches noires plus ou moins marquées , et qui corres- 
pondent au dessin du dessus, 

La femelle a les ailes rudimentaires, velues, ciliées, étroites, 
d'un jaune fauve pâle, plus ou moins marquées de bandes et 
de taches noires. Leur grandeur varie un peu, selon les indi- 
vidus. 

Le corps est très velu, comme dans les Psyché; il est noirâtre, 
et ses poils sont nuancés de blanchâtre ou de roussâtre. L'ab- 
domen est également très-velu , noir ou noirâtre en dessus , 
plus ou moins fauve en dessous et à l'anus. Chez la femelle , il 
est gros, d'un gris roussâtre, avec l'anus fauve. Les pattes 
sont noires, un peu variées de fauve; les antennes sont de !u 
même couleur , avec l'axe plus ou moins fauve h. l'extérieur. 

Cette espèce voltige pendant l'ardeur du soleil avec uneex- 
trôQie rapidité; e le commence à paraître dans le mois de mars, 
et continue jusque dans le mois de mai. Elle se trouve surtout 



2^4 ANNALES 

dans les parties montagneuses, où elle s'élève quelquefois très- 
haut. 

L'accouplement du mâle et de la femelle dure une ou deux 
heures, ou un peu plus. La femelle commence à pondre immé- 
diatement après. Dans cette opération , qui dure plusieurs 
jours, elle ne produit pas moins de cinq à six cents œufs, qu'elle 
assemble en un petit tas , mêlé avec une partie des poils de son 
abdomen. Son corps est alors réduit à très-peu de chose, et 
elle meurt en pondant ses derniers œufs, sur le tas même 
qu'elle a formé. Ces œufs sont lisses , iuisans; ils ont la forme 
d'un peu plus de la moitié d'un ovoïde; l'extrémité tronquée, 
est enfoncée en dedans , et forme une cavité. Leur couleur 
est d'un blanc roussâlre ou jaunâtre. Au bout de quinze jours 
ou trois semaines , ils noircissent , et les petites chenilles en 
sortent peu de temps après , et par l'extrémité conique. Elles 
restent au moins une journée sans manger, et sont alors 
presque immobiles ; ensuite elles s'assemblent en différons 
groupes sur les plantes qu'on leur a offertes. Au bout de plu- 
sieurs jours, elle est d'un blanc verdâtre, un peu roussâtre. 
Chaque anneau porte une rangée circulaire de tubercules 
noirâtres , d'où sort un long poil , qui , <^ une forte loupe , 
semble rugueux. La lête est très-noire. Arrivée h sa troisième 
mue , sa couleur est très-différente. On voit une ligne blanchâ- 
tre sur le vaisseau dorsal , et le dos est occupé par une large 
bande noire; les côtés et le ventre sont rougeâtres; les touffes 
qui partent de chaque tubercule sont composées de poils peu 
longs, noirâtres, mêlés de quelques-uns qui sont blanchâ- 
tres. 

Après sa quatrième mue , le vaisseau dorsal forme une raie 
blanchâtre ; une large bande noirâtre règne ^ur le dos; la cou- 
leur des côtés est roussâtre ou blanchâtre , et l'on voit quel- 
quefois une ligne jaune formée d'une série de taches bordées 
de noir supérieurement le long de la bande dorsale; entre 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2^5 

celle-ci et la base des paltes , il existe deux ou trois lignes noi- 
râtres plus ou moins distinctes. Le ventre est de la couleur des 
côtés , un peu lavé de brunâtre. Les trois premiers anneaux et 
les quatre derniers portent des touffes de poils noirâtres , plus 
pâles sur les côtés; avec quelques uns blanchâtres, plus longs. 
Sur les autres, ces touffes sont rousses ou fauves , plus pâles 
sur les côtés; quelquefois cependant elles restent noires sur 
le dos , étant seulement roussâtres sur les côtés. Les pattes 
sontroussâtres; la tête, qui est rousse ou roussâtre, porte deux 
taches noires à son sommet qui Tenvahissent souvent complè- 
tement. 

Cette chenille est polyphage , et se trouve dans le mois de 
mai ; elle file entre les herbes une légère coque brune ou rous- 
sâtre , pressée sur la chrysalide. Celle-ci est courte , épaisse , 
d'un rouge obscur. Son extrémité postérieure , qui est très- 
obtuse , se termine par une petite pointe. Dans la femelle , le 
corps de la chrysalide est beaucoup plus mince que l'abdo- 
men. 

G. Orgya.. Orgya rupestris (PI. 8, fig. i, 2, 5, 4» 5). 

Or g. staUira Or g. antiquœ , ails fasco-fernigineis , anticis strîgis 
tribus obsolciisj cinereis , extcrna in maculam nivcam desinente. 
Fœmina aptera , oi^a infollicido pariente. 

Ce Lépidoptère est à peu près de la grandeur du Gonos- 
tlgma; ses ailes supérieures sont d!un roux-foncé obscur; el- 
les sont traversées par trois lignes sinuées, anguleuses, plus ou 
moins marquées , d'une couleur cendrée , et dont Texterne se 
termine vers l'angle postérieur de Taile par une tache blan- 
clie. On voit quelquefois partir du bord antérieur le commen- 
cement d'une quatrième ligne; d'autres fois , toutes ces lignes 
disparaissent presque complètement. II y a sur le milieu de 
l'aile une tache réniforme blanchâtre , traversée dans sa Ion- 



276 ANNALES 

gueur par une ligne noirâtre plus ou moins visible. Les a'ile.^ 

postérieures ont la même forme que dans le Gonostigma^ mais 

elles sont un peu plus allongées dans la direction de leur aii2;le 

postérieur. Elles sont d'une coaleur un peu plus pâle que les 

autres. 

Le dessous des ailes est d'une couleur rousse uniforme. 
Les antennes sont fortement pectinées , Lrunes , avec l'axe 
roussâtre. Les pattes et le corps entier sont d'un brun roussâ- 
tre. Cette description ne concerne que le mâle. 

La femelle est à peu près aptère, ses ailes étant réduites h 
deux très-petites écailles velues. Tout son corps est couvert 
d'un duvet blanchâtre; ce n'est guère qu'un sac complète- 
ment rempli d'œufs. Des débris de la chrysalide restent pres- 
que toujours sur la tête et les parties du corps environnantes. 
Cette femelle, dont l'existence est bornée au seul acte de 
la reproduction, ne sort point de son cocon, au travers du- 
quel elle avance son anus pour que le mâle puisse s'accoupler. 
Cela fait , elle remplit sa coque de ses œufs, qu'elle entremêle 
de duvet , et dont une forte couche recouvre la masse entière. 
Après sa ponte achevée , à peine si l'on retrouve quelques par- 
celles de son corps. M. le comte de Saporta a observé les mê- 
mes mœurs dans l'Or. Trigotephras , aux environs d'Aix. 

Les œufs sont arrondis, lisses, blanchâtres; les petites 
chenilles en sortent à la fin du mois d'avril ou au commence- 
ment de mai. Elles s'échappent par des petits trous qu'elles 
font à travers la coque , et dont un petit nombre sert à la sor- 
tie de toutes les chenilles. 

Arrivée à toute sa grosseur, cette chenille est noirâtre; elle 
a sur le dos deux lignes fauves, sinueuses , plus ou moins lar- 
ges, quelquefois à peine sensibles, manquant sur le prcmlei^' 
et le dernier anneau. 

Les côtés présentent une série longitudinale de petits traits 
jaunes qui n'atteint pas les extrémités. Les stigmates sont 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQDE. 277 

hoirs; leur bordure est très-épaisse, et le disque linéaire. Le 
ventre est pâle, un peu jaunâtre. Le premier anneau porle 
de chaque côté un pinceau de poils noirs plumeux, surtout à 
leur extrémité , qui paraît alors renflée. 

Les quatrième , cinquième , sixième et septième portent en 
dessus chacun une touffe épaisse de poils noirâtres plus ou 
moins foncés ; les huitième , neuvième et dixième présentent 
le premier un petit tubercule , les autres, ufie espèce de tenta- 
cule un peu creusé en entonnoir à l'extrémité, d'une couleur 
fauve. Enfin il y a sur le pénultième un pinceau de poils plu- 
meux semblables à ceux du premier anneau. Chaque anneau 
offre en outre une rangée circulaire de tubercules d'un fauve 
plus ou moins obscur , portant des touffes mélangées de poils 
noirâtres et blanchâtres , dont quelques uns fort longs sur le 
dernier anneau; ceux placés autour de la tête sont blancs, 
et viennent la recouvrir. 

La tête est d'un noir luisant; les pattes écailleuses sont d'ua 
ftoir-roussâtre; les membraneuses, jaunâtres, avec leur base 
d'un brun-rouge à l'extérieur. 

Cette cheniUe file une coque légère, ovale, grîse, qu'elle place 
sous les pierres. Elle produit une chrysalide d'un noir brillant^ 
velue sur le dos, où il y a trois taches roussâtres formées par des 
écailles; elle se termine par une pointe armée de soies cro- 
chues. La chrysalide de la femelle diffère beaucoup de celle 
du mâle ; elle est très-épaisse , et n'offre point de marques 
d'ailes. 

Cette espèce se trouve sur la Staiice ariiculata , le Lotus 
creticusei les genêts pendant tout le mois de mai. Le papillon 
sort au bout d'une quinzaine de jours; il cherche sa femelle h 
l'ardeur du soleil. Il est très-peu répandu dans l'île. 



i9 



278 ANNALES 

Noctnélites, 
G. Uropus. Uropus Ubni. Harpya (Ochsenheimer). ISoclua' 

(BORKHAUSEN. DuPONCHEL ). PI. 8, flg. lO. «, b, C. 

Caractères du genre : 

— AHtennes pectinées , avec le tiers externe filiforme dans le 

mâle , seulement filiformes et un peu dentées dans la fe- 
melle. 

— Palpes courts , très velus, comprimés; dernier arlicle très- 

court , hérissé. 

— Spiritrompe épaisse, assez longue pour servir à nourrir le 

papillon. 

— Ailes h peine en toit, se recouvrant un peu dans le repos. 

Corselet presque uni, ou sans crête ni angles bien sensi- 
blés. 

— Larve allongée, rase, présentant sur le quatrième anneau 

une proéminence conique. Les deux pattes postérieures 
très-longues, en forme de queue; mais portant, comme 
les autres , une demi-couronne de crochets. Métamor- 
phose se faisant dans la lerre; coque formée de cette 
substance, et dans la composition de laquelle il ne sem- 
ble pas entrer de soie. 

— Lépidoptère ne paraissant qu'une fois Tannée, au printemps. 
C'est surtout d'après l'examen de la chenille, que nous avons 

pensé que celte espèce ne pouvait rester entre les H. Fagi et 
jMilhauseri ; également, sa spiritrompe longue et forte nous 
a paru devoir le faire exclure de la famille des Bombycites, 
où, à cause de ses antennes en partie pectinées , Ochsenhei- 
mer l'avait placé dans son genre Harpya y mais plusieurs fa- 
milles nous ofïrent des espèces à antennes analogues. Beau- 
coup de Phalènes sont dans ce cas , ainsi que plusieurs Noc- 



DE LA SOCIÉTÉ EN 10 MO LOGIQUE. 279 

tuelles , et particulièrement l'A. segeiwn ; et uiême dans les 
Phalènes, et surtout dans les Noctuelles, cette forme d'an- 
tennes ne peut guère être qu'un caractère spécifique. 

La chenille de l'U. Ulrni, ayant les deux dernières pattes 
membraneuses composées comme les autres , mais seulement 
plus longues, dures, formant comme une espèce de tube, 
dans l'extrémité duquel la partie membraneuse , qui porte les 
crochets , est rélractile , ne nous montre qu'une anomalie , 
qui , pas plus que les antennes de l'insecte parfait , ne peut 
le rapprocher du genre Harpya^ où les dernières pattes man- 
quent tout-à fait. ' 

L'analogie de ce Lépidoptère avec l'A. Cassinia^ qui l'avait 
fait confondre par Esper avec cette dernière , nous a engagés 
à le placer entre les genres ^cronicia et Cymatopliora, Sa 
chenille semble aussi avoir du rapport avec quelques espèces 
du premier genre, telles que Tridens ^ Psi, etc. 

G. PoLiA. Polia Corsica. (PI. 9, fig. 5.) 

Pol. Alis anticis griseis ; albo ^ fusco-virescentique variis; lineîs 
transf^ersis dentatis nigris. Posticis Jiiscis , striga albida trans— 
versa obsoleta . 

Cette espèce est de la même grandeur que la Polia serena. 
Ses ailes supérieures sont d'un gris cendré , plus ou moins 
nuancées de vert-brunâtre; elles sont traversées dans leur lar- 
geur par plusieurs lignes noires , sinueuses , dont trois prin- 
cipales atteignent les deux bords opposés : l'externe forme 
dans son milieu la lettre M dont les angles sont peu prononcés. 
Elle est un peu éclairée à son côté externe par un liseré in- 
terrompu d'un jaune-verdâtre , plus ou moins visible , ombré 
de brun extérieurement. L'espace compris entre ce liseré et 
la frange offre deux nuances d'un brun-verdâtre plus ou 



28o ANNALES 

moins visibles; la ligne médiane est forlemient dentée en sCie^ 
éclairée extérieurement d'un liseré blanchâtre. Son extré- 
mité postérieure, qui, avant sa terminaison, offre un angle 
tressaillant, se rapproche de la ligne interne dont la même 
extrémité s'avance aussi vers celle-ci; de sorte que l'espace 
qu'ils comprennent est beaucoup plus étroit postérieurement 
qu'en avant. Cet espace est presque entièrement d'un vert 
brunâtre; il est traversé par une ligne noire dentée en scie 
au dessous de la tache réniforme ; celle-ci est obscurcie dans 
son milieu, éclairée à ses angles; l'orbiculaire est ronde, obs- 
cure à son centre; celle qui est au dessous , et que nous ap- 
pellerons angulaire (i), est pâle, bordée d'un croissant noir 
qui n'atteint pas la ligne interne. Celle-ci est très-sinueuse, 
anguleuse , éclairée par une ligne blanchâtre à son côté in- 
terne, qui est bordé d'une autre ligne d'un brun roussâtre. 
Lu base de l'aile, qui est un peu nuancée de brun verdâlre , 
offre une ligne transverse noire qui borde une li^ne blanchâ- 
tre; ces lignes ne dépassent guère le milieu de l'aile. La frange 
est bordée , à son côté interne , d'une ligne noire formée 
d'une série de petits croissans; ce côté est un peu roussâtre. 
La moitié interne de la frange est grise ; l'autre est alternative- 
ment marquée de gris et de blanchâtre. 

Les ailes inférieures sont d'un brun un peu roussâtre , plus 
clair dans le mâle , traversées dans leur milieu par une ligne 
sinueuse plus pâle. Leur bord externe est an peu sinueux; la 

(i) Celte tache qui existe dans la plupart des Noctuelles n'ayant poin^ 
encore reçu de dénomination exacte , ce qui est nécessaire pour faciliter 
les descriptions , nous proposons de l'appeler angulaire ^ parce qu'elle a 
ordinairement la forme d'un angle obtus. Les trois lignes dont nous avons 
parlé, et qui sont presque constantes, pourraient conserver les noms de 
lienes interne , médiane et externe ; celle qui part de la base de Taile dans 
beaucoup de Noctuelles et qui a servi à former le nom de la M. Basilinea^ 
pourrait prendre celui de bastiaire„ 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a8i 

frange est blanchâtre , roussâtre à son côté interne , traversée 
par une ligne brune. 

Le dessous des ailes est d'un blanc grisâtre , avec deux ban- 
des transverses et un point aux inférieures , gris , à peine vi- 
sibles. 

Tout le corps est gris , avec des lignes brunes sur le dos , 
et une houppe de poils sur les trois premiers anneaux du ven- 
tre de la femelle en dessus. La poitrine est blanchâtre; les 
pattes sont brunes, annelées de blanchâtre; la tête et les pal- 
pes sont de la couleur du corps; les antennes sont d'un brun 
roux, très-peu pectinées dans le mâle. Celui-ci ne dilïerepas 
sensiblement de sa femelle. 

Cette espèce est assez rare; elle paraît dans le mois de mai; 
on la prend butinant le soir sur les fleurs du Silène inflata. 

Elle se tient aussi, pendant le jour, appliquée sur le tronc 
des arbres. 

Je l*ai prise à Ajaceio et à Bastia. 

PoUa Asphodeli, (PL 9, fig. 4-) 

PoL Alis anticis nehulosis^ griseis ant cinereis atomis nigris adsper ; 
sis , lineis nigris obsoletis. 

Cette Polia est de la même grandeur , et ressemble à la P. 
flcwicinctcu Ses ailes supérieures sont nébuleuses , d'un gris 
cendré , plus ou moins brunies par des atomes noirâtres. La 
ligne externe^ ordinairement la plus visible, et souvent mai 
écrite, est anguleuse, et forme, dans son milieu, la lettre M, 
avec des angles assez prononcés; les autres sont fort obscures, 
irrégulières, se confondant souvent avec les atomes de Taile , 
qui , quelquefois , forment dans son milieu une bande irrégu- 
Uère , transverse , noirâtre. Les lignes noires sont souvent , 



282 ANNALES 

surtout au milieu de l'aile, entourées d'une nuance roussâ- 
tre; les taches ordinaires, plus ou moins marquées, sont or- 
dinairement ceintes de lignes noires; le bord de l'aile présente 
une série de points noirs; la frange est grise, plus ou moins 
entrecoupée de brun. 

Les ailes inférieures sont blanches dans le mâle , souvent 
un peu brunâtres postérieurement, avec l'extrémité des nervu- 
res brune. Elles sont brunes ou d'un brun roussâtre dans la 
femelle , plus pâles à la base , avec les nervures noirâtres. Leur 
frange est blanchâtre, traversée par une ligne brune. 

Le dessous des ailes est luisant, blanchâtre , avec le disque 
des premières et le bord postérieur des secondes brunâtre. Les 
antennes sont blanchâtres, très- peu pectinées, un peu moins 
que dans la V. flavicincta, La tête et le corps sont gris , plus 
ou moins sablés d'atomes noirâtres. 

Le ventre est brunâtre. 

Elle diffère surtout de la Fla^icincta en ce que les ailes 
sont plus nébuleuses , les lignes plus confondues , jamais 
ceinte d'une couleur orangée, et en ce que les inférieures 
ne présentent point de lignes transverses. 

Ce Lépidoptère se trouve dans toute la Corse. Il paraît dans 
le mois de septembre et d'octobre. 

La chenille est en dessus d'un vert terne un peu jaunâtre , 
avec le dessous entièrement d'un vert un peu plus clair. 

Il existe en dessus , sur le vaisseau dorsal, une ligne rou- 
geâtre , quelquefois seulement formée d'une série de petits 
points, ou même parfois à peu près nulle. Plus en côté, on voit 
l'apparence d'une autre ligne semblable. Il y a latéralement 
une ligne rouge entière ou interrompue qui enveloppe les 
stigmates. 

On rencontre quelquefois une variété chez laquelle toutes 
ces lignes deviennent conlluentes , et rendent tout le dessus 
du corps , jusqu'aux stigmates , rougeâtre. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 283 

Les stigmates sont ovoïdes., blanchâtres, à bordure noire, 
i^aillante. Au dessous existe une bande d'un blanc jaunâtre qui 
disparaît souvent. 

La tête et les pattes écailleuses sont un peu roussâtres ; les 
autres sont vertes , avec leurs crochets rougeâtres. 

Les incisions des anneaux sont un peu jaunes quand la che- 
nille les rapproche. 

On trouve facilement cette chenille sur VAspliodelus mi- 
crocarpus dans les mois de février, mars, avril. Pour se méta- 
morphoser , elle entre en terre, où elle forme une coque légè- 
rement tapissée de soie. 

Elle produit unechrysalideoblongo-ovoïde, d'un rouge tes- 
tacé obscur qui se termine par deux soies crochues. 

G. Mamestra. Mamestra? Cheriopodiphaga (Boisduval). 
(PI- 9.%- 7-) 

M. Alis anticis fusco-virescentibiis ^ Unca externa angulata , angu- 
lis quatuor longioribus. Maculis ordindriis una conjunctis. 

Ses ailes supérieures sont d'un gris verdAtre un peu roussà- 
tre. Des trois lignes qui traversent ordinairement l'aile , l'ex- 
terne est presque la seule visible; elle est très-anguleuse ; deux 
des angles du milieu et un ou deux antérieurement, s'avancent 
presque jusqu'à la frange; elle est bordée d'une teinte roussâ- 
Ire exléricuremcnl. La ligne médiane, peu visible , est dentée 
en scie, bordée extérieurement par une ligne blanchâtre k 
peine sensible; la troisième ligne, qui est peu visible, est en 
zigzag; elle est bordée de blanchâtre extérieurement . et cette 
couleur est elle-même limitée par une autre ligne brunâtre. 

On voit une ligne noire basilaire peu allongée. La tache ré- 
niforme se confond presque avec le fond; elle s'unit avec l'or- 



284 ANNALES 

biculaire en formant un croissant noir. Celle-ci est allongée , 
MTégulIère; et la troisième, qui est au dessous {tache angu- 
ïaùe) , est conique, obtuse à son extrémité externe; le bord 
antérieur de Taile est marqué de plusieurs points roussâtres; 
la plupart des nervures sont plus foncées que le fond , et plus 
ou moins ponctuées de roussâtre. 

La frange est crénelée, à peu près de la couleur de l'aile. 
Les ailes inférieures sont d'un brun roussâtre, devenant plus 
paie vers la base. Leurs nervures sont brunes; la frange est 
roussâtre , crénelée , traversée par un liseré brunâtre. 

Les ailes sont grises en dessous , blanchâtres à leur base , 
excepté au bord antérieur; elles sont traversées par une ligne 
sinueuse j avec une lunule centrale brune. La lunule porte 
dans son milieu un petit croissant blanchâtre; le corps est de 
la couleur des ailes supérieures; le ventre, de la teinte des 
inférieures. Les antennes, qui sont grises, sont un peu ciliées; 
les pattes sont grises , avec les tarses annelés de roussâtre. 
TiCtte esprce a été découverte aux environs de Marseille par 
M. Solier, l'un des naturalistes les plus distingués du midi de 
la France. J'ai depuis rencontré la chenille en Corse , aux en- 
virons de Bastid , et surtout le long des rampes calcaires qui 
bordent la mer près de Bonifacio. L'insecte parfait paraît au 
printemps et en automne. 

La chenille est d'un gris un peu jaunâtre, ou un peu rous- 
sâtre, ou même rougeâtrc, avec des atomes et linéamens noi- 
râtres répandus sur tout le corps. Il y a sur le vaisseau dorsal 
une ligne jaunâtre peu ou pas visible, le long de laquelle rè- 
gne une ligne peu distincte formée d'atomes noirâtres, et qui 
projette latéralement une branche sur chaque anneau qui 
vient aboutir à une bande longitudinale mal déterminée, 
et sur laquelle se voit, à chaque anneau, une petite tache 
jaunâtre en partie bordée de noir. Au dessous existe encore 
une espèce de bande brune fort irrégulière , peu ou pas sensi^ 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQLE. aSS 

Lie, et qui semble , comme les autres , se mêler plus ou moins 
aux atomes et linéamens noirâtres. 

Sous les stigmates , Ton voit quelquefois une bande longi- 
tudinale plus pâle que le fond, sinueuse , et souvent nulle. 

Les stigmates sont ovoïdes , roussâtres , avec la bordure 
noire , assez épaisse. 

La tête est légèrement brunâtre , avec des atomes noirâtres 
disposés surtout sur le sommet, et un peu latéralement. Le 
premier anneau est un peu luisant en dessus , et les tubercules 
piliferes sont blanchâtres. 

Les pattes écailleuses sont de la couleur du corps , avec des 
points noirs extérieurement ; les autres sont blanchâtres , un 
peu luisantes à l'extérieur, avec quelques très-petits points. 

Elle s'enfonce en terre , et forme sa coque avec cette subs- 
tance , sans y mêler de soie. Elle produit une chrysalide d'un 
rouge testacé, avec les sutures et les incisions des anneaux et 
l'extrémité noires. Elle se termine par une proéminence obtuse 
très-ridée inférieurement , et armée de deux pointes divergen- 
tes non crochues. 

Les nervures des ailes et la gaîne des pattes et des antennes 
sont fort apparentes. 

Cette chenille se trouve en hiver et au mois de mai sur le 
Chenopodïwn fruticosuni. Elle mange aussi les Salsolaei les 
^triplex salés qui croissent au bord de la mer. Elle se cache 
pendant le jour , dans la terre ou dans quelques trous au pied 
de la plante. Mais les crottes molles qu'elle laisse collées le long 
des rameaux trahissent aisément sa présence. 



286 ANNALES 

Genre Caradrina. 

Caradi ina fuscicornis, (PI. 9, fig. 5.) 

C. A lis anticis griseo-cinereis , lineis tribus transi^ersis obsoletis ru- 
fescendbus • macula renijormi punctis albis notata, in medio rufa. 
Posticis albis. 

Cette espèce est de la grandeur de la C. cubicularis ou un 
peu plus petite ; elle est toute d*un gris cendré blanchâtre, plus 
ou moins foncé. Elle ressemble beaucoup à la Cubicularis ; 
mais le dessin de ses ailes supérieures est plus net , moins né- 
buleux; la partie de l'aile qui avoisine le bord antérieur dai|s 
les deux tiers internes est blanchâtre. 

L'aile est traversée par trois lignes -, l'externe est marquée 
de rouge , un peu moins sinueuse que dans la Cubicularis* 

Les deux autres sont presque comme dans celle-ci ; mais 
l'interne est moins oblique, et se rapproche moins de la précé- 
dente vers le bord postérieur; quelquefois il existe des traces 
d'autres lignes. Le bord antérieur de l'aile est marqué de qua- 
tre points noirs; la tache réniforme est obscure , un peu rous- 
sâtre dans son milieu , avec quelques points blancs sur ses 
bords; l'orbiculaire est très-petite, obscure. Les ailes infé- 
rieures sont un peu roussâtres postérieurement chez la fe- 
melle , blanches chez le mâle. 

Le dessous des ailes est d'un gris blanchâtre , luisant , avec 
une bande transverse aux supérieures , et quelques points aux 
inférieures noirâtres; le corps est de la même couleur que les 
premières ailes. Les palpes sont noires, avec l'extrémité du se- 
cond et troisième articles blanchâtres; les antennes sont noi- 
râtres , plus foncées que chez la Cubicularis , un peu ciliées à 
la loupe , dans le mâle. L'insecte parfait paraît au mois de 
mai et de septembre. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 287 

La chenille a le fond d'une couleur roussâtre, tout couvert 
d'atomes et de linéamens bruns , et qui, en se réunissant, for- 
ment des lignes ou des parties plus foncées : ce qui lui donne 
une teinte d'un gris brun. Il y a sur le vaisseau dorsal une 
ligne plus foncée, interrompue ; formée de deux linéamens qui 
s'écartent et se rapprochent , et laissent entre eux , à chaque 
anneau , un très-petit intervalle clair : sur les côtés de cette 
ligne , la teinte est plus foncée. 

Plus bas, l'on voit une autre ligne ou bande brune, peu dis- 
tincte de la teinte générale , bordée supérieurement par une 
partie plus claire , et au dessous une série longitudinale de 
taches claires un peu rougeâtres , placées au dessus des stig- 
mates et peu apparentes. Les stigmates sont ovoïdes, noirs, à 
disque enfoncé. Les côtés et le dessous du ventre sont d'une 
teinte pâle un peu rougeâtre. 

La tête est luisante, noirâtre , avec les parties latérales et la 
pièce frontale roussâtres. 

Les pattes sont de la couleur du corps; les membraneuses 
ont la face externe brunâtre luisante , marquée de deux très- 
petits points noirs. 

Le premier anneau porte une plaque écailleusse roussâtre , 
dont la teinte s'étend jusque sur le deuxième anneau. 

J'ai trouvé cette chenille au mois de juillet sur hScrophula- 
ria ramosissinia. ^ 

Elle s'enfonce en terre , et forme une coque peu solide ^ 
dans laquelle il n'entre pas de soie; elle y reste long-temps 
avant de produire sa chrysalide (1). Celle-ci est d'une cou- 
leur testacée , lisse , luisante; trois des anneaux du ventre ont 
leur bord antérieur , à la face dorsale , marqué de points en- 
foncés. Le dernier anneau est assez obtus; il se termine par 

(i) Cette espèce et plusieurs de ses congénères me semblent devoir être 
rapportées au genre Jgrotis (Ochse;. 



adS ANNALES 

une crête armée de quatre soies crochues disposées sur un 

rang. 

Genre Leucania. 

Leucania Iliparîa. (PI. g^fîg. i.) Rameur, ^nn, des se, 
(T observation. Boisduval, Ind. métîi.^ en\ et add. 

Statura L. L.- Album eique subaffinu ; alis anticis supra albo-roseis , 
fusco luteoque variis , fascia ad apicem obliqua dilutiori. Puncto- 
rum nigrorum série transi>ersa , interrupta ; ner^o medio quibus— 
damque ramis albo luteolis. Alis sublus nigrescentibus. 

Ce lépidoptère est de la grandeur de la h.- Album , à la- 
quelle il ressemble un peu. Ses ailes supérieures sont en dessus 
d'un blanc rosé, avec des j^arlies plus Ibncées, d'un brun 
jaunâtre ; cette dernière teinte occupe surtout la partie 
moyenne et longitudinale de l'aile; elle se trouve coupée par une 
bande claire, qui descend obliquement du sommet de l'aile. 
La nervure médiane , ainsi que quelques rameaux , sont d'un 
blanc jaunâtre. 

L'aile présente à l'union de son tiers postérieur , une ligne 
transverse, interrompue, de petits points noirs. 

Les secondes ailes sont blanchâtres à la base, et deviennent 
d'un brun légèrement fauve dans le reste de l'aile ; leur frange 
est blanchâtre. 

Le dessous des ailes supérieures est d'un brun-noir plus 
clair vers les bords , avec un point noir au bord antérieur. 

Les inférieures ont le dessous en grande partie d'un brun- 
rosé; l'autre partie qui est interne est blanchâtre, avec une 
seule rangée transverse de points noirs , et un très-petit point 
semblable au centre de l'aile. 

Tout le corps est d'un gris souvent teint de rose; la partie 
antérieure est traversée par trois lignes brunes. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 289 

Les mâles portent en dessous, à l'union du ventre avec la 
poitrine , une touffe épaisse de poils noirâtres , au centre de 
laquelle existe un paquet serré de poils blancs. 

Cette espèce se trouve à Montpellier, en mai , août et sep- 
tembre; je l'ai aussi reprise dans l'île de Corse, aux environs 
d'Ajaccio. 

Leucania amnicola. (PI. 9, fig. 2.) 

Rambur. Ann. des Se. d'obseiv^ 

L. similis L. ohsoletœ. yilis anticis supra luteo-Tufis , nevi'o medio 
in punctum dilatato ; série transi^ersa obliqua^ vix incurvata ^ 
interrupta , nigrorum punctorum , aliquando fere nidla. Alis po- 
sticis fusco-liitcolis ; omnibus subtus margaritaceis. 

Cette espèce ressemble beaucoup à la L. obsoleta-, la cou- 
leur des ailes supérieures est. d'un jaune roux en dessus. 

La nervure médiane , peu visible d'abord , s'élargit en un 
point à l'endroit de ses dernières ramifications; elle est d'un 
blanc jaunâtre avec quelques autres rameaux peu visibles. 

Derrière cette nervure on voit une légère teinte d'un brun 
rose , quelquefois à peine sensible, qui se continue jusqu'à la 
marge, et du sommet de l'aile part une légère éclaircie sou- 
vent insensible. 

La ligne transverse de petits points est réduite h deux ou 
trois, et même elle peut manquer tout-à-fait. 

Les lignes longitudinales qui bordent les nervures , et celles 
qui existent entre elles , sont assez marquées et d'un brun 
rose; on voit aussi un trait de cette couleur vers l'angle in- 
terne du bord postérieur de l'aile. La frange est d'un brun 
rosé , bordée intérieurement d'une série de petits points noirs. 

Les secondes ailes ont la base et le bord antérieur d'un 
blanc jaunâtre luisant; le reste est d'un brun jaunâtre assez 



sgo ANNALES 

foncé, excepté le bord interne qui est blanchâtre; le bord 
postérieur de l'aile est un peu déchiqueté par une couleur 
jaune , sur laquelle existent quelques petits points peu visi- 
bles; la frange est blanchâtre. 

Le dessous des ailes est blanchâtre , avec un reflet brillant 
couleur de nacre. La tête et les antennes sont d'un roux 
brunâtre. La partie antérieure du corps est marquée de trois 
lignes brunes ; le reste est jaunâtre , un peu brun vers la base 
des ailes. L'abdomen est d'un gris roussâtre , et la face anté- 
rieure des cuisses est brune. 

Le mâle n'a pas les antennes sensiblement pectinées ; il 
porte en dessous, à la base de l'abdomen , une touffe de poils 
noirs , dans laquelle est renfermée un paquet de poils couleur 
de paille. 

Elle diffère surtout de la L. obsoleta , en ce qu'elle est 
plus petite , et que la ligne transverse de points est presque 
droite au lieu d'être courbe. Nous n'avons point vu dans le 
mâle de V obsoleta la touffe de poils noirs qui se trouve dans 
notre espèce. Elle paraît aux mêmes époques que Va Riparia, 
Ce Lépidoptère, que nous avons découvert aux environs de 
Montpellier, se retrouve aussi en Corse; nous l'avons rencon- 
tré , ainsi que sa chenille , près d'Ajaccio. 

Nous renvoyons pour la figure et la description de celte 
chenille , à la Collection iconographique des chenilles cC Eu- 
rope. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 391 

Genbe Xylina. 

XjUna? y/ustralis. (PI. 9, fig. 8.) Boisd., Ind, méih., en . 
et add. p. 6. 

Xf. "variabilis. Alis anticis griseo-albidis aul rufescentibus ; tri- 
bus ni gris lineis transt'ersis colore albido cinctis , externa lineoiis 
sagittatis composita, média valde serrata. 

Cette espèce est trèsrvariable ; aucun des individus que nous 
avons été h même d*observer ne s'est trouvé semblable; mais 
le dessin de ses ailes la fait aisément reconnaître. 

Les ailes supérieures sont en dessus d'un gris plus ou moins 
blanchâtre, souvent nuancé de roux; quelquefois elles sont 
toutes rousses ou même noirâtres, et dans ces cas les deux 
lignes transverses internes sont toujours plus ou moins en- 
tourées de blanc. 

Des trois lignes transverses ordinaires , l'externe est si- 
nueuse , composée d'une série de petites lignes sagittées , 
noires ou rousses; l'espace compris entre elle et la frange est 
plus ou moins blanchâtre , et forme un bord denté en scie 
dont les angles s'avancent quelquefois jusqu'au bord externe 
de la frange en la séparant en une série de petites taches noires 
ou d'un bru nroux. 

La ligne médiane est profondément dentée en scie , et pla- 
cée sur une teinte blanchâtre qui ordinairement s'unit posté- 
rieurement à celle qui borde la ligne interne; celle-ci, é2;a- 
lemcnt dentée , forme postérieurement deux angles très- 
allongés; ces deux lignes sont noires et fines; l'espace compris 
entre elles est souvent fraversé, d'avant en arrière, par une 
bande irrégulière , brunâtre , sinueuse , souvent peu sensible ; 
on y remarque les deux taches ordinaires , dont l'orbiciilaire 
est oblongue , placée obliquement; la réniforme est presqucr 
triangulaire , un peu roussâtre vers son bord externe , mar- 
quée de deux ou trois traits bruns. La tache angulaire forme 



3g2 ANNALES 

un angle aigu peu sensible , roussâtre. Il existe une ligne 
Lasilaire assez prononcée ^ qui s'étend presque jusqu'à la ligne 
interne. Outre cela , la plupart des nervures forment des lignes 
noires. Dans les individus blanchâtres , il règne une teinte 
d'un brun cendré à la basé de l'aile et qui s'étend largement 
sur le bord antérieur, jusqu'à la ligne externe, en compre- 
nant les taches ordinaires. Cette nuance enveloppe aussi plus 
ou moins la partie postérieure de la hgne externe , et semble 
de là se prolonger jusque vers la base de l'aile. Les secondes 
ailes sont quelquefois toutes brunes, traversées par une 
éclaircie blanchâtre , à peine visible ; d'autres fois les nervures 
et la partie postérieure de l'aile seulement sont de cette 
couleur. Leur frange est blanchâtre , entreconpée de brun à 
son bord interne. 

Tout le corps , les antennes et les pattes sont d'un gris 
cendré, quelquefois un peu roussâtre; il y a une ligne noire sur 
les pterygodes et une autre transverse , et formant un angle 
dans son milieu , sur le prothorax ; les antennes sont un peu 
pectinées dans le mâle, un peu ciliées chez la femelle. Les 
palpes, placés horizontalement, dépassent peu le chaperon. Le 
corselet offre deux petites touffes de poils saillantes. Cette es- 
pèce a été découverte en Provence par MM. de Saporia et 
Solier. Je l'ai depuis rencontrée en Corse, où elle paraît au 
mois de novembre. Quoique M. Boisduval place cette espèce 
entre les X. ConspidUaris et Piitris , nous n'avons pu voir 
les rapports qui existent entre eux. 

La chenille offre sur le dos une large bande d'un jaune 
roussâtre ou rougeâtre, séparée en* deux par un liseré plus 
pâle placé sur le vaisseau dorsal; et du bord antérieur de 
chaque anneau, il part un trait oblique assez court, noir, 
appuyé sur une partie ombrée de brun , formant une très-lé- 
"■ère tache ovale qui comprend la largeur de l'anneau; au des- 
sous de la bande dorsale existe une autre bande plus ou moiii-s 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 295 

ombrée d*atomes bruns , bordée supérieurement par une Ijo-ne 
composée d'une série de traits noirâtres; elle renferme les 
stigmates qui sont entourés supérieurement par un demi-cer- 
cle noir. 

Ils sont ovoïdes, blancs , avec la bordure noire; on voit au 
dessous d'eux une légère tache rougeâtre. 

Les côtés offrent une ligne jaunâtre peu distincte de la 
couleur du ventre , qui est d'un vert-jaunâtre. 

La tête est roussâlre , avec un réseau et une ligne plus 
foncés. 

Les pattes écailleuses sont un peu roussâtres; les membra- 
neuses sont do la couleur du ventre. 

Celte chenille mange V Asphodèle {Asphodelus microcar- 
piis) et les Chicoracées. 

On la trouve au mois de mars; elle entre en terre où elle 
forme une légère coque, et produit une chrysalide d'un rouo-e 
obscur, 

Xylina Merckiî, 

Xyl. Alis anticis supra griseo-ciiiereis , nervis lineisque nigris • 
poslicis ahdomîneque fusco-rufescentibiis. Cris ta dors ail ad api- 
cem rufa. 

Les ailes supérieures sont en dessus d'un gris cendré, avec 
la plupart des nervures et quelques linéamens noirs. L'on 
aperçoit vers la base quelques angles formés par des Ii"-nes 
noires , et qui sont les rudimens du dessin ; il part obliquement 
un peu au dessous du sommet de l'aile, un nuance brune, oeu 
marquée , qui se perd avant d'atteindre le bord postérieur. 

La frange, qui n'est pas bien distincte de l'aile, est nn peu et 
irrégulièrement crénelée , et comme un peu échancrée posté- 
rieurement. 

Les secondes ailes ont leur bord postérieur sinueux , avec 
i» 20 



294 ANNALÏÏS 

quelques crénclures ; elles sont d'un brun i oussûtre , avec la 
moitié externe de leur frange blanchâtre ^ elles ont un crois- 
sant brun central peu marqué. 

En dessous, les ailes sont luisantes, grises, saupoudrées 
d'atomes d'an gris roussâtre. 

Les deux tiers externes du disque des supérieures sont d'un 
brun roussâtre , un peu velus ; cette nuance est limitée à 
l'extérieur par une ligne sinueuse plus foncée. 

Les autres ont quelques nervures , un point central et une 
liiînc sinueuse d'un brun roussâtre. 

Le corps est de la couleur des premières ailes ; il offre an- 
térieurement une ligne noire , brisée dans son milieu , pour 
former un angle , dont la pointe s'avance vers la tête. Les 
ptérygodes sont marquées d'une ligne brune peu foncée. La 
crête dorsale est roussâtre au sommet; on voit aussi une pe- 
tite marque de cette couleur près de la base de l'aile. 

Les antennes , la tête et les pattes sont de la couleur du 
corps : celles-ci ont une raie noire longitudinale sur le tibia. 

La poitrine et le ventre sont d'un gris roussâtre; celui-ci 
est aplati, etprésenie postérieurement sur les côtés quelques 
touffes de poils. Ce papillon , que nous avons rencontré près 
d'Ajaccio , a aussi été découvert aux environs de Lyon par 
I\\. Donsel et par M. Merck , auquel nous l'avons dédié , et qui 
le possédait déjà depuis plusieurs années. Il paraît dans le 
mois d'octobre et de novembre. 

La chenille est d'un vert jaunâtre, toute couverte de points 
et d'atomes jaunes; il y a sur le dos trois lignes jaunes , dont 
la médiane plus étroite, visibles dans toute la longueur du 
corps. Le ventre est d'un vert pâle, avec des atomes jaunes 
sur les anneaux sans pattes. 

Les stigmates sont ovoïdes, fauves , avec la bordure noire ,^ 
la tête et les pattes sont d'un vert jaunâtre avec des points 
jaunes. Il y a sur le corps quelques poils clairs peu sensibles. 



DE LA SOCIÊ'tÉ ENTOMOLOGIQUE. 295 

Cette chenille vit au mois de mai sur VAime (Aliius vis- 
cosa). Pour se métamorphoser, elle entre en terre , et com- 
pose, avec cette substance et un peu de soie, une légère 
coque. 

Elle produit une chrysalide d'un noir un peu rougeâtre. 



Description d'un noiweaii genre de Cruslacé macroure ^ 
formant le passage entre les Paguriens et les Tkalassi- 
nites , parM. GuiiRiN. (PI. lo.A. fig. 1-7.) 

(Séance du i3 juin i832.) 

Quand on découvre un animai qui n'est pas encore enre- 
gistré dans le catalogue des êtres connus , et que son organisa- 
tion ne le place pas nettement dans une des divisions établies 
par nos prédécesseurs, on est quelquefois très-embarrassé pour 
lui assigner une place dans une série naturelle; car les au- 
teurs qui ont fondé les méthodes n'ont pu prévoir tous les 
modes d'organisation que la nature emploie, et il arrive sou- 
vent que l'animal observé tient par quelques points à une 
division , tandis que par d'autres caractères il avoisine ua 
groupe trcs-éloigné. 

Cette circonstance se présente pour nous dans le Crustacé 
dont nous allons donner la description : il devrait entrer dans 
la tribu des Paguriens , si l'on ne considérait que le nombre 
et la disposition des appendices de sa queue ; tandis que ses 
autres caractères doivent le ranger parmi les Thalassinites. Ce 
Crustacé forme donc , comme le genre Giaucothée de 
M. Edwards , le passage entre ces deux tribus. 

L'individu unique sur lequel nous avons fait nos observa- 
tions étant en très-mauvais état , nous ne pouvons assurer 
d'une manière bien positive qu'il n'avait pas perdu un des 



^^<S ANNALES' 

appendices de sa queue : cependant , en supposant même ce 
cas, notre Crustacé n'unirait pas moins les deux tribus dont 
nous venons de parler; car il ne présenterait qu'un seul rang 
d'appendices comme les Pagurieos , tandis que les Tlialassini- 
tes en ont deux rangs égaux et réguliers. Quoi qu'il en soit , 
notre Crustacé forme bien évidemment un genre nouveau , te- 
nant autant des Pagures que des Tlialassines , et que l'on ne 
pourra placer ailleurs que dans l'une de ces deux tribus , en 
supposant même que de nouvelles observations faites sur des 
individus mieux conservés fassent trouver plus de trois ap- 
pendices sous l'abdomen. 

Le corps de cet animal est de consistance demi-membra- 
neuse, allongé et comprimé sur les côtés; sa carapace est 
très-petite , et couvre à peine la base des quatre premières 
paires de pieds. On voit , à la suite de cette carapace , un seg- 
ment thoracique entièrement découvert qui donne attache h la 
cinquième paires de pattes , et qui ne diffère presque point des 
se^mens sui\ans appartenant à la queue. Le bord antérieur de 
la carapace est échancré pour recevoir les yeux et les antennes 
internes ; ces yeux sont portés sur des pédoncules très-courts ; 
ils sont peu apparens et presque contigus à leur insertion. Les 
antennes internes sont insérées un peu plus haut que les ex- 
ternes ; leiir pédoncule est d'une longueur égale au tiers de 
celle de la carapace , composé de trois articles , dont le pre- 
mier plus court, et les deux suivans égaux; le troisième arti- 
cle donne insertion h deux fdets (fig. 4) égaux en longueur, 
multiarticulés, placés au dessus l'un de l'autre, et dont le su- 
périeur est renflé vers son extrémité et terminé ensuite en 
pointe; ces deux fdels ont presque trois fois la longueur du 
pédoncule; ils sont garnis d'assez longs poils. Les antennes 
externes présentent aussi un pédoncule de trois articles ; mais 
il est plus tong ([ue celui des précédentes; leur premier article 
est plus épais que les suivans; dirigé en dedans comme dans 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGïQlJE. 297 

les Pagures , le second est le pins long de tous; il atloinl Fex- 
trëmilé du pédoncule des antennes internes; le troisième est 
de moitié nioins long que le précédent, et terminé par mi 
long fdet multiartlciîlé ayant au moins la moitié de la longueur 
de l'animal. Nous n'avons pas cherché h observer toutes les 
parties de la bouche; nous avons vu seulement les deuxièn^o 
et troisième pieds -mâchoires, qui diffèrent un peu de ceux des 
Pagures et présentent plus d'alïinité avec ceux des Gébies ; le 
premier article des pieds-mâclioires de la seconde paire (iig. 
5 ) est très-court, ainsi que le second ; le troisième est allongé, 
aplati, fortement cilié en dedans; le quatrième est couil, 
triangulaire, et forme l'angle droit avec le précédent; le cin- 
quième est un peu plus grand , également aplati , et le dernier 
est conique et plus court; ils sont tous garnis de longs poilf. 
Le palpe flageiliforme est inséré sur le côté externe du premi<'r 
article; il est court , à peu près organisé comme chez les Gé- 
bies; il atteinte peine la longueur des deux premiers articles 
du pied-mâchoire , et se termine par un ilagre multiarliculé 
et garni de longs poils , tandis que chez les Pagures ce polpe 
est au moins deux fois plus grand que le pied-mâchoire. 

Les pieds-mâchoires extérieurs (fig. 6) sont beaucoup plus 
grands, pédiformes; leur premier article est court, presque 
carré,- les deux suivans sont grands, presque égaux, et formont 
ensemble la moitié de la longueur de cet organe : le second de 
ces articles est courbé et garni en dedans de petites dents. L^^^s 
trois articles suivans sont presque égaux , et le dernier est It^r- 
miné un peu en pointe : tous ces articles sont garnis de très- 
longs poils. Le palpe (Iig. 7) est inséré sur le côté externe du 
premier article; il est ù peine de la longueur des deux suivans, 
et il est entièrement semblable à celui des pieds -mâchoires 
précédens. 

Les pieds ambulatoires de la quatrième paire manqtîant h 
noire individu, nous ne powvons connaître leur proportion 



298 ANNALES 

relativement aux autres; cependant la hanche qui reste, étant 
presque de la même force que celles des pieds précédens , 
nous montre qu'ils doivent être à peu près de la même gran- 
deur; en adoptant cette induction, il en résulte que les pieds 
de notre Crustacé vont en diminuant insensiblement , depuis 
les premiers jusqu'aux quatrièmes , et que les derniers pieds 
sont démesurément plus petits. Les premiers et seconds sont 
terminés en pinces; les premiers sont au moins deux fois 
aussi longs que la carapace, grêles, composés d'articles presque 
égaux, à main peu renflée, plus longue que les doigts ou pinces 
qui la terminent. Les seconds pieds sont un peu plus courts , 
très-aplatis , relevés et appliqués contre les côtés du cépha- 
lothorax; leurs premier et second articles sont très-courls; 
le troisième, le plus grand; le quatrième, de moitié plus court, 
un peu renflé à l'extrémité; la main beaucoup plus courte 
que les doigts , élargie au poignet avec le doigt mobile , un 
peu plus long que celui qui lui est opposé. Les pattes de la 
troisième paire sont encore un peu plus courtes , composées 
de même jusqu'au poignet; mais celui-ci est arrondi, large , 
point dilaté inférieurement en forme de doigt , et terminé par 
un article courbé et plus court. Ces trois paires de pattes sont 
garnies de longs cils ; elles ont leur insertion recouverte par 
les côtés de la carapace; tandis que les deux paires suivantes 
prennent attache sur un segment postérieur qui semble di- 
visé en deux , et qui dépend du thorax. Les pattes de la qua- 
trième paire sont perdues : cependant leurs hanches semblent 
indiquer, comme nous l'avons dit, qu'elles ne difl<éraient pas 
des précédentes. Enfin celles de la cinquième paire sont ex- 
cessivement petites; leurs deux premiers articles sont très- 
courts; le troisième est le plus grand de tous; les trois sui- 
vans sont presque égaux en longueur; mais le quatrième est 
un peu renflé. Ces pattes sont garnies de longs poils, et leur 
îoi^giieur est à peu près égale au tiers de celle de la carapace. 



DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 29g 

L'abdomen est composé de cinq segmens égaux , plus longs 
que larges , comprimés sur les côtés , d'une consistance semi- 
membraneuse comme chez les Callianasses; nous avons ob- 
servé au bord postérieur gauche du premier, et à la même 
place , mais à droite , dans le second et le quatrième , un ap- 
pendice ovifere , composé d'une tige courte , garnie d'un 
grand nombre de ramuscules en forme de grappe. Le troisième 
segment ne nous a pas présenté d'organe semblable; mais il 
est probable qu'il était tombé : car il est impossible qu'il soit 
venu à manquer à cette place et qu'il se retrouve h l'anneau 
qui suit. Ces appendices placés ainsi , l'un à gauche et les au- 
tres à droite , et n'étant pas par paire, mais uniques, aux an- 
neaux où on les observe , présentent un fait très-extraordi- 
naire, qu'on ne peut comparer qu'à ce qu'on voit chez les 
Pagures. Le dernier segment , ou la lame impaire de la na- 
geoire terminale, est arrondi postérieurement, en forme de 
demi-ovale; il y a de chaque côté deux lames ovales, à peine 
plus longues , et insérées sur un article commun , très-court. 
Nous proposons de former un nouveau genre avec ce Crus- 
tacé. Voici les caractères essentiels que nous pourrions lui 



G. IsÉE. Isea (1) , GuER. 

Abdomen symétrique , corné et mou comme le reste du 
corps , divisé en anneaux qui supportent des appendices ovi- 
fères placés sur un seul rang au nombre de trois ( ou qua- 
tre ) , et terminé par une nageoire caudale de forme ordinaire. 
Antennes portées sur des pédoncules de trois articles; les in- 
ternes plus courtes, terminées par deux filets égaux, dont le 
supérieur est claviforme , les externes finissant en un long filet 

(1) Isée ^ Néréide, 



5oo ANNALES 

sétiforme. Pattes des deux premières paires plus grandes et 
didactyles ; celles de la troisième paire monodactyles , (celles 
de la quatrième inconnues,) cinquièmes pattes très-petites, 
également monodactyles. 

IsÉE ALLONGÉE , Isea elongatu. Guer. 

Cette espèce est longue d'environ trois centimètres; sa cou- 
leur nous est inconnue; mais dans l'alcool , elle est brunâtre 
avec quelques portions transparentes. Sa carapace forme un 
peu pl^ du cinquième de la longueur totale de l'animal. 

Nous ift; savons rien de ses habitudes; cependant, à cause de 
la mollesse de ses tégumens , il est probable qu'elle se tient 
cachée sous un abri quelconque ou dans un trou qu'elle doit 
se creuser en terre; elle a été rapportée de l'une des îles Ma- 
riannes. 



Notice sur une espèce de Tinéite (Tinea Decuriella Huim. ) 
dont la chenille vit et se métamorphose dans la résine du 
pinsyhestre (Pinus sylvestris); par^l. Duponchel. (PI. lo.) 

(Séance du 4 juillet iSSa.) 

Malgré les observations des Réaumur, des Dégeer et des au- 
tres naturalistes qui sont venus depuis , on est loin de connaî- 
tre toutes les chenilles des Lépidoptères décrits ou figurés 
dans les auteurs. Sur trois mille espèces de papillons environ 
qui ont été trouvées jusqu'à présent en Europe, on en a à 
peine observé huit cents sous leur première forme. La décou- 
verte d'une nouvelle chenille est donc un fait intéressant pour 
ceux qui s'occupent spécialement de celte partie de l'Entomo- 
logie, surtout si cette chenille offre quelque particularité cu~ 



m 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3oi 

rieuse dans sa manière de vivre. Celle dont je vais avoir riioii- 
near d'entretenir la société réunit ces deux conditions. Elle 
a été trouvée au bois de Boulogne sur le piii syls^estre ( Pinus 
sylvestris) par M. Sudan , amateur doué d'une patience infa- 
tigable pour ces sortes de recherches , et dont le zèle n'est pas '"' 
ralenti par l'âge. Elle se nourrit non des feuilles ^pi^BljSL 
bourgeons de cet arbre, mais de sa partie liguei^&^i^ 
loge, à cet effet, entre l'écorce et l'aubier, à l'in-^^^^^è G(^^ 
sus, et la blessure qu'elle cause l\ l'arbre en fait cl^:oc^ler la 
résine qui, en se coagulant à l'air, forme une tuasfeur plus 
ou moins épaisse qui trahit sa présence, et dans laquelle elle se-" 
pratique une cellule pour se chrysaîider lorsqu'elle est parve- 
nue à toute sa taille. Cette cellule a la forme d'un^tuf^i dont 
les parois sont tapissées de soie; et l'ou^Énj^^^^lIe pré- 
sente à l'extérieur pour la sortie du papilléP^^fst fermée que 
par quelques fds qui se croisent en forme de treillis. 

Il n'est pas rare de rencontrer cinq ou six de ces chenilles 
dans une même tumeur , où il paraît qu'elles continuent de 
vivre encore assez long-temps av^^ ^Êfe^ transformer, puis- 
qu'on trouve leur cellule environnée de leurs excrémens , qui 
participent évidemment de la résine , dont ils ne se distinguent 
que par leur forme grenue. On pourrait s'étonner qu'elles 
puissent vivre d'une substance aussi peu nutritive, si l'on ne 
savait que d'autres chenilles du genre Gallerie se nourrissent 
de cire dans l'intérieur des ruches. 

Quoi qu'il en soit, on trouve celle qui nous occupe parve- 
nue à toute sa taille , vers la fin de juin; elle ne tarde pas alors 
à se chrysaîider dans la cellule qu'elle s'est pratiquée au mi- 
lieu de la résine, comme je viens de le dire; et son papillon 
éclos au bout de trois semaines. Celui-ci, par sa forme, appar- 
tient k la tribu des Tuiélies de M. Latreille. Je me propose, 
lorsque je serai arrivé à cette tribu dans l'histoire des Lépi- 
doptères de France, de faire de cette espèce le type d'un nou- 



m 






'^» 



3o2 ANNALES 

veau genre, dans lequel viendront se ranger une douzaine d'au- 
tres espèces analogues. Mais ce n'est pas ici le cas d'en expo- 
ser les caractères ; je me bornerai à décrire la chenille , la 
chrysalide et le papillon. 

Chenille. D'un pouce environ de longueur, h seize pattes, 
cylindrique , assez allongée , amincie aux deux extrémités , 
ftveclps anneaux très-distincts. Couleur de chair dans son pre- 
mier |âge; ensuite d'un vert tendre , d'un aspect luisant, et 
comr5gvernissé.j avec huit points noirs sur chaque segment , 
dont quatre pHiDés carrément sur le dos et deux sur les côtés. 
Ces points sont verruqueux, et surmontés chacun d'un petit 
poil fm à peine visible. Tête arrondie , d'un brun rougeâtre; 
deux plaque^ d'un brun-noir luisant sur le premier anneau ; 
pattes de la C'(JHlBiif du corps; stigmates invisibles à l'œil nu. 

Chrysalide. Mince et très-allongée, avec la tête surmontée 
d'un petit tubercule arrondi , et l'extrémité opposée garnie 
de quelques poils raides qui servent à la retenir à la soie qui 
tapisse l'intérieur de la coque. Enveloppe des ailes d^m 
brun verdâtre , et iFi^este^d'un brun rougeâtre. Cette chry- 
salide devient entièrement d'un brun marron quelque temps 
avant l'éclosion du papillon. 

Papillon. Envergure, i5 à 1 4 lignes. Z)e55M5 : Ailes supé- 
rieures d'un gris-bleuâtre, luisant, saupoudré de noir, et lavé 
de roussâtre à certaines places ; chacune d'elles traversée par 
deux lignes blanchâtres, et bordées de noir : l'une placée au 
tiers de sa longueur, en venant de la base; l'autre à quelque 
distance de son extrémité. La première décrivant deux petits 
angles , et la seconde un seul beaucoup plus grand. L'inter- 
valle, qui sépare ces deux lignes, traversé par une ombre 
brunâtre , légèrement ferrugineuse , et dont le milieu est oc- 
cupé par une petite tache blanchâtre entre deux taches noi- 
res. On remarque en outre , entre la première ligne et la base, 
un espace légèrement teinté de ferrugineux , et bordé de noir. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTO^IOLOGIQUE. 5o5 

et un point de cette dernière couleur près de l'origine de l'aile. 
Enfin la frange , qui est grise , est séparée du bord terminal 
par une ligne de points noirs très- rapprochés. Ailes inférieures 
entièrement d'un gris clair, luisant, légèrement teintées de 
noirâtre h leur bord , avec les nervures de cette dernière cou- 
leur. 

Dessous : Les quatre ailes entièrement d'un gris clair \uH 
sant, avec un léger reflet pourpre. ,, 

Tête , corps et antennes du même gris que les ailes. 

Cette description s'applique aux deux sexes, qui ne diffè- 
rent entre eux que par l'abdomen qui se termine par un bou- 
quet de poils , chez le mâle seulement. 

Hubner a représenté cette espèce sous le nom de T'uica De- 
curiella (pi. ii, fig. 74); mais sa figure laisse beaucoup à 
désirer : ce qui m'a déterminé à en donner une nouvelle , in- 
dépendamment de celles de la chenille et de la chrysalide. 



Mémoire sur quatre nouvelles espèces de Tenthredines j par 
M. Foulques de Villaret. (PI. 11.) 

(Séance du i août 1882. ) 

Au commencement de juin de cette année, je trouvai sur 
une plante basse parmi le gazon, une petite coque (j) d'un 
jaune serin pâle, entièrement semblable h celles que se font 
les larves des Hylotomes d'après les auteurs (voy. Réaumur, 
tom. V, mémoire 3 , pi. i4 , fig- 5, 6, 7, 8 et 9) : je n'ai rien 
à ajouter à ce qui en a été dit dans le mémoire que je viens 
de citer. L'insecte parfait m'étant éclos vers la fin du même 
mois , m'a donné une femelle du genre Schizocerus (Lep. de 

(I) Fig. 3. 



%m 



3o4 ' ANNALES 

Sl-Farg.), qui est un «iéuiembrcmeut des Schizoccies (Lai., 
Grust., etc. Ins. 1829» pag. 255), et qui, dans la Monogra- 
phie des Tentlirediues du premier de ces deux auteurs , forme 
la première division du genre Cryptus, 

Jusque là , on ne connaissait pas la coque des Schizocères , 

rt*jl reste encore à découvrir leur larve. 

«jp?é^e espèce étant nouvelle , je vais donner sa description. 

Schizocerus Peleteril (1). 

Antennes et tête noires. Corselet noir; épaulelles ferrugi- 
neuses , ainsi que les côtés du corselet, jusqu'au métaiborax 
sous les ailes; écusson ferrugineux. Abdomen ferrugineux , 
son premier segment noir, avec l'incisure ferrugineuse. La 
tarrière et les parties (jui lui servent d'enveloppe, noires. Pattes 
d'un jaune A^rrugineux; bancbes et base des cuisses noires, 
ainsi que le bout des jambes postérieures; tarses bruns , plus 
pâles cl leur ba^c. Ailes généralement un peu enfumées; côte 

et nervures noires. 9. Bois de Bondi. 

'C 
Les trois nouvelles espèces dont il me reste à parler, appar- 
tiennent au genre Nematus (Lep. de St-Farg.j; elles sont 
voisines du Nematus septentiionalis , dont M. Leach avait 
proposé de faire un genre particulier sous le nom de Crœsiis 
(voy. Zoological Miscellany by Will. Elfort Leach, vol. 5, 
Lond. 1817 : TejitJircdlnidea Leach). M. de St-Fargeau, dans 
sa Monographie des Tenthrédines (Mono^iaphia Jcniluedi- 
netarum , eic. , Lepeletier de St-Fargeau : Faridis, 1820: 
pag. 65), n'a pas jugé à propos d'admettre ce genre , dont le 
seul caractère qui le distingue des Nematus serait, d'après 
l'auteur anglais, d'avoir le premier article des tarses posté- 
rieurs allongé et très-comprimé. Je pense, avec notre compa- 

(i) Fig. I et 2. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. oo^ 

UiMc, que ce caractère ne peut h lui seul constituer un genre; 
il pourrait tout au plus former une division dans le genre Ne- 
niaiLLs; encore dois-je dire que ce caractère s'affaiblit sensi- 
J)Iement d'une espèce h l'autre. 

Pour mettre les Entomologistes à même de bien distinguer 
mes espèces, je déclare que je n'applique au Nematus sepien- 
uionalis que la phrase spécifique de la Tenlhredo septentrio-^ 
/-Y7/i5deLinné(Faun8Suec. n° 1 558), dont voici la traduction: 
« Petite. Tête et corselet noirs. Antennes noires, sétacées , à 
peu près de la longueur du corps. Abdomen ferrugineux, 
noir à sa base. Pattes fernu^ineuses. Jambes postérieures, 
blanches h leur base , noires h leur extrémité qui est dilatée et 
aplatie; les tarses de cette paire de pattes noirs , leur premier 
article dilaté. » 

De Geer (Mém. pour l'hisfoire des ins.^, tom. 2 , partie 2 , 
pag. ogy et suivantes) décrit un Nematus (\ai paraît différer 
de celui de Linné , parce que les deux premiers segmens et 
les deii?v derniers sont noirs , que les ailes ont um^ teinte d'un 
violet foncé; les supérieures ayant, en outre, au bord exté- 
rieur une tache noire. Je ne crois pas que cette espèce, qui 
m'est inconnue , soit la même que celle de Linné. 

De Geer décrit la larve de sa Tenthréfliue trouv^ée sur le 
bouleau et sur l'aune , et lui donne vingt pattes. 

Il me paraît aussi constant que l'espèce mentionnée par de 
Geer dans le paragraphe qui se trouve à la page 999, à la fin 
de l'articlo que j'ai déjà cité, désigne une espèce différente 
de celle qu'il avait d'abord décrite -, et cela résulte autant de la 
dissemblance des larves , que de la couleur des cuisses ; peut- 
être celle-ci se rapporte- t-eîle à la Teiithredo sepientrioiialis 
Linn. 

Celle que M. de St-Fargeau a décrite dans sa Pvlonogi'anhie , 
page 65, n° 184, paraît également différer des précédeiiies. 
A celte époque, cet auteur pensait que l'cRpèce qu'il avait sous 



5o6 ^ ANNALES 

les yeux n'était qu'une variété de l'espèce Linnéenne; il a 

changé d'opinion , et m'a prié de rectifier cette erreur. 

Je vais actuellement donner la description de trois espèces 
nouvelles , dont deux m'ont été communiquées , pour les dé- 
crire , par M. de St-Fargeau , de la collection duquel elles font 
partie , tandis que l'autre a été trouvée par moi dans le bois 
i< Boulogne. 



'O' 



1". Nematus latipes (i). 

Antennes et tête noires; palpes d'un roux noirâtre. Cor- 
selet entièrement noir. Abdomen noir; ses 3% 4*"» ^^ et 6^ seg- 
mens , ainsi que le milieu du second , d'un roux ferrugineux. 
Pattes antérieures d'un roux pâle , avec les hanches et la base 
des cuisses noirâtres; celles des jambes blanchâtres; pattes 
intermédiaires noires, avec la base des jambes blanche; han- 
ches postérieures noires , leurs trochantefs blancs ; cuisses 
noires en devant , ferrugineuses , surtout vers la base , à la 
partie postérieure; jambes noires à base blanche; ces 
jambes fortement élargies dans leur tiers inférieur ; tarses 
noirs, le premier article très -dilaté et aplati. Ailes d'une trans- 
parence un peu jaunâtre , avec une bande faiblement enfu- 
mée , qui traverse l'aile supérieure de la base du stigmate jus- 
qu'au bord interne. Côte et nervures noires. Ç .Bois de Bou- 
logne. ^ 

2°. Nematus vaj'us (2). 

Antennes noires. Tête noire. Palpes et chaperon blancs. 
Corselet noir. Epaulettes d'un brun roussâtre. Abdomen noir; 
incisure du 1^' segment ferrugineuse; 5% 4*" et 5*^ segmens , 
ainsi que la base du G*" et le milieu du 2% de couleur ferrugi- 

(i)Fi2;. 4, 5 et 6. 
(a) Fig. 8. 



DE LA SOCIÉTb: ENTOMOLOGIQUE. 007 

neuse. Pattes antérieures et intermédiaires d'un ferrugineux 
pâle. Hanches postérieures noires ; leurs trochanters blancs; 
cuisses ferrugineuses avec l'extrémité noirâtre. Jambes noi- 
res à base blanche. Ces jambes un peu élargies dans leur 
moitié inférieure. Tarses noirs; leur premier article un peu 
ferrugineux , dilaté et comprimé. Ailes d'une transparence un 
peu jaunâtre; côte d'un roux pâle , stigmate et nervures noirâ- 
tres, çf, Normandie. 

5°. Nematus lalicrus (i). 

Antennes noires. Tête noire; palpes roussâtres. Corselet 
noir. Abdomen noir; les 3% 4% 5* et G*" segmens ferrugineux; 
un petit trait à la base dorsale du second segment de cette 
même couleur ferrugineuse, qui forme aussi deux taches à la 
base du 7' segment. Pattes , hanches et trochanters antérieurs, 
noirs ; cuisses antérieures noires , ayant du ferrugineux à leur 
partie antérieure vers le bout. Jambes et tarses antérieurs 
d'un blanc roussâtre, un peu bruns vers le bout; cuisses inter- 
médiaires noires ; leurs jambes et leurs tarses de couleur de 
poix, la base des premières blanchâtre; pattes postérieures 
noires avec le bout des hanches , les trochanters et la base des 
jambes de couleur blanche; celles-ci dilatées et aplaties dans 
leur partie inférieure , ainsi que le premier article des tarses. 
Ailes d'un transparent légèrement roussâtre , avec une bande 
enfumée vers le milieu des supérieures , qu'elle traverse depuis 
la base du stigmate jusqu'au bord interne. Ç. Des environs de 
Soissons. Cette espèce est une fois plus grande que les précé- 
dentes. 

Il existe dans la collection de M. de St-Fargeau un Nematus, 
qu'il a décrit sous le nom de Vicinas dans l'ouvrage que j'ai 
cité plus haut , lequel a la partie inférieure des jambes posté- 

(i) Fig. 7. 



5o8 ANNALES 

rieures et le premier article de leurs tarses un peu dilatés , 
mais bien moins que dans les précédentes espèces et dans le 
jS'eTiialus sepientrionalis. Cette espèce est le passage des Crœ- 
sus de M. Leach à ses Nematus. 



Sur les transformations du Cladius difFormis, Hyménop- 
lère de la famille des l^enthrcdines; par M. Auguste 
Brullé. (PI. 11.) 

(Séance du i août i832.) 



Le o^enre Cladius se compose de quelques espèces toutes 
indi""ènes , mais leurs transformations sont encore inconnues ; 
c'est le Tenthredo difformis de Panzer qui a servi de type à 
ce "-enre, formé par Klug, et adopté depuis par tous les Ento- 
inoloii;istes. Un hasard heureux m'a fourni l'occasion d'obser- 
ver la larve de l'espère de Panzer , et je liens cette larve de la 
libéralité de M. le comte Lepeîetier de St-Fargeau , chez le- 
quel elle est sortie de l'œuf au mois de juin dernier. 

Celte larve ou faussé chenille a vingt pattes; elle est d'un 
vert très-pale , avec la tête ferrugineuse, marquée de chaque 
côté d'une tache noire où se trouvent les yeux, comme dans 
les autres fausses chenilles. Des houpes de poils très-fms et 
o-risâtres revêtent tout le corps dans le sens de la largeur des 
se" mens; de chaque coté du corps , sur chacun des segmens , 
s'élève un petit tubercule pilifère , dont les poils sont disposés 
é2;alement en houppe , et sont de la même couleur que ceux du 
reste du corps-, les trois derniers segraens seuls n'ont pas ce 
tubercule latéral. Les pattes sont ainsi réparties : six écailleu- 
ses , un peu jaunâtres , avec l'extrémité brune, huit membra- 
neuses placées par paires sous chaque segment, à parlir du 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGTQUE. 5og 

cinquième jusqu'au dixième inclusivement; les deux dernières 
membraneuses, beaucoup plus petites, se trouvent à l'extré- 
mité du dernier segment. (Voy. PI. 1 1 , fig. 12 et 12 a.) 

La larve du Claudius dlfformis se trouve sur les rosiers et 
se nourrit de leurs feuilles , à la face inférieure desquelles elle 
se tient toujours; elle attaque la feuille par le bord et semble 
préférer celles du rosier du Bengale à celle du rosier à cent 
feuilles. C'est ce que j'ai remarqué pour les deux seules faus- 
ses chenilles que j'ai pu me procurer chez M. le comte de St- 
Fargeau , lesquelles se portèrent de préférence sur des feuilles 
de rosier du Bengale , qu'elles avaient déjà depuis plusieurs 
jours , bien que je leur donnasse des feuilles fraîches du ro- 
sier à cent feuilles. 

Une de mes deux fausses chenilles changea de peau chez 
moi , et en sortit avec le dos nuancé de roussâtre clair, comme 
le représente la fig. 12. Elle avait alors cinq lignes 'de Ion 
gueur et j'espérais la voir devenir plus grosse, lorsqu'elle fut 
blessée par une aranéide et périt au bout de quelques heures. 
L'autre fausse chenille n'était pas plus grosse que la première, 
mais je n'ai pu savoir si elle avait comme elle changé de peau , 
car elle s'était enfermée dans une coque grossière entre deux 
feuilles de rosier qui se trouvaient rapprochées par les bords 
d'une petite bouteille que j'avais remplie d'eau afin de con- 
server mes feuilles plus fraîches. • 

Je crus d'abord que cette larve ne s'était enfermée que faute 
d'un endroit convenable , et je pensai qu'elle n'arriverait pas à 
l'état parfait. Dans cette idée , je me rendis chez M. de St- 
Fargeau , pour voir s'il ne s'en trouverait pas encore quel- 
qu'une à qui je donnerais de la terre pour opérer ses métamor- 
]!hoses , mais nous les trouvâmes toutes enfermées dans des 
coques analogues à celle que j'avais vues, et placées soit dans 
le pli d'une feuille, soit à la réunion de deux branches, soit 
même entre deux feuilles rapprochées Tune de l'autre par ha- 
1. ai 



:,,o ANNALES 

sard. Ayant oblenu la permission d'emporter ces dilTérentes 
coques , j'en ouvris quelques unes pour savoir comment l'ani- 
mal s'y était enfermé et quelle forme il y avait prise. Je vis 
qu'il n'avait pas quitté la forme de chenille , à laquelle il res- 
semblait en tout , si ce n'est qu'il n'avait plus les pattes écail- 
leuses, Voy. fig. 1 1 ; il s'y tenait couché sur le côté , le corps 
courbé en arc et enfermé dans une coque intérieure plus 
épaisse que la première , de forme allongée , peu régulière ; 
assez souvent cette coque n'est pas seule , elle est accompa- 
gnée d'une autre semblable, placée parallèlement à elle et 
protégée par la même enveloppe commune. La membrane des 
coques intérieures et extérieures est très-mince , non soyeuse , 
légèrement jaunâtre et analogue pour le luisant à la viscosité 
que déposent les limaces sur les corps qu'elles parcourent; 
elle e5.t traversée en différens sens par des fibres plus épaisses 
et qui doivent être filées tout d'abord, les intervalles de ces 
fibres étant ensuite remplis par la matière visqueuse. 

Au bout d'une douzaine de jours, l'insecte parfait sort de 
son enveloppe , et telle est sa facilité à se transformer, que 
ceux d'entre eux que j'avais mis à nu par l'ouverture de leur 
coque sont parvenus, contre mon attente, à leur dernier 
état. Le seul individu dont j'ai pu suivre le développement, 
avait fdé sa coque le 26 juin et en sortit le 8 juillet , c'est-à- 
dire treize jours après. 

De dix enveloppes extérieures , j'ai obtenu dix individus , 
tant mâles que femelles , mais je n'ai pu observer si les mâles 
se trouvaient renfermés sous la même enveloppe extérieure , 
ou s'ils y étaient avec une femelle ; il est probable qu'il n'y a 
point de règle à cet égard , puisque plusieurs enveloppes ren- 
firment des individus isolés. (Voy. fig. 10 , le dessin de la fe- 
melle.) 

Je terminerai cette note en présentant mes remerciemens k 
M. le comte de St-Fargeau, qui a bien voulu me laisser dé- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Su 

Crîrc une larve , que lui-même nous aurait fait connaître 
beaucoup mieux, vu la longue habitude d'observer et la 
connaissance parfaite des mœurs des insectes, qui l'ont porté 
au premier rang parmi les Entomologistes. 



BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 

ANN^E l832. 3' TRIMESTRE. 

SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 
(Séance du 4 juillet.) 

Oiw rages offerts, — Première et troisième livraisons du 
supplément aux Lépidoptères de France , de M. Duponchel, 
par l'auteur des Annales. 

Trois fascicules de description d'Insectes nouveaux ou peu 
connus , recueillis dans le midi de la France , la Sicile , la 
Morée , la Turquie et l'Egypte, par M. A. Lefebvre. 

Communications. — M. Guérin engage la Société à se 
joindre à celle d'Histoire Naturelle pour concourir à Térec- 
tion du monument scientifique qui doit être élevé à la mé- 
moire de M. Cuvier, d'après la proposition qu'il en a faite. 

M. Audouin fait part de deux mémoires relatifs à l'Entomo- 
logie , qui font partie du dernier volume de la société de 
Bonn. L'un , de M. Carus , sur le fluide qui circule dans le 
corps des Insectes; l'autre, de M. Wiedmann, sur le genre 
Midas. Ce dernier est une monographie de ces Diptères , ac- 
compagné de planches coloriées. 

M. Lefebvre donne quelques renseignemcns sur le Graphip- 
terus 'variegatus (Klug. ). Cet insecte, loin d'être nocturne, 



3 12 ANNALES 

comme la plupart des naturalistes le croient, a été trouvé par 
lui les premiers jours de mars, au plus fort de la chaleur du? 
jour , à six journées de marche du Nil , dans le désert Lybique 
à rOasis de Bahryeh, sur les gros monticules de sable qui , 
à l'ouest , dominent le village de Zabou , ainsi qu'à la petite 
Oasis d'Harrarah , qui en est peu distante. Ce Carabique ne 
s'y lient jamais dans les parties cultivées, mais seulement h 
leur jonction avec le sol inculte du désert , toujours plus vo- 
lontiers sur les mamelons ombragés de Tamaris rabougris ^ 
seule végétation qui y paraisse , et au pied desquels il semble 
habiter. On Tentend plutôt qu'on ne le voit, à cause d'un 
stridulus assez distinct semblable au mot xéa;é continuelle- 
ment répété , et qui provient du frottement de la partie in- 
terne de la cuisse des pattes postérieures, contre le bord des 
élytres qui déborde l'abdomen. Renfermés plusieurs ensem- 
ble dans une boîte , quelque spacieuse qu'elle soit , ils s'y 
mutilent de toute manière avec une promptitude et une rage , 
y>îus "Tande encore que dans tous les autres Carabiques. Il est 
fort abondant là où il se trouve; mais la nuit, M. Lefebvre 
n'a jamais pu venir à bout de le rencontrer, malgré le soin 
qu'il y mit. 

M. Lefebvre rappelle encore l'attention de la Société sur 
un fait digne de remarque : c'est l'étonnante faculté qu'ont 
diversinsectesdevivre dans une atmosphère des plus chaudes. 
En effet , le 24 mai 1820 , à environ cent pieds de profondeur 
dans les parois internes du Vésuve , il trouva dans les bouches 
sulfureuses brûlantes (ou le thermomètre cassa à 60 degrés 
deRéaumur) plusieurs Curculionites, comme le Eiirliynus 
jifjims (Gyll.) et le Rhytonomus Murinus (Gyll.) , qui y vi- 
vaient parfaitement et s'y accouplaient. La plupart portaient 
sur leurs élytres ammolies des gouttes de vapeur condensée. 

A l'appui de ce fait, M. Duponchel rapporte que dans les 
eaux thermales d^\.cql:i en Piémont (qui ont 4^ degrés 



DE LA SOCIÉTÉ ENTO.^îOLOGîQIjE. 5i5 

Piéaumur de chaleur) , selon M. Lesne , inspecteur des hôpi- 
taux mihtaires, il se trouve un Dytiscus de grande taille, qu'il 
pense être le Rœselii. 

A ce sujet M. de Theis raconte que dans l'hiver de i83o, 
par i4 degrés de froid (Réaumur) , il a trouvé certaines es- 
pèces d'Arachnides très-vivaces , et qui ont supporté une Iriin- 
silion subite de 34 degrés de chaud sans en paraître incom- 
modées. 

Leclures, — Mémoire sur uq nouveau genre de Crustacés 
de l'ordre des Stomapodes, par M. Milne Edwards. 

Mémoire sur la culture de la Cochenille en Espagne , par 
M***, communiqué par M. de Theis. 

Mémoire sur le T'uiea Decuriella (Hub.) , par M. Dupon- 
chel, pag. 5oo. 

Séance du i'*^ août. 

Ouvrages offerts. — Seconde décade d'une centurie de 
Lépidoptères de l'île do Cuba, de M. Poey, par l'auteur. 

Seconde livraison de l'Iconographie des chenilles des L<3pl- 
doplère de France , de M. Duponchel , par l'éditeur des An- 
nales. 

Lectures. — Monographie du genre Lycus, par M. Guériu. 

Mémoire sur les transformations du Claduis Difforinis^ par 
M. Brullé, pag. 3o8. 

Description de quatre Tenthrédines nouvelles , par M. Foid- 
ques de Villaret, pag. 3o3. 

Membres reçus. — MM. Girod Chantrans (de Baume) , 
Macquarl (de Lille). 

Séance du 5 septembre. 

Correspondance. — Lettre d'acceplatimi de M. Khi^ , 
pag. 245. 



3i4 ANNALES 

Ous^rages offerts, — Première et seconde livraisons de la 
partie Entomologique de l'expédition scientifique de Morée , 
par l'auteur, M. Brullé. 

Communications, — M. Lefebvre fait part d'un article de 
la Gazette des Hôpitaux du 2 août 1802, où on rapporte 
que, près de Marseille, non loin de Ghâteau-Gombet t , des 
paysans ont, en trois jours, recueilli trois cent quatre-vingt 
kilogrammes d'œufs de Sauterelles , qu'ils ont remis à une 
commission nommée à cet effet par le maire de l'endroit. 

M. Lefebvre demande qu'il soit pris des renseignemens 
exacts sur ce fait ; et , appelant l'attention de la Société sur 
les apparitions considérables d'Insectes de diverses espèces 
que l'on a signalées sur plusieurs points de l'Europe et de la 
France, cette année que le choléra y a exercé ses ravages, 
demande s'il n'y aurait point coïncidence entre ces appa- 
ritions et les maladies pestilentielles ou épidémiques violentes» 
L'histoire, celle même des temps les plus reculés , présentant 
souvent une réunion pareille. 

M. Feisthamel combat cette opinion , et pense que ces appa* 
ritions ne sauraient se rattacher à la présence d'aucune ma- 
ladie; et, entr'autres preuves, rapporte que ce ne fut que 
l'année qui précéda la dernière invasion de la peste à Odessa 
qu'y fondit une des plus fortes nuées de Sauterelles qui y 
aient été observées dans ce pays. 

M. Lacordaire soutient l'avis de M. Feisthamel , et, tout en 
rapportant qu'un passage de Piérides a dernièrement été re- 
marqué dans un des quartiers de Paris , pense que cette coïn- 
cidence ne saurait exister. 

La Société prend cependant en considération la question 
soulevée par M. Lefebvre , et nomme une commission chargée 
^e présenter un travail à ce sujet. 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGiQtE. 5i5 

LecUuet, — Mémoire sur la bouche des Libeiluliiies, [uir 
M. Brullé. 

Description de plusieurs Coléoptères inédits, par M. de 
Laporte. 

Description de trois Coléoptères nouveaux , par M. Gory. 

Mémoire sur les métamorphoses du genre Ccralopogu/i , 
par M. Guérin. 

Mémoire sur les mœurs de la Chenille delà NonagriaPa- 
liidicola, par M. Guénée (de Châteaudun). 

Notice historique sur l'Entomologie du Guiane , par 
M. Lacordaire. 

Membres reçus. — MM. Dessalines d'Orhigny (de Paris) , 
Walker (de Londres) , Schuermann (de Bruxelles) , Robyns 
(id.), Dubust (id. ). 



VOYAGES. 



DEPARTS. , ARRIVEES. NOUVELLES DIVERSES. 

Madame veuve Salé et son fils , dont nous avons annoncé 
le départ pour le Mexique dans notre premier numéro, n'ont 
pu, il cause du bombardement de la Vera-Crux , dans la- 
quelle ils se trouvaient enfermés , recueillir jusqu'à présent 
un grand nombre d'insectes. Mais en ce moment ils se diri- 
gent vers le pic d'Orixaba , où tout fait espérer qu'ils feront 
d'amples récoltes. 

M. Alcide d'Orbigny, parti en 1826 pour l'Amérique mé- 
ridionale ^ écrit de Santo-Corazon de Ghiquetos, à la date 
du 9 octobre i85i , qu'après un séjour de quatre mois parmi 
les Indiens de ce pays , il compte visiter les Guacoyos , et de 



3i6 ANNALES 

là passer à Moxos, pays qui lui promet les plus riches décou- 
vertes. Il compte ensuite explorer la province de Cuzco, et 
de là revenir enfin en Europe avec d'immenses collections , 
dont les insectes ne seront pas la partie la moins riche. 

M. Poey , parti récemment pour l'île de Cuba , oii il compte 
explorer toutes les branches de Thistoire naturelle , vient 
d'arriver heureusement à la Havane. 

M. Bohéman , naturaliste suédois, dont nous avons annoncé 
le départ pour la Laponie dans notre dernier numéro, est 
récemment de retour de son voyage. Cette expédition , à ce 
qu'on assure , vu le froid et les pluies qui ont duré cet été 
dans ces contrées , a été moins productive qu'on n'avait lieu 
de l'espérer. 

Une lettre de M. de Bonpiand , datée de Buénos-Ayres , du 
7 mai i832 , et adressée à M. de Humbold , apprend que cet 
illustre voyageur compte enfin revenir en Europe après une 
seconde excursion aux missions portugaises, où la fertilité du 
sol et la richesse de la végétation lui promettent les plus am- 
ples récoltes dans toutes les branches de l'histoire naturelle. 
A cette époque , il attendait de ce dernier ^ays et du Pa- 
raguay ses premières collections pour les expédier aussitôt au 
muséum d'histoire naturelle de Paris. 

On apprend que M. Polydore Roux , directeur du muséum 
d'histoire naturelle de Marseille , après un assez long séjour 
en Egypte , vient de s'embarquer pour Bombay. 

D'après les dernières nouvelles reçues de M. Ruppel , de 
Francfort, datées de IMassano , en mars dernier, ce célèbre 
naturaliste , déjà connu par ses voyages dans l'intérieur du 
Kordofan et du Darfour , de 1822 à 1827, a entrepris, à la 
(in de i83o, un second voyage dans ces mêmes contrées. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 517 

Des révolutions ayant éclatées à la fois dans toute l'Arabie 
et l'Abyssinie, et jusque dans le formidable pays des Gallas , 
M. Ruppel s'est trouvé obligé , après avoir traversé la mer 
Rouge à Moka , de suspendre le projet qu'il avait de se di- 
riger vers les montagnes de la Lune , et de pénétrer par Ih le 
plus avant possible dans le continent africain. 11 s'est arrêté à 
Massona , où il a résidé pendant six mois , qu'il a employés 
à explorer les parties de l'Abyssinie les plus rapprochées de 
la cote , et dans lesquelles il a fait , dans toutes les branches 
de la zoologie , d'importantes découvertes. 



NÉCROLOGIE. 

Notice sur George Cuvier, membre honoraire de la So- 
ciété Entomologique de France, lu à cette Société par 
M, Victor Audouin , vice-président. 

(Séance du i3 juin. ) • 

GECRGE-LÉOPOLD-CnRÉTIEN-FRÉDÉRIC^DAGOBERT CuVIE^i 

est né à Montbelliard , département du Doubs, le 2 3 août 
1769 (i). 

Élevé dans la religion luthérienne , il se distingua dès ses 
plus jeunes années par son aptitude au travail et par la facilité 
avec laquelle il saisissait tout ce qu'on voulait lui enseigner., 
A trois ans , il lisait déjà très-couramment; et ii quatorze , il 
avait terminé, d'une manière brillante, ses classes dans le 
collège de Montbelliard. Sa famille, peu fortunée, comptait 
lui faire embrasser la carrière militaire; mais sa santé délicate 
et son goût prononcé pour l'étude la firent renoncer h ce projet ; 

(i) Nous nous sommes assurés que la date de sa naissance élnit \e 
23 août, et non le aS , comme on l'a imprimé dans quelques biographies. 



5i8 ANNALES 

on le destina alors à l'état ecclésiastique , pour lequel il nion 
trait beaucoup de penchant. Cependant il fallait, avant tout, 
subir les épreuves d'un concours pour obtenir une bourse , 
et Cuvier s'y montra avec tant de supériorité , que personne 
ne doutait qu'on ne le choisît comme le plus capable. Néan- 
moins , la palme fut décernée h un concurrent qui était sou- 
tenu par la protection de l'un des juges. 

Montbelliard était alors la capitale d'un comté dont le duc 
de Wurtemberg était souverain. L'injustice dont le jeune ciin- 
didat avait été victime vint aux oreilles du prince, qui s'em- 
pressa de la réparer en lui accordant une bourse dans un éta- 
blissement de haut enseignement qu'il avait formé à Slult- 
gard. 

Cuvier s'y livra à des études sérieuses de droit jusqu'à l'âge 
de dix-huit ans , où il en sortit. Dès cette époque , il avait ma- 
nifesté un goût très-prononcé pour l'histoire naturelle; loiiles 
ses heures de récréations étaient consacrées à la recolle et au 
classement des insectes; et, comme pour lui il n'y avait pas 
de jeuj^frivoles , il étudiait en même temps avec soin leurs 
caractères , observait leurs mœurs, et s'exerçait dans l'art 
difficile de les peindre. Ayant fini ses études , et obligé qu'il 
était de tirer parti de ses connaissances , il accepta une place 
de précepteur que lui offrit le comte d Hericy , qui avait plu- 
sieurs enfans , et habitait en Normandie le château de Fi- 
quainville , situé près d'un bourg nommé Valmont , à cinq 
lieues au nord-ou<'st d'Ivetot. Poussé par une sorte d'entraî- 
nement vers la zoologie , et placé dans le voisinage de la mer, 
il mit à profit ses instans de loisir pour observer les animaux 
nombreux et variés qu'elle renferme dans son sein. 

Il entrait à peine dans sa vingt-quatrième année , et déjà 
ses travaux manuscrits révélaient toute la portée de son génie, 
]bien que lui-même ne les regardât que comme de faibles 
essais; car, écrivait-il a son jeune ami M. Geoffroy Saint 



DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. Siq 

Hilaire , avec lequel il venait d'être mis en relation : « Ces nia- 
nuscj^Lts dont vous me demandez la communication , ne 
sont qu'à mon usage , et ne comprennent sans doute que des 
choses déjà décrites ailleurs ^ et mieux établies par Les 
naturalistes de la capitale j ils sont faits sans le secours 
des libres et des collections , etc. Et cependant , ajoute 
M. Geoffroy , dans ces précieux manuscrits je trouvai presque 
à chaque page des faits nouveaux , des vues ingénieuses. Les 
méthodes scientifiques , qui depuis ont renouvelé les bases 
de la zoologie , étaient indiquées dans ces premiers essais , 
déjà supérieurs à presque tous les travaux de Tépoque. Je lui 
répondis : Venez à Paris ,- venez jouer parmi nous le rôle 
dun autre Linné , d^un autre législateur de Vhistoire na- 
turelle. » (i) Celte invitation fut acceptée, et bientôt Cuvier 
vint prendre rang parmi les jeunes savans que renfermait alors 
la capitale. La Société Philomalhique était le centre de leur 
réunion; il en devint membre , et y coniracta des liaisons in- 
times avec MM. BerthoUet, Bosc , Brongniart , Coquebert- 
Montbret , de Candolle, Dumeril, Fourcroy, Halle, Haiiy, 
Lacépède, Lacroix , Laplace , Latreille , Mirbel , Monge , Vau- 
quelin, Sylvestre, etc. 

Un des premiefs travaux qu'il communiqua à ce petit 
comité d'amis fut un mémoire sur la formation et l'usage des 
Méthodes en histoire naturelle. Il s'attacha ti démontrer dans 
cette dissertation lumineuse que la bonté d'une méthode doit 
nécessairement tenir au meilleur choix, dans la subordina- 
tion des caractères. Plus tard , il fit d'heureuses applications 
de ce principe dans ses nombreux et importans travaux de 

(i) Voyez le discours prononcé sur la tombe de M. Cuvier, le 16 mai 
i832 , par M. Geoffroy Sainl-Hilaire ( Annales des sciences naturelles , t. a6, 
pag. 401 ), et dans lequel ce savant nous apprend comment il fut mis ei^ 
relation avec M. Cuvier, par l'entremise d'un célèbre agronome, M. Tes-, 
sier , aujourd'hui le doyen de racadémie des sciences. 



320 ANNALES 

zoologie; mais dès lors les preuves qu'il apportait à l'apiiiii 
de sa manière de voir indiquaient un observateur exercé et 
doué d'un coup d'œil vif et pénétrant. En effet, M. Guvier 
pouvait avoir sur ces matières difficiles une opinion bien ar- 
rêtée , préparé qu'il était depuis long-temps par un examen 
attentif des divers systèmes organiques des animaux et par de 
profondes méditations. 

Vous ne vous attendez pas , Messieurs , h me voir suivre 
dans sa carrière scientifique ce génie si fécond et si actif. Des 
voix éloquentes et plus capables que moi de faire ressortir 
l'importance de ses travaux sur l'Anatomie des animaux de 
toutes les classes, sur la Zoologie , sur la Géologie et sur la 
Paléontologie , se sont déjà fait entendre , et plusieurs s'élè- 
veront de nouveau qui diront tout ce que lui doit la science , 
non seulement à cause du grand nombre de publications qu'il 
a mises au jour^ mais encore pour ce talent si mervcilleu?^ 
qu'il possédait d'exposer nettement ses pensées et de les faire 
comprendre aux autres. On transmettra aussi à la postérité, 
car c'est un exemple qui devra profiter, avec quelle bienveil- 
lance cet homme supérieur accueillait la jeunesse studieuse. 
Les cabinets d'anatomie qu'il avait formés au Muséum d'his- 
toire naturelle étaient généreusement mis à la disposition des 
personnes qui se livraient à quelques recherches suivies ; et 
elles peuvent dire que ni les conseils ni les encouragemens ne 
leur ont jamais manqué. 

Dans celte courte notice que vous •m'avez chargé de ré- 
diger, je crois ne devoir m'occuper que de la partie des 
travaux de M. C4uvier qui concernent l'Entomologie ou qui 
ont des rapports directs avec elle. 

L'Entomologie ! celle science qui a le privilège de convenir 
à la jeunesse aussi bien qu'à l'âge mûr, M. Cuvier en avait 
goûté et apprécié tous les charmes. J'ai dit que lorsqu'il était 
^u collège de Stuttgard , il employait ses loisirs à récolter et 



DE LA SOCIÉTIi: ENTOWOLOGîQUE, 3ai 

à peindre des insectes; plus tard, il s'en occupa encore plus 
activement, comme vous le verrez en jetant les yeux sur 
plusieurs manuscrits que je dépose sur le bureau , et qu'il 
donna, il y a bien des années, à M. Alexandre Brongniart, 
comme un souvenir de peu de valeur et d'ancienne amitié (i). 
L'un de ces manuscrits a été rédigé dans le château de 
Fiquainville, en Normandie; il a pour titre : Diarium zoo- 
lagicum quint uni ^ et est daté du 22 avril i^gi : Guvier 
ii'avait pas encore vingt-deux ans. Ce petit nombre de pa"-es 
contient des descriptions de Garabiques , écrites en latin; 
et, dès la première ligne, on a la preuve que ces observations 
entomologiques dataient déjà de cinq à six ans, car le jeune 
auteur dit, à l'occasion du Carahus grajiulatus de Linné, 
dont il donne une fort bonne figure : « Certè ille est quem 
exhiber, Diarium zoologicum prij?2um (Die looctob. 1786, 
pi. 4 f %• 5)- » Or, celte date correspondrait à sa dix-sep- 
tième année, à l'époque où il terminait ses études au col- 
lège de Stuttgard, et l'on reconnaît, par le renvoi qu'il fait h 
une planche 4 » qu'alors ses dessins étaient déjà assez nom- 
breux pour former un atlas (2). 

(i) Le goût très-prononcé qu'ils avaient l'un et l'autre pour l'Entomo- 
logie donna naissance à leur liaison , et ce fut aussi celte science qui éta- 
blit les rapports les plus intimes entre M. Cuvier et plusieurs savans 
étrangers. On doit surtout citer parmi eux , un Entomologiste célèbre, 
Fabricius, qu'il accueillit à Paris de la manière la plus généreuse , et au- 
quel il eut occasion de rendre des services imporlans. 

(2) Depuis la lecture de cette notice, j'ai recherché ces manuscrits de 
collège , et j'ai été assez heureux pour en découvrir plusieurs. M. Cuvier, 
qui, jugeant sa fin prochaine, s'est occupé d'une manière si touchante 
et avec un calme si philosophique, des intérêts de sa famille, a songé 
aussi à assurer la publication de ses nombreux travaux. Tous ses m.anii- 
scrils sur les poissons ont été légués à M. Valenciennes , son coilabo- 
rateur pour l'histoire; de ces animaux; et M. Laurillard, son ami de 
trente ans, qui lui était dévoué d'une manière si complète, a reçu le 



522 ANNALES 

Les figures de Carabiques qui accompagnent ce Diarium 
quintiini sont exécutées avec un rare talent et une finesse dans 
les parties délicates , remarquable pour cette époque. Les in- 
dividus ont été peints dans la position où ils sont morts : 
c'était l'usage du temps , ainsi qu'on peut le voir dans les ou- 
vrages de Rossi et de Petagna. 

Indépendamment de ces dessins en couleur, le jeune Cuvier, 
jugeant de quelle utilité pouvait être pour la distinction des 
espèces , une foule de caractères imperceptibles à la vue sim- 
ple , mais que l'on peut très-bien saisir à l'aide d'une loupe , 
a représenté souvent, à côté de son texte descriptif, des détails 
grossis offrant la forme du corselet et les ponctuations si re- 
marquables et si variées des élytres. Mais c'est surtout à l'oc- 
casion de quatre hislei\ dont il donne la description, qu'il 
s'attache davantage à faire ressortir, par des dessins au trait # 
les principales différences que ces parties fournissent. Ces dé- 
tails , comme on le voit , ont précédé de beaucoup les pre- 
miers essais en ce genre que nous devons à Herbst , à Sturm et 
à Paykull. 

Outre celte planche consacrée aux Carabes , et qui est 
complétée par divers autres Coléoptères et même par quel- 
ques Hémiptères , le Diarium quintiim contenait six autres 
planches , dont je n'ai malheureusement entre mes mains que 
les n°' 2 et 4- Le n° a offre la représentation de vingt-trois 

précieux dépôt des portefeuilles relatifs à l'anatomie comparée et aux 
animaux fossiles. C'est aussi à ce savant modeste qu'a été confié la coor- 
dination d'une foule de notes sur la Zoologie, et je dois à cette heureuse 
circonstance la communication des essais Entomologiques de M. Cuvier; 
ils forment quatre cahiers format in-40: deux sont relatifs à la Botanique, 
et remontent à l'année 1786; un autre concerne l'anatomie des Oiseaux , 
et trois autres présentent la description et la figure de beaucoup d'In- 
sectes indigènes et même exotiques. Les planches de ces derniers cahiers 
sont au nombre de trente-deux; ils sont datés de Stuttgard, 1787-1788, 
et de Caen, 1790. 



DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 5a:> 

ospt'ccs d'Ichneumons : le manuscrit manque. Au contraire, 
j ai une portion du texte relatif aux figures de la planche 4 * 
c'est une description de trente -six espèces de Tenthrèdes , 
cjui porte ce titre : Recensio gêner alis Tenthredinumndhi 
f'I Pfaffio notarum. 

On voit, par des annotations mises en marge, rue M. Pfaff, 
compatriote de Fabricius , et aujourd'hui professeur de chi- 
mie à Riel en Danemarck , correspondait fréquemment avec 
^\. Cuvier. Les dates relatées de ces lettres sont des mois 
de décembre 1790 et septembre 1791. 

Enfin le dernier de ces fragmens, que je pense être d'une 
époque un peu moins ancienne, ne porte point de date, et 
a pour litre : Pedicnli animalium ; il renferme la description 
et la figure au trait d'un assez grand nombre de Poux et de 
Tiques de divers oiseaux et mammifères (1). 

(i) J'ai communiqué à la Société Entomologique , postérieurement à 
la lecture de cette notice, uo nouveau manuscrit de M. Cuvif>r, non 
moins précieux que ceux dont il vient d'être question, et que je possédais 
dans ma bibliothèque sans en connaître l'origine. 

J'avais acheté, pour une somme modique, à la vente des livres de 
feu M. le professeur de Lamarck, qui eut lieu au mois d'avril i83o , 
un iot de planches de l'Encyclopédie, parmi lesquelles je remarquai une 
série de figures de Crustacés exécutées à la plume et avec un rare talent. 
Aucun texte n'accompagnait ces figures; seulement plusieurs portaient 
une détermination écrite de la main de M. de Lamarck, et quelquefois 
y>ar une main différente ; elles étaient en outre accompagnées d'une 
feuille volante portant ce litre : Icônes cancrorum, et plus bas, Cadomi 
M. D. ce. XC. Je ne songeais pas à ce manuscrit lorsque, causant der- 
nièrement avec M. Latreille des travaux de M. Cuvier et de la facilité 
avec laquelle il dessinait, il vint à me parler de très-jolies fif^ures de 
Crustacés, à la plume, dont son illustre ami avoit autrefois gratifié M. de 
Lamarck, et qui sans doute, me dit-il, avaient été perdues. Ce renseiefne- 
ment ne me permit pas de douter que les planches aujourd'hui e.i uja 
possession , ne fussent celles dont parlait M. Latreille, et bientôt j'en eu la 
preuve la plus positive, lorsque, les lui ayant apportées, il les reconnut 



5^4 ANNALES 

J'ai pensé , Messieurs , que vous trouveriez quelqu'intérêt h 
cire instruit (îe ces circonstances peu connues , et qui sont 
relatives à la jeunesse de M. Guvier; elles établissent un fait 
irrécusable : c'est que l'illustre auteur de TAnatomie com- 
parée, du Piègne animal , des Recherches sur les Ossemens 
fossiles, de l'Histoire naturelle des Poissons, le secrétaire 
perpétuel de l'Académie des sciences , enfin le premier natu- 
turaliste de notre époque a été introduit dans cette immense 
carrière par l'irrésistible attrait des recherches Entomologi- 
ques; c'est à celles-ci qu'il doit en quelque sorte d'avoir pu 
connaître et d'avoir commencé à prouver sa véritable voca- 
tion; ce sont, d'après son propre aveu , les merveilles qu'il a 
découvertes dans l'organisation des insectes qui ont élevé son 
génie aux plus hautes conceptions. C'est un beau nom pour 
nous que celui de Guvier, à joindre h tant de noms illustres 
pour les opposer aux détracteurs de notre science chérie , s'il 
pouvait s'en trouver encore (i). 

En effet, l'Entomologie ne fut jamais pour cet homme su- 
périeur un simple passe-temps de jeunesse. « Si je n'avais pas 

pour telles. Je reconnus alors moi-même dans le titre el dans les noms 
des espèces inscrits au bas des planches, l'écriture de M. Cuvier, qui 
depuis n'a guère changé, et qui ne diffère essentiellement de celle que 
nous luiavonsconnue.que parce qu'à cette époque elleétail beaucoup plus 
régulière et plus lisible, La date de 1790 correspond à sa vingt-unième an- 
née, et au temps où il habitait la Normandie. C'est à Caen ( Cadorni) qu'il 
a fait cet atlas; il se compose de vingt-trois planches, consacrées cha- 
cune, excepté la dernière, à une seule espèce. Généralement elles re- 
présentent des Crustacés de nos mers; mais, dans le nombre, il y en 
a plusieurs qui sont exotiques, et que probablement M. Cuvier avait eu 
occasion d'étudier dans quelque cabinet d'amateur. 

(i) Voyez le/ac simile de la lettre que M. Cuvier a adressée à la So- 
ciété Entomologique, et qu'on a joint ici; elle montre avec quel plaisir 
il se rappelait ses premiers travaux relatifs à l'Entomologie, et quel cas 
il faisait de cette science. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 525 

étudié les insectes par goût iorsqde j'étais au coHége , me 
disait-il un jour, je l'aurais fait plus tard par raison, par 
nécessité. » Car il était convaincu que l'habitude d'apporter 
son attention toute entière à l'examen de détails minutieux , 
et la possibilité de commettr^une erreur pour peu qu'on se 
relâche de cette règle, était une épreuve très-utile pour 
aborder l'étude des animaux plus élevés et pour tirer de cette 
étude le meilleur fruit possible. 

« Êtes-vous Entomologiste? demanda-t-il un jour en ma 
présence, à un jeune homme de mes amis qui s'était aventuré 
à lui parler je ne sais de quelle particularité remarquable 
qu'il prétendait avoir découverte dans une dissection faite sur 
l'espèce humaine. — Non , lui répondit l'étudiant en méde- 
cine. — Hé bien! répliqua M. Cuvier, faites Tanatomie 
d'un insecte; je ne suis pas difficile sur le choix, prenez le 
plus gros que vous trouverez , revoyez ensuite votre ob- 
servation , et si elle vous paraît encore exacte , je vous 
crois sur parole. » Mon ami se soumit de bonne grâce à l'é- 
preuve ; et bientôt, ayant acquis plus d'habileté et plus 
de réserve , il vint remercier M. Cuvier de son conseil , et lui 
avouer en même temps sa méprise. «Vous voyez , lui dit en 
souriant celui-ci , que ma pierre de ioiiclie liest pas mau- 
vaise. » 

L'activité de M. Cuvier était prodigieuse ; et il faut l'avoir 
vu dans son intérieur pour s'en faire une idée juste. On peut 
dire à la lettre qu'il ne perdait pas une seconde. Rentrait-il 
chez lui quelques minutes avant l'heure de son dîner , il allait 
h son bureau , où il avait laissé ouvert son manuscrit en train, 
et y continuait quelquefois la phrase qu'il avait été obligé 
d'interrompre le matin ou même la veille; et cela , il le fai- 
sait sans aucune difficulté ni hésitation. Le travail lui était si 
facile , qu'il pouvait , pendant que vous l'entreteniez , et tout 
en vous écoutant attentivement, écrire des choses très-sé- 

I. 22 



526 ANNALES 

rieuse!?. Aussi , toutes ies lois qu'il était cliez loi , était-on 
sûr de pouvoir lui parler : jamais il ne faisait défendre sa 
porte ; et , quoiqu'il fut l'hooime du monde le plus impor- 
tuné , à cause de ses nombreuses fonctions , on peut dire qu'il 
était moins dérangé que perstmne. 

Mais je reviens à ses travaux et à la partie de ses travaux 
qui est plus spécialement relative à l'Entomologie. 

Déjà j'ai mentionné son mémoire sur les méthodes , dans 
lequel on puisera d'excellens préceptes , et dont il fit lui- 
même un heureux emploi dans la classification méthodique 
des insectes. 

Ce mémoire fut suivi de plusieurs travaux spéciaux, parmi 
lesquels on remarquera la description d'une espèce de Guêpe 
cartonnière originaire de Cayenne. Cette espèce nouvelle , que 
M. Cuvier nomme Tatua^ du nom de Tatou qui lui est donné 
par les habiians de Cayenne , a quelque ressemblance avec la 
Vespa nidulans de Fabricius , mais le carton qu'elle construit 
est moins parfait (i). 

A cette occasion , M. Cuvier a fait remarquer avec raison 
que Réaumur , toujours si exact lorsqu'il s'agit des insectes 
de notre pays , s'est trompé en décrivant et figurant comme 
la femelle de la f^espa nidulans, un Chalcis qui vit en parasite 
dans le nid de ces Guêpes , et qui a beaucoup de rapp ort avec 
le Chalcis ajiJiida'a de Fabricius. 

Bientôt après, M. Cuvier fit paraître un mémoire très- 
mtéressant sur les Cloportes , où se trouvent décrites pour 
la première fois les parties de la bouche de ces Crustacés. Il 
fut bientôt suivi de la description de plusieurs Diptères des 
genres Rhagis et Neniotehis , et de quelques autres essais 



(t) Vespa Tatiia , Nigra , Niùda , jUs fuscis ^ abdomine pedicellato. Son 
corps est d'un tiers pius gros que celui de la guêpe , à laquelle Fabricius 
a clouné ie uoni de Vespa nidulans. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 527 

Entomologiques , dont un des plus remarquables est sa dis- 
sertation critique sur les espèces d'Écrevisses connues des 
anciens et sur les noms qui leur ont été donnés. 

Quelques travaux de ce genre et un grand nombre de re- 
cherches sur l'organisation de toutes les classes d'animaux 
préparaient Cuvier à la publication d'un ouvrage général. ?i 
le fit paraître, en l'an VI (1797-1798) , sous le titre de 
Tableau élémentaire de l Histoire naturelle des Ani- 
maux. Dès lors , la place de son auteur fut marquée au 
premier rang dans la science. En effet, il venait de poser la 
pierre fondamentale d'un vaste édifice que plus tard il vou- 
lait agrandir. Dans ce but, il entreprit de nouvelles observa- 
tions , et choisit de préférence comme objet de ses études 
les animaux dont l'organisation était encore la moins connue. 
C'est ainsi que, dans le mois de vendémiaire an VI, il lut à 
l'Institut, dont il était membre dèsTorigine, un mémoire très- 
remarquable sur la Manière dont se fait la nuirition dans 
/e.ç insectes. Il y établit que leur vaisseau dorsal n'est pas un 
véritable cœur , et qu'il ne fournit aucune branche qui puisse 
servir à la circulation. Mais, si un liquide réparateur n^est pas 
porté à tous les organes , comment s'opère la nutrition ? 
Cuvier prouve que le suc nourricier traverse les parois du 
canal intestinal , qu'il se répand dans l'intérieur du corps , 
entoure toutes les parties , et que celles-ci y étant conti- 
nuellement plongées , s'alimentent par simple imbibition. 

Il a aussi constaté dans ce mémoire que les organes sécré- 
teurs des insectes ne sont point des 2;landes solides comme 
on en rencontre dans tous les aniinaux qui ont un cœur et des 
vaisseaux, mais qu'elles sont formées pas des tubes spongieux, 
quelquefois repliés sur eux-mêmes , unis intimement par des 
trachées, et qu'on peut toujoiu^sîdérouler lorsqu'on y met 
le temps et la patience nécessaires. 

Ces observations ont permis de grouper irrévocablement 



328 ANNALES 

les insectes dans une classe très-naturelle et très-distincte. Elles 
ont aussi donné lieu à un grand nombre de travaux ulté- 
rieurs qui sont venus conlirmer ces premières données; et, 
bien qu'il ait été établi depuis, d'une manière évidente , sui- 
vant nous , que dans beaucoup d'insectes le vaisseau dorsal 
fournit postérieurement des branches aux ovaires , il n'en est 
pas moins constant qu'il n'existe pas chez eux de circulation 
générale. C'est dans ce même travail que M. Cuvier rend 
compte de quelques expériences qu'il avait tentées sur les 
Crustacés , dans le but de déterminer s'ils ont une véritable 
circulation ou si , comme les insectes , ils en sont privés ; et il 
est curieux de voir à quel po'ut cette dernière question le pré- 
occupait. Après bien des hésitations , il semble s'arrêter à 
cette hypothèse : que les branchies des Crustacés absorbent 
directement l'eau , et qu'elles la portent dans le cœur, d'où 
elle serait ensuite cliariée dans tous le corps par les vais- 
seaux qui en partent , et dont on ne saurait nier l'exis- 
tence (i). 

Plus tard, dans son Anatomie comparée, M. Cuvier revint de 
cette erreur; des expériences positives l'ayant convaincu que 
ce n'était pas de l'eau , mais bien du sang qui circulait dans 
les canaux. Toutefois , il lui était toujours resté beaucoup de 
doute sur ce point difficile ; et dans son Règne animal , il chan- 
gea encore d'opinion, non plus relativement à la nature du li- 
quide, qu'il continua de regarder comme du sang , mais quant 
h la route qu'il suit. Ce furent ces contradictions dans les- 
quelles ce célèbre anatomiste était avec lui-même, qui pro- 
voquèrent dans ces derniers temps de nouvelles recherches ; 
et M. Cuvier , loin d'en concevoir le moindre ombrage , fut 
le premier à encourager les auteurs (2) dans leur entreprise 

• 
(i) Mémoires de la Société d'Histoire naturelle de Paris, an VII. p. 47- 
(2) MM. Miine Edwards et Victor Âiidouiti. 



DE LA SOCIÉTÉ EISTOMOLOGIQUE. 329 

ri h leur accorder son honorable suffrage (i). C'est encore Ik 
un trait h citer en l'honneur du caractère noble de M. Cuvier, 
qui ne traita pas en adversaires , mais en amis , deux jeunes 
gens que le seul but d'éclaircir un point obscur de la science 
avait appelés sur son terrain. 

Le mode de circulation des Annelides n'était pas mieux dé- 
terminé que celui des Crustacés. M. Cuvier conçut le projet de 
les étudier; il prit pour exemple les Sangsues , et commimiqua 
à l'Institut et à la société Philomathique le fruit de ces nou- 
velles recherches (2). Il apprit aux anatomistes que la couleur 
rouge du liquide qu'elles contenaient ne provenait nullement 
du sang que l'animal avait sucé , mais que c'était la couleur 
de !eur propre sang qui circulait dans quatre vaisseaux prin- 
cipaux , situés au dos , au ventre et sur les côtés. 

Cette observation importante permit de séparer du groupe 
des animaux à ^rt/2^ blanc, les Sangsues et d'autres animaux 
analogues dont le sang est également de couleur rouge. Plus 
tard , Lamarck a appHqué à cette classe bien distincte le nom 
d'^/mélides. 

Ces anatomies délicates, qui avaient toujours pour but de 
résoudre quelques difficultés importantes de la science , pré- 
cédèrent la publication d'un travail général sur l'anatomie de 
tous les animaux. M. Cuvier avait remplacé dans l'exercice 
des fonctions de professeur d'anatomie comparée au muséum 
d'histoire naturelle , M. Mertrud , qui depuis long-temps oc- 
cupait cette chaire (3). Les leçons du jeune professeur furent 

(i) Veyez le rapport fait à l'académie des sciences, par MM. Cuvier et 
Duméril, inséré dans les Annales de'< sciences naturel'es. C'est sur un rap- 
port spécial de M. Cuvier que l'Institut a décerné à ce travail , en 1828 , 
le prix de physiologie expérimentale. 

(2) Bulletin des Sciences^ par la Société Philomalliifjue. Vendémiaire 
an VII, tom. I , p. 146, et messidor an X, tom. 3, p. 121. 

(3) Vers la même (?poque, Cuvier professait aux écoles cetitiales. Plus 



33o ANNALES 

recueillis par deux de ses principaux élèves, MM. Duméril et 
Duvernoy, qui depuis ont pris rang parmi les maîtres de la 
science; ils les rédigèrent sous sa direction, et firent paraître, 
en Tan VIII (1799) •> ^^^ <leux premiers volumes de VAnato- 
mie comparée. 

Cet ouTrage , qui est encore le plus complet que l'on pos- 
sède sur l'anatomie , et dont les trois autres volumes ont été 
publiés en i8o5 , présente toutes les particularités propres 
à celle des insectes et des autres animaux articulés. Non-seu- 
lement l'habile professeur y a réuni tout ce qui avait été ob- 
servé avant lui , mais il y a consigné les résultats de ses nom- 
breuses découvertes. 

Telle est , Messieurs , sous le seul point de vue qui nous 
occupe, l'esquisse bien réduite des travaux dont la science 
est redevable a l'homme supérieur qu'on regardait à juste 
titre comme une des grandes gloires de notre France , et 
dont les naturalistes , de quelque pays qu'ils soient , déplore- 
ront long-temps la perte. 

Il n'avaitpasencoreaiteint sa soixante-troisième année quand 
il nous a été enlevé dans la soirée du dimanche i5 mars i852. 
Son génie, comme vous le savez, était encore dans toute sa 
force, et jusque là sa santé avait toujours été parfaite. On le 
voyait vaquer avec- la même assiduité aux fonctions les plus 
diverses : un même zèle l'animait pour ses nombreux devoirs, 
et l'activité prodigieuse de son esprit satisfaisait à tous. Les 
personnes qui vivaient dans son intimité étaient vraiment ef- 
frayées en voyant que le seul repos qu'il connut , c'était de 
passer d'un travail à un autre. Peu de jours avant la maladie 
qui nous Ta si rapidement enlevé , et contre laquelle sont 

tard, lorsque sa répulalion le plaçait au premier rang dans la science, 
il crut encore la servir utilement en faisant plusieurs cours à l'Alhénée 
VPyaL 



DE Li SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. r>5i 

venues échouer toutes les ressources de l'art, il professait nu 
collège de France, et nous promettait l'exposition prochaine 
de ses découvertes sur le développement de l'embryon dans la 
série des êtres. Il se proposait aussi de traiter avec quelques 
détails l'histoire si merveilleuse des métamorphoses des in- 
sectes. 

Ainsi , de nouveaux faits allaient jeter une nouvelle lumière 
sur cette partie encore si obscure de la science; et bientôt un 
Traité cf yïnaloinie comparée y fait sur un vaste plan , devait 
résumer les connaissances acquises depuis trente ans sur l'or- 
ganisation des animaux (i). 

Que de regrets viennent donc s'ajouter à la douleur que 
nous éprouvons tous , et qui est partagée bien vivement par 
notre vénérable président, le collaborateur et l'ami de ce 
grand homme (2) ! 

Messieurs , si dans une circonstance aussi triste et aussi ré- 
cente, vos esprits découragés pouvaient accueillir quelqu'idée 
consolante, c'en serait une sans doute que de pouvoir se dire 
que la Société Entoinolo^iqiie de France a été organisée 
assez tôt pour voir le nom de Cuvier inscrit en tête de la liste 
des membres qui la composent. Puisque ce génie tulclaire 
nous est enlevé presque dès notre naissance, que du moins 

(i) M. Duvernoy, professeur d'hisloire naturelle à la faculté Je Stras- 
bourg, conjointement avec M. Laurillard , conservateur du cabinet d'ana- 
tomie comparée au muséum d'histoire de Paris, doivent incessamment 
commencer la publication de celle anatomie, dont le ic et le je volume 
se trouvaient déjà en partie rédigés par M. Cuvier. 

{•i] M.Lalreille, qu'une amitié ancienne et intime liait avec M. Cuvier, 
et qui était allé prendre quelque repos à sa campagne, y reçut en même 
temps la nouvelle de la maladie et de la mort de M. Cuvi^îr. On conroi^. 
combien il fut frappé de ce fatal événeiuent, et combien il ei? est encor^ 
douloureusement alfccté. 



552 ANNALES 

le, souvenir de l'illustre patronage (font il avait doté nos tra- 
vaux nous excite h embrasser avec plus d'ardeur l'étude philo- 
sophiqus jd'une science qu'il estimait à sa juste valeur, et dont 
il a lui-même si largement aggrandi le domaine. 



Les sciences naturelles viennent de perdre M. le docteur 
Rengger, connu par le long séjour qu'il a fait au Paraguay, 
où il a été retenu par le docteur Francia. Il est mort le 9 oc- 
tobre dernier , h Arrau. 

L'Entomologie a également à regretter M. Kuhlwein , sa- 
vant Entomologiste de Francfort-sur-ruder. Son intention 
était d'entreprendre un travail sur les Tineites , famille sur 
laquelle il possédait de nombreux matériaux. Sa belle collec- 
tion de Lépidoptères , en ce moment 5 vendre , a été évaluée 
par M. Klug ^ la somme de 0000 rixdalers (environ 20,000 
francs). Un catalogue vient d'en être publié. 



DE LA SOCIÉIÉ ENTOMOLOGIQUE. 535 

OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE 

PUBLIÉS DEPUIS LE 1" JUILLET l832. 

(3^ trimestre.) 



ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J. J. Bolsdaval; 
tome II , 14e ET DEKKiÈRE LIVRAISON de 06 volumc. Paris, Méquignon- 
Marvis. 
Prix de chaque livraison , 

HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godan, continuée par M. Duponchel ; tome VIIT, 
deuxième partie, nocturnes; tome V, deuxième partie, 6e livr.^ison. 
Paris, Méquignon-Marvis. 
Prix de chaque livraison , ^ " * 

SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OU PAPILLONS DE FRANCE , par M. Duponchel; tome l" , livrai- 
sons 4 et 5. Paris, Méquignon-Marvis. 
Prix de chaque livraison, ^ *'• 

ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- 
titulé : Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France y par 
M. Duponchel; tome L', livraisons 3 et 4. Paris, Méquignon-Marvis. 
Prix de chaque livraison , ^ "'• 

ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAL DE M. LE BARON 
CUVIER, par F.-E. Guérin ; livraisons 21 à 26. Paris, J.-B. Baillière. 
Prix de chaque livraison en noir , ^ i^- 

Figures coloriées, i5 ir. 

MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, 7c et 8 livraisons. Pa- 
ris, Lequien. 

Prix du volume, orné de 5o planches coloriées , 18 fr. 

ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU 
PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d'Eu- 
rope nouvellement découverts, par le docteur Boisdui>al. Paris, Roret, 
5 , 6 et 7c livraisons. 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 



334 ANNrVLES 

COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE- 
NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par 
MM. Boisdiival et Rambur, Paris, Roret. 4 , 5 et 6^ livraisons. 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 

EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE , partie Entoinologiquc , 

i^diY M. Britllé , 3e et 4^ LIVRAISONS. Paris, Levrault , éditeur. 
Prix de chaque livraison , 12 fr. 

CENTURIE DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CUBA, contenant 
la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- 
veaux ou peu connus, par Ph. Po'éy; 2e livraison. Paris, J. Albert 
Mercklin. 

Prix de chaque livraison , 10 fr. 

RECHERCHES SUR L'ANATOMIE ET LES MÉTAMORPHOSES 
DE DIFFÉRENTES ESPÈCES D'INSECTES, par Ljonei, 1 vol. 
in-40, ornés de 54 planches. Paris, J.-B. Baillière. 

Prix broché , 4o f»*- 



ETRANGERS. 



DIE WANZENARTIGEN INSECTEN GETREN NACH DER NA- 
TUR ABGEBILDET , und beschrieben von C.-IV. Hahn. Nuremberg, 
1882 , tom. lei, LIVRAISONS 1 et 2. A Paris, chez J.-B. Baillière. 

Prix de chaque livraison coloriée, 4 f'.- 



IMPRIMERIE DE COSSOJV , 

rue Saint-Geniuiin-dcsPré: 



iJccztUxùa.i~ 



Société (Entamoïajiquc 



J^C'if/riire^ Je la^UûcuhtJ 



Oû/'f/f-e^-i'V 



7 






laadi^e^c^ i^ûinJa^i^ a^ 'Xe^tt^ti Oe^ Â 



'et^iri, 



c-6. 



-^ c<)H^eanei4ce_^S<L ce/écJer^-H^r^ / al/ hc/ft^e-iu^-Q^i 



^ea, 



















,C, 



iv: 



aI^, s -Maxi )S3J. 




SOCIÉTÉ 



ENTOMOLOGIQUE 



3DS IFlRii^Sa 



RAPPORT 



FAIT A LA SOCIETE , AU SUJET D UN MONUMENT FUNEBRE A 
ÉRIGER SUR LA TOMBE DEM. IiATRXIIilE, SON PRÉSIDENT 
HONORAIRE. 

Séance du 6 mars r833. 



Messieurs, 

Lorsque nous nous sommes rassembles pour rendre les 
derniers devoirs à l'illustre naturaliste sous le patronage 
duquel la Société Entomologique de France a été fondée, 
une même pensée s'est présentée à nous tous; chacun s'est 
demandé s'il n'était pas de notre devoir de perpétuer le 



2 SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 

témoignage de notre vénéralion et de notre reconnaissance 
pour M. Latreille, en élevant sur sa tombe un monument 
funèbre; et lorsque, dans ce moment solennel, notre Vice- 
Président en a fait la proposition , nous avons vu , par la 
sympathie qu'elle a généralement excitée, que ce vœu n'é- 
tait pas seulement le nôtre, mais aussi celui de tous les na- 
turalistes. 

C'est pour donner suite à ce projet, que, dans sa der- 
nière séance , la Société a nommé une commission com- 
posée de MM. Audouin , Feisthamei , Lefebvre, de Theis, et 
du rapporteur, et l'a chargée d'aviser aux moyens d'exé- 
cution. 

La commission a pensé. Messieurs, que le monument à 
élever devait être simple comme le savant modeste dont il 
rappellera la mémoire, mais que la Société Entomologique 
ne devait pas se réserver à elle seule l'honneur d'exprimer 
ainsi les regrets et l'admiration que le monde savant partage 
avec elle; les liens étroits qui l'unissaient à M. Latreille 
l'autorisent bien à prendre l'initiative, mais elle doit à tous 
les savans et à tous les amis de la science, de les appeler à 
concourir avec elle à l'accomplissement de son projet. 

Il faudra donc qu'elle donne à ce projet la plus grande 
publicité, et qu'elle ouvre les registres de ses souscripteurs 
à tous ceux qui partagent les sentimens qui l'animent. 

Afin d'atteindre ce but, et de régulariser les opérations 
de la commission, nous aurons l'honneur de proposer à la 
Société l'adoption des mesures suivantes : 

î° Il sera ouvert une souscription pour l'érection d'un 
monument funèbre à la mémoire de M. Latreille; 



DE FRANGE. 3 

20 Les fonds devront être versés entre les mains de M, le 
Secrétaire de la Société; 

3° Il sera ouvert un registre double, ayant en tête les dé 
cisions de la Société relativement au monument de M. La- 
treille, et servant à l'inscription des donations. Chaque ar- 
ticle inséré sur ce registre portera i'* un numéro d'ordre, 
'1 la date de la souscription , 3" les noms et prénoms des 
donateurs, 4° ^^^^ qualité et leur demeure, 5° Vindication 
de la somme versée et des observations des donateurs. 

Les souscripteurs seront invités à s'inscrire eux-mêmes 
sur ce registre ; dans le cas où cela ne serait pas praticable, 
le Secrétaire en sera chargé. 

4° La commission sera autorisée à rendre publiques, par 
la voie des journaux, les décisions de la Société relative- 
ment à l'érection d'un monument à la mémoire de M. La- 
treille, et à mdiquer le secrétaire de la Société (i) comme 
étant chargé de recevoir les tonds des souscripteurs; 

5'^ Elle donnera plus spécialement connaissance de son 
projet aux savans, par des lettres adressées individuellement 
à chacun de MM. les membres de l'Institut et autres Socié- 
tés savantes, ainsi qu'à toutes les personnes qui s'intéres- 
sent à l'Entomologie et aux autres sciences naturelles; 

6'' Le registre des inscriptions sera en outre envoyé à 
domicile chez les personnes qui auront témoigné le désir 
de souscrire; 

7" La souscription sera close le i^'^ septembre i833, et la 
Société statuera alors sur les moyens d'exécution du mo- 

(i) M. A. Lefebvre , rue do Provence, n" 14, à Paris, 



4 SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANGE. 

miment, qui devra, si la chose est possible, être terminé 
dans l'année ; 

8"^ Enfin , la liste des souscripteurs sera publiée dans les 
Annales de la Société. 

Quant à l'exécution de ce monument, la commission 
croit devoir s'abstenir, pour le moment, d'en entretenir la 
Société. Aussitôt qu'elle aura rassemblé les données néces- 
saires , elle s'empressera de compléter ainsi la mission qui 
lui a été confiée. 



Signé Audouin,Feisthamel,Lefebvre, de Theis, 
N. Milne-Edwards (rapporteur). 

Les conclusions de ce rapport sont adoptées parla Société. 
Signé A. Lefebvre, secrétaire de la Société. 



IMPRI3JE CHEZ PAUL RENOIMRD , RUE GARENCIÈRE, N° 5. 



DE LA SOCïKTi: ENÏOMOLOGIQIJE. 555 

LETTRES 

DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. 

( ÉTRANGERS. ) 

Lettre de M. L. GyllenhaL 
Monsieur , 

Je vous sollicite de vouloir bien témoigner ma vive recon- 
naissance à la Société Entomologique pour l'honneur qu'elle 
m'a fait en m'admettant au nombre de ses membres hono- 
raires. 

Je sais combien peu je le mérite; car, quoique j'aie em- 
ployé tous mes loisirs à des travaux Entomologiques , mes 
moyens et ma capacité sont cause que mon concours est loin 
d'avoir répondu à mes désirs. Je n'ose pas même espérer 
d'être encore bien utile à la science , à cause de mon âge 
avancé (i) : mais je souhaite d'un cœur sincère tous les pro- 
grès de la Société, pour pouvoir étendre davantage la con- 
naissance des merveilles du créateur. 

Soyez persuadé de la grande estime avec laquelle , etc. 

L. Gyllenhaî.. 

Hôberg , près Skara en Suède , le i5 octobre i832. 
A M. A. Lefebvre , secrétaire , etc. 

(i) M. Gyllenhal est né en lySa. 



2 



,':>(> ANNALliiS 

lYote sur un uojivnaa genre de Cjiistacés de Vordre des 
Sloniapodes , par M. H. Milne Edwards. 

( Séance du 4 juillet 1882. ) 

Pour peu que l'on compare entre eux les divers Crustacés 
qui composent Pordre des Stomapodes , on est frappé par les 
difliérences considérables qui existent entre la plupart des pe- 
tits groupes formés par ces animaux; plusieurs d'entre eux 
sont en quelque sorte isolés; et parmi les hialus qui interrom- 
pent ainsi la série naturelle de ces Crustacés, l'un des plus 
remarquables est celui qui sépare , même des genres les plus 
voisins , les divers animaux réunis sous le nom de Phyllo- 
somes. Mais l'analogie pouvait nous faire supposer que les 
progrès de la science combleraient plus ou moins complète- 
ment la I Inpart de ces lacunes ; et , en efïel, c'est ce qui nous 
paraît résulter en partie de la c nnaissance du nouveau genre 
dont je vais donner ici la description. 

Ces Crustacés , que je désignerai sous le nom à^ Aniphion^ 
se rapprochent des Phyllosomes plus que de tous les autres 
Stomapodes; mais, sous certains rapports, ils ressemblent 
nussi aux Alimes et aux Mysis , et ils établissent naturellement 
le passage entre ces animaux. Leur bouclier céphalique on 
carapace est folliacé comme celui des Phyllosomes , mais est 
étroit , allongé et bombé comme chez les Alimes ; les divers 
appendices de la portion céphalo-thoracique du corps diffèrent 
à peine de ceux des Phyllosomes; enfin la forme de l'abdomen 
et de la nageoire caudale est celle des Mysis. 

Le bouclier céphalique (fig. 1 , «) est très-développé ettout- 
h-fait îamelleux ; il s'étend jusqu'à l'origine de l'abdomen 
et cache la base des pattes; son diamètre longitudinal est plus 
du double de son diamètre transversal , et de chaque côté il 
se recourbe un peu en bas; soii bord antérieur est presque 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 537 

tifoit , et laisse à découvert l'anneau qui porte les yeux. Il n'y 
a pas de trace de rostre: mais, de chaque côté, l'angle, formé 
par la réunion de ce bord avec le bord latéral , se prolonge 
vn avant en manière d'épine. Enfin le bord postérieur de la 
carapace , qui est court et presque droit , se continue avec les 
bords latéraux sans former d'angles bien marqués. 

Les yeux (b) sont très-gros ; leur portion terminale a la 
même forme que celle des Phyllosomes : mais la tige étroite 
qui les supporte, au lieu d'être très-longue comme chez ces 
Crustacés , est (ixtrêmement courte. 

Les quatre antennes s'insèrent sur la même ligne, immédia- 
tement au dessous et en arrière des pédoncules oculaires. Celles 
de la première paire (c) ont Ta même forme générale que chez 
les Phyllosomes ; leur portion basilaire se compose de trois 
articles grêles et cylindriques , dont le premier et le dernier 
sont les plus longs , et elles se terminent chacune par deux 
petites tiges fdiformes, dont l'interne est très-courte et l'ex- 
terne à peu près de la longueur de la portion basilaire. Les an- 
tennes externes {d) sont beaucoup plus développées, et ne res- 
semblent pas du tout à celles des Phyllosomes ; elles se rap- 
prochent beaucoup, par leur forme générale, de celles des 
Alimes; mais, au lieu d'être diiigées en bas et en dehors, 
elles se portent directement et en avant. Leur premier article, 
qui n'est pas bien distinct, donne insertion en dedans à une 
tige cylindrique, et en dehors à un grand appendice lamelleux 
et à peu près ovalaire (d^) ; cette lame dépasse de beaucoup 
le niveau de la portion basilaire des antennes internes; ses 
bords interne et antérieur sont ciliés , et son bord externe se 
termine par une épine. La tige est composée de deux petits 
articles basilaires très-courts, et d'un long article terminal 
légèrement renflé vers le bout ; sa longueur est d'environ le 
double de celle de la lame qui en recouvre la basL\ 

La disposition de la bouche est à peu près la même que 



558 ANNALES 

chez les Phyllosomes -, elle est très-éloignée des antennes, et 
forme, v-ers le tiers antérieur du Louclier céphalique, un petit 
tubercule arrondi? de la partie postérieure de laquelle naît le 
thorax (e)* Les parties qui entrent dans sa composition sont : 
un labre, deux mandibules, une languette, deux paires de 
mâchoires et deux paires de pattes-mâchoires. Le labre est 
transversal et peu développé. Les mandibules (fig. 3) ne por- 
tent pas de palpe, et sont en grande partie cachées par la 
languette (fig. 5) qui est bilobée. Les mâchoires de la pre- 
mière paire sont presque rudimentaires , et ne m'ont paru 
consister que dans une petite lame cornée dont le bord est 
cilié (fig. G). Celles de la seconde paire (fig, 7) se composent 
de deux articles , dont le premier présente en dedans un pro- 
longement garni d'épines. Les pattes-mâchoires de la première 
et de la seconde paire , qui chez les Phyllosomes n'existent 
qu'à l'état de vestiges et n'entrent pas dans la composition 
de l'appareil buccal, sont au contraire ici très- développées 
et appliquées sur les mâchoires. Celles de la première paire 
(fig, 8) présentent au dedans plusieurs languettes garnies de 
poils h. leurs extrémités , et au côté externe de leur base on 
remarque un grand appendice foliacé et ovalaire. Les pattes- 
mâchoires de la seconde paire (fig. 9) sont beaucoup plus dé- 
veloppées que les précédentes ; leur article basilaire (g) est 
lamelleux, et porte à sa partie antérieure, i** une ti^e cylin- 
drique composée de trois articles {h) ^ 2° un appendice flabel- 
liforrae ou une espèce de palpe qui s'avance au côté externe 
de la tige et la dépasse (/) . Le thorax (/) est aplati comme 
chez les PhvUosonies, mais très-étroit et complètement caché 
sous la carapace, il donne attache à six paires de pattes ayant 
exactement la même disposition que chez ces derniers Crus- 
t il ces : toutes sont grêles et cylindriques, et à l'extrémité de 
leur deuxième article (A) naît un appendice palpiforme (/) com- 
j30sé d'un article cylindrique terminé par une soie multiarti- 



DE LA SOCIIÎTE ENTOMOLOGIQUE. 539 

culée et ciliée. Les pattes de la première paire (m) , celles qui 
correspondent aux pattes-mâchoires externes des Décapodes ^ 
s'insèrent très-loin de la Louche et sont beaucoup plus courtes 
que les autres ; leur deuxième article se termine en avant par 
une épine aiguë. Les pattes des trois paires suivantes devien- 
nent de plus en plus longues, et ont au bord de leur troi- 
sième article , un , deux ou trois épines semblables à celle qui 
existe à l'extrémité du second article. Les pattes de la cin- 
quième paire , qui sont un peu moins longues que celles de la 
quatrième paire , présentent la même disposition; enfin celles 
de la dernière paire sont beaucoup plus courtes que les pré- 
cédentes , et ne présentent pas d'épines bien distinctes. L'ab- 
domen {n) est presque aussi long que la portion céphalo-tho- 
raciquedu corps, et se compose de sept segmens. Sa forme est 
la même que celle de l'abdomen des Salicoques , et il se ter- 
mine par une nageoire en éventail, dont la pièce médiane 
(formée par le septième anneau ) est lancéolée (o), et dont les 
pièces latérales sont ovalaires. Quant aux appendices fixés 
sous les cinq premiers anneaux de l'abdomen , ils sont presque 
rudimentaires (fig. 10). 

D'après la description que nous venons de donner de ces 
Crustacés, on voit qu'ils diffèrent, sous des rapports importans, 
de tous les genres déjà connus , et que , s'ils prennent natu- 
rellement leur place à côté des Phyllosomes , ils sont faciles à 
en distinguer, 1° par le mode d'organisation de leur bouche ; 
2° par l'insertion d'un article lamelleux au dessus de la base 
des antennes externes ; 5° par la forme générale du corps , et 
surtout de l'abdomen. ^ 

Je ne connais qu'une seule espèce du genre Amphion; elle 
a été rapportée des mers d'Asie par mon ami M. Reynaud, c^ 
qui je l'ai dédiée; elle a environ un pouce dje long. 



34o ANNALES 

Explication de la planche. 

Fîg. i. Amphion de Reynaud grossi et vu en dessus. 

Fig. 2. Portion antérieure du corps grossie davantage el yii 
en dessous. 

Fig. 5. Labre vu au microscope. 

Fig. 4* Mandibules idem. 

Fig. 5. Languette. 

Fig. 6. Mâchoire de la première paire. 

Fig. 7. Mâchoire de la seconde paire. 

Fig. 8. Mâchoire de la troisième paire, ou patte -mâchoire 
antérieure. 

Fig. 9. Mâchoire de la quatrième paire , ou deuxième patte- 
mâchoire . 

Fig. 10. Fausse patte natatoire du deuxième segment de l'ab- 
domen. 



Notice sur le Bombyx Repanda ( Hiibner ) , appartenant 
au genre Megasoma ( Boisduval ) ; par M, le baron 
Feisthàmel. 

(Séance du 2 mai iSSa.) 

GENRE MEGASOMA. 

Palpes en forme de bec , couverts de poils serrés ; antennes 
du mâle fortement pectinées à la base, leur moitié antérieure 
moins pectinée et contournée en cornes de bélier ; antennes 
de la femelle faiblement pectinées dans toute leur longueur ; 
corselet arnpidi ; pattes courtes et assez fortes ; abdomen plus 
long que les ailes supérieures; celui du mâle terminé par un 
faisceau de poils assez épais. 

Chenille demi -velue, munie d'appendices pédiformes h 
chaque anneau. 

Chrj^salide pourvue de quelques faisceaux de poils courts. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 5'ii 

Ce genre a été créé par M. Boisduval , sur le Bombyx 
Repanda de Hiibner; 11 lui a donné le nom de Megasonia , 
tiré des deux mots «recs fA£7a;,gros, long, et cr&>ua , corps. 

Ainsi qu'il est facile de s'en convaincre , il a de grands rap- 
ports avec le genre Lasiocainpa de Schranck , et avec le 
genre Phyllopteris Boisduval , surtout avec les espèces appe- 
lées Mjrtijolla, Boisd. ; Wesîermanni , Boisd. Par ses ailes 
supérieures allongées, il se lie aussi avec la seconde division 
des Lasiocainpa , dont les ailes sont oblongues et les che- 
nilles pours^ues d'appendices pédiformes très-prononcées, tels 
que Diyophaga et Lineosa. 

Ce genre paraît être propre aux Légumineuses arborescentes 
de l'ancien continent. 

Jusqu'à présent, on n'en connaît que trois espèces, qui sont 
B, Repanda, Hiibner; B. Acaciœ^ Klug.; B. Crislata^ Cramer. 

Historique du Megasoma Repandura. 

Cet insecte remarquable a d'abord été trouvé aux environs 
de Bagdad par feu Olivier. M. Boisduval en a reçu, il y a quel- 
ques années, une paire venant du Portugal ou d'Andalousie; 
et enfin , ceux qui ont servi à cette description viennent de 
Cadix. Malgré la distance de Bagdad à Cadix , ce fait de géo- 
graphie entomologique paraîtra peu étonnant, quand on saura 
que V Adelostonia Carinatwu , et quelques autres Coléoptères 
propres à la Perse, se retrouvent dans l'Espagne méridionale. 

L'individu figuré par Hiibner, sous le nom de Repanda , a 
été pris aux environs de Rome. 

Sachant qu'il avait été trouvé en Portugal et en Italie , je 
conçus l'espoir de le faire découvrir en Espagne. J'en fis un 
dessin exact , et l'envoyai en 1826 à Cadix, à M. Bedeau , 
chirurgien-aide-major attaché à Tarmée d'occupation, et qui 
a exploré avec succès , sous le rapport de l'Entomologie cl de 
la Botanique, l'îde le Léon. 



542 ANNALES 

M. Bedeau , après bien des recherches, trouva ce Bombyx 
accouplé sur une plante de genêt blanc [Spartluni Monos- 
permuin) , plante qui suit le littoral et se trouve jusqu'en 
Afrique; mais cet officier de santé revint en France sans rap- 
porter aucun renseignement sur sa chenille. Je m'adressai 
alors , en 1829 , h M. Bourboulon, consul de France à Cadix, 
et lui envoyai les indications que j'avais recueillies de M. Be- 
deau , et tous les renseignemens qui pouvaient l'aider dans ses 
recherches. 

Au bout de quelques mois , il m'annonça le départ d'une 
boite renfermant six coques et quelques papillons du pays ^ 
qu'il m'envoyait par la dihgence de Madrid. 

Cet ami complaisant eut recours k x\L de San-Millan , dj- 
recleur des diligences royales à Cadix , qui mit le plus grand 
empressement h se charger de cette commission. 

La boîte fut transmise avec toutes les recommandations 
nécessaires aux conducteurs sur la route, et aux correspon- 
dans des diligences royales de ÎMadrid et jusqu'à Bayonne. 
Elle resta non cachetée , pour en faciliter l'inspection. 

Cette innocente complaisance devait bientôt coûter cher à 
M. de San-Millan : à la suite des événemens qui eurent lieu à 
Cadix au mois de mars, il fut, ainsi que son ami M. Puente, 
ancien ministre de la guerre sous le régime constitutionnel , 
mis en arrestation. 

Le consul de France apprit avec surprise que le principal 
motif de celte mesure rigoureuse était précisément l'envoi de 
ces objets de la science et des études les plus pacifiques. Le 
cabinet de Madrid en avait pris sérieusement ombrage; il crut 
voir dans les cocons et les chrysalides le germe des révolu- 
tions , et dans les papillons des émissaires ailés destinés à en 
propager rapidement l'esprit dans toutes les provinces de 
l'Espagne, depuis l'Andalousie jusqu'à la Bidassoa. Ces mots,. 
Cnpulhs de lictania , inscrits sur la boite pour en indiquer 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 345 

le contenu , devaient nécessairement avoir une signification 
toute révolutionnaire pour ceux à qui elle était adressée; et 
c'est ce sens caché qu'il s'agissait de découvrir. 

Le juge au criminel de Cadix demanda des explications au 
consulat de France ; elles furent données avec tous les détails 
qui pouvaient être favorables à M. de San-Millan; elles le jus- 
tifièrent pleinement , et il fut mis en liberté. 

Enfin la boîte arriva à Paris , mais les chrysalides avaient 
péri en route. Je les ai gardées deux ans ; après quoi , je me 
suis assuré qu'elles étaient desséchées. 

Sur ces entrefaites , je reçus par la poste, le 29 avril i85i, 
une lettre de M. Bourboulon , contenant des œufs pondus 
tout récemment par une femelle qu'il avait prise sur un Spai- 
tium. Quel fut mon étonnement ^ l'ouverture de la lettre, de 
voir déjà une partie des chenilles qui venaient d'éclore. A défaut 
de Spartium Monosperinmn , je les élevai avec du Spariiiun 
T^irens , et du Qenista Juncea , et je vis avec plaisir que 
cette nourriture leur convenait parfaitement. Il n'en fut pas 
de même du Spartium Scopariiim , Genêt à Balais , sur le- 
quel périt le petit nombre que j'y avais placé. 

Les chenilles grossirent rapidement, et changèrent de peau 
vingt jours après leur naissance. 00 sur Go résistèrent seule- 
ment à cette première métamorphose; quelques-unes péri- 
rent aux suivantes ; enfin, le 21 juin, après 53 jours, une des 
chenilles commença à faire sa coque contre un des côtés de 
la boîte , et après 20 heures de travail elle élait terminée. Il 
est à remarquer que beaucoup de chenilles étaient encore, à 
cette époque-là, à moitié de leur grosseur. Le lendemain, plu- 
sieurs autres se mirent également à fder; mais, étant tourmen- 
tées par d'autres, elles abandonnèrent leur coque. 

Je les plaçai alors dans des boîtes séparées, au fur et à me- 
sure qu'elles me paraissaient avoir atteint leur grosseur, et la 
dernière se métamorphosa le 12 juillet seulement. C'est le 



344 ANNALES 

lendemain, après 21 jours de chrysalide, qu'apparut le pre- 
mier Repajidum, et stîccessivement les autres jusqu'au 1 5 août, 
éclosion du dernier. Sur 24 qui avaient fait leur coque , 20 
individus arrivèrent à l'état parfait. 

Le 10 juillet, ayant vu éclore le même jour plusieurs mâles 
et plusieurs femelles, je résolus de tenter l'accouplement, et 
les enfermai dans une boîte. Le i5, une femelle pondit ses 
œufs, et leur éclosion eut lieu le 5o juillet suivant, quoique, 
pendant l'intervalle , je n'aie remarqué aucune copulation. 

J'élevai ces nouvelles chenilles d'abord assez heureuse- 
ment ; mais elles périrent toutes le 2 5 août. 

11 est donc à présumer que cette espèce paraît deux fois 
l'année : car si les dernières chenilles avaient vécu, le Bom- 
byx aurait pu éclore le 18 octobre. 

Descripfioii de Cinsecta parfait. 

Envergure. Mâle, 1 pouce 8lig. ; femelle, 2 pouces i/4' 

Alis fusco'ferrugineis ^ anticis lunula fusca^ linea postica sinunta 
punc toque humcrali albis ^ anlicarum maris disco humeriscpie obs- 
curloribus, 

HuBNER. Boinh. Tab. 77. 

Les ailes supérieures du mâle sont d'un gris ferrugineux 
pâle , elles ont près de l'extrémité une raie flexueuse d'un 
blanc argentin , et sur le milieu une lunule brune , doublée 
extérieurement par un point rougeâtre. L'espace compris 
entre cette lunule et la ligne blanche, est rempli, dans sa 
moitié antérieure , par une tache presque triangulaire , d'un 
brun marron. Tout-à fait h la base, il y a un point axillaire 
très-blanc, précédé en dehors d'une tache rousse qui s'ap- 
puie extérieurement sm^ une petite raie flexueuse transverse, 
peu prononcée. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 545 

Les ailes inférieures sont d'un roux cannelle , avec le Lord 
extérieur un peu grisâtre, interrompu près de l'angle anal par 
une espèce de tache plus obscure que le fond de l'aile. Le 
corselet est gris , avec les épaulettes triangulaires très-pro- 
noncées , d'un Lrun marron et bordées de blanc. Le corps 
est d'un roux ferrugineux en dessus , et d'une couleur plus 
grisâtre en dessous. 

Les ailes de la femelle sont plus larges. Les supérieures 
sont d'un roux clair, très-fmement sablé de blanchâtre vers 
l'extrémité , avec une raie blanche flexueuse, comme dans le 
mâle , mais moins prononcée. La lunule centrale est très-pe- 
tite et peu distincte ; le point blanc axillaire est comme dans 
le mâle. Les ailes inférieures sont d'un ferrugineux grisâtre , 
avec le bord de l'angle anal coupé par une tache brune , 
comme dans le mâle. Le corselet est d'un gris blanchâtre,^ 
avec les épaulettes rousses* Le corps est d'an gris roussâlre 
pâle. 

En dessous, les deux sexes offrent les traces de la raie 
blanche sinueuse du dessus. 

DescrlpUon de la Chenille. 

Lan^a albido-cùierea ^ dorso obscurioriy tuberculis fult^is bisertalis 
piliferis , collaribus duobus nigro-cyaneis. 

A sa naissance , la chenille est noire, avec quelques légers 
points rouges sur le dos presque imperceptibles; elle porte 
sur la tête deux bouquets composés de poils , très-longs ea 
proportion de la grosseur de la chenille; elle a alors deux 
lignes de longueur. 

Après la première mue, ses couleurs s'éclaircissent , et 
elle paraît composée de deux couleurs distinctes ; savoir : les 
côtés d'un gris cendré , et le dos d'un gris presque noiro 



346 AiNNALES 

Au fur et à mesure qu'elle grandit , les dessins se pronon- 
cent davantage. Lorsqu'elle est parvenue à sa grosseur, elle 
a environ deux pouces et demi de long. Elle est alors d'un 
gris cendré bleuâtre , et porte sur le dos, dans toute sa lon- 
gueur, une Lande formée par une suite de losanges , dont un 
sur chaque anneau, et de la couleur générale de la chenille. 

Cette bande est bordée latéralement par une ligne d'un 
blanc roussâtre. De chaque côté de ces losanges, il y a deux 
tubercules d'un jaune orangé vif, dont l'antérieur est deux 
fois plus gros , et garni de quelques poils bruns et noirs. Ces 
tubercules brillent au soleil comme des grains d'or. Les trois 
premiers anneaux seuls en sont privés; sur le second et le 
troisième anneau, il existe une touffe épaisse de poils, d'un 
blanc roussâtre , qui cache un collier noir que la chenille 
%i> montre et hérisse dans toute sa beauté, lorsqu'on la tour- 
mente. L'intervalle qui unit les aigrettes de ces deux anneaux 
est coupé dans le milieu par une raie d'un blanc -roux, 
qui prend naissance près de la tête, et se termine sur le 
bord antérieur du troisième anneau. Les côtés des deuxième 
et troisième anneaux sont bordés par un chevron transversai 
de même couleur. La tête de la chenille est de couleur grise, 
ayant de chaque côté trois espèces d'oreilles , qui sont recou- 
vertes de faisceaux d'un poil roussâtre , fm , serré et très-long, 
disposés à peu près comme ceux de la chenille du Liparis 
Dispar. Le ventre de cette chenille est noir dans toute sa 
longueur, avec un point blanc sur chaque anneau. 

Les pattes membraneuses sont noirâtres avec quelques tâ- 
ches rousses; à peine les aperçoit-on, à cause de la rangée 
épaisse de poils roussâtres qui bordent ses côtés; ceux-ci sont 
festonnés , et chaque feston est formé par un prolongement 
de la peau de chaque anneau. Les stigmates sont noirs , et au- 
dessus d'eux on aperçoit un point noir allongé. 

Les chenilles attachent leurs coques aux branches de k 



DE LA SOClînÉ ENTOMOLOraQUE. 5/J^ 

plante sur laquelle elles se nourrisseiil. Celte coque est allon- 
gée et pointue aux deux extrémités ; blanchâtre , molle , peu 
épaisse et formée d'une soie très-fine. La chrysalide est allongée, 
cylindrique , obtuse h ses extrémités , d'une couleur noire lui- 
sante sur les anneaux du ventre , qui sont couverts de poils 
roux et dorés , plus ou moins foncés , Irès-courts et serrés. 



MEGASOMA ACACIA'. 



Alîs anticis albidis , lunula centrait nlgra, fascia transversa fusca 
extra linea sinuata argentea^ marginata lineaque terminali ferru- 
ginea ohsoleta ^ posticis alhis^ angido ani nigricincti. 

Rlug. Symb. insect. Lepid. PI. 6. 

Il a tout-à-fait le port du Repandum. Il se trouve en Eo-ypte 
sur les acacia. La chenille , figurée par Klug , quoique très- 
différente pour le dessin de celle du Repanda , lui ressemble 
tout-à-fait pour la forme. 

3°. MliGASOMA CRISTATUM. 

Alis anticis cinnamomeis, strigis duahus transversis flexuosis punc- 
toque humerali albis • posticis saturatioribus , striga transversa 
obsoleta ; acromiis rufolutescentibus albo-marginatis. 

Cram. Pap, PI. i54. CD. 

11 est un peu plus grand que le Repandum. Il se trouve au 
cap de Bonne-Espérance. 

Observation. J'ai cru faire plaisir aux Entomolo^-istes en 
ajoutant à la description du Megnsoma Repandum qui fait le 
sujet de cette notice , la phrase diagnostique des deux autres 
espèces qui font partie de ce nouveau genre. 



548 ANNALES 

Notice sur VEntonioloi^ie de la Guyane française , par 
M. Th. Lacoi\da.ire. 

( Séance du 5 septembre i83a.) 

De tous les pays qui ont fourni leur tribut à nos collections 
d'histoire naturelle , il en est peu dont la réputation Entomo- 
logique paraisse mieux fondée que celle de la Guyane fran- 
çaise. Son nom figure h (haque instant comme indication 
(Vhabitai dans les ouvrages d'Entomologie , et , de temps en 
temps , de riches collections semblent venir confirmer l'opi- 
nion qu'on s'en est généralement formée. Séduit par ces appa- 
rences, et pensant par analogie que la Guyane, plus rappro- 
chée de la ligne que la province de Rio-Janeiro au Brésil , 
plus humide et à peine explorée dans son intérieur, devait être 
plus riche en Insectes que ce dernier pays , je résolus de la 
visiter. Pendant le séjour de di^-huit mois que j'y ai fait ^ 
après l'avoir parcourue dans toute son étendue habitée, et pé- 
nétré par rOyapock à une centaine de lieues dans son inté-- 
rieur, j'ai été obligé de revenir sur mon opinion à son égard. 
Avant de dire ce cju'il en est pour chaque ordre , il convient 
de donner une idée générale du pays, son climat, son sol, et 
les facilités qu'il présente pour son exploration. Je m'en ac- 
quitterai le plus brièvement possible. 

La Guyane française , située entre les 'i° 20^ et les 5® 54^ cle 
latitude nord , offre un développement de côtes d'environ cent 
trente lieues, à partir de la petite rivière de Vincent Pinçon ou 
Yapock (qu'il ne faut pas confondre avec l'Oyapock) , qui la 
sépare des possessions brésiliennes, jusqu'au Maroni , sa limite 
avec la colonie de Surinam : sa profondeur est encore indé- 
terminée sous le rapport de la géographie et de la politique , 
mais est censée s'étendre jusqu'au Rio-Negro. Située, par con- 



DE LÀ SOCIÉTÉ EiNtOMOLOGIQUE. 349 

séquent , à peu de distance de la ligne , elle est soumise toute 
l'année h l'action brûlante d'un soleil constamment vertical; 
néanmoins la température n'y est pas aussi élevée que celte 
circonstance paraîtrait devoir le promettre. Le thermomètre 
R. y dépasse rarement 5o** au dessus de zéro pendant la saison 
la pins chaude , et descend assez fréquemment à 17° pendant 
les longues pluies de l'hivernage. Gela , toutefois , n'a lieu que 
la nuit, et surtout le matin, au moment du lever du soleil. 
Que celui-ci brille dans un ciel sans nuages, ou soit caché par 
d'épaisses masses de vapeur, la chaleur n'est jamais moindre 
de 20 à 24° dans le milieu du jour. 

Le soleil , dans sa marche d'un tropique à l'autre , passant 
deux fois sur les pays situés sous la ligne , les saisons y éprou- 
vent , dans leur ordre , quelques variations que ne connaissent 
pas les terres placées sur les bords de la zone torride. A 
Cayenne , elles sont réglées de la manière suivante : la saison 
pluvieuse commence dans la dernière quinzaine de novembre, 
et va toujours en augmentant jusqu'au mois de mars. A cette 
époque a lieu un intervalle de beau temps d'un mois ou cinq 
semaines , que les habitans nomment petit été de mars. 
Dans les premiers jours d'avril , les pluies recommencent plus 
fortes qu'auparavant , et deviennent en mai et juin de vérita- 
bles déluges , qui durent quelquefois plusieurs jours de suite : 
le pays est noyé partout. A la fin de ce dernier mois , elles^ 
diminuent sensiblement, et se convertissent en grains de plus 
en plus rares , mais qui ne cessent entièrement qu'à la mi- 
juillet. A partir de cette époque jusqu'au mois de novembre, 
qui ramène l'hivernage , le ciel est constamment serein , ou 
du moins on ne voit plus que quelques grains passagers qui 
n'ont pas de suite. Les savanes , ainsi que les forêts , se dé- 
livrent promptement , par l'évaporation , de leurs marécages^ 
et deviennent praticables. 

Lorsqu'on arrive sur les côtes de la Guyane, elle se pré- 



55o ANNALES 

sente à la vue comme une immense forêt où Toeil n'aperçoit 
aucun intervalle. Un rideau épais et monotone de palétuviers 
règne sans interruption tout le long du rivage, et semble en 
défendre l'accès. L'île de Cayenne, située à distance égale des 
limites de la colonie , et séparée du continent par une petite 
rivière de quelques pieds de large , est le point de séparation 
des deux aspects que présente le pays pour la configuration 
du sol. La partie située au vent de l'île , c'est-à-dire au sud- 
sud-est, est couverte en partie de montagnes assez Rêvées, 
dont la direction générale est parallèle à celle de la côte. 
L'autre, sous le vent, est plate, et n'offre çà et là que quel- 
ques mornes isolés. C'est dans cette dernière qu'existent de 
vastes savanes entremêlées de bouquets de bois , qui se pro- 
longent dans une étendue de vingt-cinq lieues , à partir de la 
rivière de Rourou jusqu'à celle d'Organabo. ^ 

Nulle part les difficultés d'exploration ne sont aussi multi- 
pliées que dans la Guyane. On ne rencontre d'habitations que 
sur les bords de la mer et le long des rivières, à une faible 
distance. Ces dernières , sans exception , à quinze ou vingt 
lieues de leur embouchure, sont coupées par des sauts qui 
interceptent la navigation , et qu'on ne peut franchir qu'avec 
de légères pirogues qu'on traîne sur les roches. Une seule 
route parallèle à la côte , et qui par conséquent ne conduit à 
rien, existe dans la colonie, et encore n'est-elle praticable 
que dans une partie de son étendue. Lorsqu'on veut pénétrer 
dans l'intérieur , on ne peut le faire qu'en remontant les ri- 
vières, et leurs sauts ne sont pas les seuls obstacles qu'on ait 
à vaincre. Tant que la marée s'y fait sentir et mêle les eaux 
de la mer aux leurs , les palétuviers, qui ne végètent que dans 
l'eau salée, croissent sur leurs bords, et présentent un rempart 
infranchissable dans leurs racines élevées en arcades et entre- 
mêlé3S dans tous les sens. Ailleurs , une vase profonde interdit 
r<icçès du rivage, à moins qu'il ne s'élève à pic et ne soit ainsi 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 35k 

à l'abri des inondatiorts. Il faut , de toute nécessité , se borner 
à lie pas sortir des habitations , ou se résoudre à camper dans 
des forêts sans chemins tracés , où Ton ne peut faire un quart 
de Heue sans risquer de s'égarer. Si à ces difficultés on 
ajoute la fièvre , à laquelle aucun Européen ne peut échapper 
tôt ou tard, et le peu de durée de la belle saison , qui ne dure 
pas au delà de cinq mois , en y comprenant l'été de mars , on 
se fera une idée de tous les obstacles qui entravent les re- 
cherches de l'Entomologiste. 

Le plus désagréable qu'il ait à éprouver , est une disette 
réelle d'Insectes qui se fait sentir pendant presque toute l'an- 
née : je parle , en ce moment , des Coléoptères. On n'en ren- 
contre assez fréquemment que pendant les deux mois de juillet 
et d'août , au commencement de la saison sèche. C'est à cette 
époque que les habitans font des abatis dans les bois pour 
leurs plantations , et les Insectes aiment à se poser sur les ar- 
bres abattus pour sucer la gomme et les autres liqueurs qui 
découlent de la plupart d'entre eux. Quand on a mis le feu à 
ces bois , l'Entomologiste est réduit à diriger ses recherches 
dans l'intérieur des forêts , où ses peines sont rarement ré- 
compensées. Rien n'est plus fréquent que de tomber dans des 
endroits où toutes les conditions paraissent réunies pour la 
multiplication des Insectes, telles que des éclaircies, des ar- 
bres morts de vieillesse, d'autres couverts de fleurs, de l'eau; 
du soleil et de l'ombre; mais souvent tout y est mort : aucun 
être vivant, si petit qu'il soit, ne s'offre à la vue. La plupart 
du temps , l'Entomologiste doit s'estimer heureux si , à la fin 
de la journée , quinze ou vingt Coléoptères sont venus enrichir 
sa collection , à moins qu'il n'ait rencontré quelques unes de 
ces espèces qui vivent réunies, telles que des Brachinus ^ des 
Opatrum^ des TJloma^ etc. Il en est de même pendant presque 
toute l'année, surtout quand les pluies ont converti les forêts 
en de vastes marécages où l'on ne peut chasser qu'en ayant de 
I. 24 



55a ANNALES 

Feau jusqu'à mi-jambe. Pour qui a parcouru les forêts du Bré- 
sil, si vivantes pendant neuf mois de l'année , un pareil spec- 
tacle est étrange et confond tous les calculs. J'ai vainement 
cherché à m'en rendre compte ; mais ni l'humidité excessive, 
ni le "rand nombre d'oiseaux insectivores ne m'ont paru des 
raisons suffisantes pour l'explication de ce phénomène. Les 
mêmes causes existent au Brésil , qui n'en est pas moins le 
pays le plus riche de la terre en Insectes. Il faut recourir à 
une explication plus haute, à cette cause première qui a ré- 
parti les êtres vivans sur le globe d'après des lois qui nous sont 
inconnues. 

Ce que je viens de dire paraîtra peut-être peu d'accord avec 
les riches collections qu'on a vu arriver de la Guyane. Un mot 
sur la manière dont elles ont été formées suffira pour faire 
disparaître cette contradiction apparente. Je n'en citerai qu'une, 
celle de iM. Banon, la plus belle, à ma connaissance, qui ait 
été faite à Cayenne. Elle a été le fruit de six années de peines, 
pendant lesquelles M. Banon, outre ses recherches person- 
nelles, avait à sa disposition un certain nombre de nègres, sans 
cesse occupés à chasser pour lui. Il achetait indistinctement 
tous les Insectes qui lui étaient présentés ^ et , par ce moyen , 
tous ceux qui se prenaient dans la colonie finissaient par ar- 
river, tôt ou tard, entre ses mains. C'est ainsi qu'il a pu ras- 
sembler, en assez grand nombre, certaines espèces rares dont 
il ne se prend, chaque année , que trois ou quatre individus 
dans toute la colonie , telles que le Scarabœus Claviger^ le 
Titanus Giganteus , etc. On sent que tout le monde ne peut 
se trouver dans des circonstances aussi favorables. 

Si les Coléoptères sont peu abondans , il en est autrement 
pour les Lépidoptères. La Guyane peut , sous ce rapport , le 
disputer aux plus riches contrées du globe, sinon par la beauté 
des espèces en général , du moins par leur grande variété. Les^ 
mois de juilkt et d*a©ût sont aussi pour eux l'époque la plu* 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 55S 

brillante , mais ils ne disparaissent pas aussitôt après , et l'on 
en rencontre pendant toute la durée de la saison sèche et 
tant que les pluies n'ont pas atteint leur maximum d'intensité» 
Ce n'est qu'en mai et juin , lorsque l'humidité excessive des 
forêts les condamne à se cacher pendant de longs espaces de 
temps, qu'ils succombent et disparaissent presque tous. Quant 
à l'habitat des espèces , la Guyane est partagée en deux parties 
bien distinctes et dont la différence est frappante. Dans l'une, 
celle au vent, on rencontre communément un certain nombre 
d'espèces du Brésil qui ne s'avancent pas au delà de l'île de 
Cayenne. Ainsi , la Vanessa Amathea , très-abondante dans 
rOyapock , l'xipprouague , ne se trouve plus dès qu'on a passé 
cette dernière rivière; les Nymphalis Medca^ Jntinoe^ An- 
cea; les Heliconia Flora ^ Egle ^ Eva^ etc. ; la Melitea Li- 
riope , très-communes dans l'Oyapock , sont excessivement 
rares dans le reste de la colonie. L'autre partie , celle sous le 
vent , a aussi ses espèces particulières qui lui sont communes 
avec Surinam, Les Heliconia à taches blanches , telles que 
Sapho , Antiochus , ne commencent à paraître que dans la 
rivière de Sinnamary, et deviennent plus communes à mesure 
qu'on se rapproche du Maroni. C'est là aussi que se trouvent 
les Heliconia Doris , Erato , Ricini ^ les Nymphalis Demo- 
phon , Ainpliimacluis _, Orion , le Satyrus Philocteles , la 
Castnia Evatthe^ etc., qui tous sont très-rares dans la partie 
opposée. Ces différons habitats sont tellement prononcés, qu'en 
voyant une collection , celui qui connaît le pays pourrait, sans 
se tromper, dire dans quelle partie de la colonie elîe a été faite. 
L'éducation des Chenilles , si indispensable pour obtenir 
certaines espèces, surtout parmi les Crépusculaires et les 
Nocturnes, est malheureusement presque impraticable pour 
un voyageur. D'une très-grande quantité que j'ai eu en mou 
pouvoir, un petit nombre est venu à bien ; le reste a péri daa* 
mes chansremens continuels d'un lieu h. un autre. 



554 ANNALES 

Les Hyménoptères le disputent à l'ordre précédent pour la 
variété et la beauté des espèces. Les tribus des Ichneumo- 
nides, des Hétérogynes, la famille des Fouisseurs, celle des 
Apiaires offrent surtout d'abondantes récoltes à l'Entomolo- 
giste , et d'autant plus faciles que la plupart des espèces fré- 
quentent les environs des habitations ou des localités resser- 
rées. Les terrains sablonneux, tels que les environs de la ville, 
la route du bord de la mer , de Macouria à Iracoubo , four- 
millent de Sphex qui y creusent leurs retraites. Toutes les 
maisons sur les habitations sont remplies de Xylocopes , de 
Trlpoxylons , sans cesse occupés à percer les poteaux et les 
poutres qui les soutiennent. Les Apiaires se répandent sur les 
fleurs qui croissent dans leurs environs ; mais c'est plutôt dans 
les bois et les savanes qu'il faut chercher les nombreuses 
espèces de Porjipiles et les Guêpes, qui suspendent sous les 
larges feuilles de certaines plantes leurs nids de carton, de 
formes aussi variées que leurs espèces. 

Les autres ordres ne répondent pas à la richesse des deux 
fprécédens. On trouve cependant dans chacun d'eux des es- 
pèces très-remarquables et très-intéressantes; mais, sous ce 
rapport , la Guyane ne peut soutenir la comparaison avec le 
Brésil , où les Hémiptères principalement le disputent, par la 
richesse de leurs couleurs et leurs formes bizarres, aux Co- 
léoptères même. 

Mon intention est de ne m'occuper que de ces derniers 
dans cette notice. Pour ne pas revenir inutilement sur ce que 
j'ai déjà dit dans un mémoire publié , en i83o , dans les an- 
nales des sciences naturelles (i) , je me contenterai de passer 
rapidement en revue les familles , en ne m'arrêtant qu'aux 
genres que je n'avais pas observés au Brésil ou qui offriront 

(i) Mémoire sur les habitudes des Coléoptères de l'Amérique méridiô- 
naie, lom. XX des Jnnaies. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 355 

quelque particularité intéressante. La plupart se trouvent dans 
les deux pays , mais les espèces n*y entrent pas dans la même 
proportion dans chaque famille , ainsi que le montre le tableau 
ci-joint , établi d'après les deux collections que j'y ai faites , 
l'une de quinze cent trente-une espèces, au Brésil, l'autre 
d'euvirojj douze cents , à Cayenne : 





ÎJRÉSIL. 


CAYENNE:. 


Garabiqucs , 


un 37* 


un i5* 


Brachélytres, 


83« 


5o' 


Sternoxes , 


i5« 


19* 


Malacodermes , 


»7* 


ÏO* 


Térédyles, 


109* 


130* 


Nécrophages, 


85- 


ii5' 


Lamellicornes , 


9- 


i3* 


Hétéromères , 


12' 


i6« 


Curculionites, 


5- 


5* 


Xylophages , 


46- 


46- 


Longicornes , 


6« 


»7- 


Chrysomélines , 


4* 


4' 


Trimères , 


8o' 


70« 



On voit par ce tableau que les deux familles où la dispro- 
portion est la plus prononcée, sont celles des Carabiques et 
des Longicornes. Cayenne renferme plus d'espèces de la pre- 
mière que le Brésil, mais lui est de beaucoup inférieure pour 
la seconde. Ce fait n'est pas illusoire , ou Teffet du hasard et 
des localités où j'ai chassé dans les deux pays : car j'ai par- 
couru une surface de terrain à peu près égale dans tous 
deux; mais, je le regarde comme constant, est aussi inexpli- 
cable que celui de la multiplication des espèces dont j'ai parlé 
plus haut. 

En effet , quant aux Carabiques , les lieux qu'ils habitent 



356 ANNULES 

sont les mêmes à Cayenne qu'au Brésil ; les innombrables lé- 
gions de Fourmis qui se sont emparées du sol les en ont bannis^ 
et les obligent à vivre sur les feuilles , sous les écorces et au- 
tres endroits analogues. 

C'est surtout dans la tribu des Cicindelètes que la diffé- 
rence est frappante. Cayenne m'a fourni trois espèces de Mega- 
cephala et douze de Cicindela^ tandis qu'au Brésil je n'ai ja- 
mais rencontré le premier de ces genres , et le second ne m'a 
offert que cinq espèces , qui toutes multiplient très-peu. En 
revanche, les genres Iresia, Oxycheila ^ Euprosopus , qui y 
existent, n'ont pas encore été découverts dans la Guyane , h 
ma connaissance. Tous deux possèdent des Ctenosloma, mais 
ce genre ne s'est jamais présenté à moi à Cayenne. 

Parmi les trois Megacephala ci- dessus , aucune ne fait 
usage de ses ailes, La Sepidcralis Fab. se trouve assez com- 
munément , courant à terre dans les bois , là où le sol est sa- 
blonneux. \J ylffinis Dej. habile plus particulièrement les 
savanes. C'est là aussi, à Iracoubo , que j'ai découvert la 
dernière M. Chalyhea mihi , espèce nouvelle voisine de la 
p^irg'inica. Elle se réfugie sur les bouses desséchées , dans les 
trous profonds creusés par des Copris ou des Phanœus , et 
cherche à en défendre l'entrée lorsqu'on veut la saisir. Quand 
elle s'aperçoit que sa résistance est inutile , elle s'enfuit jus- 
qu'au fond de sa retraite , où le seul moyen alors de s'en em- 
parer est d'introduire une longue paille. Elle la saisit avec 
ses mandibules aiguës , et se laisse tirer dehors sans lâcher 
prise. 

Dans la tribu des Trojicatipennes , deux genres également 
remarquables , les Cordistes et les Ctejiodacijla , méritent 
une mention à part. 

Les espèces du premier ne vivent que sur les feuilles; leur 
vol est tellement prompt et rapide , qu'il est difficile de les 
saisir autrement qu'avec un fdet. Le C Bifasciaius est seul 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. SSy 

qommun; V Acuminatiis est beaucoup plus rare, et le Bima- 
cidatus encore davantage. 

A la Ctenodactyla Che^rolatii, seule espèce connue, j'ai 
ajouté deux: espèces nouvelles , C» Lacordairei et C. Obscura 
Dej. La Chevrolatii se trouve dans les bois courant parmi les 
herbes ; les deux autres vivent sur les fleurs d'une plante 
aquatique de la famille des Pontédériées , et je ne les ai jamais 
rencontrées que dans les savanes noyées d'Approuague , au 
mois d'avril , pendant la saison des pluies ; leur vol est très- 
agile, et le moindre mouvement imprimé à la fleur suffit pour 
les faire envoler. Ce sont les seuls Carabiques, à ce que je 
crois , qui fréquentent les fleurs. 

La tribu des Scaritides m'a ofîert un fait intéressant que 
j'avais déjà observé au Brésil , à savoir, que les Ozœna jouis- 
sent , comme les Brachinus , de la faculté d'émettr& par l'anus 
une fumée caustique accompagnée d'explosion. Deux espèces, 
les O. Granulata et Lacordaùei Dej. présentent ce phéno- 
mène à un degré encore plus prononcé que VU. Lœwigata, sur 
laquelle je l'avais d'abord observé. Toutes deux m'ont donné 
un nombre d'explosions considérables , et la vapeur qu'elles 
émettent a les mêmes propriétés que celle des Brachinus; elle 
exhale la même odeur, et brûle les corps qui y sont exposés» 
Il faudra donc désormais ajouter ce caractère à ceux qu'on 
a assignés à ce genre. 

La tribu des Sitnplicipèdes , si riche dans les pays tem- 
pérés , est celle qui présente le moins d'espèces dans les ré- 
gions équatoriales. Un Calosoma, VAlternans, est le seul que 
j'ai rencontré à Cayenne , et encore y est-il extrêmement 
rare. Il vit dans les bois , sur les arbres , comme les nôtres. 

Les Pateïlimanes et les Féronicns présentent la même sté- 
rilité. Ce n'est que dans la tribu des Harpaliens que se pré- 
sentent des genres assez riches. Les Selenophoi^us , les Am- 
hljgnathiis , les HypoUihus fournissent chacun des espèces 



558 ANNALES 

assez intéressantes. Les Harpaîas sont beaucoup moins fa- 
vorisés, et Cayenne est presque dépourvue de ces espèces 
brillantes, telles que le Fulgens^ V^methystinus, le Cupreo- 
nitens , qui ne sont pas rares au Brésil ; je n'en ai rencontré 
qu'un seul de cette division : VH. Nemorensis mihi , qui vit 
dans les plus profondes forêts , oii il est fort rare. 

Les Subiilipalpes sont très-peu abondans dans toute l'A- 
mérique du sud. Deux Tetragonoderus, un Bemhidium, trois 
Lachnophorus sont les seules espèces de cette tribu que j'aie 
trouvées dans la Guyane ; elles fréquentent le bord des eaux, 
de même que leurs congénères d'Europe. 

Je passe la famille des IlydrocanthareSy qui n'offre rien de 
particulier, et j'arrive aux BrachéJytres, 

Les espèces équatoriales vii^ent dans les matières excré- 
mentielles , les champignons , les bolets , sous les écorces , et 
presque jamais dans les matières animales décomposées. J'ai 
eu occasion d'observer une larve , que je crois appartenir à 
une espèce nouvelle de Zù ophorus ^ à corps déprimé , élytres 
rouges, et antennes presque de la longueur du corps, Z. Lon- 
giconiis , mihi. Je trouvai celle larve dans l'intérieur d'une 
écorce humide , à moitié décomposée , où l'insecte existait en 
grande quantité. Sa longueur était d'environ 4 lignes , sa 
forme ramassée et légèrement conique à chaque extrémité , 
sa couleur d'un gris veiné de blanc; sa tête était noire , écail- 
leuse , et pourvue de deux mandibules très-forles , épaisses et 
bifides à l'extrémité , avec lu dent supérieure relevée comme 
dans l'insecte parfait. Les autres parties de la bouche étaient 
h peine visibles , même à la loupe , et je ne pus distinguer que 
deux palpes terminés par un article articulé. Chaque anneau 
du corps portait deux espèces de mamelons ou papilles , pla- 
cés transversalement près du vaisseau dorsal. Les mouvemens 
de cette larve étaient très-lents et vermiformes , et son odeur 
nauséabonde. J'en pris plusieurs individus^ qui se transfor- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTQMOLOGIQUE. 359 

mèrent peu de jours après , mais qui se desséchèrent dans la 
boîte où je les avais mis. Ce n'est que par la forme des man- 
dibules et la localité que je crois que cette larve était celle 
du Zirophorus en question , seule espèce de Coléoptères qui 
existât dans cette écorce. 

Dans les deux familles suivantes , les Stcrnoxes et les Ma- 
lacodej'mes, les espèces sont moins nombreuses qu'au Brésil, 
et la multiplication de leurs individus est infiniment moins 
considérable. Cela est remarquable surtout dans les Lanipy- 
îis j aussi l'illumination qu'ils produisent la nuit en voltigeant 
sur les broussailles, est- elle moins brillante h Cayenne que 
dans ce dernier pays. 

Les Térédyles m'ont présenté plusieurs espèces intéres- 
santes et nouvelles , parmi lesquelles je citerai un Hylecœlus 
dont la larve creuse des trous profonds dans le tronc des Fro- 
magers , et que j'ai nommé pour cette raison H, Bonibacis, un 
llhysodesy qui vit comme ses congénères dans le bois décom- 
posé , mais qui en diffère par ses élytres lisses, tandis qu'elles 
sont profondément sillonnées dans les autres espèces ; plu- 
sieurs Enoplium , Notoxus , Clerus , dont les mœurs sont 
semblables à celles de nos pays. 

Parmi les Nécrophages , je ne mentionnerai également que 
les Engis f que j'ai toujours vus, à regret, éloignés des Ero- 
tylus. Non-seulement leur forme a la plus grande analogie 
avec celles de la plupart de ces derniers , mais leurs mœurs 
sont semblables. A l'état de larve , ils vivent dans les bolets , 
et c'est toujours à leur surface ou dans les environs qu'on 
trouve l'insecte parfait au repos. 

J'ai découvert un genre de Palpicornes, qui est nombreux 
en espèces dans nos climats , mais qu'on n'avait pas encore 
rencontré sous les tropiques, le ^enveSphcei^idiiuiu L'espèce 
que j'ai trouvée ne vit pas, comme les autres, dans les matières 
cxcrémentitielles , mais dans le bois mort , et elle s'enfonce 



36o ANNALES 

dans les trous qu'y ont creusé les ^pate , les Enoplium , 
et autres insectes ligniperdes. Cette manière de vivre me 
porte à croire que ce n'est pas un véritable Sphœridium ^ quoi- 
qu'elle m'ait paru en présenter tous les caractères. 

I^a riche et intéressante famille des LamelUcornes n'offre 
pas , dans la plupart de ses tribus , la même abondance h 
Gayenne qu'au Brésil. La première, celle des Coprophages , 
pourrait seule soutenir la comparaison , surtout pour le genre 
PhanœiLS, Les grosses espèces, telles que le PrmcipaJls ^ 
VEnsifer, habitent les forêts plutôt que les savanes décou- 
vertes , et, sans être bien communes , se présentent assez fré- 
quemment , surtout dans le cours de la saison pluvieuse. Elles 
semblent rechercher de préférence les déjections du Tapir, 
et chaque fois que j'en ai rencontré , j'y ai fait une récolte 
assez abondante de ces insectes. 

La tribu des Scarahèides est bien inférieure à la précé- 
dente. Dans le plus beau de ses genres, les Scarahœus , le 
Chorinœiis et V^loeus sont seuls communs dans la Guyane. 
J'ai cru pendant long-temps que les insectes de ce genre vi- 
vaient uniquement dans le bois en décomposition , mais au- 
jourd'hui je crois que c'est le plus petit nombre , et que tous 
peut-être creusent des trous en terre, où leurs larves se nour- 
rissent des racines ligneuses des végétaux. J'avais déjà observé 
ce fait à Buenos -Ayres , sur les S. M^enelaus et Laticollis, et 
à Gayenne j'ai acquis la certitude qu'il en est de même pour 
VActœon y le Chorinœus , le Bilobus , etc. On ne les trouve 
guères que dans les savanes, où leurs trous se présentent 
quelquefois en grand nombre et rapprochés les uns des au- 
tres; mais il est rare qu'on soit assez heureux pour rencon- 
trer une de ces localités. Un habitant des savanes de Sinna- 
marym'a assuré avoir pris , une fois> plus de vingt Actœon ^ 
dans leurs trous, resserrés sur une surface de quelques pieds 
carrés. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 36( 

Parmi les autres tribus de cette famille , on ne rencontre à 
Cayenne que trois espèces en abondance, les liutela Histrio^ 
Lineola , et le Macraspis Chrysis , qui vivent en société sur 
les feuilles d'une espèce de mimosa, en telle quantité que 
ces arbres en sont quelquefois chargés. 

La Guyane possède, dans les Melasomes , plusieurs genres 
qui n'ont pas encore été rencontrés au Brésil jusqu'à ce jour , 
tels que les Crypticusy Phjlax, Blapstmus , Opatrinus. Tous 
vivent dans les sables, sous les pierres, le bois mort , et ne 
sont pas rares. 

Les Ulonia et les Diaperis y sont également plus com- 
muns qu'au Brésil. Les premiers se trouvent souvent réunis 
en grande quantité sous les végétaux en décomposition , sur- 
tout les bananiers. Les secondes pullulent quelquefois dans 
les bolets. J'en ai rapporté près de quinze espèces , la plupart 
nouvelles; mais ce genre , tel qu'il est maintenant , aurait be- 
soin d'une révision complète. Peut-on laisser son type primi- 
tif, la D. Boleti , aux formes renflées, à la démarche lente, à 
côté de la D. Armata cylindrique et jxiresseuse, et surtout de 
la D. Janiis , ovoïde, et dont les mouvemens sont tellement 
agiles qu'elle échappe fréquemment à la main qui veut la 
saisir ? 

Le Brésil reprend sa supériorité dans la tribu des //e-Yo- 
piens ; la différence à cet égard est telle entre les deux pays, 
malgré leurs rapports de climat et de végétation , qu'elle est 
b peine croyable; on pourrait l'exprimer par la proportion 
d'un à quinze. Les Campsia , si communes au Brésil sous les 
écorces , ne m'ont fourni aucune espèce à Cayenne; les Stcno- 
cliia qu'on rencontre l\ chaque instant volant dans les Lois du 
premier de ces pays, et qui, presque toutes , sont ornées de 
couleurs si brillantes , ne m'en ont présenté que cinq ou six 
dans le second , toutes petites et insignifiantes. Elles y sont 
au rang des insectes les plus rares. 



363. ANNALES 

Les autres familles des Hétéromères ojfTrent la même stéri- 
lité. Un seul genre, inconnu jusqu'à ce jour au Brésil, les Ne- 
mogatha, offre h cet égard une espèce de compensation. 

Environ 2 5o espèces de Curculionites ont été recueillies 
par moi dans le cours de mon voyage , et , sous ce rapport , 
Cayenne et le Brésil offrent quelque ressemblance pour le 
nombre des espèces, mais non pour la multiplication des in- 
dividus dans chaque genre. Ceci est frappant surtout dans les 
Brenthus y dont j'ai trouvé 20 espèces au Brésil , qui , pour la 
plupart , fourmillent sous les écorces ; à Cayenne , le seul 
B, Anchora^o est commun , et je n'ai rapporté que cinq au- 
tres espèces. 

Il en est à peu près de même pour les genres suivans ; Cy- 
phus , Hypsojiolus , Lixus , Ileilipiis , Baridliis , Zygops , 
PiazoïuSf Centrimis , etc. , sans parler d'un assez grand nom- 
bre d'autres que je n'ai jamais rencontrés dans la Guyane. En 
revanche , ce pays m'en a offert plusieurs que je n'avais pas 
vus dans l'autre. Je ne citerai que le beau genre Erodiscus, 
dont j'ai recueilli trois espèces nouvelles , qui toutes vivent 
dans les savanes noyées , sur des plantes de la famille des 
Joncs. Il serait possible que leurs larves subissent leur méta- 
morphose dans l'intérieur des végétaux aquatiques , comme le 
fait celles du Lixus Pajaplecticus de nos pays. 

Dans la famille des Xylophages^ je ne mentionnerai égale- 
ment que deux genres , dont l'un, le genre Camptocerus, ne 
contenait encore qu'une espèce, à laquelle j'en ai ajouté une 
seconde , C. Terehraior mihi ; et l'autre , le genre ]Semo- 
zonia , n'avait pas encore été rencontré hors d'Europe. Le 
premier vit dans le bois mort, et le second dans les bolets. 

La famills des Longicomes est , ainsi que je l'ai déjà fait 
observer , celle où la différence de multiplication est la plus 
prononcée entre le Brésil et Cayenne; 224 espèces dans le 
premier de ces pays, à peine 70 dans le second; tel a été le 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 363 

résultat de mes chasses dans tous deux. Cest la famille où les 
espèces se répandent sur une plus grande surface de terrain. 
Pour n'en citer que quelques exemples, les il/acroJorzfia Cer- 
vicornis^ Ctenoscelis Scahricollis, Megaderus Stigma, Acro- 
cinus Lon^imanus, Chlorida Festiva, etc., se trouvent com- 
munément depuis la Guyane jusqu'aux environs de Rio- Janeiro. 
Le Mallodon Spinibarbis et le Trachyderes Striatiis vont 
encore bien au delà et s'étendent jusqu'à Buénos-Ayres , sans 
qu'on observe aucune diminution dans la multiplication de 
leurs individus. 

Quelques insectes de cette famille ont reçu à Cayenne des 
noms populaires sous lesquels ils sont généralement con- 
nus , même des nègres de la colonie. Ainsi , par exemple , 
le Macrodontia Cervicoriih doit celui de Mouche Scieur de 
long à la singulière habitude qu'il a de saisir entre ses longues 
et puissantes mandibules une tige ou une branche de la gros- 
seur du pouce, et de tourner autour en volant, jusqu'à ce 
qu'il l'ait sciée. Je n'ai jamais surpris l'insecte dans cette opé- 
ration : mais j'ai vu des branches coupées par lui , qui por- 
taient évidemment l'empreinte des fortes dents dont ses man- 
dibules sont armées intérieurement; et des personnes dignes 
de foi m'ont assuré l'avoir pris sur le fait. Cette espèce de Lon- 
gicornes n'est pas au reste la seule chez laquelle existe celte 
habitude; on la retrouve dans quelques grandes espèces d'O/z- 
cideres , dont les mandibules sont également assez vigoureuses 
pour supporter un mouvement de rotation aussi violent. Ce 
dernier fait m'a été communiqué , dans le temps , par M. le 
comte Dejean , qui le tenait lui-même d'une autre personne 
qui l'avait observé au Brésil; et j'avoue que ce que je viens 
de rapporter me le rend tout-à-fait croyable. On en observera 
probablement autant par la suite chez d'autres Longicornes. 
Pour en revenir aux noms en question , le Ceranibyx Su- 
turalls est connu à Cayenne sous celui de Mouche Balata , 



364 ANNALES 

V^croclfius Longinunajius sous celui de Mouche Basasse, at- 
tendu que tous deux accourent aussitôt qu'on abat un Balata 
eu un Bagasse, deux de ces plus beaux arbres du pays, figurés 
dans Aublet, le pren^iier pi. 290, et le second planche 076. 
C'est à la préférence du même genre que montre le Lophono- 
cents Barbicornis pour le Courbaril [Hymenœa Courhariî ^ 
Linné) que je dois d'en avoir pris un grand nombre à Rourou. 

Les ChîjsoméUnes , la famille la plus nombreuse de toutes 
celles des Coléoptères , rivalise à Cayenne , pour le nombre 
des espèces, avec le Brésil; mais, comme de coutume, elles 
sont loin d'y multiplier autant. Les Ahica , les Cassida , les 
Dorjphora , les Eumolpus , qui se présentent par masses à 
chaque pas dans ce dernier pays, ne se rencontrent que çà et 
\k isolés, dans le premier. Une ou den%. Altica , et autant de 
Cassida , font à peine exception à cette règle. 

Quant au genre Eroijius , le plus intéressant de cette fa- 
mille , je crois que Cayenne l'emporte pour le nombre et la 
beauté des espèces sur le Brésil; j'y en ai trouvé 62 , sur les- 
quelles 45 sont nouvelles pour la collection de M. le comte 
Dejean; tandis qu'au Brésil je n'en ai trouvé que 44 » dont 
21 nouvelles. Si, à ces G6 espèces non décrites encore, on 
ajoute celles qui ont été rapportées par d'autres personnes , 
tant de l'Amérique que de Java et des îles voisines, on verra 
que ce genre contient aujourd'hui le double des espèces dé- 
crites dans la belle monographie de M. Duponchel , et pour- 
tant cette monographie compte à peine cinq ans d'existence 1 
Réflexion décourageante, et que peuvent faire naître toutes 
les familles de Coléoptères. 

Je n'ai jamais eu, au Brésil , Toccasion d'observer les larves 
des Eroiylus, mais à Cayenne, celle de V Erotyliis Surina- 
mensis s'est oiTerte plusieurs fois à moi. Elle vît dans les 
bolets , et je crois qu'il en ^ t de môme pour toutes celles 
de ce genre. C'est presque toujours sur ces végétaux que j'ai 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 565 

trouvé les E. Gri gant eus , p^ariegatiis , Gemmât us , Ranio- 
suSy etc. , et c'est probablement à l'une de ces espèces qu'ap- 
partient une autre larve que j'y ai également observée. Celle 
de \ C. Surinam,ensLSj parvenue à son maximum de croissance, 
est longue d'environ 6 lignes , légèrement renflée à son extré- 
mité postérieure, blanchâtre et dépourvue d'aspérités, sauf 
sur le premier anneau, qui porte un petit mamelon d'où m'a 
paru suinter un fluide incolore , dont l'odeur rappelle celle 
des Diaperis et des Allecula. La têle est noire , écailleuse 
et munie de deux mandibules courtes , valides et un peu ob- 
tuses. Elle peut se retirer sous le premier anaeau , ce qui a 
lieu quand la larve est au repos. Je crois que ces larves se dé- 
veloppent et parviennent à l'état parfait dans un espace de 
temps très-court: car plusieurs que j'ai élevées ont grandi de 
trois lignes dans l'espace de cinq semaines , époque à laquelle 
le bolet que j'avais détaché de l'arbre s'étant desséché . 
elles moururent. 

Enfin , dans la dernière famille des Coléoptères , je signa- 
lerai une découverte assez intéressante que j'ai faite , celle 
d'un nouveau genre de Psélaphiens, insectes qui, jusqu'à pré- 
sent, n'avaient pas encore été rencontrés dans l'Amérique 
méridionale. L'espèce en question devant être décrite inces- 
samment par un des membres de la Société dans le Magasin 
de Zoologie de M. Guérin , je crois inutile d'en donner la 
description. Les deux individus uniques que j'ai trouvés 
ayant été pris au vol dans les bois , leurs mœurs me sont in- 
inconnues. 

Maintenant, s'il s'agissait d'assigner à la Guyane française 
un rang parmi les autres pays , basé sur son plus ou moins de 
richesse en Coléoptères , je crois qu'elle n'obtiendrait que la 
troisième, ou tout au plus la seconde place. On ne peut , sous 
aucun rapport, la mettre en comparaison avec le Brésil, ainsi 
que je l'ai fait voir; je la regarde même comme moins favo- 



Z66 ANNALES 

risée que la France pour la multiplication des individus, et 
je pense que ceux que leur zèle entomologique y conduira , 
auront , comme moi , sujet de se repentir de lui avoir donné 
la préférence. 



Ohseivaiions sur Foiwrage intitulé : « Bombi Scandinavie 

MoNOGRARAPHIck TrACTATI , etc. , à GuSTAV. DaHLBOM. 

LoNDiKi GoTHORUM, i832; » auxquelles on a joint les ca- 
ractères des genres Bombus et Psilliyrus, et la description 
des espèces qui appartiennent au dernier. Par M. le comte 

LjîPfiLETIER DE SaINT-FaBGEAU. 

(Séance du 7 novembre i83a.) 

M. Lefebvre, notre secrétaire , m'ayant fait l'amitié de me 
remettre la Monographie des Bourdons de Suède, par M. Gus- 
tave DahILom , en me priant d'examiner cet ouvrage et dé 
lui en dire mon sentiment, je me suis empressé de répondre 
h l'intention de notre savant collègue. Ayant reconnu, par la 
nomenclature , que beaucoup d'espèces de Suède se retrou- 
vent en France, j'ai comparé les descriptions à lajiature exis- 
tant dans ma collection. Ei\ général , les. espèces paraissent 
mieux décrites que dans aucun auteur h moi connu ,* sans en 
excepter la Monograpliia Apuni Angliœ de M. Kirby. On 
peut seulement soupçonner que Fauteur suédois en a trop 
admis , entraîné par l'auteur anglais dont je viens de parler , 
par Fabricius et par Panzer , qui les ont trop multipliées, pour 
n'avoir pas pris garde que Réaumur, ce grand observateur de 
la nature, dit positivement que le même nid de Bourdons con- 
tient des individus que leurs différences de couleur pourraient 
faire passer pour des espèces distinctes. Je dois dire en même 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 567 

temps qu'une monographie des Bourdons présenterait en ce 
moment beaucoup de difficultés; il faudrait, avant de l'en- 
treprendre , une exploration complette des habitans des nids 
de chaque espèce , ou se borner à des conjectures sur leurs 
limites. 

M. Dahlbora sait probablement que les mâles Bourdons , 
comme ceux de tous les Hyménoptères , dont les femelles sont 
armées d'un aiguillon sans tarière , ont à l'abdomen un seg- 
ïùent de plus que les femelles. Cependant ses descriptions 
supposent qu'il n'en admet que cinq avec l'anus dans les deux 
siexes. 

On trouvera aussi dans cet ouvrage quelques synonymes 
•i% appliqués à tort; mais cette faute est bien moins répétée que 
dans les auteurs précédons , et surtout dans Fabricius. 

Le grand mérite de la monographie des Bourdons de la 
Suède est d'avoir introduit , dans un genre nombreux qui 
paraissait si compact et si homogène , une division bien fondée 
sur des caractères anatomiques extérieurs, à peu près tous 
visibles h l'œil nu, et cependant d'une immense importance. 

1". Le labre du sexe féminin de la première division est en 
carré transversal , en conséquence pas plus large au milieu 
que sur les côtés. Dans la deuxième division, il est triangulaire, 
prolongé en avant dans son milieu , qui est plus large que les 
côtés. 

2°. Les mandibules du sexe féminin de la première division 
sont quadridentées ; les femelles de la deuxième les ont obli- 
quement tronquées et arrondies. 

3°. Les femelles de la première division ont aux jambes pos- 
térieures des corbicules, c'est-à-dire que ces jambes sont dila- 
tées en s'élargissant très-notablement depuis leur base jusqu'à 
leur extrémité, que leur côté externe est déprimé sur tout son 
disque et dépourvu de poils : c'est au moyen de cet organe 
que les femelles et les neutres rapportent à leurs nids le pollen 



568 ANNALES 

des fleurs dont elles nourrissent leurs petits. Les femelles de 
la deuxième division, au contraire, ont les jambes postérieures 
étroites dans toute leur longueur, convexes à leur côté ex- 
terne, qui est entièrement garni de poils. Abandonnons en ce 
moment la conséquence de ce fait , à laquelle nous revien- 
drons plus tard, 

4". Dans les femelles de la première division , on remarque 
une dent horizontale , comprimée , obtuse , à l'angle externe 
de la base du premier article du tarse postérieur, et cet 
article est fort élargi. Ce même article , dans le même sexe de 
la deuxième division , est peu large , et la dent manque tota- 
lement à l'angle externe de sa base. 

5°. L'anus des femelles de la première division est réguliè- 
rement conique , aigu au bout , et n'est pas naturellement re 
courbé en dessous. Dans les individus du même sexe de la 
deuxième division, ce même anus est recourbé en dessous, et 
porte dans cette partie deux carènes élevées en angles. 

Il faut convenir que M. Kirby avait le premier mis au jour 
ces caractères dans la description des espèces, et dans les 
planches où il représente les caractères de sections; mais il 
n'en avait pas profité pour former une subdivision dans la sec- 
lion du G. Apis, qui, dans sa monographie, renferme les 
Bombus des auteurs subséquens. 

Je viens de vous exposer les caractères donnés par M. Dahl- 
bom aux deux divisions qu^^il établit dans le G. Bombus. Jus- 
qu'ici, ce que je vous en ai dit lui appartient, et je n'y ai rien 
ajouté qui me soit propre : ce que je dois vous faire remar- 
quer, pour que vous puissiez apprécier nos parts dans le pré - 
sent travail. 

Vous avez sûrement remarqué , Messieurs , que tous ces 
caractères de M. Dahlbom sont féminins , et que par con- 
séquent cet auteur ne nous donne aucun moyen de recon- 
naître la division à laquelle appartiendrait un mâle dont la 



DE LA SOGiÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 569 

femelle ne nous serait pas connue. Vous observerez aussi 
qu'après avoir décrit deux organisations aussi différent^is , 
M. Dahlbom n'en tire aucune conséquence par rapport à la 
manière de vivre , (ce que j'appelle les mœurs) , des Insectes 
de ses deux divisions. Au contraire, de l'exposé détaillé qu'il 
fait de l'industrie des Bombus avant de passer aux espèces , 
on ne peut que conclure qu'il regarde toutes celles qu'il décrit 
comme se conduisant entièrement de même dans la construc- 
tion des nids et la nourriture de leur postérité. 

En vérifiant les caractères donnés par M. Dahlbom sur les 
espèces de ma collection , qui sont environ au nombre de 
quarante, sur celles de la collection ancienne de M. Latreille, 
que le savant qui en est possesseur m'a confiée, (environ vin^-t 
espèces, que je n'ai pas) , ainsi que sur celles de mon excel- 
lent ami M. Serville, (environ six espèces différentes des pré- 
cédentes); ce qui porte a soixante-six à peu près le nombre 
des espèces que j'ai vues : il m'a été facile d'observer que les 
mâles de ces deux divisions se distinguent aussi facilement que 
leurs femelles , quoique ce ne soit que par deux caractères. 
Je vous propose donc d'ajouter un caractère mâle au carac- 
tère féminin des deux divisions de M. Dahlbom. En voici l'ex- 
posé : 

Première divisloiu Jambes postérieures des mâles allant 
en s'élargissant de la base à l'extrémité ; leur côté extérieur 
un peu concave dans son milieu , qui porte un petit nombre 
de poils écartés les uns des autres. Premier article des tarses 
postérieurs assez court et large. 

Deuxième division. Jambes postérieures des mâles à peu 
près aussi étroites dans toute leur étendue , longues; leur côté 
extérieur convexe entièrement garni de poils. Premier article 
des tarses postérieurs étroit et allongé. 

Ce caractère une fois reconnu , il n'y a pas plus de diffi- 
cultés pour classer un mâle Bourdon isolé , qu'une femelle. 



Zno ANNALES 

M. Dalilbom, ne l'ayant pas découvert, a placé dans sa divi- 
sion première , des mâles isolés dont il ne connaissait ni les 
femelles ni les neutres, (et entre autres le Bombus Rossieïlus), 
tandis qu'ils appartenaient à la deuxième. 

Piamenons actuellement , Messieurs , notre attention sur 
Timportance d'un des caractères donnés à juste titre ^ pai* 
M. Dahlbom , aux femelles. 

Dans la première division, celles-ci ont toujours des cor- 
bicules , c'est-à-dire les organes nécessaires pour la récolte du 
pollen des fleurs , matière indispensable à la nourriture des 
larves. Aussi je conçois que les femelles de cette division , 
fécondées à l'automne, presque immédiatement après leur ap- 
parition à l'état parfait, ayant passé l'hiver cachées et dans 
l'engourdissement , réveillées ensuite au printemps par la cha- 
leur, fondent à elles seules un nid, puisqu'elles ont l'organe 
qui sert à récoller les matériaux d'approvisionnement néces- 
saires à la colonie qu'elles y fonderont. Elles peuvent mani- 
festement commencer ce nid seules et sans le secours d'ou- 
vrières. Bientôt elles mettront au monde de ces ouvrières, qui 
sont des femelles infécondes qui les aideront , et deviendront 
bien plus communes que les femelles fécondes. 

Au contraire , dans la deuxième division , les femelles fé- 
condes sont privées de corbicules ; elles ne peuvent donc pas 
récolter de pollen : il leur est impossible de fournir à la nour^ 
riture de leur postérité. 

Il est indispensable d'admettre cette conséquence, lorsque 
l'on sait que la nourriture obligée de toutes les larves de Mel- 
liferes est le pollen des fleurs plus ou moins mêlé de miel : 
ce que les observations unanimes de tous les auteurs mettent 
hors de doute. 

Qui donc nourrit les jeunes larves des Bombus de la 
deuxième division de M. Dahlbom ? Sont-ce des ouvrières ? 
y aurait-il y au premier printemps;, de ces aides pour nos fe- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. S^i 

fïiclles privées de corbicules ? et ces aides auraient-ils des cor- 
feicules ? 

Mais il faut répondre non à ces deux dernières questions. 

En effet , dans son caractère de la deuxième division ^ 
M, Dalilbom affirme que les femelles et les ouvrières sont sans 
corbicule. Si donc il pouvait y avoir des femelles infécondes 
dans une espèce qui, ne pouvant approvisionner un nid, n'a 
pas d'intérêt d'en construire, ce ne seraient pas des ouvrières, 
mais une modification superflue : individus ne travaillant poinfe 
et ne multipliant pas , faute d'avoir les organes nécessaires 
pour l'une ou l'autre de ces fonctions naturelles. 

Il semblerait difficile d'admettre , même sur l'autorité de 
M. Dahlbom , qu'il eût été créé des êtres aussi inutiles. Aussi 
quoique, d'après notre observation, les ouvrières soient bien 
plus nombreuses que les femelles fécondes , dans les espèces 
qui en ont besoin , l'examen des collections , mentionnées plus 
haut, atteste qu'aucune ouvrière ou femelle inféconde connue 
ne peut être rapportée à une même espèce avec une femelle 
ou un mâle ayant les caractères de la deuxième division des 
Bombus de M. Dahlbom , modifiés par nous en ce qui con 
cerne les mâles. Il y a même à ajouter (et faites, Messieurs , 
une sérieuse attention à ceci ) que M. Dahlbom n'a décrit au- 
cune ouvrière dans les quatre espèces qu'il rapporte à sa 
deuxième division; cependant cet auteur note, à toutes les es- 
pèces dont il donne les caractères, les modifications sexuelles. 
qu'il décrit, par les signes ordinaires , qui ne laissent aucune 
ambiguïté. 

Il est naturel de conclure de ceci que, dans ces espèces, il 
n'y a que des mâles et des femelles fécondes , et que celles-ci 
sont parasites, c'est-à-dire réduites à pondre dans le nid des 
Apiaires récoltantes, d'une taille égale à la leur, condition né- 
cessaire pour qu'ils puissent s'y introduire pour poudre. Or 
les XyloCopa et les Bombus sont seuls dans co cas. Donc , aa 



372 ANNALES 

lieu d'avoir les mêmes mœurs que ces derniers , ces espèces 
sont hostiles aux vrais Bourdons , à la propagation desquels 
elles sont un obstacle. 

Aussi , d'après les nombreux caractères anatomiques exté- 
rieurs, dont deux appartiennent aux organes de la manduca- 
tion , deux aux organes de récolte, et un à l'anus qui joue un 
rôle important dans la ponte , caractères que M. Dahlbom a 
développés, ainsi que M. Kirby; et d'après ceux qu'on doit y 
ajouter pour les mâles , il vous semblera , je crois , nécessaire 
de constituer un genre séparé des Bombus, où seront placées 
les espèces parasites. 

Aux quatre espèces citées par l'auteur suédois, il faut join- 
dre plusieurs autres espèces ou variétés qui se trouvent dans 
les collections que nous avons citées , au nombre de huit à dix. 
Le nom de Psithyre, qui paraît convenable à ce genre , vient 
du mot grec •^i9\tfjoç, susurras en latin, qui veut dire bour- 
donnement. Son établissement nécessitant une modification 
aux caractères du G. Bombus, voici la rédaction qui semble 
devoir être proposée pour ces deux genres : 

CARACTÈRES COMMUNS AUX DEUX GENRES. 

1*. Organes de la bouche. 

Article des palpes maxillaires en forme d'écaillé, elliptique; 
palpes labiaux composés d'articles distincts; les deux derniers 
articles rejetés sur le côté extérieur; le troisième inséré sous 
le bout extérieur du deuxième ; mandibules des mâles étroites^j 
bidentées. (Latr. Gen., tom. 4? p^g. i.8o, 1809.) 

2°. Caractère alaire. 

Cellule radiale 1 , ovale alongée. Cellules cubitales 5 , pres- 
que égales; la première coupée par une petite nervure qui des- 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 573 

cend àa point épais de l'aile; la deuxième, presque carrée, re- 
çoit la première nervure récurrente; la troisième, la deuxième 
nervure récurrente (Jur. hym. G. Bremus^ pag. 257); la 
quatrième incomplète et à peine indiquée (Nobis). 

5°. autres caractères. 

Ocelles disposés sur une ligne transversale droite; corp* 
très-velu. (Latr., ut suprà.) 

CARA.CTfeRES DISTINCTIFS DES GENRES. 



Bombus. 

i\ Organes de la bouche. Ç. 

Labre des Ç en carré trans- 
versal, c'est-à-dire transverso- 
linéaire ; mandibules des $ ar- 
rondies à leur extrémité , mu- 
nies de quatre dents. (Latr. 
Dahlb.) 

2" Organes de récolte. Ç. 

Jambes postérieures munies 
de corbicule (ou paletteEncyc. 
art. Parasites). Cette corbicule 
formant une dép ression dénuée 
de poils et très-lisse sur le côté 
externe. Une dent horizontale 
comprimée , obtuse , à l'angle 
externe de la base du premier 
article du tarse postérieur qui 
porte la scopule ( ou brosse , 
Encycl. Voy. Parasites) et qui 
est fort élargie. (Latr. Dahlb.) 



Psithyrus, 

i\ Organes de la bouche. Ç. 

Labre des Ç un peu trian- 
gulaire , plus large dans son 
milieu que sur les côtés. Man 
dibules des Ç obliquement 
tronquées et arrondies. (Dahl- 
bom.) 

2°. Organes de récolte. Ç, nuls. 

Jambes postérieures con- 
vexes à leur côté externe , qui 
est entièrement garni de poils ; 
et par conséquent dénuées de 
corbicules. Premier aj ticle du 
tarse peu large, allongé, ayant 
son angle externe de la base 
mutique , c'est-à-dire dépour- 
vu de dent. (Dahlb.) 



374 



ANNALES- 



3°. Pattes postérieures, ç^. 5°. Pattes postérieures, (f^ 



Jambes postérieures des çf^ 
allant en s'élargissant de la 
base à l'extrémité ; leur côté 
externe un peu concave dans 
son milieu, qui a quelques 
poils rares. Premier article 
des tarses postérieurs assez 
court et large. (Nobis.) 

li^. Autres caractères. Ç. 



Jambes postérieures des çf, 
à peu près aussi étroites dans^ 
toute leur étendue , longues ; 
leur côté extérieur convexe , 
entièrement garni de poils. 
Premier article des tarses 
postérieurs étroit et allongé, 
(Nobis.) 

4". Autres caractères. Ç* 



Anus point naturellement Anus recourbé en dessous ^ 
recourbé en dessous , réguliè- portant dans cette partie deux 
rement conique, aigu au bout» carènes élevées en angles. 



(Dahlb.) 

5\ Caractère moral. 

Des ouvrières ; espèces con- 
struisant des nids et les appro- 
visionnant. 



(Dahlb.) 

5\ Caractère moral; 

Point d'ouvrières; espèces 
parasites , c'est-à dire pondant 
dans le nid des autres et leur 
abandonnant le soin de leur 
postérité. (Nobis.) 



Les types européens les plus connus du G. Bombus res- 
treint aux espèces qui nourrissent elles-mêmes leurs petits , 
sont les Bombus Lapidarius , Sylvarum , Muscorum , Horlo- 
rum , Tcrrestris, Apricus et Lîgusticus. Parmi, les exotiques 
sont les Bombus Brasiliensis , Cajennensis , Americanorum , 
Antiguensis et Violaceus. 

Dans les collections que j'ai visitées , je n'ai trouvé aucuî| 
Psithyrus exotique. 

Comme il paraît certain que Ton multiplie trop les Qspèçe^ 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. ^;5 

^ans ces deux genres, j'ai cru pouvoir vous présenter ci- 
jointe , pour le genre Psithyrus , une espèce de monographie 
des modifications individuelles que je rapporte à ce genre , et 
que je range sous un fort petit nombre d'espèces. Je le fais 
pour que vous puissiez apprécier Inapplication de ce principe 
au genre nombreux des Bombus , et juger s'il est admissible. 

Espèces du genre Psithyrus qui me sont connues, 

1. Psithyrus Rupestris. 

Noir; corselet quelquefois varié de jaune; cinquième seg- 
ment et anus toujours roux. Ailes noires changeant en^ 
violet. Ç. 

* A. Psithyrus J^asco. 

Tête noire, ainsi que la barbe du labre et des mandibules. 
Corselet noir; prothorax portant en dessus une bande jaune 
qui ne dépasse pas l'extrémité des épauletles ; bord postérieur 
de l'écusson , de cette même couleur. Abdomen noir ; bord 
latéral postérieur des deuxième et troisième segmens garn^i 
de poils jaunes; le cinquième et l'anus roux. Pattes noires; 
bout des articles des tarses ayant des poils gris roussâlres. 
Ailes noires, changeant en violet. Long, lo 1. Ç. 

Hab. Les Pyrénées, aux environs de Barrèges. 

* B. Psithyrus Pyrenœus, 

Bord jaune de l'écusson interrompu dans son milieu. 
Deuxième segment de l'abdomen n'ayant sur ses bords pos- 
térieurs qu'un petit nombre de poils d'un gris jaunâtre; Iq. 
troisième segment entièrement noir; quatrième segment rou,N^ 
spr les côtés. Le reste parfaitement conforme h la variyli^, 
précédente. Ç. 

Hab. La même localité» 



576 ANNALES 

G. Psithyrus yl renarius. 

Apis Arenaria Panz. ... 12. 

Barbe du labre roussâtrc. Écussod entièrement noir, ainsi 
que les deuxième et troisième segmens de l'abdomen; le qua- 
trième entièrement roux. Long. 12 1. Le reste parfaitement 
conforme à la première variété. Ç. 

Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris , dans les bois. 

D. Psithyrus Rupestris. 

Bomb. Rupestris Fab. Piez. 26. Dahlb. Mon. no 35. fig. 21. 

Noir; bord postérieur du quatrième segment de l'abdomen, 
le cinquième et l'anus, roux. Pattes noires; bout des articles 
des tarses ayant des poils roussâtres. Ailes noires, changeant 
en violet. Long. 12 1. Ç. 

Hab. Les bois des environs de Paris. 

3. Psithyrus Quadricolor. 

Noir; corselet varié de jaune, ainsi que l'abdomen; dernier 
segment (le cinquième dans la Ç , le sixième dans le çj^) roux , 
ainsi que l'anus. Ailes transparentes plus ou moins enfumées. 
Long. 8 1. Ç. Long. 6 L d". 

* A. Psithyrus Quadricolor. 

Tête noire; une touffe de poils jaunes sur le vertex. Corselet 
noir; sa partie antérieure portant une large bande jaune qui 
descend des côtés jusqu'au sternum exclusivement; bord pos- 
térieur de l'écusson jaune. Premier segment de l'abdomen 
noir, ayant de chaque côté une forte touffe de poils jaunes; 
le deuxième noir; le troisième blanc, noir dans son miheu; 
le quatrième entièrement blanc; le cinquième et l'anus roux. 
Cuisses et jambes noires; tarses noirs, mêlés de roux en 
dessus , entièrement roux en dessous. Ailes transparentes , 
enfumées, surtout au bord postérieur. Ç. 

Hab. Les Pyrénées. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 5;; 

* B. Psiiliyrus Syluestris. 

Bord postérieur de l'écussoii n'ayant qu'une partie, (plus 
ou moins ) de ses poils, d'un gris jaunâtre. Troisième segmenî- 
de l'abdomen entièrement blanc; le cinquième noir, avec les 
côtés blancs; le sixième roux, ainsi que l'anus. Le reste comme 
dans la première variété, cf. 

Sous-var. i°. Écusson entièrement noir. 2^ Écusson et 
premier segment de l'abdomen entièrement noirs. 

Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris. 

Nota, La deuxième sous-var. est de la collection de M. La- 
treille , actuellement en la possession dS M. le général De- 
jean. 

3. Psithyrus J^estalis. 

Noir; corselet varié de jaune; abdomen varié de blanc et 
quelquefois de jaune. Dernier segment (le cinquième dans 
la Ç , le sixième dans le o^) noir, ou noir au milieu, blanc sur 
les côtés, ou entièrement blanc. Ailes transparentes, enfumées, 
changeant en violet. Long. 9 l. Ç. 6 et 7. </. 

A. Psithyrus Barbutellus, 

Apis Barbutella. Rirb. Mon. tom. 2. pag. 343. n° 93. Re- 
tranchez la synonymie. 

Bombus saltuum Dahlb. Mon. pag. 53. n° 36 (retranchez 
la var. B et la synonymie qui s'y applique ) , est une légère 
sous-var. de cette variété. 

Tête noire; barbe du labre et des mandibules d'un roux 
noirâtre. Corselet noir, avec une bande jaune sur le protho- 
rax, qui ne dépasse pas l'extrémité des épaulettes; bord pos- 
térieur de l'écusson jaune. Abdomen noir ; bords latéraux 
postérieurs du quatrième segment blancs ; cinquième segment 
noir, blanc sur les côtés; anus roussûtre. Pattes noires; tarses 



3;8 ANNALES 

roussâtres; ailes transparentes, enfumées, changeant en viohet* 

tong. 9 I. ?. 

Hab. Les Pyrénées. 

B. Pdthyriis yî^stwalis, 

Bombus aestivalis Dablb. Mon. pag. 5f. n» 54- Ç. Rejeles 
la synonymie de Panz. et de Rirb., qui s'applique à la sous- 
espèce Vestalis. Je ne connais pas le d^ de M. Dahlbom. Il 
ne paraît différer de la Ç que par la bande du prothorax , plus 
étroite e^ plus allongée sur les côtés. 

Un petit nombre ^ poils jaunes sur le bord postérieur de 
Técusson. Bords latéraux postérieurs du troisième segment 
blancs; quatrième segment entièrement blanc; le cinquième 
noir, avec quelques poils blancs sur les côlés. Le reste comm^- 
dans la première variété. Ç. 

liab. Les Pyrénées et les environs do Paris. 

* C. Psithfrus Metaleuciis. 

Noir; une bande jaune sur le prothorax, qui ne dépasse 
pas l'extvéucnilé des épaulettes ; écusson noir. Abdomen noir; 
c[uelques poils jaunes sur les côtés du premier segment; bords 
latéraux postérieurs du troisième segment blancs, ainsi que les 
quatrième et cinquième segmens; le sixième et l'anus Lianes 
sur les côtés , (Fun roux noirâtre au milieu, Patles noires ; 
tarses d'un gris roussâtre , mêlé de noir , surtout en dessus. 
Ailes transparentes, enfumées; le bord postérieur plus clair; 
yn reflet violet s'étendant sur toute l'aile, c^. 

Ilab. Environs de Paris et Italie. 

D. Psithynis T^estalis, 

Apis Gcoffr. tom. 2. pag. 419» n" 26. Apis Veslah's Fourcr» 
far. n'' 26. 

jtirLj Mon. toni. ^2, pag. 547. n° q5. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. Syg 

Bremus œstîvalis. Panz. 8g. 16. 

Écusson et premier segment dé l'abdomen noirs. Bords 
latéraux du troisième segment jaunes ; quatrième segment en- 
tièrement blanc -, le cinquième noir, avec quelques poils blancs 
sur les côtés ; anus roussâtre , Ç : les cinquième et sixième 
segmens entièrement blancs; anus noir j cf'. La reste comme 
dans la première variété. 

Hab. Environs de Paris et France orientale. 

* E. Psithyrus Bellus» 

Cinquième segment de l'abdomen entièrement noir , Ç ; le 
t"este comme dans la variété Vestalis. 
Hab collection Latreille. 

* F. Psiihynis Leucoproctiis* 

Quatrième et cinquième segmens de l'abdomen entièrenléilt 
blancs. Anus noir. Ç. Le reste comme dans la première va- 
riété. 

Hab. Les environs de Paris. 

4. Psitlijrus Campestris, 

Noir; corselet souvent varié de jaune. Premier segment de 
l'abdomen quelquefois varié de jaune; le cinquième dans la Ç , 
le sixième dans le cf , jaune sur les côtés , noir dans le milieu. 
Ailes transparentes , enfumées , changeant en violet. 

A. Psithyriis Campestris. 

Apis Campestris Panz. 74. 11. Kirb. Mon. lom. 2. pag. 335, 
n*^ 88. tab. 18. fîg. 2. 

Bombus Campestris Dahlb. Mon. n° 35. fig. 2 5. Très-mau- 
vaise pour les couleurs de l'écusson et des derniers segmens 
de l'abdomen. 

Tête noire; barbe du labre et des mandibules rousse. Cor- 
selet noir; prothorax portant en dessus une bande jaune qui 



58o ANNALES 

s'étend jusqu'à l'extrémité des épaulettes. Écusson jaune. 
Abdomen noir; bord latéral postérieur du troisième segment 
jaune citron; les quatrième et cinquième du même jaune, 
avec un petit nombre de poils noirs dans le milieu dorsal ; 
anus roux. Pattes noires; tarses roux , surtout en dessous , 
mêlés de noir surtout en dessus. Ailes transparentes, enfu- 
mées, changeant en violet. Long. 9 1. Ç. 

llab. Environs de Paris. 

Sous-var. décrite par M. Dahlbom , ayant une touffe de 
poils d'un jaune pâle de chaque côté du premier segment. 

B. Psithyrus Bossiellus. 

Bombus Rossiellus Dahlb. Mon. n° i5. Retranchez la sy- 
nonymie entière. 

Tête noire ; barbe du labre et des mandibules noire. Cor- 
selet noir; prothorax portant en dessus une bande jaune qui 
atteint jusqu'à l'extrémité des épaulettes; écusson ayant une 
partie de ses poils jaunes, surtout les postérieurs. Les deux 
premiers segmens de l'abdomen et la base du troisième noirs ; 
bord postérieur de celui-ci d'un jaune citron, ainsi que les 
quatrième et cinquième segmens; le sixième jaune-citron, 
avec quelques poils noirs dans le milieu; anus noir. Pattes 
noires; tarses roux mêlés de noir. Ailes transparentes, enfu- 
mées, changeant en violet. Long. 5 1/2 1. o^. 

Sous-var. Bande jaune du prothorax plus ou moins sen- 
sible , ou disparaissant tout-à-fait ; peu ou point de poils 
jaunes à l'écusson. Abdomen noir, n'ayant de jaune citron 
que les côtés des troisième , quatrième et cinquième segmens 
plus ou moins garnis de poils de cette couleur, c^. Le reste 
comme dans la var. Rossiellus. 

Hab. Environs de Paris. 

* C. Psithyrus Inops. 

Bande jaune du prothorax peu sensible, mêlée de poils noirs. 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 38 1 

Krnsson noir ,* peu de poils jaune-cilron , sur les côtés des 
troisième, quatrième et cinquième segmens. Ç. Lerestecomme 
dans la var. Campestris. 
liai). Environs de Lyon. 

* D. PsUhyrus Oinaius. 

Vertex portant des poils jaunes. Ecusson presque entière- 
ment jaune. Premier segment de Tabdomen jaune sur les 
côtés , avec quelques poils noirs au milieu ; le deuxième noir 
à sa base, jaune à son bord postérieur sur les côtés; les troi- 
sième, quatrième et cinquième jaunes; le sixième, l'anus et 
tout le reste, comme dans la var. Rossiellus. 

Hab. France méridionale. 

* E. Psilhyrus Var lu s. 

Vertex portant des poils jaunes. Premier segment de l'ab- 
domen jaune sur les côtés , noir au milieu; le deuxième en- 
tièrement noir; les troisième et quatrième jaunes; les autres 
et l'anus noirs, mêlés de poils d'uji gris roussâtre. Le reste 
comme dans la var. Rossiellus. 

Hab. Environs de Paris. 

5. Psithjrus Fiutrtoruni. 

Noir; corselet varié de jaune. Premier segment de l'abdo- 
men ayant de chaque côté une touffe de poils jaunes; le 
deuxième en ayant quelquefois sur ses bords postérieurs laté- 
raux ; quatrième, cinquième et sixième segmens roux, ainsi 
que l'anus. Jambes et tarses roux. Ailes transparentes, peu 
enfumées. Long. 7 l. 

* A. Psi hj' rus Inlerrii{>ius, 

Noir; prothorax portant en dessus des poils d'un gris jau- 
nâtre mêlés aux poils noirs. Premier segment de l'abdomeiî 
ayant de chaque côté une touffe de poils d'un gris jaunCdrej 



582 ANNALES 

bord latéral postérieur du deuxième ayant quelques poils gris 
jaunâtres; le troisième ayant à la même place quelques poils 
roux; les quatrième, cinquième et sixième roux, ainsi que 
l'anus. Cuisses noires; jambes et tarses roux. Ailes transpa- 
rentes roussâtres , peu enfumées, c^. 
Hab. Les bois dés environs de Paris. 

* B. Psithyrus Frutetonim. 

Quelques poils jaunes mêlés aux noirs sur Pécusson. Bord 
postérieur du deuxième segment de l'abdomen portant des 
poils jaunes. Le reste comme dans la première Vat*. cf • 

Nota. La deuxième variété a de grands rapports avec la 
figure et la description de l'Apis Frutetorum Panz. 76. 20, 
qui paraît être une femelle par sa taille. L'identité d'espèce 
ne pourrait être constatée que par l'inspection des caractères 
génériques. 

Ilab. Même localité. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 583 

Trois espèces de Coléoptères Jiouueaux , par M. Gohy. 
(Séance du 5 septembre i83a.) 

Buprestis Lepida, Gory. Sénégal. Du cabinet de M. Gory. 

Corpore suprà elongato , capite viridi-ruhro-maculato , thorace tra— 
peziformi, viridi utrinquè rubro-igneo-micante ^ eljtris viridibus ^ 
singulis vittâ longitrorsîim latâ etyiaud^ lœvigatâ^ nigro-margl- 
iiatâ, subtùs viridi-aurato , tometitoso ^ pedihus viridibus ^ tarsis 
eœruleis. 

Long. 9 à 12 lig. Larg. 3 à 4- 

Ce Bupreste est un des plus jolis que nous ayons vus . de 
forme allongée et peu convexe; tête de la largeur du corselet , 
d'un vert brillant, avec le milieu d'un rouge métallique et 
ponctué; yeux couleur marron, assez saillans. Antennes deux 
fois plus longues que la tête, vertes à leur base et brunes 
dans le reste de leur longueur. Corselet de forme trapézoïde , 
presque aussi long que large, un peu élargi postérieuiement 
et presque plane en dessus; le reste d'un beau vert luisant, 
bleuâtre et lisse , avec une forte impression longitudinale dans 
son milieu , qui est bleuâtre et lisse; les côtés sont rugueux et 
ont chacun une tache d'un rouge de feu très-brillant; son 
bord postérieur est sinué et proloni^é au milieu dans une 
échancrure des élytres ; celles ci ont leur base un peu plus 
large que le corselet; elles sont deux fois et demi plus longues 
que larges, diminuent au tiers de leur longueur, et se terminent 
en pointe simple : elles sont d'un beau vert, très-brillant, sil- 
lonnées et ponctuées dans leurs parties vertes, et ont chaque 
une bande longitudinale jaune, très-large, lisse et entourée de 
bleu noirâtre : cette bande n'atteint ni la base ni l'exlréaiité. 

Dessous du corps vert doré, avec un duvet très-serré, lui- 
I. 26 



584 ANNALES 

saut et Liane , qui lui donne des reflets argentés. Pattes veiie^; 

avec les tarses bleus. 

La feaielle est de la même couleur , mais généralement un 
peu plus grande. 

Ce bel insecte se trouve au Sénégal , et m'a été envoyé par 
M. Bax. 

M. le comte Dejean lui avait donné le nom de Dives ; mais, 
ce nom ayant été déjà assigné par Germar à un Bupreste de 
Saint-Domingue , j'ai dû le changer. 

Alloccrus Dilaticornis. Gory. Cayenne. Du cabinet de M. Gory. 

A7ij-cr, ihorace lineohs tribus ele^atis ; antennarum hasi teslacea. 
Long. i5 lig. Larg. 16 lig. 

Tête petite , avec un large enfoncement entre les yeux. 

Antennes en forme de fuseau. Premier article assez long, 
renflé; le deuxième très-petit, arrondi; tous les autres très- 
dilatés , s'amincissant à l'extrémité. 

Corselet bombé , carré^ beaucoup plus large que la tête , 
très-échancré au milieu de ses bords latéraux, sa base pro- 
longée et un peu échancrée vis-à-vis de l'écusson , avec trois 
lignes longitudinales élevées sur son milieu. 

Écusson triangulaire , arrondi , avec un enfoncement longi- 
tudinal dans son milieu , ce qui le fait paraître creusé. 

Élytres allongées , bombées , parallèles , rétrécies et ar- 
rondies à l'extrémité; sur chaque une côte longitudinale près 
de la suture. 

Noir velouté. 

Lèvre supérieure , dessous de la tête , premier article des 
antennes , bords latéraux du corselet , point sur l'écusson , 
jaune testacé. 

Ce bel insecte m'a été envoyé de Cayenne. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 585 

ElaterMadagascariensis. Gory. Madagascar. Du cabin6t de 
M. Gory. 

Niger, totusque alho Jlavescente villosus , antennis serratis^ tJwrace 
uiia recta , duabusque arcuatis albis lineis. Eljtris strialis. 

Long. 16 lig, Larg. 6. lig. 

Antennes avec le premier article long, arrondi; le deuxième 
globuleux; tous les autres en scie. 

Tête petite , avec un enfoncement entre les yeux , ce qui 
la fait paraître creusée. 

Corselet avec un sillon en dessous pour recevoir les an- 
tennes , plus long que large, arrondi antérieurement, s'élar- 
gissant, et ayant ses angles postérieurs saillans et prolongés 
sur les élytres ; très-échancré postérieurement, et le milieu 
de sa base prolongé au devant de Técusson. 

Élytres très-bombées , peu allongées , rétrécies et arrondies 
à leur extrémité; elles ont un tubercule à la base de chaaue 
côté de l'écusson. 

Entièrement noir, mais tout couvert d'un duvet jaunâtre, 
court et très-serré , qui laisse peu apercevoir la couleur du 
fond , surtout sur les élytres et le dessous du corps. 

Sur le corselet trois lignes jaunâtres : une longitudinale 
dans son milieu , qui n'atteint ni son bord antérieur ni sa 
base , et de chaque côté de celle-là une autre en forme d'arc; 
de plus , tout son disque noir velouté. 

Le dernier segment de l'abdomen est garni h son extrémité 
d'une touffe de poils noirs, courts et rudes. 

Ce bel insecte se trouve à Madagascar. 



7,m ANNALES 

Mémoire sur cinquante espèces nouvelles oit peu connues 
a hisecies , pa/- F. L. de Laporte. 

(Séance du 5 septembre i83a. ; 
COLÉOPTÈRES. 

1. Genre Omus. Esch. 

Le genre Manticore était jusqu'ici , dans la tribu des Gt- 
cindélites , un de ces êtres anomaux qui , par la bizarre- 
rie de leurs formes, s'éloignent de tous les objets connus, 
i^l. Eschscholtz a décrit dernièrement sous le nom d'Omus , 
un insecte qui nous semble former le chaînon intermédiaire 
entre les Manticores et les Mégacéphales en passant par les 
Platycheila de Mac-Leay. L'ouvrage dont il s'agit étant à peu 
près inconnu en France , nous croyons rendre service h la 
science en donnant un extrait de la description de ce genre. 

Genre Omus Eschsholtz. 

Antennes insérées sous un prolongement en avant des 
yeux, filiformes, de onze articles, le premier épais, le deuxiè- 
me moitié plus court et plus grêle , les neuf suivants de 
la longueur du premier , et de la largeur du deuxième. 

Palpes presque égaux , les luaxillaires ayant le deuxième 
article beaucoup plus long et plus épais que les deux sui- 
vants , le dernier comprimé et sécuriforme ; les labiaux à 
premier article très-court , le troisième long, sécuriforme. 

Tarses filiformes , allongés , les trois premiers articles 
des antérieurs dilatés transversalement dans les mâles. 

Tête presque carrée , yeux petits et arrondis , le bec 
quatre fois plus large que long, mandibules très longues , 
pointues, la droite offrant deux dents, la gauche trois; lèvre 
tridentée. Corselet presque carré. Ecusson point apparent. 
Elylres convexes, ovalaires, embrassant Tabdomen, soudées. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 38; 

anguleuses latéralement. Pattes assez courtes, fortes; cuisses 
antérieures un peu renflées, jambes de la même paire dilatées 
à l'extrémité avec deux fortes épines. Pattes postérieures 
longues, à jambes étroites. Crochets des tarses grands et 
arqués. 

Omus Californicus. 

Eschscholiz Zoologisclier atlas socc. (Atlas Zoologique du 
Voyage autour du monde, du capitaine Kotzebue) , pag. 3 , 

pi. 4.f. I. 

Long. 7 i/a lig. Larg. î j/a lig. 

D'un noir foncé très-brillant. Corselet légèrement con- 
vexe , avec une ligne enfoncée au milieu , une arquée et trans- 
versale en avant et une autre semblable en arrière ; toutes 
sont peu marquées. Elytres rugueuses avec une ligne longi- 
tudinale brunâtre au bord externe. Pattes velues. Californie. 

Nota. M. Say, dans une liste d'insectes trouvés par lui aux 
montagnes rocheuses de l'Amérique , ( Journ. of the acad. of 
Philadelphia , vol. III , octob. i823, n" 5, pag. iSg.) cite en 
tête de ces chapitres un Manticora Cylindriformis de Fabri- 
cius quime semble être l'analogue de l'Omus; mais je n'ai pu 
trouver, dans aucun des ouvrage de ce grand entomologiste, 
aucun insecte portant ce nom. 

2. Casnonia 4 — Signata. 

Nigra , nitidissima ; elytris profundissime striatis , maculis sin- 
gulorum obscure rubidis , apice cmarginalis , utrinque dente in- 
structis ; antennaram basi pedibusque fusco ferrugineis , femoribas 
apice ni g ris. 

Casnonia 4 — Signata. Collect. Dupont. 

Long. 4 1/2 lig' Larg. 1/8 de lig-. 

^ Noir, très-luisant, élytres avec des stries longitudinales 



388. ANNALES 

formées de gros points enfoncés et écartés; elles ont chacune 
deux taches rouges échancrées à l'extrémité et offrent au côté 
une dent assez forta. Base des antennes et pattes d'un brun 
rougeâlre ,* extrémité des cuisses noire. Cayenne» 

5. Casnonîa Transversalis. 

Ni^ra ^ pubescens ; elflris strîis , longitudinalibus tenuissimis , U- 
ncolis haseos et propè suturam cum margine postico , antennis et, 
femorum basi pallidèjïai>is : antennis apice riigris. 

Casnonia Transversalis. Collect. Dupont. 

Long. 2 1/2 lig. Larg. 2/3 de lig. 

Noir velouté. Elytres avec des stries longitudinales très- 
faibles, et présentant une petite ligne transversale à la base, 
deux petites lignes longitudinales en arrière près de la suture, 
et enfin le bord postérieur d'un jaune pale. Antennes à l'ex- . 
ception des trois derniers articles et base des cuisses de même 
couleur. Sénégal. 

A^ota. Cette espèce est voisine , mais cependant bien dîs- 
tince, delà Casnonia Lineola de M. le comte Dejean. 

4. Odacantha Senegaîensis. 

Nigra , antennarum basi , pectore pedibusque pallidè testaceis , elf' 
tris profimdè punciato-slriatis , pallidè testaceis , apice nigris , 
Tnacula magna femorum apicis nigra. 

Long. 3 1/2 lign. Larg. i 1/6 de lign. 

Tête ovale, élargie, lisse, noire ainsi que le corselet ; celui- 
ci ailongé , étroit, rétréci en avant, faiblement étranglé en 
arrière, offrant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 
Ecusson petit , de la couleur des élytres^ celles-ci, d'un jaune 
testacé, offrent des stries longitudinales assez fortes et formées 



DE Là SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3^9 

de points rapprochés. Elles présentent en arrière une tache 
d'un noir un peu bleuâtre , arrondie en avant et couvrant le 
bord postérieur. Dessous de l'abdomen d'un brun rougeâlre , 
avec les derniers segmens noirs. Pattes de la couleur des 
élytres, avec une tache noire à l'extrémité des cuisses. Palpes 
et trois premiers articles des antennes d'un jaune testacé , 
l'extrémité du quatrième et tous les autres obscurs. Sénégal. 

Nota, Cette espèce se distingue de l'Odacantha Melanura;. 

i*" Par sa tête plus large , ses yeux plus saillans , 

2° Par la couleur noire de sa tête et du corselet , 

3" Par sa taille plus grande , 

4** l^^r les élytres de couleur un peu plus claire , les stries 
fortes et formées de points beaucoup plus rapprochés, 

5" Enfin par les taches noires de l'extrémité des cuisses 
beaucoup plus grandes. 

5. Leptotrachelus Suturalis. 

Flai'o suhfuscescens , capùe nigro , ihorace olscurè rubro ; elytris 
longitudin aliter punctulato-striatis y sutura fusco-nigricante y cor- 
pore subtus fusccnte. 

Leptotrachelus Suturalis. Colîect. Dupont. 

Long. 3 1/2 lig. Larg. 1 lig. 

D'un jaune un peu brunâtre. Tête noire. Corselet d'un 
rouge obscur. Elytres avec des stries longitudinales ponc- 
tuées. Suture d'un brun noirâtre , dessous du corps brunâtre. 
Cayenne. 

Nota. Le genre Lepiotracheîus a été forméparM.Latreiîle, 
sur des insectes très-voisins des Odacanthes; .on en connaît 
aujourd'hui quatre espèces , toutes propres à l'Amérique du 
Sud. 



Sgo ANNALES 

6. Cymindls Bisignata. Dejean , Species. 

Cet insecte s'éloigne de tous les Cymindis par des carac-' 
tères trop importans pour pouvoir leur être réuni. Il nous 
semble nécessaire d'en former un g'enre propre ainsi caractérisé. 

Genre Cymindoidea. 

Antennes de onze articles , le premier long , grand , cylin- 
drique , tous les autres à peu près égaux entre eux, le dernier 
un peu ovalaire. 

Palpes labiaux à dernier article comprimé et très-foi lement 
sécuriforme. 

Tarses assez longs, grêles , à premier article long , les cro- 
chets simples. 

Labre presque carré , court , transversal. 

Mandibules fortes , arquées , pointues. 

Ce genre, établi aux dépens de celui des Cymindis, en dif- 
fère par ses tarses , dont les crochets ne sont pas dilatés en 
dessus, par le dernier article des palpes labiaux très -fortement 
sécuriforme , ainsi que par le faciès général. 

La tête est ovale , le corselet beaucoup plus élargi que celui 
des Cymindis, très-fortement rebordé, peu rétréci en arrière; 
les élylres sont larges et planes. Pattes assez fortes. 

Nous ne < onnaîssons de ce genre, qui doit suivre immédia- 
tement celui des Cymindis , que l'espèce qui fait l'objet de 
cette note : elle est du Sénégal. 

7. Sphœroderus Niagarensis. 

Niger, thorace rotundato , nitide violacco , elytris ouatis , com^exis ^ 
cuprco-violaceis y costis longùudinalibus numerossisimis^ margini' 
bus violaccis. 

Long. 6 1/2 lig. Larg. 2 1/2 lig. 
Noir brillant. Tète allongée. Antennes un peu pubcscenles. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Sgi 

à rexception de la base. Corselet presque rond , d'un beau 
violet, échancré en avant , à bords latéraux très-arrondis et 
fortement rebordés. Il offre au milieu une impression longi- 
tudinale assez forte , qui n'atteint pas les bords, et deux autres 
situées en arrière, larges et fortement ponctuées. Elytres ovales, 
fortement convexes, d'un cuivreux violet avec des stries très- 
nombreuses , serrées , Irès-fortes , assez régulières à la base , 
interrompues , irrégulières et presque rugueuses en arrière. 
Bords latéraux d'un beau bleu violet. Dessous du corps et 
pattes d'un brun noirâtre. 

Cette espèce a été trouvée dans une île que forme la chute 
du Niagara; elle doit être placée entre les Sphœroderus Le- 
contei et Stenostomus. Elle diffère du premier , 

i°Par la taille plus grande; 2° son corselet plus rond et 
plus large; T)" par ses élytres plus convexes, d'une couleur 
plus violette et plus rugueuses en arrière. 

Et elle s'éloigne du second , 

1° Par son corselet d'un beau violet; 2° par ses élytres 
plus ovales et beaucoup plus rugueuses postérieurement. 

8. Panageus Armât us. 

Ni^er , subhirîus , valdè punctatus , thorace dilatalo , lateribus 
hidentatis / elytris striads , interstitiis punctatis ; an tennis pedi- 
busqué fuscescentih us. 

Long. 4 lig' Larg. 1 i/3 lig. 

Noir, un peu velu, très -fortement ponctué, surtout le 
corselet-, celui-ci élargi vers le milieu, échancré sur les côtés, 
en arrière, et présentant deux fortes dents de chaque côté 
et une ligne longitudinale un peu enfoncée au milieu. Elytres 
ponctuées avec des stries longitudinales qui le sont égale-» 
ment. Antennes et pattes brunâtres. Cayenne. 



592 ANNALES 

9. Catascopus 4-Signatus. 

Nitidissime 'viridi-cupreus , elytris apice subemarginatis , macuUs 
diiahus sin giUorum magnis ^ flavis ^ posteriori bilohû^ corpore sub- 
tils ohscuro , pedibus flapis ^ antennis fiiscis. 

Long. 5 1/2 lig. Larg. 1 2/0 lig. 

D*un vert cuivreux très-Lrlllant. Corselet étroit. Elylres 
un peu échancrées à l'extrémilé , et offrant de fortes stries 
longitudinales ; elles présentent chacune deux larges taches 
jaunes dont la postérieure est bilobée. Dessous du corps 
obscur. Pattes jaunes. Antennes brunes. Java. 

10. Genre Dercylus ( Coléoptères Carabiques ). 

Ce genre diffère de celui de Panageus, dont il a le faciès^ 
parle premier article des palpes renflé, le dernier très court, 
légèrement dilaté en hache , les deuxième et troisième ar- 
ticles des tarses antérieurs dilatés et carrés dans !es ç^. Nous 
n'avons vu de ce genre que deux inseclcs en mauvais état. Ils 
font partie de la cclleclion de M. Dupont. 

Dercylus A ter. 

Latus , niger, nitidus , laungalus ; thorace latissimo postice recto , 
lineâ média longitudinali et puncto laterali postice impresso ; 
elytris profundè striatis. 

Long. 6 1/2 lig. Larg. 5 1/2 lig. 

Corps élargi, noir, luisant , lisse. Corselet très-large, coupé 
carrément en arrière avec une strie au milieu et une impres- 
sion longitudinale de chaque côté en arrière. Elytres avec de 
fortes stries lisses. Andes huméraux saiiians. Brésil. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 595 

11. Carabus Luczotii. 

JBi'ei^is , obscure œneo-uirescens , suhgranulo.tus , thorace linea 
longitudinali média et altéra laterali utrinque impresso ; elytris 
iuberculatis , tuherculis parvis ., subseriatim dispositisj lineis ele— 
vatis approximatis ad basim elftrorum^ capile, corpore subtus pc-'- 
dibiLsquc nigricantibus . 

Carabus Luczotii. Collecl. Dupont. 

Long. 10 lig. Larg. 5 lig. 

D'un cuivreux obscur verdâtre , faiblement granuleux; cor- 
selet avec une ligne enfoncée au milieu et une impression peu 
marquée de chaque côté en arrière. Elytres couvertes d'une 
foule de petits tubercules obtus , serrés, rangés en stries lon- 
gitudinales très-nombreuses, quelques-unes d'entre elles un 
peu élevées et formant des lignes longitudinales à la base , et 
trois séries de lignes élevées , courtes et interrompues. Tête, 
dessous du corps et pattes verdâtres; antennes un peu velues. 
E.spagne. 

Nota, Ce Carabe rentre dans la quatrième division. Il 
doit être placé après le Brevis. M. Dupont avait , dans sa 
collection , dédié cette espèce à M. Luczot , et nous désirons 
trop nous-mêmes rendre un hommage à ce naturaliste esti- 
mable pour ne pas conserver ce nom. 

12. Camptodontus CHvinoides. 

Niger ^ nitidus ; thorace linea longitudinali média et lateralibus 
duabus ^ utrinque impresso ^ elytris ovatis ^ striis lœi^igatis ; pedi-^ 
bus anticis bidentatis. 

Camptodontus Clivinoides. Collecl. Dupont. 

Long. 8 lig. Larg. 1 1/2 lig. ' 

D'un noir luisant; corselet avec une ligne longitudinale au 



394 ANNALES 

milieu et deux petites impressions de chaque côté , l'une en 
arrière, l'autre près du milieu; élytres ovales avec des stries 
lisses; pattes antérieures bidentées. Cayenne. 

i3. Perçus Ramburi. 

Niger, thorace hrevi ^ suhtriangulari ^ postice Iruncato ; eljlris ova- 
tis^ sublœifigatis , striis sinuatis longitudinalihus piinclatis. 

Long. 1 1 lig. Larg. 5 1/2 lig. 

D'un noir assez brillant. Extrémité des palpes un peu rouge. 
Antennes , à l'exception de la base , recouvertes de légers 
poils roussâtres; corselet Itisinué en avant, à angles antérieurs 
arrondis , les bords latéraux droits , rebordés ; les postérieurs 
un peu échancrés au milieu. 11 est très-court , large en avant, 
rétréci postérieurement, presque lisse , offrant à peine quel- 
ques petites stries transversales fort peu visibles. Il présente 
une ligne longitudinale enfoncée, assez marquée au milieu 
et qui n'atteint pas les bords , et en arrière deux impressions 
assez fortes; écusson très-petit; élytres un peu plus longues 
que la tête et le corselet réunis , peu convexes , ovalaires , 
présentant un assez grand nombre de petites lignes longitudi- 
nales , un peu sinueuses , et dont plusieurs sont formées de 
petits points enfoncés. Ces points sont surtout visibles en ar- 
rière ; l'on voit sur l'angle humerai une très-courte carène 
oblique; les élytres sont un peu sinueuses au bord extérieur, 
près de Textrémité. Pattes fortes. 

Cette espèce habite la Corse, d'où elle a été rapportée par 
M. Rambur. Ayant appris que M. Dejean l'avait , dans sa col- 
lection, dédiée à ce naturaliste, nous nous sommes empressé 
de lui conser\rer ce nom. Elle doit être placée après le Perçus 
Loricatus . 



DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIQUE. 3ç)5 

14. Bradybaenus Cayennensis. 

Niger, thorace subquadrato, rugis duabiis transiter sis et sidco longi^ 
tiuUnali haud profundo punctisque duohus posticis impresso ; efy- 
tris striatis, striis lœç>igatïsy labroflai^o,pedil?us antennisque fuscis. 

Long. 4 1/2 lig. Larg. 8 1/2 lig. 

D'un noir peu brillant , tête large , avec un petit sillon 
transversal en avant; labre jaune; corselet transversal, presque 
carré , avec deux petites rides en travers placées au milieu ; 
entre celles-ci un léger sillon longitudinal qui ne se prolonge 
pas jusqu'aux bords, et deux petites impressions en arrière. 
Écusson petit. Élytres non ponctuées avec des stries longitu- 
dinales lisses; palpes , antennes et pattes bruns. Cayenne. 

i5. Osorius Gornutus. 

Cylindricus , niger, capite suhquadrato , antice bicornuto ; thorace 
subcordiformi , postice truncato; elftris ad suturarn subele^atis ; 
anlennis pedibusque ferrugineis 'y tibiis dilatatis , dcntatis» 

Long. 5 lig. Larg. 1 1/4 lig. 

Cylindrique, noir; tête presque carrée, avec deux cornes 
courtes et dirigées en avant; corselet presque condiforme, tron- 
qué Oïl arrière; élytres un peu élevées près de la suture; anten- 
nes et pattes rougeâlres. Jambes élargies et dentelées. Brésil. 

Nota, Le genre Osorius , formé par Leach , renferme plu- 
sieurs espèces , la plupart inédites. M. Guérin en a figuré une 
différente de la nôtre, dans son Iconographie. M. Westwood 
en a aussi décrit une autre espèce sous le nom de Stephensii 
[Zoological Journ.y p. 56). 

16. Eumicrus. 

Genre de Coléoptères Palpeurs , formé aux dépens des Scyd- 



Sgfi ANKALES 

maenus. Nous plaçons ici ces insectes; car ils nous semLlent 
devoir , dans une méthode naturelle , suivre immédiatement 
les Pselaphus, que nous rangeons à la suite des Brachélytres. 

Genre Eumicrus; Scydmœnus. Schuppel. Kunz. 

Les insectes de ce genre ont entièrement le faciès des Scyd- 
msenus , mais ils en diffèrent essentiellement par leurs palpes 
maxillaires , composés de trois articles; les mêmes des Scyd- 
moenus en ayant quatre , il faut y rapporter : 

1°. Eumicrus îiuf us. Scydmsenus Rufus Schuppel; Runze. 
Monogr. 19. 2. f. 2. 

2°. Eumicrus TJioracicus. Scydma3nus Thoracicus Kunze. 
Monogr. 12. 4' f* 4- 

3°. Eumicrus l^arsatus. ScydmaenusTarsatus Kunze. IMon. 

1 1. p. 3. 

4^ Eumicrus Helwi^ii. Scydmèenus Helwigii. FaL. Syst. 
El. 1. 292. 21. 

jy. Genre Clidicus, Coléoptères Palpeurs. 

Antennes insérées entre les yeux, de onze articles; le pre- 
mier très-long , le deuxième assez petit , les suivans presque 
coniques et égaux entre eux. 

Pah)es maxillaires très-longs , l'avant dernier article infun- 
dibuliforme, échancré , recevant le dernier; celui-ci conique 
et pointu. 

Tarses fdiformes à articles à-peu-près égaux. 

Tête presque triangulaire , yeux très-petits ; corselet très- 
convexe, séparé dé la tête par un étranglement ; élytres ovales, 
convexes; pattes très-longues, surtout les postérieures, avec 
îcs cuisses un peu renflées à l'extrémité. 

Ce genre est très-voisin de celui de Scydmaenus, dont il a 
presque le faciès. II doit suivre immédiatement celui d'Eu- 
micrus. 



t)E LA SOGIÉiË ENTOMOLOGIQCE. 597 

1. Clidicus Grandis. 

f^aldè punctatus , pubescens , ferriigineus • elytris punctato-striatis. 

Scydmœnus Grandis. Gollect. Dupont. 

Long. 3 1/2 lig. Larg. 1 lig. 

Très-ponctué , presque velu, d'un brun rouge; élytres 
avec des stries formées d'assez gros points enfoncés. Java. 

18. Genre Eretes (Hydrocanthares) ; Dytiscus des auteurs. 

Le genre Dytiscus ayant été partagé en plusieurs autres, il 
est dès lors impossible d'y conserver le Griseus , qui est le 
type du genre que nous établissons ici. 

Les Eretes se distinguent des Dytiscus par leurs palpes 
maxillaires supérieurs , ayant leur trois premiers articles d'é- 
gale longueur, et le quatrième presque aussi long que les trois 
autres réunis , un peu renflé vers le milieu , obtus et tronqué 
à l'extrémité; les maxillaires inférieurs ont les deux premiers 
articles courts , élargis à l'extrémité; le troisième aussi grand 
que les deux premiers pris ensemble , arrondi sur une des 
laces , échancré sur l'autre , obtus h l'extrémité. Le devant 
de la tête et le labre sont fortement échancrés , les yeux très- 
gros , saillans. Les crochets des tarses sont grands , égaux ; 
anus échancré ; élytres terminées par une petite pointe à la 
suture. 

ï . Eretes Griseus, Dytiscus Griseus. Fab. Syst. Eleut. 
1. 265. 20. 

Cette espèce se trouve dans les quatre parties du monde. 



598 ANNALES 

19. Spercheus Senegalensis. 

Pallide cinereus, sutura et cosiis quatuor longiludlnalibus alternatim 

ele^atis. 

Long. 2 lig. Larg. 1 lig. 

Plus petit que le Spercheus Emarginatus , entièrement d'un 
gris clair; élytres avec la suture élevée, et quatre côtes sur 
chacune , alternativemeat très-fortes et plus faibles. Sénégal. 

20, Dasytes Splendidus. 

Punctatus , nitidissime cœrulcus , thorace lateribus valdè c'diato / 
elytris lineâ augustd posticâ à margine ad suturant non usque 
productâ. 

Long. 7 1/2 lig. Larg. 3. lig. 

D'un beau bleu éclatant, ponctué; corselet garni latérale- 
ment de longs cils ; élytres avec une ligne oblique assez étroite 
jaune , située en arrière , partant du bord extérieur et n'attei- 
gnant pas la suture. Brésil. 

21. Hylecaetus Brasiliensis, 

CflindricuSy valdè elongatus , pallidè castaneus y elytris pedibusque 
Jla^is ; thorace valdè elongato , antice elevato , antennis valdè 
pectinatis. 

Long. 8 lig. Larg. 1 i/4 lig. 

Cylindrique, très-allongé, d'un brun-châtain clair; pattes 
et élytres jaunâtres; corselet très-long, relevé en avant; an- 
tennes fortement pectinées. Brésil. 

22. Genre Tilloidea. Tillus Fab. 

Antennes de onze articles , terminées, à partir du sixième, 
par une massue brusque et dentée en scie. 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGÏQUE. 599 

Palpes maxillaires à dernier article allongé , comprimé. 

Tarses à troisième et quatrième articles dilatés. 

Tête arrondie ; corselet rétréci et comme étranglé en ar- 
rière; élytres parallèles. 

Ce genre diffère de celui de Tillus, 

1* Par la forme de ses antennes ; 

s*» Par le dernier article des palpes maxillaires plus allongé 
et comprimé ; 

S*' Par la forme du corselet ; 

4" Par ses élytres non élargies en arrière* 

Il faut y rapporter : 

1" Tilloidea Unifasciata. Tillus Unifasciatus. Fab. Syst. 
El. I. 281. 9. 

2* Tilloidea Senegalensis, 

Valdè punctata , hirta , ferruginea ; elytrorum posticâ parte dimi- 
diâ nigrâ y fasclâ trans^fersâ suturam haud attingente albâ. 

Long. 5 lig. Larg. 1 1/2 lig. 

Fortement ponctué, très-pubescent , d'un beau rouge; la 
moitié postérieure des élytres est noire , avec une bande trans- 
versale blanche qui n'atteint pas la suture. Sénégal. 

23. Necrophorus Corsicus. 

Niger ^ fronte macula quadrata } antennarum clava etfasciis a e/y- 
trorum flapis , prima angustissima , sinuata , interrupta et sœpius 
obsoleta. 

Long. 7 lig. Larg. 3 1/2 lig. 

Noir; tête offrant, entre les antennes, une taché carrée d'un 
jaune orangé; massue des antennes de la même couleur; cor- 
I. 27 



^iQQ ANNALES 

selet large en avant, rétréci en arrière , partagé en dessus par 
plusieurs sillons , formant entre eux quatre larges élévations 
le long du bord extérieur, et une ligne longitudinale au mi- 
lieu. Élytres d'un brun noirâtre, avec une tache transversale 
d'un jaune orangé clair, très-étroite, sinueuse, interrompue, 
et quelquefois entièrement effacée , située derrière l'angle hu- 
merai; et une autre de même couleur, grande, large, trans- 
versale en arrière , sinueuse sur ses bords et rétrécie près de 
la suture. Dessous du thorax revêtu de poils assez longs et 
jaunes. Jambes dentelées en scie. Rapporté de Corse par 
M. Rambur, 

24. Silpha Formosa { Oiceptoma Leach). 

Cœridea, nitidissima; thorace antice emarginato; antennis nigrescen- 
tibus clai'â cinerascente ^ thorace riihro fuscescente^ maculis qua- 
tuor rotundatis ni gris» 

Long. 7 lig. Larg. 5 1/2 lig. 

D'un beau bleu clair, très-éclatant ; corselet échancré en 
avant; antennes noirâtres, h l'exception de la massue, qui 
€St grisée Corselet d'un brun rouge , avec quatre taches ar- 
rondies et noires. Siam. 

25. Silpha Unicostata ( Thauatopliihis Leach). 

Nigra <, obscura , capite thoraceque pubescentibus Icuissime tuber- 
cuiatis, elj'tris ad marginem exteriorem costâ unica abbrei'iatâ. 

Long. 4 1/4 ^'5- L'^^t^g- 2 1/3 lig. 

Noir, obscur, très-finement ponctué; tête et corselet cou- 
verts de poils gris et brillans , avec un grand nombre de pe- 
tits tubercules lisses; bord antérieur du corselet échancré ; 
élytres aplaties, pr-sque tronquées à l'extrémité, avec une 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4oi 

seule côte élevée sur chacune , située près du bord extérieur, 
et prolongée jusqu'aux deux tiers de l'élytre, oîi elle forme 
une faible gibbosité. Dessous du corps grisâtre. Paris. 

26. Genre Peltoïdes. ( Coléoptères Taxicornes. ) 

Antennes insérées sous le bord latéral de la tête , au coin 
interne de l'œil , grossissant insensiblement, de onze articles, 
courts , un peu aplatis , le troisième plus long que les autres , 
le deuxième plus court. 

Palpes très -courts; les maxillaires terminés par un article 
fortement sécuriforme. 

Tarses filiformes, le premier article le plus long, le qua- 
trième très-court, le dernier terminé par deux forts crochets. 

Corps ovale. Chaperon avancé, recouvrant les parties de 
la bouche; yeux grands, échancrés et comme coupés en 
deux par le bord latéral du chaperon ; corselet transversal , 
fortement échancré en avant , légèrement arrondi sur les côtés 
et bisinué postérieurement ; écusson large , triangulaire ; ély- 
très assez planes, larges, fortement rebordées, arrondies à 
l'extrémité; pattes fortes. 

Insectes ailés ayant le fades des Platjdema q 11 ils nous 
semblent devoir siiis^re. 

1. Peltoides Senegalensis. 

Tennis sime punctatus , fiiJicus ^ subnitidus , elylris suhsîriatis , 
striis let'issimis ^ corpore sublus , ore pedihusquc ferrii^ineis . 

Long. 3 lig. Larg. .1 1/4. 

Très- finement ponctué, d'un brun assez brillant; élytres 
avec quelques stries très-peu marquées. Dessous du corps , 
partie* de la bouche et pattes d'un brun rougeâtre. Sénégal. 



/jo2 ANNALES 

27. — 2. Peltoides Cayennensis. 

Fuscus y rigide hirtus , elytris striis numerosis punctatis , pedibus 
Jerrugineis. 

Long. 2 1/2 lio;. Larg. 1 j/3. 

Brun, couvert de poils assez roides; élytres avec des striesS 
longitudinales nombreuses, formées de gros points enfoncés; 

pcittes rougeâtres. Cayenne. 

28. Enicotarsus At&r. 

Niger, tenaissime punctatus ^ elytris prof undè striatis. 

Long. 7 1/2 lig. Larg. 1 i/3 lig. 

Entièrement noir, finement ponctué; élytres fortement 
striées. Cayenne. 

Nota. Le genre Enicotarsus a été formé par moi , dans le 
Ma^'-asin d'Entomologie de M. Gucrin, sur un Coîéoptère La- 
oiellicorne fort voisin des Phaneus , mais s'en éloignant par 
l'aplatissement de son corps et par un système tarsaire fort re- 
marquable , ces insectes n'offrant pas cinq articles à ces or- 
ganes. J'en indique ici deux nouvelles espèces : toutes deux 
sont absolument semblables sous ce dernier rapport; mais 
cependant , des recherches nombreuses que j'ai faites depuis 
sur les tarses des insectes ne me permettent pas d'attacher 
une très-grande importance h ce dernier caractère; et je suis 
très-porté à croire que ces insectes , ayant probablement l'ha- 
bitude de s'enfouir en terre, ont pu user, pour ainsi dire, 
quelques articles de leurs tarses en cette opération. Quoi qu'il 
en soit, ce genre sera toujours très-facile à reconnaître par le 
grand aplatisseuient de son corps , ainsi que par les autres 
caractères que j'ai indiqués dans l'ouvrage précité. 



LA SOGJÉTÉ EiNïOMOLOGlQlŒ. 400 

U9. Enicolarsus Quadratus. 

Obscure viridis ^ nitidus ^ ihoracc antict lineâ transversâ ele^ala , 
profundè punctato , sparsim lœvigato ; elytris striatis ; corpurc 
subtus subcupreo. 

Long. 5 lig. Larg. 3 i/3 lig. 

D'uQ vert métallique, foncé et éclatant, une petite éléva- 
tion transversale à ia partie antérieure du corselet; çeîui-ci 
très-fortement ponctué avec des espaces lisses; élytres striées; 
de-sous du corps un peu cuivreux. Brésil. 

3o. Genre Pedaria (Coléoptères Lamellicornes). 

Antennes de onze articles, les premiers allongés, les sui- 
vans courts, transversaux, le huitième élargi, les trois der- 
niers formant la massue. 

Tarses courts , crochets non visibles. 

Tête large, échancrée angulairement au milieu. Corselet 
transversal, convexe, arrondi latéralement; écusson non vi- 
sible; élytres longues , recouvrant en dessous l'abdomen , ui 
peu convexes , striées ; abdomen très-court , d'un seul seg 
I ment; pattes courtes, cuisses larges , aplaties. 

Ces insectes ont la forme de petits Ateuchus allongés. 

Ce genre se distingue facilement par son abdomen, n'of 
frant qu'un seu! segment. 

Il doit, à ce que nous croyons , suivre celui d'Eurysternu.-. 

Pedaria Nigra. 

Nigra y valdc punctata , subpubescens • elytris longitudinaliier 
linealis , pedibus anticis tuberculafis. 

Long. 3 lig. Larg. 2 lîg. 

Entièrement noir, très-fortement ponctué, presque lu- 



i 



4o4 ANNALES 

gueux, Irès-légèreinent pubescent; élj^tres avec des lignes 

longitudinales ; pattes antérieures tuberculées. Sénégal. 

01. Agacephala Mannerheimii. 

Ciiprea , elytris punctatissimis , obscure fulvis } thorace sat profunde 
punctato ; cornu elongato hifido anticè instructo. 

Long. 1 5 lig. Larg. 9 lig. 

Cette espèce diffère de TAgacephala Cornigera (Voir En- 
cyclop. méih. , t. X, p. Syi) par sa taille plus grande, sa 
couleur plus cuivreuse , et surtout par un corselet qui se pro- 
longe au dessus de la tête en une corne assez longue et bi- 
fide. Brésil méridional. 

Nota. Le genre Agacéphale a été formé par M. le comte 
de Mannerheim sur un Scarabéide du Brésil, différent des 
Scarabés proprement dits par ses mâchoires non dentelées 
intérieurement; les pattes antérieures des mâles sont sensi- 
blement plus longues que les suivantes; les élytres ne recou- 
vrent pas entièrement l'abdomen. Ce savant n'en décrit qu'une 
espèce, la Cornigera, à laquelle nous joignons aujourd'hui 
trois espèces , qui nous semblent nouvelles. 

52. Agacephala Duponti. 

Plaide puncfata y nitide viridi's^ elytris fuscis ^ marginibus, sutura 
base dilatata , et maculis duabus singulorum , nigris. 

Long. 1 2 lig. Larg. 7 lig. 

Fortement ponctué , d'un vert assez éclatant, tête avec 
deux petites cornes dirigées en avant, relevées à l'extrémité; 
élytres brunes avec la suture élargie à la base, deux taches 
sur chacune, noires, et le bord extérieur de même couleur. 
Bré^il. 



DE L^ SOGTtiÈ ENTOMOLOGIQUE 40^ 

33. Agacephala Goryi. 

Valdè punctatissima , cupreo - œnea ; elytris ochraceis ; thoracis 
lateribus crenulatis ^ antennis tarsisque fiiscis» 

Long. 12 lig. Larg. 7 lig. 

Fortement chagriné, d'un cuivreux bronzé parsemé de poils 
griset très-courts; élytres d'un jaune d'ocre avec de gros points 
enfoncés sur leur surface; côtés du corselet crénelés; antennes 
et tarses bruns. 

34. Orphnus Mac-Leayi. 

Fusco-nigricans , capite andce cornulo , thorace medio excaifato ^ 
scutello posdce rotundato ; elytris fusco-rubidis , valdè punctatis , 
ad suturam stria impressis- cor pore subtus pedibusque ferrugineis. 

Long. 4 lig- Larg. 2 lig. 

D'^un brun noir; tête surmontée d'une petite corne droite 
et comprimée; corselet excavé au milieu, relevé de chaque 
côté en carène aplatie; écusson arrondi en arrière; élytres 
d'un brun rouge , fortement ponctuées avec une strie sutu- 
rale; dessous du corps et pattes rougeatres. Sénégal. 

iVoffl. Le genre Orphnus a été fondé par Mac-Leay. Il dif- 
fère des Oryctes par son labre large , non rétréci et tronqué 
carrément en avant; les mandibules sont minces, large«; 
les tarses antérieurs à articles courts , ovales , presque granu» 
îeux , et terminés par deux crochets à peine visibles. Ce sont 
des insectes d'assez petite taille. 



4o0 ANNALES 

35. Orphnus Senegalensis. 

Obscure fuscus , elytris irregulariter striatis , thoracis lateribus mi'- 
nus eleuatis quant in précédente. 

Long. 3 lig. Larg. i i/3 lig. 

Diffère de l'Orphnus Mac-Leayl par son corselet moins 
relevé latéralement et par ses élytres, sur lesquelles les points 
enfoncés forment des stries assez peu régulières. L'insecte est 
entièrement d'un brun foncé. Sénégal. 

36, Genre Clavipalpus. (Coléoptères Lamellicornes.) 

Antennes de dix articles : le premier grand , renflé à son 
extrémité; les quatre suivans globuleux; le sixième allongé, 
un peu courbe» le septième cupuliforme; les trois derniers 
en massue ovale très-allongée. 

Palpes maxillaires à premier et troisième articles courts, le 
deuxième allongé , le quatrième très-grand , très-élargi , 
qreusé au milieu , pointu à l'extrémité. 

Tarses allongés , filiformes ; terminés par deux crochets bi- 
fides , l'un plus grand que l'autre. 

Tête arrondie en avant ; labre entier ; corselet convexe , 
un peu anguleux latéralement ; écusson presque triangulaire , 
assez grand ; élytres de la longueur du corselet , parallèles ; 
pattes un peu allongées. 

Ce genre nous semble devoir suivre celui de Leucothyreus. 

Clavipalpus Dejeanii. 

Pallidè fuscus ^ valdè punctatus ^ subhirtus , eljlris costatis ^ costis 
eleuatis sat numéro sis ^ corpore subtils hirto. 

Long. 4 i/-2 lig. Larg. 2 lig. 

D'un brun clair, trè#-fortement ponctué : de chaque point 



DE L^ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQCE. 407 

sort un poil court, roide et blanchâtre; élytres avec des côles 
.éleyées assez nombreuses; dessous du corps velu. Brésil. 

Nota, Cet insecte est le Gemalis Clavlpalpus de la col- 
lection de M. Dejean. 

37. Genre Anoxia , Coléoptères Lamellicornes. 

Les insectes dont il s'agit ici ont été confondus par les au- 
teurs avec les Mélolonthes. Ils en diffèrent par la massue des 
antennes , composée seulement de cinq feuillets dans les mâles 
et de quatre dans les femelles ; le deuxième article est très- 
court , et Iç troisième très-allongé; le corselet est plus long , 
quoique sa dimension en ce sens n'égale pas celle de sa lar- 
geur; les articles des tarses sont plus courts, plus renflés et 
garnis d'épines plus fortes à leur extrémité ; les crof hets du 
dernier sont armés en dessous d'une forte dent ; les jambes 
antérieures sont simples ou à peine tuberculées ; le segment 
anal est grand , échancré à son extrémité , point prolongé en 
pointe. 

Insecles de faille arasez grûTide, généralement velus et de 
forme allongée. 

1®. anoxia Orienlalis , Melolontha Orientalis Ziégl. 
D'Allemagne. 

2°. anoxia Occidenlalis , Melolontha Occidenlalis 01. i. 
5. 7. pi. 1. f. 7. Midi de la France. 

3", Ânoxia Fillosa , Melolontha Viliosa. Fab. 2. 162. 8. 
Oliv. 1. 5. 6. pi. 1. f. 4' De toute l'Europe. 

4*. anoxia Matatiiud'L'^. Melolonthi Matutinalis. CalaL 
de Dabi. 



4o8 ANNALES 

Nigra , thorace elftrisque singulis vittis tribus cinereis / sculello 
albo cinerascente ; corpore subtus hirto ; abdominis lateribas 
macularum albarum duplici série ; pedibus nigricantibus ; anten— 
nis ferrugineù. 

Long. 12 lig. Larg. 5 lig. 

Noir, corselet avec une bande longitudinale de chaque côté, 
velue et grise , et une troisième au milieu ; écusson velu et 
d'un gris blanc; éîytres avec trois autres larges bandes longi- 
tudinales velues et grises sur chacune; dessous du corps très- 
velu. Abdomen ayant de chaque côté, en dessous , une double 
série de taches blanches; pattes noirâtres; les antérieures tri- 
dentées ; antennes d'un brun rougeâtre. Pyrénée^. 

38. — 5. Anoxia Africana. 

Elongata valdè punctata , pallide Jusca , elytris et corpore subtus 
hirlo-Jlavescentibus ; tibiis anticis bidenlatis. 

Long. 9 1/2 lig. Larg. 4 1/2 lig. 

Très-allongé, fortement ponctué, d'un brun clair; élytres 
jaunâtres; dessous du corps de cette dernière couleur et un 
peu velu; jambes antérieures bidentées et offrant une sinuo- 
sité avant la première dentelure. Ile de France. 

39. Dicrania Flavo-scutellata. 

Nigra , thoracis lateribus , corpore subtus , pedibus scutelloquc den." 
sissime flai'o-hirsutus ; scutello linea média nigricarile. 

Long. 5 lig. Larg. 2 1/2 lig. 

Noir; côtés du corselet, dessous du corps , pattes et écusson 
couverts d'un duvet jaune Irès-serré : celte dernière partie avec 
une ligne noire au milieu. Brésil, 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 409 

Nota. Le genre Dicranîa a été formé par MM. Servilie et 
Lepeletier, dans l'Encyclopédie méthodique, qui y rapportent 
deux espèces , Rubj^icollis et Nigra ; mais les observations de 
M. Lacordaire ayant fait connaître que ces deux insectes 
étaient tous les deux d'une même espèce , il nous semble que 
ces deux noms ne peuvent ni l'un ni l'autre lui convenir, et 
nous proposons de leur substituer celui de Brasilieiisis. Nous 
décrivons ici trois espèces nouvelles de ce genre ; ce qui porte 
à quatre le nombie de celles connues. 

4^' Dicrania Veîutina. 

Ferruginea , thorace densissimc Jlavo-hirto _, llneis duabits pilorum 
longitudinalibiis aucto; elytris irregulariter substriatis ^ albo irro- 
ratis ) scutello , corpore subtus pedibusque flavo-hirsutis ; tibiis 
anterioribus extus bidenlatis. 

Long. 8 lig. Larg, 3 1/4 lig. 

D'un brun châtain; corselet couvert de poils jaunes, très- 
serrés; d'autres plu» longs et redressés formejit sur le milieu 
deux lignes longitudinales et une petite touffe élevée de chaque 
côté ; élytres avec quelques petites stries longitudinales irré- 
gulières et parsemées de petites taches blanches ; écusson , 
dessous du corps et pattes couverts de poils jaunes. Jambes 
antérieures bidentées au côté externe. Brésil. 

4i. Dicrania Hirtipes. 

Nigra , Jla^O'hirta , elytris flapis , longitudinaliler striât is ; corpore 
subtils , pcdibus tarsisque fuscis. 

Long. 6 1/2 lig. Larg. 5 lig. . 

Noir, côtés du corselet et écusson entièrement couverts 



4io ANNALES 

d'un duvet jaune ; élytres brunes , pubescentes et striées lon- 
gitudinalement; dessous du corps, pattes et tarses bruns, re- 
vêtus de poils jaunâtres. 

4ii. Genre Monocrania. (Coléoptères Lamellicornes.) 

Antennes courtes de neuf articles; le premier conique, le 
deuxième globuleux , les suivans presque égaux entre eux ,, les 
trois derniers forment la massue. 

Palpes maxillaires assez longs , terminés par un article ova- 
laire ; les labiaux très-courts. 

Tarses filiformes à crochets égaux , fortement bifides. 

Chaperon sans prolongement ni dents à ses angles anté- 
rieurs. 

Ce genre se rapproche entièrement , par le faciès , de celui 
de Dicrania ^ mais il s'en éloigne par la forme de son chape- 
ron, ainsi que par sa tète carrée. Ces insectes semblent, ainsi 
que les Dicrania , être propres à l'Amérique du sud. 

Monocrania Luridipennis. 

Nigra , capite thoraceque deruè punctatis ; elftris sordide Jla^is ; 
abdomine subtus Jerrugineo. 

Long. 6 1/2 lig. Larg. 3 lig. 

Noir, tête et corselet couverts de points serrés; élytres d'un 
jaune sale; abdomen rougeâtre en dessous. Brésil. 

43. Monocrania Nigricans. 

Nigra, iota prof unde punctata, pubescens ; capite^ thorace et cor- 
pore subtus pilisf usais subelongatis) tihiis posticis valdè dilatatis. 

Long. 5 lig. Larg. 1 1/2 lig. 
Noir, extérieurement et fortement ponctué , pubesccnt ; 



DE LA SOCîLiTÉ EXTOIMOLOGTQUE. /fit 

des poils bruns et assez longs sur la tête , le corselet et le des- 
sous du corps; jambes postérieures très-élargies. Brésil. 

44* Anthipna Carcelii. 

Subgranulosa ^ hirta , viridi metallica , palpis antennisque nigris , 
claifâ ferruginea ; abdomine nigricante, segmentorum baseos mar- 
gine inferiori et sequentibus duobus, ferrugineis. 

Long. 5 lig. Larg. 2 1/2 lîg. 

Légèrement granuleux , velu, d'un vert métallique à reflets 
cuivreux \ palpes et antennes noirs ; ces dernières , avec la 
massue, ferrugineuses; abdomen noirâtre, avec le bord infé- 
rieur des premiers segmens et les deux derniers rougeâtres; 
les trois dents des jambes antérieures de cette couleur. 

Cette jolie espèce a été trouvée près de Tivoli , en Italie , 
par mon malheureux ami , feu Garcel. 

No!a. Le genre Anthipna a été fondé par Eschschollz : 
c'est un démembrement de celui d'Amphicoma , dont il s'é- 
loigne par la massue des antennes à feuillets libres, le chape- 
ron non rebordé antérieurement, et les quatre premiers ar- 
ticles des tarses un peu élargis dans les mâles. 

45. Tapina Americana. 

Fuscorubida., thorace suhcordaio , punctato; elytris punctato-striatis. 

Long. 1 5/4 lig. Larg. 1/-2 lig. 

D'un brun rouge , tète ponctuée , devant du chaperon noi- 
râtre , parties de la bouche plus claires; antennes un peu 
velues; corselet légèrement condiforme , couvert de points 
assez gros et très-serrés; il est assez large et arrandi en avant , 
rétréci en arrière ; écusson plus petit , punctiforme ; élytres 



4i2 ANNALES 

ovalaires , un peu convexes , avec des stries ionglludinalcs , 
formées de petits points enfoncés et assez écartés^ dessous du 
corps ponctué , abdomen un peu obscur. Chili. 

46. Languria Lineata. 

Nitide cœrulea, capite , excepta frontali puncto , thoracis lateribus , 
elftrorum macula humerait et femorum basi rubris ; antennis 
tibiisque ni gris ^ eiftris striatis , apice acuminatis. 

Long. 5 1/3 b'g. Larg. 1 lîg. 

D'un bleu ardoisé brillant; tête lisse , rouge , avec une tache 
bleue sur le front; antennes noires, parties de la bouche jau- 
nâtres; corselet long, prescrue cylindrique, à peine élargi 
en arrière , faiblement rebordé latéralement , offrant une 
bande longitudinale rouge de chaque côté; écusson petit, ar- 
rondi; élytres presque cylindriques, très-longues, pointues à 
l'extrémité, ofirant des stries longitudinales de points enfon- 
cés et une tache rouge à la base sur l'angle humerai. Dessous 
du corps, h l'exception de l'extrémité de l'abdomen, et base 
des cuisses, rouges; le reste de celles-ci bleu; jambes et tarses 
noirs, ceux-ci jaunâtres en dessous; cuisses et jambes anté- 
rieures ayant leur côté interne rouge. Colombie. 

HOMOPTÈRES. 

47. Cicada Maculipennis. 

ytridis , pseudelytris alisque hyalinis , macula ad basim pseadely— 
trorum viridi , et altéra ad basim alarum ruhrâ. 

Long, (du corps) i3 lig. Larg. 7 lig. 

Corps court , vert , partie antérieure du corselet et cinq 
premiers segmens de l'abdomen, brunâtres; tête trèsdarge; 
pseudélytres longues , étroites , hyalines , h nervures vertes 
avec une large tache d'un vert jaunâtre occupant toute la 



DE LA SOGIiÎTÉ E?||OMOLOGIQUE. 4i3 

base , et coupée carrément en arrière; ailes avec une très- 
large tache d'un beau rouge éclatant, occupant la moitié la 
plus rapprochée du corps; dessous de l'abdomen et pattes 
jaunâtres. Cayenne. 

Nota, Cette espèce me semble devoir être très-voisine de 
la Tettigonia Grossa de Fabricius; mais elle en est bien dis- 
tincte par la tache rouge de la base des ailes. 

48. Genre Raphirhinus. Fulgora Fab. Tettigonia Germar. 

Antennes insérées dans une cavité près de*^ veux , termi- 
nées par une soie. 

Rostre ne dépassant pas notablement la base de la deuxième 
paire de pattes. 

Tarses presque cylindriques, h premier article assez long, 
le deuxième plus court , le troisième moyen et muni de cro- 
chets courts et épais. 

Tête prolongée antérieurement en un onglet relové. 

Ocelles au nombre de deux, situés sur le vertex et écartés. 

Tête triangulaire, avancée, sillonnée au milieu, rétrécie su- 
bitement en avant et prolongée en un onglet; veux ovalaires; 
corselet presque carré, arrondi en avant , écliancré et ano-u- 
leux en arrière; écusson moyen; pseudélytres un peu allon- 
gées , arrondies en arrière ; pattes moyennes , les postérieures 
longues; jambes de cette paire munies d'une très-faible série 
de très-petites épines. 

Ce genre a été réuni jusqu'ici avec les Fulgora. Il fait partie 
de la tribu des Tettigonites : toutes les espèces que nous en 
connaissons sont d'Amérique. 

Le type de ce genre est la Fulgora Adscendens de Fabri- 
cius ; mais cet auteur, prenant pour spécifique le caractère de 
la forme de la tête, réunit sous ce nom trois' espèces bien 
distinctes , ainsi qu'on va le voir. 



/il 4 .A|^\ALES 

1. Raphirhinus Adscendens. 

Fulgora Adscendens , Fab. Syst. rh. 2. ii. — Tettigoniaf 
Adscendens, Germar. Magas. — Sloll. Cigales, fîg IX. n° 4*' 

Flaua, pseudelytris fusco-subferrugineis^fiai^o-multipunctatis; ah* 
domine supra aurantio , subtus cum pedibus pallidejlai>escente. 

Long. 7 lig. Larg. 1 1/2 lig. 

Jaune , tête»obscure le long du sillon longitudinal de son 
milieu; corselet couvert de points bruns, presque rugueux; 
écusson brun avec quelques petites taches jaunes ; pseudé- 
lytres d'un brun un peu lougeâtre, parsemées de nombreux 
points jaunes; abdomen ©range en dessus , d'un jaunâtre clair, 
en dessous ; pattes de cette dernière couleur. Cayenne. 

4g. — 2. Raphirhinus Cupriventris. 

Fulgora Adscendens, Fab. Syst. rh. 3. 6. — Stoll. CigaL 

IX. 45. 

Nigra^ pseudelytris fusco-subferrugineis^flavo-multipunctatis ; ab- 
domine supra viridi cupreo , pseudelytrorum basi jiavescente. 

Long. 7 1/2 lig. Larg. 1 5/4 hg. 

Diffère du précédent par le dessus de l'abdomen , qui est 
d'un vert cuivreux, et la base des pseudélytres jaunâtre. 
Amérique méridionale. 

Nota, Nous ne connaissons cette espèce que par la figure 
de Stoll. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 4iâ 

5o. — 3. Raplîirhinus Obliqaatus. 

Fulgora Adscendens var. Fab. Syst. rh. 4* Stoll. Cigales. 
VI. 29. 

Flaviu , scutello et pseudelflris obscure fitscù , his maculis quatuor 
jiavis ^ ahdomine supra aurantio ^ corpore suhtus pedihusque pal- 
lidc jlavescciiihus. 

Long. 7 1/2 lig. Larg. x i/a lig. 

Jaune, une Lande longitudinale au milieu delà tête; écus- 
son et pscudélytres d'un brun obscur; une tache jaune à la 
base de celles-ci , une autre vers le milieu , deux taches trans- 
versales en arrière; dessus de l'abdomen orangé; dessous du 
corps et pattes d'un jaunâtre clair. Amérique méridionale. 

Nota. La Clcada (Laternaria) /"w^ce^ de De Géer, Mém. 
t. IV. p. 200. pi. 32. f. 2 et 5 , est une quatrième espèce de ce 
genre auquel nous croyons qu'il faut aussi rapporter les Tetti- 
gonia Erythrocephala, 4-punctata , Intersecta, et \ itripennis 
de M. Germar ( Magasin d'Entomologie ) ; mais cependant 
nous n'avons vu en nature aucune de ces espèces. 



28 



f[\C> ANNALES 

Ohseivaiions de M. le D\ Boisdijfal sur un Mémoire de 
M. Zinken- Sommer. 

(Séance du 7 novembre i832.) 

Beilrag zur Insecten. — Fauna Java. 

Erste aLtlieiluDg mit dcn figiiren i'''* 19. Theod. Fried. Zinken 
gênant Sommer. 

Noi^a acta phfsico-medica j Academiœ naturœ Curiosorum : tcmus 
decimus quintus. 

Le tome XV des Actes de l'Académie de Bonn, publié 
cette année , renferme un Mémoire de M. Zinken-Sommer 
sur les insectes de Java. L'auteur commence cette faune par 
les Lépidoptères , dont il donne trois planches , lithographiées 
et coloriées avec un talent tel qu'elles sont supérieures à beau- 
coup de gravures. Ces trois planches contiennent vingt figures 
de Papillons , que l'auteur regarde comme n'ayant jamais été 
ni figurés ni décrits. Une description très-détaillée /et précé- 
dée d'une bonne diagnose latine, accompagne chaque espèce. 
11 décrit aussi dans le texte , pour rendre son travail plus com- 
plet , des espèces anciennement connues et propres à l'île de 
Java. Ce travail paraît avoir coûté à l'auteur beaucoup de 
peines et de recherches; cependant il s'y trouve un certain nom- 
bre d'erreurs qui rendront peut-être cet ouvrage plus nuisible 
qu'utile , lesquelles sont dues évidemment à ce que l'auteur 
n'avait pas à sa disposition une assez grande quantité de ma- 
tériaux et une bibliothèque assez complète. Celle dernière 
cause est peut-être la seule à laquelle il faille attribuer les 
fautes nombreuses qui se rencontrent dans ce Mémoire; car 
nous sommes persuadés d'avance que M. Zinken est trop bon 



DE L\ SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGIQDE. 417 

observateur pour les avoir commises en toute autre circon- 
stance. Aussi c'est à regret que nous nous voyons forcés , 
dans l'intérêt de la science , de faire une petite critique qui 
pourra lui être utile pour améliorer la suite de son travail. 

Nous ne parlerons pas des caractères génériques , quoiqu'il 
nous paraisse que les Papillons qu'il rapporte aux genres Ama- 
thusia et Zelima de Fabricius n'appartiennent nullement à 
ces genres. 

Avant de commencer, nous adresserons encore un petit 
reproche à l'auteur : c'est de donner des noms spécifiques 
d'après le système des Glossates de Fabricius : ouvrage qui 
n'a jamais été publié, et que nous ne connaissons que par le 
petit extrait imprimé dans Illiger. Cet ouvrage est nul et non 
avenu; et tous les noms tirés de ce manuscrit ne peuvent 
servir qu'à rendre la synonymie plus inextricable. 

Pour procéder d'une manière plus méthodique , nous al- 
lons d'abord parler des espèces figurées sur les planches , puis 
nous jetterons un coup d'oeil rapide sur celles qui sont décrites 
dans le texte. 

Planche 1''*', ou quatorzième des Mémoires. 

Jlmathiisia Lutea et Amathusia Nivea. — Sont une 
seule et même espèce qui varie , comme chacun sait , du 
blanc au fauve. Elle est figurée dans Clerk Icônes , tab. 4o. 
f. 4» sous le nom de P, Hylas, — God. Encycl. meth. t. IX. 
p. 61. n° 41. 

Papilio Neesius Zinken. — C'est le P. Nox Swainson 
Zoological illustrât, cah. 21. pi. 102. — Horsfield. Ins. delà 
Comp. des Ind. premier cahier. P. Blemercus God. Encycl. 
p. 809. n°' 12-1 3. 

P. Striatus Zinken (il cite Fab. Syst. des Glossal.) — C'est 
le P. Macareus God. Encycl. melh. — Horsfield. Ins. de la 
Comp. des Ind. 



4i8 ANNALES 

P, Baihycles, Zinken. — 11 était connu depuis long-temps, 
dans toutes les collections, sous le nom de P. Swammer- 
damii Dehaan; mais comme à notre connaissance il n'a été ni 
figuré ni décrit , le nom de M. Zinken doit lui être conservé. 

Plajîche 2^, ou quinzième des Mémoires. 

P. Meges Zinken. — C'est le P. Curais Fab. Ent. Syst. 
n" 81. — Erj'cina Curius God. Encycl. p. 827. n'^S. — Donow. 
Ins. oflndia. cah. 4- pl- 4» f* 4* 

ZeVuva. Parndoxa Zinken. — Est une belle espèce inédite, 
assez rr.re , mais qui appartient évidemment au genre Fu- 
iilœa , et qui doit être placée h côté de Midama , etc. Le 
genre Zelima a pour type le Pap. Pylades , assez commun 
au Sénégal. 

Morpho Klugius Zinken. fig. 11. 12. i5. — C'est le Mot^ 
pJio OdajiaGod. Encycl. p. 445. n° iG. — Horsfield. Ins. de 
la Comp. des Ind., premier cahier. 

La figure que M. Zinken donne comme celle du mâle ap- 
pariiaal à une toute autre espèce. 

Planche 5% ou seizième des Mémoires. 

Morpho Leonteus Zinken. — C'est une espèce figurée dans 
Hubner Exotiscli. Sammlung. sous le nom de Canens., et qui 
se place naturellement à côté du P. Gripus de Fabricius , 
Eumea Drury. 

Euplœa Alhata Zinken. — Cette espèce est une des plus 
communes, mais jusqu'à présent personne ne l'avait ni dé- 
crite ni figurée. 

Euplœa Philomela Fab. — On doit à M, Zinken d'avoir 
reconnu cette espèce dans Fabricius ; mais il aurait dû citer 
la Cleona de Gram. , d'Herbst et de Godart , qui se rapporte à 
cette espèce. 



DE Ll SOGIKÏÉ E^fTOMOLOGIQUE. 419 

Euplœa Faher Ziokeo. — Elle est très-bien figurée dans 
liiibn. Exot, Sammlung , sons le nom de GaineUa. Godart, 
dans rEncyclopédic , la rapporte à tort au P. Sylvesler de 
Fabricius. 

Il nous reste encore à dire un mot des espèces décrites mais 
non figurées. 

Page 142, M* Zinken décrit le P. Paris , auquel il rapporte 
la synonymie des auteurs anciens. Le Papilio qu'il décrit 
comme tel n'est pas le véritable Paris , qui est de la Chine , 
mais bien le P. Arjuna, figuré par M. Horsfieid. 

Beaucoup d'Enlomologistes font la même faute : dans pres- 
que toutes les collections on trouve, sous le nom de Paris , 
l'espèce de Java, qui du reste en est très- voisine. Godart a 
commis une erreur plus grave en confondant ces deux espèces 
et en y rapportant en outre le Bianor de Cramer. 

Page \l\l\, M. Zinken décrit , sous le nom de P. A clamas^ 
un P. très-commun, appelé par Cramer Poljdorus , et qu'il 
reconnaît comme tel, mais la division de la tache blanche 
discoïdale des ailes inférieures par des nervures plus larges 
que dans les individus ordinaires , l'a engagé à. le séparer du 
PolydoriLs des auteurs. 

Page 148, M. Zinken décrit , sous le nom de Papilio Lede- 
hourus, une espèce figurée sous le même nomparEschscholtz, 
Voy. de Rotzbue. iii. tab. 3. f. 7. C'est évidemment une 
variété du Pammon , qui est un de ceux qui varie le plus. En 
eflet , tantôt il a une queue plus ou moins longue , tantôt il 
en est totalement dépourvu; souvent la bande blanche macu- 
laire s'étend jusqu'au milieu du boird postérieur des premières 
ailes , et quelquefois elle dépasse à peine les inférieures, etc. 

Page i5i , le môme auteur décrit, sous le nom à^ Arbates 
Fab. Syst. des Gîoss. , le Pap. Memrion de Cramer, Sulzer et de 
Fabricius, Entomologie systématique. Il pense que cette espèce 
li'cst pas celle de Linnéc. Nous croyons au contraire qu'elles 



4ao ANNALES 

ne diffère pas de celle décrite dans le ïMuscum Ludouicœ 
ZJlricœ. Mais elle varie beaucoup ^ puisque Cramer en a fait 
trois espèces. 

Page 167 , M. Zinken décrit une espèce voisine de Jairus , 
figurée depuis plusieurs années , dans Swainson , sous le 
nom de Horsjîeldii. C'est h tort que M. Zinken , qui ne con- 
naît sans doute pas le vrai Jairiu , a cité pour l'individu 
de Java toute la synonymie des anciens auteurs. Mais, s'il a 
fait une erreur , il a fait en même temps une sorte de décou- 
verte , en rapportant le premier le P, Urania de Linnée , 
Muséum Lud. Ulr. , au Jnirus des auteurs iconographes. 

Page 189, Fauteur ayant reconnu avec raison que le P. Mi- 
damus de Cramer n'était pas celui de Linnée, il le décrit 
sous le nom ^Euplœa Pavettœ^ emprunté au système des 
Glossates. S'il eût consulté l'Encyclopédie, il aurait vu que 
Godart avait fait la même remarque , et que l'espèce en ques- 
tion y est décrite sous le nom de Piothoe. 

Page 191. Euplœa Mulciber Zinken et Cramer est le véri- 
table P. Mldamus de Linnée et de Sulzer , dont la Damas 
Claudia Fab. God., Basilissa Cram. n'est que la femelle. 

Même page. Jpafura Gamhrisius, C'est le P. SyUna 
Cramer et Herbst., Sjluina Godart. M. Zinken lui donne ce 
nom d'après le système des Glossates. Il ne doit pas ignorer 
cependant qu'il y a déjk un P. Gambiisius voisin à^ Amphi- 
tryon, figuré par Cramer et décrit par Godart. 

VA pâtura BoLina , qui suit immédiatement celle-ci , ter- 
mine cette première partie du Mémoire de M. Zinken. 



DE LA SOCIÉTÉ EiNlOMOLOGIQlfJE. 421 

Notice sur un accouplement de deux Zj gènes d^espèces 
différentes , observé par de Villiers , de Chartres, 

Séance du 7 novembre i832. 

M. Boisduval, dans sa belle Monographie des Zygénides , 
dit , page 5 de cet ouvrage , qu'il n'a jamais été assez heureux 
pour voir éclore des œufs provenant d'accouplemens d'espèces 
différentes; et , dans la relation de la séance du 4 avril der- 
nier, de la Société Entomologique de France , insérée dans le 
deuxième trimestre du tome i^"^, page 25i et suivantes , M. Au- 
douin, dont l'avis est partagé par MM. Boisduval et Rambur, 
pense , après avoir rapporté l'exemple d'accouplemens d'es- 
pèces différentes, qu'il est fort rare que ces accouplemens 
aient un produit fécond. S'il m'est permis d'émettre mon opi- 
nion après de tels observateurs, je dirai que je crois, comme 
eux , qu'en rendant de pareils accouplemens stériles , la na- 
ture a voulu maintenir les races dans leur pureté primitive ; 
mais que cependant, et surtout dans les Lépidoptères, il y a 
lieu de penser que c'est à de pareils faits que nous devons les 
variétés nombreuses qu'on observe dans toutes les grandes 
tribus de cet ordre , et principalement dans les Nocturnes , 
qu'on parvient rarement , à l'exception des Bombycites , à 
trouver accouplés. Il est bien à souhaiter , d'après le désir de 
M. Chevrolat et de tous les vrais amis de la science Entomo- 
logique , que les naturalistes d'Europe et les voyageurs, lors- 
qu'ils rencontrent des insectes accouplés , piquent le mâle et 
la femelle sur la même épingle : cette méthode est phis sûre 
que des notes, qu'on peut perdre, ou des souvenirs souvent 
incertains : car ce serait un grand service à rendre à l'Ento- 
mologie que d'aider à débrouiller le chaos synonymique , qui 
devient de jour en jour plus inextricable. Mais, tout en de- 
mandant pardon de la digression dans laquelle je me suis 



422 ANNiVLES 

hiissé entraîner, je reviens à l'observation qui est le sujet c!<b 

cette petite Notice. 

Le 2 5 juillet i85i , j'ai pris , dans le lit du canal construit 
par Louis XIV pour conduire les eaux de la rivière d'Eure h 
"Versailles , canal qui n'a jamais été achevé, une femelle de la 
Zygène Minos accouplée avec un mâle de la Zygène de la Fi- 
lipendule. J'ai piqué l'une et l'autre; et, les ajant mis à part 
dans une boîte, le lendemain la femelle a pondu des œufs, 
qui me sont éclos le 9 août. Par malheur, j'ai été obligé de 
retourner à Chartres avant la fin de l'éducation de mes petites 
chenilles; et, comme je ne pouvais espérer de les nourrir fa- 
cilement, car elles passent l'hiver, j'ai pris le parti , bien mal- 
gré moi , de les déposer dans un endroit isolé du parc de la 
maison de campagne que j'habitais , où j'étais sur qu'il ne se 
trouvait aucune espèce de Zygène , avec l'espoir bien incer- 
tain de retrouver peut-être, l'année suivante, le résultat de mon 
observation. J'ai visité ce lieu cette année à plusieurs reprises, 
et j'y ai enfin pris plusieurs Zygènes , mais toutes de la Fili- 
pendule : il n'y avait pas une seule de la Minos. Je ne fais 
aucun doute que ces Zygènes ne fussent le fruit de l'accouple- 
ment que j'avais observé en i85i; car, comme l'endroit où 
j'avais mis mes petites chenilles est entièrement environné de 
Lois , je ne crois pas qu'il puisse en être arrivé d'autres lieux. 
Je conclus de ce fait qu'il est très-certain que les Zygènes 
d'espèces différentes s'accouplent ensemble, que le produit de 
leur accouplement est quelquefois fécond; et que si , dans cette 
circonstance, je n'ai pu donner que la certitude morale du 
produit de cette fécondation, toujours est-il bien probable que 
cela arrive souvent, et que beaucoup d'espèces de Lépidop- 
tères ne devraient être considérées que comme des variétés 
produites par ces mariages adultérins , si on pouvait remonter 
à letir origine. 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 423 

BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 

AlYNÉE l833. 4^ TRIMESTKE. 

SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 
Séance du 3 octobre. 

Ouvrages^ offerts. Troisième livraison de la partie entomo- 
logiquc (le l'vixpédilion scientifique de Morée , par l'auteur, 
M. BruUé. 

Descriptions et figures de deux nouveaux genres de Coléop- 
tères {Hoplopus GiPachydema) , par l'auteur, M. de Laporte. 

Lettre de M. Audouin à M. Léon Dufour, sur les genres 
Pterupte, Caris , Argas et Ixode , par l'auteur, M. Audouin. 

Quatrième livraison du Supplément à l'Histoire naturelle 
des Lépidoptères de France, de M. Diiponthel, par l'éditeur 
des Annales. 

Troisième livraison du complément de l'IIistolre naturelle 
des Lépidoptères de France , de M. Duponchel , par le même. 

Communications, M. Audouin fait part, 1° d'une Note né- 
crologique sur ]\L Vander Linden , par M. Morel , professeur 
à Cnen; 2° d'une Notice sur la vie et les écrits de Hiiber, 
par M. de Candolle; 5" d'uî.e vie de Linnée, par M. Fée, 
et d'une Lettre de Réaumur h Linnée, tous deux extraits des 
Annales de la Société des Sciences de Lille. Il annonce que 
le Jardin du iduséum d'histoire naturelle vient d'être envahi 
par VyJphis Laniger, qui y fait d'assez grands ravages. M. Aube 
observe que ce même insecte vient d'apparaître également 
dans plusieurs endroits des environs de Paris. 

M. Lefebvre communique deux Monographies des Boniuus 
çt des Sphex de Suède, par M. Dahlbom, de Lund. 

Lectures . Discours sur l'inconvénrent qu'il y a dans l'En- 



424 ANNALES 

tomologie à changer, sans motifs, tous les noms, et du danger 
auquel on s'expose en suivant une telle marche , par M. Du- 
pont. 

Monographie des Rhipicérites , par M. de Laporte. 

Membres reçus. M. le baron Walckenaër est élu membre 
honoraire, en remplacement de feu M. le baron Cuvier. 

MM. Roger (de Bordeaux) , Bugnon (de Lausanne), Bru- 
guières (de Nîmes), Margarot (idem), et Meissonier (de 
Hyères ) . 

Séance du 7 novembre. 

Ouvrages ojj'erts. Mémoire sur l'organisation extérieure 
et comparée des insectes de l'ordre des Thysanoures , par Tau- 
le«r, M. Latreille. 

Deuxième livraison de la partie Entomologique du voyage 
de y Astrolabe ^ et la première partie du texte y relative, par 
l'auteur, M. Boisduval. 

Description et figure de deux Coléoptères nouveaux , le 
DryopJiilus Ânobioides et le Doryphora 2i-pu7ictata , par 
l'auteur, M. Ghevrolat. 

Mémoire sur les larves des IVémoures, par l'auteur , M. Pictet. 

Cinquième livraison du supplément à l'Histoire naturelle 
des Lépidoptères de France , de M. Duponchel , par l'éditeur 
des Annales. 

Quatrième livraison de l'Iconographie des chenilles des 
Lépidoptères de France , de M. Duponchel , par le même. 

Communi calions. M. Chevrolat annonce un Catalogue gé- 
néral des Coléoptères , par MM. les professeurs Joseph Chris- 
tofori et Jan , de Milan. 

M. Lefebvre donne connaissance d'une observation sur la 
phosphorescence de la clieniile de la Noctua Occulta, faite 
par un naturaliste russe, M. GimmerthaL MM. de Saint-Far- 



DE LA SOCIÉTK ENTOAIOLOGIQUE. 425 

geau et Rambur font ressortir toute la nouveauté de ce fait 
encore inconnu. M. Boisduval assure qu'il connaissait celte 
propriété dans les chenilles. 

M. Audouin présente plusieurs, dessins h la plume , faits 
d'après nature par feu M. Cuvier, à l'âge de vingt-un ans, d'a- 
près quelques espèces de Crustacés, et accompagne cette com- 
munication de diverses réflexions sur ce grand naturaliste. 

M. Lefebvre appelle l'attention de la Société sur l'éton- 
nante facilité qu'ont quelques insectes de pouvoir vivre dans 
la neige pendant un laps de temps , qu'il présume être bien 
plus long qu'on ne saurait le croire. Il rapporte h l'appui de 
cette assertion que , se trouvant à la fin de 1825 au pied nord 
du dernier cône de l'Etna, par un temps calme et serein, au 
milieu d'un chaos de laves et de scories , loin des dernières 
régions de la végétation, et à environ dix mille pieds au dessus 
de la mer , il vit ruisseler des fissures du cône, après une lé- 
gère secousse du volcan, de l'eau de neige fondue, qui vint 
remplir divers petits bassins , formés par les cavités nom- 
breuses des laves. Dans un de ces bassins, rempli d'eau, et 
que, dans un moment de repos, il s'était amusé, peu d'in- 
stans auparavant, à nettoyer parfaitement, il remarqua et re- 
cueillit, non sans surprise , nombre d'individus du Gyrinus 
Lineatus , pleins de vie et s'agitant en tous sens. La présence 
de cet insecte aquatique dans une région aussi élevée et dans 
une localité dénuée de tout courant d'eau , où le peu qui y 
est produit par la fonte des neiges s'écoule rapidement le long 
de la montagne , ou bien est promptement absorbé par les 
rayons du soleil , à une époque de l'année dans laquelle la 
cîme du volcan est ordinairement , et était en ce moment , dé- 
pourvue de neige , ne conservant que celle que l'on découvre 
sous la légère couche de terre brûlante des parois extérieures 
de son cratère; la présence, dit-il, de ce Gyrinus dans un 
endroit aussi inhabitable pour tout être vivant , et surtout 



426 ANNALES 

pour ceiui-ià , peut donner lieu à des recherches bien inté- 
ressantes , tant sur la longévité des insectes et leur transla- 
tion loin de leurs liabitats naturels, que sur l'étonnante fa- 
culté qu'ils ont de suspendre toute action vitale pendant un 
laps de temps qu'aucun naturaliste n'a encore pu apprécier. 
Ce sont les conséquences qui dérivent de ce fait que M. Le- 
febvre signale îi la Société. 

Lectures, Notice sur les collections de plusieurs Entomo- 
logistes suisses , par M. Feisthamel , au retour d'un voyage 
dans ce pays. 

Observations sur l'ouvrage intitulé : Bomhi ScandinavUe 
3Ionographi:e Tractati , etc., de M. G. Dalilbom, parlai. le 
comte Lepelelier de Saint-Fargeau (pag. oGG). 

Revue critique d'un Mémoire de M. Zinken Sommer, sur 
les insectes de Java, par M. Boisduval (pag. ZjiG). 

Notice sur un accouplement de deux Zygènes d'espèces 
différentes (la Zyg. FiUpendulœ c^ avec la Zy^^, Minus Ç), 
observé par M. de Villicrs de Chartres. Celte notice est com- 
muniquée par M. Duponchel (pag. 421). M. Boisduval pense 
qu'il peut y avoir erreur, et que M. de Yilliers aura pris sans 
doute une Zyg. Filipendidœ^ , h taches confluenSes , pour 
une Zyg. iJinos Ç, avec laquelle cette variété de la Fdipcn- 
didœ a quelques rapports. M. Rambur rapporte a ce sujet les 
observations qu'il a faites sur les nouveaux Sphinx f^esperti- 
lloides et Epilobii, et pense que le premier est un hybride 
du Splî. F esperlilio et du Sph. Ilippophaës , vu que , bien 
qu'on trouve ordinairement la chenille du Sph. Kesperti 
Houles sur VEpilohiiim ylnguslifoluiiu, il en a vu des chenilles 
sur V Hippopliacs, où elles avaient été pondues sans dmte par 
une femelle de ce Sphinx. De même il pense que la nouvelle 
espèce désignée sous le nom à'Epilohii n'est également qii*Uîi 
hybride des S. Fespertdio et EupJiorhiœ, 



DE LA. SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE. 427 

]\!émoire sur une centurie de Carabiqiies nouveaux , par 

M. Gory. 

Description de trois Coléoptères nouveaux , et du genre 

Tretus, cjue forme l'un d'eux, par M. Chevrolat. 

Membres reçus. MM. Meunier (de Paris j , Robert (de 
Liège), Albert Alavoine (de la Bassée), Silbermana (de 
Strasbourg). 

Séance du ai novembre. 

Ouvrages offerts. Description et figure de la Syntomis 
KuJilweinii , par l'auteur, M. A. Lefebvre. 

Lectures. Description de deux nouveaux Coléoptères , la 
iiutela Cyanitarsisei leBupjestis Carbunculus , par M. Gory. 

Membres reçus. MM. Gouzot (de Ferrières) , et Emy (de 
Paris). 

Séance du 5 décembre. 

Lectures. Observations sur le genre Lampyris , par M. de 
Laporte. 

Mémoire sur le Psalldomyia Fucîcola , par M. Doumerc. 

Description de deux nouveaux Coléoptères , V Hister Lor- 
micetorum et le Ptilium Trisulcatum , par M. Aube. 

Nc^tice sur une nouvelle espèce 'd'Aranéïde , VArgyopè 
Aurantia ., par M. Lucas. L'auteur de cette notice n'étant pas 
membre de la Société, le président charge MM. Duponcliel 
et Bruilé d'en faire un rapport dans la prochaine séance. 

Observations sur la structure du nid de \ Araignée Pio- 
nière, par M. Audouin. 

Membres reçus. MM. Frédéric Dujay (de Paris) , Greene 
(de Boston), 



428 ANNALES 

Séance du 19 décembre. 

Ouvrages offerts. Monogrophia Chalciditum Gallopro^ 
vinciœ , par M. Boyer de Fonscolombe. 

Description et figure du genre Derbe, par l'auteur, M. Per- 
cheron. 

Sixième livraison du supplément h. l'Histoire naturelle des 
Lépidoptères de France , de M. Duponcbel^ par l'éditeur des 
Annales. 

Commurdcations , Prospectus d'un Journal d'Entomologie, 
qui se publie à Strasbourg, par M. Silbermann. 

Lectures. Division du genre Satyre en neuf groupes , d'a- 
près des caractères tirés des nervures et des antennes , par 
M. Duponchel. 

Anomalie du genre Urania, par M. Boisduval. 

Nouvelle espèce de Meloë , par M. Audouin. 

Observation suvle Polyomrnatus Ceronus, considéré comme 
variété du P. Adonis^, par M. Pierret fils. L'auteur de ce 
Mémoire n*étant pas membre de la Société, MM. Duponchel 
et Lefebvre sont chargés par M. le président d'en faire un rap- 
port pour la prochaine séance. 

Membres reçus. MM. Daube ( de Montpellier ) , Lucas 
(de Paris). 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGÎQUE. 429 

VOYAGES. 

DÉPARTS. ARRIVÉES. NOUVELLES DIVERSES. 

Les frères Verreaux, dont nous avons annoncé le départ 
pour le Cap de Bonne-Espérance, y sont heureusement arri- 
vés le 4 octobre dernier, et se sont aussitôt dirigés vers l'in- 
térieur. 

On vient de recevoir des nouvelles de madame veuve Salle 
et de son fils , partis pour le Mexique en 1802 , et dont nous 
avons déjà parlé dans nos bulletins. Ils envoyent à M. Che- 
vrotât plus de sept mille Coléoptères, cinq cents Lépidoptères, 
et uo grand nombre de Coquilles terrestres et fluviatiles. 



VENTE DE COLLECTIONS. 

Une collection de plus de quatre mille Lépidoptères Euro- 
péens imprimés avec les corps faits au pinceau, le plus souvent 
O^ et Ç , dessus et dessous , isolément placés sur une feuille 
in "4", et encadrés d'un passe-partout à vignette. 

Cette collection est accompagnée d'un catalogue , qui déjà 
est un travail de grande valeur, et auquel ont travaillé plu^ 
sieurs Entomologistes allemands , notamment le sénateur 
Schneider, à Stralsund. 

L'auteur en désire 0,000 francs. 

S'adresser au secrétaire de la Société , M. A. Lefcbvre , rue 
de Provence , n° i4 , à Paris. 



43o ANNALES 

OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE 

PUBLIÉS DEPUIS LE r'^ OCTOBRE l832. 

(4^ trimestre.) 



FRANÇAIS. 



ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉO^-^ 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.-J. Boisdmal; 
tome III , 1"= LIVRAISON. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 6 fr. 

HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES , OU PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godait, continuée par M. Duponchel ; tome VIIÏ, 
deuxième partie, Nocturnes; tome V, deuxième partie, 7e livraison. 
Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 

SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OU PAPILLONS DE FRANCE, par M. Duponchel; tome 1"^% livrai- 
son 6«. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 

ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- 
titulé : Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France, par 
M. Duponchel ; tome T', livraison 5^. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 3 fr. 

ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAL DE M. LE BARON 

CUVIER, par F.-E. Guérin ; livraison 27^. Paris, J.-B. Baiilière. 

Prix de chaque livraison en noir , 6 fr. 

Figures coloriées, i5 fr. 

MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, 9^^ et io« livraisons. Pa- 
ris, Lequien. 

Prix du volume, orné de 5o planches coloriées, 18 fr. 

ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU 
PEU CONNUS , collection avec figures coloriées des Papillons d'Eu- 
rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval. Paris, Roret. 
8, .9 et loe livraisons. 

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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. /pt 

COLLECnON ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE- 
NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par 
MM. Boisdiival , Rambur ei Graslin. Paris, Roret. 7,8, 9 et loe livrais. 
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ÉTRANGERS. 

DENKSCHRIFTEN DER ALLGEMEINEN SCHWEIZERISCHEN 
GESELLSCHAFT FUR DIE GESAUMSTEN NATURWISSEN- 
SCHAFTEN , lei vol. , 1" partie. Un vol. in-4'' de 283 pag. et 5 plane. 
Zurich, i833 (allemand et fiançais). 

THE ENTOMOLOGICAL MAGAZINE, N" i. September i832. (Lon- 
don ) Frederick Wesleley, and a H. Davis. Price 3 s. 6 d. 

OBSERVATIONES PHISIOLOGICE-PATHOLOGICE de planlarum 
gallarum orlu insectis que excrescentia proferrentibus auctore Carlo 
Eduardo Hain-erschniid. Vienne. 

DE INSECTIS AGRICULTUR.E DAMNOSIS UTILIBUSQUE, auc- 
tore Carîo Eduardo Ham -eischinid. Vienne. 

SYMBOLiE PHASIC.E, seu Icônes et Descripliones Insectorum. Emprich 
el Ehrenberg, Decas tertia. Berolini, i832. 



AVIS A iMM. LES iMEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 

Pour éviler à l'avenir les inconvéniens que présentaient les 
flivers modes d'envois partiels que proposaient la plupart des 
membres de la Société pour en recevoir les Annales , et don- 
ner h cet envoi une marche plus sûre et plus régulière, ils 
seront désormais confiés à la poste; mais comme l'afFranchis- 
sement au lieu du départ est obligatoire pour tout ouvrage im- 
primé , MM. les membres de la Société voudront bien ajouter 
deux francs de plus à l'envoi de leur cotisation annuelle (en 
TOur 26 FRANCS ) pour ceux qui résident en France, et quatre 
francs déplus (en tout 28 francs) pour ceux qui demeurent 
h l'étranger. 

De celle manière, les Annales leur seront envoyées franc 
I. 2a 



432 ANNALES 

de port au lieu de leur résidence , du moins h ceux jusqu'à la 

résidence desquels il est permis d'affranchir. 

(Délibération prise par la Société Entomologique de 
France, dans sa séance du 3 octobre i832.) 



Ouvrages offerts à la Société pendant Vannée i832. 

AuDouiN. Lettre de M. Audouin h M. Léon Dufour , extrait 
des Annales des Sciences naturelles. 

BoiSDUVAL. Première et deuxième livraisons de la partie En- 
tomologique du voyage de C Astrolabe , et première partie 
du texte. 

BoYER DE Fo>'SCOLOMBE. Monograpliio; Chalciditum Gallo pro- 
vinciac. 

Brlllé. Première, deuxième et troisième livraisons de Tex- 
pédition scientifique de Morée. Entomologie. 

CnEVROLAT. Description et figure du Dryophilus Anobioides 
et du Doryphora 21-punctata, du Magasin Zoologique de 
M. Guérin. 

Dupont. Description et figure do THeterosternus' Bupres- 
toides, du Magasin Zoologique de M. Guérin. 

La-TReille. Mémoire sur les Aranéides h 4 pneumo -bran- 
ches, etc. — Mémoire sur l'organisation intérieure des 
Thysanoures. Extrait des nouvelles Annales du Muséum 
d'Histoire naturelle. 

De Laporte. Descriptions et figures des genres Hoplopus et 
Pachydema , du Magasin Zoologique de M. Guérin. 

Anix. Lefervre. Trois fascicules de descriptions et figures 
dlnsecles, recueillis, par j\1. A. Lcfcbvre, en France, en 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 453 

Sicile , en Égyple et en Turquie. Extraits des Annales de 1 1 
Société Linnéenne et du Magasin de Zoologie de M. Guérin. 
— Figure et description de la Syntomis Kuhlweinii. 

Lepeletier de Saint-Fàrgeau. Monographia Tenthredine- 
tarumi 

Méquignon-Marvis. Les six premières livraisons du Supplé- 
ment aux Lépidoptères de France, par M. Duponchel. — 
Les quatre premières livraisons de l'Iconographie des Che- 
nilles , par M. Duponchel. 

Perchf.ron. Figure et Description du genre Derbe , extrait du 
Magasin zoologique de M. Guérin. 

Pictet. Mémoire sur les Némoures. Extrait des Annales des 
Sciences naturelles. 

PoEY. Les deux premières décades de la centurie des Lépi- 
doptères de l'île de Cuba» 



^3,j ANNALES 

MEMBRES 

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 

( ANNÉE l832. ) 



Notn. Les noms en majascule» indiquent les membres honoraires. L'* indique 
les fondateurs. 

MM. 
Alavoike, négociant, à La Bassée (Nord . 

* AuBÉ , à Paris. • 

* AuDiKET-Sr.RviLLE , membre de la Société d'histoire naturelle de Paris, 

et de la Société Impériale des naturalistes de Moscou, à Paris. 

* AuDODiw , docteur-médecin, aide naturaliste au Muséum d'histoire 

naturelle, bibliothécaire de l'Institut, chevalier de la Légion-d'Hon- 
neur, etc. à Paris. 

* Baudet-Lafarge, député du département du Puy-de-Dôme à Marin- 

gues (Puy-de-Dôme). 

BLAINVILLE (Ducrotay de), professeur adjoint à la Faculté des scien- 
ces, membre de l'Institut, etc. à Paris. 

Blowdel , architecte , à Versailles (Seine-et-Oise). 

BoHEMAN, lieutenant, etc., à Grenna et Anneberg (Suède). 

* BoisnuvAt, docteur-médecin , membre de plusieurs sociétés savantes, 

à Paris. 

* BoRY UK Saint-Viiïcewt , colonel d'élat-major, correspondant de l'Aca- 

démie des sciences, etc., à Paris. 
BRONGNIÂRT (Alexandre) , membre de l'Académie des sciences, etc. , 

à Paris. 
Bruguière , négociant, à Nîmes (Gard). 

* Brullé , membre de la commission scientifique de Morée, etc., à Paris.. 
BuGNioîT , membre de !a Société helvétique des sciences naturelles, etc, 

à Lausanne (Suisse). 
Rus (le chevalier Du), à Bruxelles (Belgique). 
Cantener, à Strasbourg (Bas-Rhin). 



DE LA SOCIÉTÉ EiXTOMOLOGlQCE. 455 

* Chaudouet , avocat à Paris. 

* CHEVROI-A.T , vérificateur à l'administration de l'octroi , membre de 

plusieurs Sociétés d'histoire naturelle à Paris. 
CouLOif , membre de la Société Linnéenne du Calvados, et de la Société 

Helvétique des sciences naturelles , à Neufchâtel (Suisse). 
Chauvenet (le baron de), capitaine de génie, chevalier de la Légion- 

d'Honneur, à Hesdin (Pas-de-Calais). 
CUVIER ( le baron ) , pair de France, membre de l'Institut , professeur 

au Muséum d'hisloire naturelle et au Collège de France, etc. à 

Paris. 
Daube, pâtissier, à Montpellier (Hérault). 
DESMAREST , professeur de zoologie à l'Ecole vétérinaire d'Alfort , à 

Paris. 

* DouMERC , docteur-médecin , membre de l'Académie royale de Melz , 

etc. , à Paris. 

Drapiez, professeur de minéralogie, etc., à Bruxelles (Belgique). 

DupouR (Léon), docteur-médecin, correspondant de l'Académie des 
sciences, correspondant de la Société royale de médecine, cheva- 
lier de la Légion-d'Honneur , à Saint-Sever (Landes). 

Dupont , marchand naturaliste , à Paris. 

DujAY , ancien officier de cavalerie , à Paris. 

* DuMÉNiJc , peintre d'histoire naturelle , à Paris. 

DUMÉRIL, membre de l'Inslilut, professeur au Muséum d'hisloire na- 
turelle et à l'Ecole de médecine de Paris, etc., à Paris. 

* DupoiîCHEL , membre des Sociétés d'histoire naturelle de Paris, des 

Georgofili de Florence , etc. , à Paris. 
Emy , ancien capitaine d'artillerie, officier de la Légion-d'Honneur , à 

Paris. 
FoNscoLOMBE (Boyerdc), à Aix (Bouchos-du-Rhone"*. 

* Feisthamel ( le baron), officier de la Légion-d'Honnenr , chevalier de 

Saint-Louis, colonel commandant la garde municipale de Paris , etc. 
à Paris. 

Fray , commissaire ordonnateur des guerres, chevalier de la Légion- 
d'Honneur, membre de plusieurs sociétés savantes, à Limoges 
(Haute-Vienne). 

GEOFFROY SAINT-HILAIRE , membre de l'Institut, professeur au 
Muséum d'histoire naturelle , et à la facullé des sçiences^, etc., à Paris. 

GiROD-CHANTRAîfs , chevalicr des ordres de Saint- Louis et de la Légion» 
d'Honneur , à Baume (Doubs). 



436 ANNALES 

■* Godet , membre de la Société d'histoire naturelle de Suisse, à Lau- 
sanne (Suisse). 

* GoRY (le chevalier), chevalier de l'ordre Royal Espagnol de Ferdi- 

nand , capitaine de cavalerie, à Paris. 

* GouGELET , employé à l'administration de l'octroi, à Paris. 
GouzoT, à Ferrières (Seine-Inférieure). 

Greeke ( Copley ) , docteur-médecin , membre de la Société d'histoire 

naturelle de Boston , à Boston (Etats-Unis). 
GirÉNÉE , avocat , Cbàteaudun (Eure-et-Loire). 

* Guéri N , membre de la Société d'histoire naturelle de Paris, etc., à 

Paris. 
Graslin (de), propriétaire, à Château du Loir (Sarthe. 
GYLLENHALL, membre des Académies de sciences de Stockholm , 

d'Upsa! , et de plusieurs Sociétés savantes, commandant des gardes, 

chevalier de l'ordre royal de Vasa , etc., à Hseberg près Skara (Suède). 
HUMBOLDT (le baron de), membre de l'Académie des sciences de 

Paris, de l'Académie de Berlin, etc. à Berlin (Prusse). 
JoussELiN (le comte de ) , capitaine de cavalerie, chevalier de la Légion- 

d'Honneur , à Versailles (Seine-et-Oise). 
KIRBY , membre de Ifs Société Linnéenne de Londres , recteur de Bar- 

ham , etc. , à Barham (Angleterre). 
KLUG, docteur-médecin, directeur du Muséum d'histoire naturelle de 

Berlin , etc. , à Berlin iPrusse). 
Lacordaire , naturaliste, à Paris. 

* Laporte (de), membre de plusieurs Sociétés savantes, à Paris. 
LATREILLE , membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire 

naturelle de Paris , etc., à Paris. 
'Lattre (de), peintre d'histoire naturelle , à Paris. 
LÉPiNE , employé à l'aJuiinistralion de l'octroi , à Paris. 

* Ledodx , architecte, ancien chef de bataillon , chevalier de l'ordre royal 

des Deux-Siciles , à Paris. 

* Lefebtre (Alexandre), correspondant du Muséum d'histoire natu- 

relle de Paris, de l'Académie Gioéniennede Catane,etc, , à Paris. 

*Lepeletier St.-Fargeau (le comte), membre des Académies de Mos- 
cou et de Dijon , de la Société d'histoire naturelle de Paris, aux Ba- 
tignolles (Seine). 

LoREY , docteur-médecin, chevalier de la Légion-d'Honneur , membre 
de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Dijon , des 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJE. 4^7 

Sociélés d'histoire iialurellc de Pans, et Linnéenne de Bordeaux , 
à Dijon (Côte-d'Or). 
Lucas, employé au Laboratoire d'Entomologie du Muséum d'histoire 
naturelle de Paris , à Paris. 

* LuczoT , ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de la 

Société Polymathique du Morbihan, et de la Société de statistique 

universelle, à Paris. 
Macquart, membre de plusieurs Sociélés savantes, à Lille (Nord). 
Marceaux (de Saint-) , propriétaire , premier adjoint du maire, à Reims 

(Marne). 
Marchand, propriétaire, ancien adjoint du maire, à Chartres (Eure- 

et-Loire). 
Margarot , à Nîmes (Gard). 
Mathieu, docteur-médecin, Oiléans Loiret). 
*MAXiitfY(de), étudiant en médecine à Paris. 
Meissokier , homme de lettres , à Hyères (Var). 
Melly, négociant, à Manchester (Angleterre). 
Merck, propriétaire, membre de la Société Linnéenne du déparlement 

du Rhône, etc., à Lyon (Rhône). 
Meujvier , peintre du Muséum d'histoire naturelle, à Paris. 

* MiLNE Edwards , professeur de zoologie à l'Ecole centrale des arts et 

manufactures , etc. , à Paris. 
MuLSANT , propriétaire, à Lyon (Rhône). 
Nodier (Charles), bibliothécaire de l'Arsenal, chevalier de la Légion- 

d'Honneur, à Paris, 
Orbigny (Dessalines d'), membre de plusieuis Sociélés savantes à Paris. 

* PoEY , avocat à la Cour royale , à Paris. 

* Radiot , employé à l'administration des postes, à Paris. 

* Rameur, docteur-médecin, à Paris. 

*Reiche, ancien officier de santé , bachelier es-lettres, à Paris. 
RippERT , propriétaire, commandant de la garde nationale, à Baugency 

(Loiret). 
Robert, membre de la Société des sciences naturelles de Liège, à Chênée 

ès-Liège 'Belgique^\ 
RoBYNS , à Bruxelles (Belgique). 
Roger, négociant, à Bordeaux (Gironde). 

* Romand (de), chevalier de la Légion-d'Honneur, à Tours (Loire). 
Saporta (le comte de ; , à Aix (Bouches-du-Rhône.) 
3AYIGNY, membre de rinslilul , à Versailles (Seiuc-cl-Oise). 



438 ANNALES 

ScHÔNHERR , conseiller de commerce, chevalier de l'Etoile polaire, à 

Skarra et Spanesater (Suède). 
ScHUERMANN , à BruxelIes (Belgique). 
SiLBERMANN , Evocat , à Slrasbourg (Bas-Rhin). 

* Theis (de), attaché au Ministère des affaires étrangères, membre de 

la Société des sciences et arts de Saint-Quentin , à Paris. 
Traignaux (du), inspecteur de l'octroi de Paris, à Paris. 

* Vattier , capitaine-adjudant-major au 25'' de ligne, chevalier de la 

Légien-d'Honneur , à Paris. 
*ViARD, négociant, à Paris. 

* ViLLARET ( Foulques de ) , capitaine d'infanterie, chevalier de laLé- 

gion-d'Honneur et de l'ordre Royal Espagnol de Charles III , à Paris. 
V11.LIERS ( de ) , capitaine d'infanterie, membre correspondant de la 
Société Linnéenne de Paris , Chartres (Eure-et-Loire). 

* Walckenaer (baron de), membre de l'Institut, etc., à Paris. 
Walker , membre de la Société Linnéenne de Londres, à Londres (An- 
gleterre). 

Yow (Saint-) , colonel au corps royal d'élat-major, officier de la Lé- 
gion-d'Honneur, chef de statistique au bureau de la guerre , etc. , 
à Paris. 



DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 4^9 

ERRATA ET ADDENDA 

DU PREMIER VOLCBIE DES ANNALES. 



PREMIER TRIMESTRE. 

Liste des membres de la Société. 

Page i4 •* M. Aube, ôtez membre de la société d'histoire 
naturelle de Paris. 

Page i4 : M. Baudet-Lafarge, «w /iea Je Mareille , Usez 
Maringues. 

Page i4 î M. Ledoux, ajoutez ancien chef de bataillon , 
membre de Tordre royal des Deux-Siciles. 

Page i4 î M. Luczot , après ingénieur, ajoutez en chef. 

Page i5 : Villaret (Foulques de) , au lieu de Charles IV, 
lisez Charles III. 

Discours prononcé à V ouverture de la première séance de 
la Société y par M. Latreillk. 

Page 3i , lig. 1 1 : Il ne , lisez Elle ne. 
Mémoire sur le G. Gorytes , par M. le comte Lepeletier 

DE SaINT-FaRGEAU. 

Page 07, ligne 19, après le mot pattes, ajoutez jaunes. 

Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de 
la section des Leucomélaniens , par M. A. Lefebvre. 

Page 80 , ligne 2 , au lieu de Lefevre , lisez Lefebvre. 
Page 81, Hgne 3i, après annuellement, ajoutez comnîe 



44o ANNALES 

par exemple les Pier. Ergane, Beleniida , Arg, Merope^ 
Chlorodippe , daodoxa ^ etc., etc., et après et ^ ajoutez 
celles qui. 

Page 84 , ligne 20, après pour ce qui est du dessin, ajoutez 
nécessaire à connaître à l'égard du sujet qui nous occupe. 

Satjrus d'Arcet. 

Au moment où s'imprime ce quatrième Numéro , vient de 
paraître et d'arriver h Paris la troisième décade des Symbole 
pHYSic.E d'Emprich et Ehrekberg , dans laquelle se trouve , 
planche XXIX, fig. i5, 16, 17, 18, représenté , (/ et Ç, des- 
sus et dessous, le Satyras d Arcei. 

Dans la figure qu'on en donne , le trait carc^ictéristique de 
Ja cellule discoïdale des ailes antérieures est, dans le c/*, lé- 
gèrement courbe et vient aboutir sur la deuxième ner^ule 
inférieure ^ et dans la Ç est au contraire très-brisé , mais abou- 
tit également sur la même nervule. 

Peut-être ce caractère de la cellule discoïdale , auquel on 
n'avait pas encore attaché une importance plus grande qu'aux 
autres dessins, n'est-il pas sur la planche représenté avec une 
rigoureuse exactitude , tandis que je puis certifier de celle ex- 
trême du dessin que j'en ai fait moi-même, et dont j'ai dirigé la 
gravure. Mais si le dessin de ce caractère, dans l'ouvrage pré- 
cité , est exact, j'ai alors tout lieu de croire que ce Satyre est 
bien une espèce distincte dont je ne posséderais qu'une variété. 
Mais au lieu de le rapprocher du Sat. Galathea (avec lequel 
il n'a pas le moindre rapport) , comme le fait l'auteur prus- 
sien , je le placerais immédiatement après le Sat, Larissa , 
duquel il différerait tant par la position du trait caractéris- 
tique que par les autres différences qui lui sont propres , et 
que j'ai signalées dans la description que j'en donne. 

Je crois faire plaisir de transcrire ici la desv^ription latine 
que l'auteur allemand fait de ce Satyre. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 441 

5. Hipparchia Titeo. 
Tab. XXIX. Fk. i5adi8. 



■Ï3' 



H. ail s dentatis , anticis alho-nigroque variis , posticls suprà alhis ^ 
basi ^ margineque nigris , suhtiis alhis ^ linea transwersa duplici 
undata média f as cia que antemarginali ocelligera nigricantibus 
{mas. fem. ). Habitat in Syria. 

yiffinis H. Galatbeae. Corpus nigrum , suprà nigro , subtus albo- 
pubescens , collare utrinque thoracisque lateribus atbo—vlllosis. 
Antennœ apice rufescentes. u4lœ , albœ , albo nigro que ciliatœ , 
anticœ subdentatœ , suprà basi et ad marginem latœ nigrœ ^fascia 
occllaia antemar^nali obsoleta , subtus linea média transi^ersa 
undata duplici et f as ci a ocelligera dentata , medio sub-interrupla, 
antemarginali nigricantibus., ocellis sex magnis nigris , pupilla 
alba simplici , iridc aut alba autflai'escente , ocellis ullimis duo- 
bus , plerumque minoribus et approximatis. 

Femina ocellis majoribus prœsertim in pagina inferiori alarum pos- 
ticarum gaudet. 

Obsejvation sur le crin des Lépidoptères de la tribu des 
Crépusculaires et des Nocturnes , par M. Poey. 

95-200. Glancopide, lisez Glauopide. Yponomente, lisez 
Yponomeule. 

Notice sur un Jious^eau genre de Vorclre des Homopieres , 
par M. Laporte. 

Genre Heteronoius. 

Depuis ri#3pression de notre notice sur ce genre , nous 
avons recueilli les observations suivantes. 

1°, Le Membracis Nodosa (Germar) , Magas. Eotom. doit 
être rapporté à ce genre. 

ii". Le Centrotus Furcalus (Gray) , (Animal Kingson. ) , 



44a ANNALES 

pi. 109, ï. I, est un Hetoronotus y et doit, je crois, être 
rapporté à mon Inermis, Cet insecte est aussi figuré dans le 
même ouvrage sous le nom générique de Fulgore. 

Monographie d^un genre noui^eau dans la famille des Cur- 
culionites , par M. Chevrolat. 

Pages 1 00 , 102, 1 o4 , 1 o5 , 1 06 , 107 et 108, mettre Oli - 
docéphale et Otidocephalus au lieu de Otiocéphale et Otioce- 
phalus. 

Page 102 , ligne 17 : elytram , lisez elytrum. 

Page io3, ligne 5 : cineris , lisez cinereis. 

Page io4, ligne 8 : picies , lisez piceis. 
— — ligne 18 : nigeo nitidus, lisez nigro-nitidns. 

Page 106, ligne 17 : humera elevata, lisez humeri elevali. 



(Page 102.) Loncopliorus Humeralis. Klug. Chev. 

Piloso-'albidus , thorace aurato lateribus , macula laterali , obliqua 
fusca l'n elftris , his apice fucescenùbus ^ rostro oculisque ni gris , 
femoribus valdè calcaratis ^ tibisque anticis in ex Iremd parte un— 
cinatis. 

Sindllimus Loncop . oblique nobis , sed differt colore albidiore^ rostro 
nigro, oculis globosis y thorace brei'iore ^ latescente medio et ro— 
tundato , linea alba ampliata , et prœsertim scapuUs angulosissimis 
atque recurvis. 

E Museo Regio BcroUnensi mihi misit sub hoc nomine ccleberrimus 
Klug. 

(o^) Long. ° 1 1 miHi. rostri 9 lat. ° hum. 5 m. 1/I Insula Cuba. 

Trompe cylindracée, grêle, un peu arquée, noire, cou- 
verte d'un duvet blanchâtre, sillonnée légèrement de la base 
au milieu. Tête arrondie, blanche, ayant un point enfoncé 



DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGÎQUE. 443 

sur le front. Yeux noirs , plus globuleux que dans le Loncop. 
Obliquus. Corseletrétréci en avant, court, élargi près du mi- 
lieu , tronqué d'une manière un peu sinueuse à sa base , cou- 
vert d'un duvet d'un jaune doré, avec une ligne blanche large 
su r le dos , étroite par la tête. Ecusson élevé , allongé , arrondi 
en arrière , blanc. Elytres sillonnées , blanches , marquées 
latéralement d'une tache oblique brune, extrémité jaunâtre , 
épaules très-aiguës sur le côté et arquées. Pattes et dessous 
du corps d'une couleur fauve , sommet intérieur de chaque 
cuisse armé d'une dent large et pointue , extrémité des jambes 
de devant munies d'un onglet recourbé , postérieures tron- 
quées un peu angulairement. 

Bulletin Entomologique. 

Page 1 i2 , ligne 28 : le bey d'Angola , lisez le pays d'An- 
gola. 

Page 116, ligne 22 : le docteur Boisduval , lisez MM. Bois- 
duval, Piambur et Graslin. 



DEUXIEME TRIMESTRE. 

Nouvelle classification des Longicornes , par' M. Audinet- 

Serville. 

Page 188, ligne 20 : caniculée , lisez canaliculée. 

(Page 107. ) Genre Macrotoma. 

Le nom de Macrotoma ayant été donné par M. Serville h 
un genre de Prioniens , je suis obligé de rappeler que j'avais , 
six mois auparavant, appliqué la même dénomination à un 
genre de Diptères ( Annales des Sciences naturelles , mois 



444 ANNALES 

d*avril i852 ). Le genre de M. Serville doit donc changer de 

dénomination (i). 

A. DE Laporte. 

Mémoire sur un nouveau genre de Diptères de la famille 
des Tipulaires , par M. Brullé. 

Page 206, avant-dernière ligne, au lieu de Ctenophore , 
lisez Ctenophor.ne. 

Page 309 , ligne 4 * Claudius , lisez Cladias. 

Page 5 10, ligne 25 : de dix enveloppes, lisez de six en- 
veloppes. 

Monographie de deux genres Jiouweaux dans la famille 
des Cujxulionites y par M, Crew^olat. 

Page 212, ligne 2 : fondé , lisez porté. 

— — — 20 : triarticulis , lisez 3bus articulis ou tri- 
artîculis. 

Page 2i3, ligne 5 : gutturomsu , lisez gutturosum. 

— — — 7 : scrobs hens ,' lisez scrobs brevis. 
Page 210 , ligne 7 : les trois, quatre, cinq, six, lisez les 

3-4 , 3-6 , 7 et 8. 

Page 216, ligne 1 2 : pune , lisez pone. 

— 217, ligne 8 : bisinunatus, lisez bisinuatus. 

— -f- — 9 : ex-surgens , lisez exsurgens. 

— — — 19 : tumentis, lisez truncatis. 

— — — 25 : unguculis, lisez unguîculus. 

(i) Il y a trois ans environ que le nom de Macrotoma a été donné, par 
M. le comte Dejean, à une coupe faite par iui dans les Prioniens,et adopté 
alors par les Entomologistes. Depuis, ce nom a été seulement conservé 
par M. Audinel-Serviile dans sa Monographie des Prioniens, lue à la 
séance du 19 février i832 de la Société Entomologique, et publié dans 
Je i"^'' volume de ses Annales, pag. 118. 

Alex. Lefebvre. 



DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 445 

Page 217 , ligne 4 : un peu pointus , Usez un peu renflés. 
— 219, ligne 6 : le titre de la planche 5 , fîg. 2 a, doit 
venir après la description de la var. B. 

Page 220, ligne 9 : M. Germas, Usez Germar. 

(Page 108.) Oiidocephcdus, Rlug. Chev. 
Idem Myrmecodes. Kl. 

Ater^ cum pectore linea alba marginato. Rostrum brei^e , suprà ca-* 
rinalum , punctatum atque rugatum utrinque. Caput rotondatum , 
dioracis dimentionc ; fronle fovealo. Oculi albicdnles. Thorax cr~ 
Undricus , bêisi vix aUenuatus , nonnUùl punclatus , le\^is medio. 
ScuteUum cinereum , triangulare. Elylra thorace basi duplo la- 
tiora , hiimero rotunda , apice o^ata ; singidacum decem striis 
lei>ibiis piinctatis , duabus marginalibus profundis. Pcdes pilosi , 
fcmoribus intus tenuiter dentalis , tibiis œqualibus longitudinc , 
sub-i'eciis , apice oblique truncatis. 

Jnfer Otidoccphalem Pilosum et Americanum collocavi. Ex museo 
Latrcille ^ a Klug. missus. Habitat 

Long. "" 4 mill. , rostri. 1 m. Latit. ° 2 mil!. 



me. 



D'un noir assez luisant, à peine cou\ert de quelques poil 
noirs. Ecusson et une ligne blancs au côté de la poiti 
Trompe en tarrière, inclinée, droite, courte, très -carénée 
en dessus, ponctuée pressa base et rugueuse latéralement. 
Tète arrondie, ayant un enfoncement profond entre les yeux; 
ceux-ci obliques , un peu rapprochés vers le haut , blancs , 
noirs au centre. Corselet cylindrique^ élevé en avant , couvert 
de quelques gros points épars aux extrémités, lisse au milieu 
et en dessus , faiblement atténué en arrière et tronqué. Ecus- 
son petit. Elytres du double en longueur du corselet à sa parlie 
postérieure; épaules arrondies sur le côlé , ovalâires et élevées 
vers leur sommet , marquées chacune de dix stries lé«-ères 



446 ANNALES 

Ibrmées de points rapprochés , les deux marginales profondes. 
Pattes d'une longueur moyenne , couvertes de poils blancs ; 
cuisses légèrement uni-épineuses en dedans , jambes de gros- 
seur inégale , droites , tronquées obliquement au sommet. 

Bulletin Entomologique, 



Page '2 55 , ligne 28 : Megasoma Repanda , lisez Repandum. 
Page 241 j ligne 7 : Caïenne , lisez Cayenne. 
Page 243 , ligne 8 : par le docteur Boisduval , //5e 3 par 
MM. Boisduval, Rambur et Graslin. 



TROISIEME TRIMESTRE. 
Lettres des membres honoraires. 

Page 245 , première ligne, après le mot Lettres, Usez de 
MM. les membres honoraires. 

Catalogue des Lépidoptères de Vile de Cuba, par M. Ra.mbur. 

Page 102, ligne 1 5 : Elychrisium , lisez Elychrysum. 

— 205, — 20 : Argus, lisez Egon. 

— 206, — 7 : Elychrysium, /iVez Elychrysum. 

— 264, — 22 : roussâtre, ZiVez roussâtres. 

— 270, — 5î : ii\e , lisez elle. 

— 279, — i4 ' Acronicia, lisez Acronicta. 

— 282, — 12 : brunâtre, Z/^e^ brunâtres. 

Sur les transformations du Cladlus DijJ'ormis , par M. Au- 
guste Brullé. 



Page 3o8, ligne i4 : espère, Usez espèce. 

Bulletin Entomologique. 
Page 011, ligne 2 : par l'auteur, lisez par l'éditeur. 



DE LÀ SOCIÉTÉ ENÎOMOLOGIQUE, 447 

Notice nécrologique sur M. Cuvier, 

Page 317, ligne i3 : lu à cette société , lisez lue. 

Page 329, ligne 25 : qui depuis long-temps occupait cette 
chaire, lisez qui depuis peu de tenips occupait cette chaire 
nouvellement créée. 

Page 33o, ligne 20 : i3 mars, Usez i3 mai. 

Bulletin Entomologique. 

Page 334, ligne 5, après Rambur ajoutez Graslin. 
Page 3i2 : Pnytonomus, Z«e^ Rhytononlus Murinus. 



QUATRIÈME TRIMESTRE. 

Notice sur le Bombyx Repanda Hiïhner , par M. le baron 
Feisthamel. 

Page 34 1 , ligne dernière : l'ide de Léon , lisez l'île de Léon , 
Page 345, ligne 2 1 : Lisertatis , lisez biseriatis. 
Page 346, ligne 27 : tâches, lisez t?ches. 
Page 347, ligne i4 ' Repanda , lisez Repandum. 

Notice sur V Entomologie de la Guyane française , /^c/; 
M. Lacordaire. 

Page 349, ligne 28 : est aussi ^ lisez et aussi. 
Page 556, ligne 20 : sur les bouses , lisez sous les bouses' 
Page 362 , ligne 3 : Nemogatha , lisez Nemognatha. 
Page 364, ligne 1 : longiminanus , lisez longimanus. 
Page 364, ligne 5 : de ces plus, lisez des plus. 
L 3d 



448 ANNALES 

Observations sur Vouvrage intitulé BoMBi ScandiNAVî/E Mo- 
NOGRAPHick TRACTATi , ctc. , par M. le comte Lepeletier 

DE SaIKT-FaRGEAU. 

Page 575, ligne 21 : dénuées, lisez dénué. 

Page 378, ligne 16 : Metaleucus , lisez Melaleucus. 

Mémoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues 
d'Insectes , par M. de Laporte. 

Page 592 , ligne 3 : biloLû , lisez bilobis. 

Page 411 » ligne 2 5 : condiforme. Usez cordiforme. 

Observations de M. le D' Boisduval sur un mémoire de 
M. Zinhen-Sommer. 

Page 418, ligne 10 : Fiiplœa, lisez Euplœa. 

Notice sur un accouplement de deux Zygcnes d'espc'ces 
différentes^ observé par M. de Villiers. 

Page 422, ligne 19 : il il'y avait , lisez il n'y en avait. 

Bulletin Entomologique, 

Page 425, ligne 12 : à la fin de 1825, lisez à la fin de 
juin 1825. 

Page 432 , ligne 22 : Thysanoures. Extrait et , lisez Thy- 
sanoures , extraits et. 

Page 453, ligne 1 : Turquie. Extraits et, lisez Turquie, 
extraits et. 

Page 433 , ligne 2 , après linnéenne , ajoutez de Paris, 

Errata et Addenda. 

Page 44 1 ? ligne 20 : Glauopide , lisez Glaucopide. 
Page 442 , ligne 1 : Hetoronotus , lisez Heteronotus. 
■— — — 12. : nigro-nitidns , /zVe^ nigro-nitidus. 



DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 449 

Page 445 , ligne 5 : Olidocephaliis Rlug. Ghev., lisez Oti- 
doceplialus Klug. Ghev. 



PLANCHES. 

PL VIII, fig. 10 : Chenille de l'UropuS;, lisez de l'Uropus 
Ulmi. 

PI. IX, fîg. 1 : Lencania Riparia , Zi5e^ Leucania Riparia. 
PI, IX, fîg. 7 : Rematus Latierus , lisez Nematus Laticrus. 



FIN DU PREMIER VOLUME. 



TABLE DES MATIERES 



Avis à MM. les membres de la Société. Page ^3i. 

Bibliographie Entomologique. ii5, 242 , 333 , 4^0. 
Bulletin Entomologique. 109, 23i , 3ii , 4^3. 

Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de lu section 
des Leucomélaniens , par M. Alex. Lefebvre. 80, 44^* 

Catalogue des Lépidoptères de Vile de Corse , avec la description et 
la figure des espèces inédites, par M. Rambur. 245. 

Communications faites à la Société, m , 23 1 , 233 , 234? 236 , 
3ii , 3i4, 4^3 , 4^4» 4^^- 

Composition du bureau de la Société 16. 

Description d'un Tetralohus nouveau, par M. Gory. 220. 

Description d'un nouveau genre de Crustacé Macroure, formant le 
passage entre lesPaguriens et lesTbalassinites, par M. Guérin. 2g5. 

Discours prononcé , le 29 février 2832, à l'ouverture de la première 
séance de la Société Entomologique , par M. Latreille , son prési- 
dent honoraire. 22. 

Errata et Addenda du premier volume des Annales. 439- 

Lectures faites à la Société. 110, m , 112, 233, 234, ^^^i ^^7» 

238, 239, 4^3, 426, 427? 428. 
Lettres d'acceptation des Membres Honoraires. 17, 18, 19, 20, 21 ^ 

117, 245 , 335. 

Membres de la Société Entomologique de France. 434- 

Membres fondateurs de la Société. 12. 

Membres honoraires. i5. 

Membres reçus. 233 , 234 , 235 , 240 ^ 3i3, 3i5 , 4^4 j 4^7^ 4^8, 



452 TABLE DES MATIÈRES. 

Mémoire sur le genre Gorytcs (Arpactus Jur. ) , par M. le comte 

Lepeletier de Saf nt-Fargeau . 52. 
Mémoire sur un genre nouveau de Diptères , de la famille des 7V- 

pulaires , par M. Auguste BruUé. 2o5. 
Mémoire sur quelques nouveaux genres de Tordre des Homoptères , 

par M. F. de Laporte. 221. 
Mémoire sur quatre nouvelles espèces de Tenthredines , par M. Foul- 
ques de Villaret. 3o3. 
Mémoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues d'Insectes , 

par M. F. de Laporte. 386. 
Monographie d'un genre nouveau dans la famille des Curculioniles ^ 

par M. A. Chevrolat. 98, 442. 
Monographie de deux genres nouveaux dans la famille des Curcic- 

honites , par M. A. Chevrolat, 211, 445, 44^* 

Nécrologie. 1 13 , 241 , Si^ , 332. 

Note sur un nouveau genre de Crustacé de Tordre des Stoinapodes ^ 

par M. H. Milne-Edwards. 356. 
Notice sur un nouveau genre de Tordre des Homoptères , par M. de 

Xaporte. gS , 44'- 
Notice sur une espèce de Tineite [Tinea Decuriella. Hûbn.), dont 

la chenille vit et se métamorphose dans la résine du Pin Sylvestre 

( Pinus Sylvestris ) , par M. Duponchel. 3go. 
Notice sur George Cuvier , membre honoraire de la Société Ento- 

mologique de France , lue à cette Société par M. Victor Audouin ^ 

vice-président. 317. 
Notice sur TEntomologie de la Guyane française , par M. Th. La- 

cordaire. 848. 
Notice sur le Bombyx Repanda (Hiibner), appartenant au genre 

Megasoma (Boisd. ), par M. le baron Feisthamel. 34o. 
Notice sur un accouplement de deux Zygènes d'espèces différentes . 

observé par M. de Villiers. 4^1» 
Nouvelle classification de la famille des Longicornes , par M. Au»- 

dinet-Serville. 118. 



TABLE DES MATIERES. 453 

Observations sur le crin des Lépidoptères de la tribu des Crépuscu- 
laires et des Nocturnes , par M. Poëy. 91 . 

Observations sur le Bombyx Pityocampa de Godart ( genre Castro- 
pacha d'Ochs) , par M. de Villiers. 201. 

Observations sur V Ecaille Pudique de Godart (genre Eyprepia 
d'Ochs), par M. de YiUiers. 2o3. 

Observations sur l'ouvrage mùixAè Bomhi Scandina^iœ^ etc., a Gust. 
Dahlhom , etc. , par M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeau. 366. 

Observations de M. le docteur Boisduval sur un Mémoire de M. Zin- 
ken-Sommer. 4*6. 

Ouvrages' offerts à la Société, 281 , 233, 2 34, ^36, 3ii , 3i3, 3i4, 

4îi3,4245 427,428, 4-32. 

Quelques observations sur la manière de travailler en histoire natu- 
relle , et en particulier sur les Monographies , par M. Godet. 34. 

Règlement de la Société. 3. 

Séance de la Société du 3i janvier. 109. 

7 février. 109. 

'. i4 février. 109. 

29 février. 110. 

7 mars. m. 

4 avril. 23i. 

, 18 avril. 233. 

2 mai. 234. 

i3 juin. 236. 

4 j^^l^^*^- 3ïi« 

1" aoLÎt. 3i3. 

5 septembre. 3i3. 

i3 octobre. 4^3. 

, 7 novembre. 4^4- 

2ï novembre. 427- 

5 décembre. 4-^7- 

19 décembre. 428, 



454 TABLE DES MATIÈRES. 

Sur les transformations du Cladiiis Difformis , Hymenoplère de la 
famille des Tenthredines , par M. Aug. Brullé. 3o8. 

Tableau indicatif des jours de séance. 2. 

Trois espèces de Coléoptères nouveaux , par M. Gory. 383. 

Voyages et nouvelles diverses. 112, 241 , 3i5 , 429- 

Nota. La tal)le des Genres et des Espèces contenues dans ce vo- 
lume n'étant pas terminée , sera envoyée séparément avec la pro- 
chaine livraison. 



FIN DE LA TABLE DES MAÏlEllEï 



TABLE ALPHABETIQUE 



DES 



DU PREMIER VOLUME. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES GENRES ET ESPÈCES DU PREMIER VOLUME. 

(183^.) 











*^^*'°°? 


Nota. Les geures font en 


Noms des genres 


Noms de» ordres 


Auteurs 




gros caractère et les espèce» 


auxquels les espèces appar- 


auxquels les genres 




Pages. 


en petit caractère. 


tiennent. 


appartiennent. 


qui eu parlent. 


227 


ACANTHICUS. 




Hémiptères. 


De Laporte. 


ACANTOPHORUS. 




Coléoptères. 


Serville. 


126 


^GOSOMA. 




Col. 


Serv. 


127 


AGACEPHALA. 




Col. 


De Laporte. 


404 


ALLOCKRUS. 






Col. 


Serv. 


129 


AMPHION. 






Crustacés. 


Milne Edwards. 


33H 


ANACANTHEUS. 




Col. 


Serv. 


127 


ANACOLUS. 




Col. 


Serv. 


i3o 


ANCISTROTUS. 




Col. 


Serv. 


124 


ANOXIA. 




Col. 


De Lap. 


407 


ANTHIPNA. 




Col. 


De Lap. 


411 


ARPACÏUS. 




Hyménoptères. 


St. Fargeau. 


52 


ATYPA. 




Hém. 


De Lap. 


225 


AULACOPUS. 






Col. 


Serv. 


125 


Abdomiiialis. 


Cï 


ÎROCTENUS. 


Col. 


Serv. 


19: 


Acaciae. 


M 


EGASOMA. 


Lép. 


Feisthamel. 


347 


Acanthopus. 


Cl 


rENOSCELIS. 


Col. 


Serv. 


i35 


Adscendeiis. 


R^ 


^PHIRHINUS. 


Hém. 


De Lap. 


4r4 


iEstivaiis. 


PS 


ITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


378 


Affine. 


JE 


GOSOMA. 


Col. 


Serv. 


163 


Affinis. 


AI 


IPACTUS. 


Hym. 


St.-Far. 


79 


Afiicana. 


Aï 


^OXIA. 


Col. 


De Lap. 


408 


Albidulus. 


H( 


)PLISUS. 


Hym. 


St.-Far. 


65 


Albilabris. 


El 


JSPONGUS. 


Hym. 


St.-Far. 


70 


Americana. 


T^ 


lGENIA. 


Col. 


De Lap. 


4" 


Americanus. 


Ol 


lOCEPHALUS. 


Col. 


Chevrolat. 


io5 


Amnicola. 


LE 


UCANIA. 


Lép. 


Rambur. 


288 


Angulatus. 


P^ 


RODES. 


f:oL 


Serv. 


187 


Anlhraciformis. 


SE 


SIA. 


Lép. 


Rarab. 


,66 


Arenarius. 


GC 


)RYTES. 


Hyménoptères. 


St.-Far. 


60 


Arenarius. 


PS 


ITHYRUS. 


Hym. 


St.- Fargeau. 


376 


Arge. 


SATYRTJS. 


Lép. 


Lef. 


88 


Aristeus. 


SATYRUS. 


Lép. 


Rambur. 


2C2 


Armatus. 


BASITOXUS, 


Col. 


Serv. 


175 


Armatus. 


PAN AG EUS. 


Col. 


De Lap. 


391 


Armatus. 


HETERONOTUS. 


Hém. 


De Lap. 


97 



458 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Nota. Les genres sont eu 

ros caractère et les espèces 

en petit caractère. 



Armiliatui. 

Asphodeli. 

Ater. 

Ater. 

Ater. 

Atropos. 

Australis. 

BASITOXUS. 

BOCYDIUM. 

BOMBUS. 

BOMBYX. 

BOMBYX. 

BRADYBiENUS. 

BUPRESTIS. 

Badium. 

Barbatum. 

Barbatus. 

Barbutellus. 

Bellus. 

Bicinctus. 

Bifasciata. 

Bifascialus. 

Bisigoata. 

Brasiliensis. 

Brevicollis. 

Buphlhalrnus. 

Biiprestoides. 

CALLIPOGON. 

CALOCOMUS. 

CAMPTODONTUS. 

CANTHAROCNEMIS. 

CARABUS. 

CARADRINA. 

CASNONIA. 

CATASCOPUS. 

CEROCTENUS. 

CENTROTUS. 

CHARIEA. 

CICADA. 

CLADIUS. 

CLAVIPALPUS. 

CLIDICUS. 

CLOSTERUS. 

COELODON. 

COLPODERUS. 

GTENOPHORA. 



Noms des genres 
auxquels les espèces appar- 
tiennent. 



ENOPLOCERUS. 

POLI A. 

DERCYLUS. 

ENICOTARSUS. 

CTENOSCELIS. 

SATYRUS. 

XYLESA. 



ORTHOSOMA. 

CALLIPOGON. 

PRIONUS. 

PSITHYRUS. 

PSITHYRUS. 

LESTIPHORUS, 

LITHOSIA. 

PYRODES. 

CYMINDOFDEA. 

HYLEC^TUS. 

DEROBRACHUS. 

PRIONUS. 

SPONDYLIS. 



Noms de? ordres 

auxquels les genres 

appartiennent. 



Auteurs 
qui eu parlent. 



Coléoptères. 


Serville. 


Lépidoptères. 


Rambur. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


Serv. 


Lép. 


Lefebvre. 


Lép. 


Ramb. 


Col. 


Serv. 


Hém. 


De Lap. 


Hym. 


St.-Far. 


Lép. 


De Villiers. 


Lép. 


Feist. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


Gory. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Hym. 


St.-Far. 


Hym. 


St.-Far. 


Hym. 


St.-Far. 


Lép. 


Ramb. 


Col. 


Serv. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


Serv. 


Col. 


De Lap. 


Lépidoptères. 


Ramb. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


Serv. 


Hém. 


De Lap. 


Col. 


Serv. 


Hém. 


De Lap. 


Hyménoptères. 


Brullé. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


De Lap. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Col. 


Serv. 


Diptères. 


Brullé. 



DES GENRES ET ESPECES. 



459 














g Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


Noms des ordres 


Auteur» 




1 gros caracière et les espèce 


g auxquels les espèce» appar 


auxquels les genre 


> 


rage». 


p CD petit caractère. 


tiennent. 


appariienneul. 


qui en parlent. 




1 CTENOSCELIS. 


'j 


Coléoptères. 


Serville. 


i34 


1 CYMINDOIDEA. 




Col. 


De Laporte. 


390 


CYPHONIA. 




Hémiptères. 


De Lap. 


229 


Caeruleus. 


PYRODES. 


Col. 


Serv. 


187 


Gaffer. 


GOLPODERUS. 


Gol. 


Serv. 


179 


Callidioides. 


MONODESMUS. 


Col. 


Serv. 


161 


Califoruicus. 


OMUS. 


Gol. 


De Lap. 


387 


Campestris. 


GORYTES. 


Hym. 


Sl.-Fargeaii. 


58 


Campestris. 


l^SITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


379 


Canaliculata. 


SOLENOPTERA. 


Col. 


Serv. 


184 


Carcelii. 


ATVTHIPNA. 


Gol. 


De Lap. 


4ir 


Carcelii. 


ARPACTUS. 


Hym. 


St -Far. 


78 


Castanea. 


MAGROTOMA. 


Gol. 


Serv. 


i38 


Cayenaensis. 


BRADYB^NUS. 


Col. 


De Lap. 


395 


Cayenoensis. 


PELTOIDES. 


Gol. 


De Lap. 


4oi 


Cervicornis. 


MAGRODONTIA. 


Col. 


Serv. 


140 


Chenopodiphaga 


MAMESTRA. 


Lép. 


Ramb. 


283 


Cinctus. 


HOPIJSUS. 


Hym. 


St.-Far. 


61 


Cinereum. 


COELODON. 


Gol. 


Serv. 


164 


Cinereus. 


TEÏRALOBUS. 


Gol. 


Gory. 


220 


Ciiinamoraeus. 


ORTHOMEGAS. 


Gol. 


Serv. 


^49 î 


Glavatus. 


CENTROTUS. 


Hém. 


De Lap. 


23o ^ 


Claviger. 


CENTROTUS. 


HélQ. 


De Lap. 


>3o 


Cleanllie. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lefebvre. 


86 


Clivinoides. 


CAMPTODOINTUS. 


Col. 


De Lap. 


393 


Glotho. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


85 
79 


Concinuus. 


ARPACTUS. 


Hym. 


St.-Far. 


Coriarius. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


I9i 


Gornulus. 


OSORIUS. 


Col. 


De Lap. 


395 


Gorsica. 


ZYGtENA. 


Lép. 


Ramb. 


267 


Corsica. 


PO LIA. 


Lép. 


Ramb. 


•■'79 


Gorsicum. 


TRIGHOSOMA. 


Lép. 


Ramb. 


272 


Corsicus. 


NEGROPHORUS 


Col. 


De Lap. 


■"^99 


Corticinus. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


149 


Gostatiis. 


ANAGANTHUS. 


Col. 


Serv. 


166 


Crenalus, 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


140 


Crislalum. 


MEGASOMA. 


Lép. 


Feisthamei. 


347 


Gucullata. 


GERMARIA. 


Hém. 


De Lap. 


223 


Gupriventris. 


RAPHIRHINUS. 


Hém. 


De Lap. 


4r4 


Cyanea. 


CHARIEA. 


Gol. 


Serv. 


ij^8 


Cylindricum. 


ORTHOSOMA. 


Gol. 


Seiv. 


i56 


DASYTES. 




Gol. 


De Lap. 


398 


DERANCISTRUS. 




Col. 


Serv. 


181 


DERGYLUS. 




Col. 


De Lap 


39Î 


DEROBRACHUS 




Col. 


Serv. 


i54 


DICRANIA. 




Col. 


De Lap. 


400 



46o 



TABLE ALPHABETIQUE 



Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


Noms des ordres 


Auteurs 




gros caractère et les espèces 


auxquels les espèces appar- 


auxquels les genres 




Page». 


en petit caractère. 


lieunent. 


appartiennent. 


qui en parlent. 




Dalhii. 


SPHINX. 


Lépidoptères. 


Rambur. 


266 


DamicornJs. 


SÏENODONTES. 


Coiroplères. 


Serville. 


174 


D'Arcet. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lefebvre. 


89 


Decuriella. 


TINEA. 


Lép. 


Diiponchel. 


3oo 


Dejeanii. 


CLAVIPALPUS. 


CoL 


De Laporte. 


4o6 


Depsarium. 


TRAGOSO.WA. 


Col. 


Serv, 


160 


Desmarestii. 


CALOCOMÛS. 


Col. 


Serv. 


195 


Desmarestii. 


ACANTHICUS 


Hémiptères. 


De Lap. 


228 


Ditformis. 


CLADIUS. 


Hyménoptères. 


BruUé. 


3o8 


Dilalicoruis. 


ALLOCERUS. 


Col. 


Gory. 


384 


Duponti. 


AGACEPHALA. 


Col. 


De Lap. 


404 


ECAILLE. 




Lép. 


De Yilliers. 


203 


ELATER. 




Col. 


Gor. 


385 


ENICOTARSUS. 




Col. 


De Lap. 


402 


ENOPLOCERUS. 




Col. 


Serv. 


146 


ERETES. 




Col. 


De Lap. 


397 


ERGATES. 




Col. 


Seiv. 


143 


EUMICRl^S. 




Col. 


De Lap. 


395 


EUSPONGLS. 




Hym. 


St.-Fargeau. 


«6 


EYPREPIA. 




Lép. 


De Vill. 


2o3 


Elegans. 


DERANCISTRUS. 


Col. • 


Serv. 


182 


Elegaus. 


ARPACTUS. 


Hym. 


St. -Far. 


79 


Elongala. 


ISEA. 


Crustacés. 


Guériu. 


3oo 


Exserliis. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


174 


Faber. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


i44 


Filipendulae. 


ZYG^NA. 


Lép. 


De Vill. 


422 


Flabellicornis. 


CLOSTERITS. 


Col. 


Serv. 


194 


Flavipennis. 


OTIOCEPHALUS. 


Col. 


Chevrolat. 


106 


Flavipeuiiis. 


PRIONAPTERUS. 


Col. 


Serv. 


201 


Flavolinealus. 


HETERO NOTUS. 


Hém. 


De Lap. 


9^ 


Flavo maculatus. 


CURCULIO. 


Col. 


Chev. 


2 19 


Flavo-scutellata. 


DU'RANIA. 


Col. 


De Lap. 


408 


Formica rius. 


OTIOCEPHALUS. 


Col. 


Chev. 


108 


Formosa, 


SILPHA. 


Col. 


De Lap. 


400 


Formosus. 


ARPACTUS. 


Hym. 


St.-Far. 


75 


Frutelorum, 


PSITHYRUS. 


Hym. 


Si. -Far. 


381.2 


Fusca. 


GICADA. 


Hém. 


De Lap. 


4i5 


Fuscicornis. 


CARADRINA. 


Lép. 


Ramb. 


286 


Fusrus. 


HETERONOTUS. 


Hém. 


De Lap. 


98 


GASTROPACHA. 




Lép. 


De Vill. 


20ï 


GEKMARIA. 




Héro^ 


De Lap. 


22a 


GORYTES. 




Hyrn. 


St.-Far. 


02 


Galalhea. 


SATYRUS. 


Lépidoptères. 


Lefebvre. 


85 


Galaxera. 


S AT Y RUS. 


Lép. 


Lef. 


S5 


Galeua. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


85 


Gibba. 


ATYPA. 


Hémiptères. 


De Lap. 


225 



DES GENRES ET ESPECES. 



46i 



1 ^= 

Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


Noms des ordres 


Auteur» 


Page». 




gros caractère et les eupèces 


auxquels les espèce» appar 


auxquels les genres 






en petit caractéie. 


lieuneiit. 


appartiennent. 


qui en parlent. 






Giganteus. 


TITANUS, 


Coléoptères, 


Serville. 


i34 




Globularis. 


CENTROTUS. 


Hémiptères. 


De Laporte. 


229 




Goryi. 


AGAGEPHàLA. 


Col. 


De Lap. 


4o5 




Grandis. 


CLIDIGUS. 


Col. 


De Lap. 


397 




Griseus, 


ERETES. 


Col. 


De Lap. 


397 




HÊSPERIA. 




Lépidoptères. 


Rambur. 


265 




HETERONOTUS. 




Hém. 


De Lap. 


95 




HOPLIDERES. 




Col. 


Serv. 


i4: 




HOPLISUS. 




Hyménoptères. 


St.-Fargeau. 


61 




HOPLOSCELIS. 




CoL 


Serv. 


169 




HYLEC^TUS. 




Col. 


De Lap. 


398 




Hamaticollis. 


ANCISTROTUS. 


Col. 


Serv. 


137 




Hamatiferus. 


CALOCOMUS. 


Col. 


Serv. 


195 




Ht'lwigii. 


EUMICRUS. 


Col. 


De Lap. 


396 




Herta. 


SATYRÛS. 


Lép. 


Lefebvre. 


86 




Hierta. 


SAÏYRUS. 


Lép. 


Lef. 


86 




Hirtipes. 


DICRA]SIA. 


CoK 


De Lap. 


409 




Hutneralis. 


LONCOPHORUS. 


Col. 


Chevrolat. 


44a 




ISEA. 




Crustacés. 


Guérin. 


295 




Ichnusa. 


VANESSA. 


Lép. 


Ramb. 


260 




Imbricornis. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


192 




Inermis. 


HETERONOTUS. 


Hém. 


De Lap. 


97 




Inès. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


88 




Inops. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


38o 




Interruptus. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


38i 




Klugii. 


OTIDOCEPHALUS. 


Col. 


Chev. 


445^ 




LANGURIA. 




Col. 


De Lap. 


4X2 




LEPTOTRACHELUS 




Col. 


De Lap. 


389 




LESTIPHORUS. 




Hym. 


St.-Far. 


70 




LEUCAINIA. 




Lép. 


Ramb. 


288 




LITHOSIA. 




Lép. 


Ramb. 


270 




LONCOPHORUS. 




Col. 


Chev. 


2l5 




Lachesis. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


85 




Lacordairei. 


POLYOZA. 


Col. 


Serv. 


167 




Lacordairii. 


HOPLISUS. 


Hyra. 


St.-Far. 


64 




Lsevis. 


ARPACTUS. 


Hym. 


St..Far. 


74 




Larissa. 


SATYRUS, 


Lép. 


Lef. 


86.9 




Lateralis. 


THYRSIA. 


Col. 


Serv. 


180 




Lalicinctus. 


EUSPONGUS. 


Hym. 


St.-Far. . 


66 




Laticrus. 


NEMATUS. 


Hym. 


De Villaret. 


3o7 




Lalipes. 


NEMATUS. 


Hvm, 


De Vill. 


3o6 




Lepida. 


BUPRESTIS. 


Col 


Gory. 


_383 




Lépidoptères. 


(CRIN DES). 


Crépusc. Nocture 


Poey. 


91 




Leuoaspis. 


MALLASPIS. 


Col. 


Serv. 


189 




Leucornelas. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


85 




LeucoprocUis. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


379 


. 



462 



TABLE ALPHABETIQUE 



Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


Noms des ordrej 


Auteurs 


'^ 


gros caractère et les espèces 


auxqueU les espèces appar- 


auxquels les genre» 




Pages. 


eu petit caractère. 


tienuent. 


appartienneot. 


qui en parlent. 


4i2 


Lineala. 


LANGIIRIA. 


Coléoptères. 


De Laporte. 


Lineafa. 


SOLENOPTERA. 


Col. 


Serville. 


i84 


Longirornis. 


SPHEX. 


Hyménoptères. 


St.Fargeaii. 


6i 


Lucanicerus. 


PRION US. 


Col. 


Serv. 


l42 


Lucaiioides. 


HOPLOSCELIS. 


Coi. 


Serv. 


170 


Lucanoides. 


NOTOPHYSIS. 


Col. 


Serv. 


159 


Lnczoti. 


POIOCERA. 


Hém. 


De Lap. 


222 


Luczotii. 


CAR ABUS. 


Col. 


De Lap. 


393 


Liigubris. 


ANACOLUS. 


Col. 


Serv. 


200 


Luridipennis. 


MONOCRANIA. 


Col. 


De Lap. 


410 


Luzonum. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


i38 


Lyssianassa. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


85 


MACRODONTIA. 




Col. 


Serv. 


i39 


MACROTOMA. 




Col. 


Serv. 


i37 


MALLASPIS. 




Col. 


Serv. 


188 


MALLODON. 




Col. 


Serv. 


176 


MAMESTRA. 




Lép. 


Rarabur. 


283 


MEGASOxMA. 




Lép. 


Feislhamei. 


340 


MEGOPIS. 




Col. 


Serv. 


161 


MEROSCELISUS. 




Col. 


Serv. 


i57 


METOPOCOILUS. 




Col. 


Serv. 


170 


MONOCRANIA. 




Col. 


De Lap 


410 


MONODESMUS. 




Col. 


Serv. 


160 


Mac-Layi. 


ORPHNUS. 


Col. 


De Lap, 


4o5 


Maculatus. 


ACANTHOPHORUS. 


Col. 


Serv. 


i53 


Maculicollis. 


METOPOCOILUS. 


Col. 


Serv. 


171 


Maculi penne. 


PiEKILOSOMA. 


Col. 


Serv. 


186 


Maculipennis. 


CICADA. 


Hém. 


De Lap. 


412 


Madagascariensis. 


ELATER. 


Col. 


Gory. 


385 


Maillei. 


BASITOXUS. 


Coi. 


Serv. 


175 


Mandibularis. 


STENODONTES. 


Col. 


Ser. 


173 


Mannerbeiraii. 


AGACEPHALA. 


Col. 


De Lap. 


404 


Maquarti. 


PTERYGIA. 


Hém. 


De Lap. 


226 


Matutinalis. 


ANOXIA. 


Col. 


De Lap. 


407 


Maxillosus. 


MALLODON. 


Col. 


Serv. 


177 


Melanocerus. 


OXYCORYNUS. 


Col. 


Chevrolat. 


ai4 


Melanops. 


OXYCORYNUS. 


Coi. 


Chev. 


214 


Merckii. 


XYLINA. 


Lép. 


Ramb. 


293 


Mêlai eucus. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St. -Far. 


378 


iMexicanus. 


OTIOGEPHALUS. 


Col. 


Chev. 


102 


Minos. 


ZYGOENA. 


Lép. 


De Villaret. 


42a 


Mutica. 


MEGOPIS. 


Col. 


Serv. 


162 


Myrmecodes. 


OTIDOCEPHALUS. 


Col. 


Chev. 


445 


Mystaceus. 


GORYTES. 


Hvm. 


St.-Far. 


57 


NECROPHORUS. 




Col. 


De Lap. 


399 


NEMATUS. 




Hym. 


De Vili. 


3o6 



DES GENRES ET ESPECES. 



463 



Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


Noms des ordres 


Auteurs 






gros caractère et les espèces 


auxquels les espèces appar- 


auxquels les genres 




Pages. 




en petit caractère. 


tiennent. 


apparliennent. 


qui en parlent. 


i58 




NOTOPHYSIS. 




Coléoptères. 


Serv. 




Niagarensis. 


SPHOERODERUS. 


Col. 


De La porte. 


390 




Nigra. 


PEDARIA. 


Col. 


De Lap. 


4o3 


INigricans. 


MONOCRANIA. 


Col. 


De Lap. 


410 




Nigricans. 


HETERONOTUS. 


Hémiptères. 


De Lap. 


96 




Nigrofasciala. 


XIPHURA. 


Diptères. 


Brullé. 


208 




Nigromaculalus. 


LONCOPHORUS. 


Col. 


Chevrolat. 


219 




Nitidus. 


PYRODES. 


Col. 


Serv. 


187 




ODACANTHA. 




Col. 


De Lap. 


388 




OMUS. 




Col. 


De Lap? 


386 




ORGYA. 




Lépidoptères. 


Rambur. 


275 




ORPHNUS. 




Col. 


De Lap. 


4o5 




ORTHOMEGAS. 




Col. 


Serv. 


149 




ORTHOSOMA. 




Col. 


Serv. 


i55 




OSORIUS. 




CoL 


De Lap. 


395 




OTIOCEPHALUS. 




Col. 


Chev. 


100 




OXYCORYNUS. 




Col. 


Chev. 


212 




Obliqualus. 


RAPHIRHINUS. 


Hém. 


De Lap. 


4i5 




Obliqiius. 


LONCOPHORUS. 


Col. 


Chev. 


218 




Obsciirus. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


144 




Occidentalis. 


ANOXIA. 


Col. 


De Lap. 


407 




Octangularis. 


PLATYGNATHUS. 


CoL 


Serv. 


i5i 




Orientalis. 


ANOXIA. 


Col. 


De Lap. 


407 




Ornata. 


CYPHONIA. 


Hém. 


De Lap. 


23o 




Oniatipenne. 


POEKiLOSOlVLi. 


Col. 


Serv. 


i85 




Oruatum, 


POEKILOSOMA, 


Col. 


Serv. 


i85 




Ori^tus. 


PSITHYRUS. 


Hyménoptères. 


SL-Fargeau. 


3or 




PANAGEUS. 




Col. 


De Lap. 


39r 




PEDARIA. 




Col. 


De Lap. 


4o3 




PELTOIDES. 




Col. 


De Lap. 


4o£ 




PERÇUS. 




Col. 


De Lap. 


394 




PIERIS. 




Lép. 


Ramb. 


25q 




PLATYGNATHUS. 




Col. 


Serv. 


i5o 




POEKILOSOMA. 




Col. 


Serv. 


184 




POIOCERA. 




Hém. 


De Lap. 


221 




POLIA. 




Lép. 


Ramb. 


279 




POLYARTHRON. 




Col. 


Serv. 


189 




POLYOZA. 




Col. 


Serv. 


166 




PRIONAPTERUS. 




Col. 


Serv. 


200 




PRIONUS. 




Col. 


Serv. 


191 




PSAMM^CIUS. 




Hym. 


S t. -Far. 


72 




PSITHYRUS. 




Hym. 


St-Far. 


373 




PTERYGIA. 




Hém. 


De'Lap. 


226 




PÏYCHOPTERA. 




Dip. 


Brul. 


206 




PYRODES. 




Col 


Serv. 


186 




Palmata. 


MACROTOMA. 


Col. 


Serv. 


i38 





464 



TABLE ALPHABETIQUE 



Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


Noms des ordres 


Auteurs 


"~" 




gros caractère et les espèces 


auxquels les espèces appar 


auxquels les genres 




Pages. 




en petit caractère. 


tiennent. 


appartiennent. 


qui en parlent. 






Parai lelus. 


PLATYGNATHUS. 


Coléoptères. 


Serville. 


i5i 




Parasita. 


LONCOPHORUS. 


Col. 


Chev. 


2l8 




Pectinicornis. 


POLYARTHRON. 


Col. 


Serv- 


190 




Peleterii. 


SCHIZOCERUS. 


Hyménoptères. 


De Villaret. 


3o4 




Pherusa. 


SATYRUS. 


Lépidoptères. 


Lefebvre. 


88 




Pilosus. 


OTIOCEPHALUS. 


Col. 


Chev. 


104 




Pityooampa. 


BOMBYX. 


Lép. 


De Villiers. 


201 




Poëy. 


OTIOCEPHALUS. 


Col. 


Chev. 


107 




Procida. 


SATYRUS. 


Lép. 


Lefebvre. 


85 




Psyché. * 


SATYRUS. 


Lép. 


Lef. 


88 




Pudica. 


ECAILLE. 


Lép. 


De Villi. 


2o3 




Puriclulatus. 


PSAMiM^CIUS. 


Hyni. 


St.-Fargeau. 


72 




Pyrenœus. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


375 




Quadratus. 


ENICOTARSUS. 


Col. 


De Laporle. 


4o3 




Quadricolor. 


PSITHYRUS 


Hym. 


St.-Ear. 


376 




4 Liiieata. 


SOLENOPTERA. 


Col. 


Serv. 


184 




4 Siguatus. 


CASXONIA. 


Col 


De Lap. 


387 




4 Signatus. 


CATAS<:OPUS. 


Col. 


De Lap. 


392 




4 Spinosa. 


iMACRODONTIA. 


Col. 


Serv. 


i4o 




4 et 5 Fasciatus. 


HOPLISUS. 


Hym. 


St.-Far. 


65 




RAPHIRHINUS. 




Hémiptères. 


De Lap. 


4i3 




RHAPHIPODUS. 




Col. 


Serv. 


168 




Ramburii. 


PERÇUS. 


Col. 


De Lap. 


3 4 




Rayuaudii. 


AMPHION. 


Crustacés. 


Milne Edwards. 


336 




Repanda. 


BOMBYX. 


Lép. 


Feisthamel. 


340 




Reticulatus. 


AULACOPUS. 


Col. 


Serv. 


145 




Ripaiia. 


LEUCANtA. 


Lép. 


Rarabur. 


288 




Rossiellus. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


38o 




Rtifeola. 


LITHOSIA. 


Lép. 


Ramb. 


271 




Ruficollis. 


ARPACTUS. 


Hym. 


St.-Far. 


77 




RuOpeune. 


POEKILOSOMA. 


Col. 


Serv. 


186 




Rufus. 


EUMICRUS. 


Col. 


De Lap. 


396 




Rugulosa. 


macrotoma. 


Col. 


Serv. 


146 




Rupestris. 


ORGYA. 


Lép. 


Ramb. 


275 




Rupestris. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


375.6 




SATYRUS. 




Lép. 


Lef. 


80 




SATYRUS 




Lcn. 


Ramb. 


262 




SCHIZIA. 




Hém. 


De Lap. 


223 




SCHIZOCERUS. 




Hym. 


De Villaret. 


3o3 




SESIA. 




Lép. 


Ramb. 


266 




SILPHA. 




Col. 


De Lap. 


400 




SOLENOPTERA. 




Col. 


Serv. 


i83 




SPERCHEUS. 




Col. 


De Lap. 


398 
229 




SPH^RONOTUS. 




Hém. 


De Lap. 




SPHINX. 




Lép. 


Ramb. 


266 




SPHOERODERUS. 




Col. 


De Lap. 


390 





DES GENRES ET ESPECES. 



465 



Nota. Les genres sont en 


Nom» des genres 


Noms des ordres 


Auteurs 




groscaiacière et le» espèces 


auxquels les espèces appar- 


auxquels les genres 




rages. 


en petit caractère. 


tiennent. 


appartiennent. 


qui en parlent- 




SPONDYLYS. 




Coléoptères. 


Serv. 


i3i 


STENODONTES. 




Col. 


Serv. 


173 


STERNACANTHUS. 




Col. 


Serv. 


172 


STICTOSOMUS. 




Col. 


Serv. 


i53 


Sanguineui. 


ANACOLUS. 


Col. 


Serv. 


200 


Scabricorne. 


^GOSOMA. 


Col. 


Serv. 


ifi3 


Sciitellaris. 


MALLASPIS. 


Col. 


Serv. 


189 


Semicostatus. 


STICTOSOMUS. 


Col. 


Serv. 


i54 


Senegaleusis. 


ORPHNUS. 


Col. 


De La porte. 


416 


Seuegalensis. 


PRIONUS. 


Col- 


Serv. 


i38 


Senegalensis. 


PELTOroES. 


Col. 


De Lap. 


40 1 


Senegaleusis. 


SPERCHEUS. 


Col. 


De Lap. 


398 


Senegalensis, 


TILLOIDEA. 


Col. 


De Lap. 


399 


Sericeus. 


ORTHOMEGAS. 


Col. 


Serv. 


i5o 


Serrarius. 


ERGATES. 


Col. 


Serv. 


144 


Serraticornis. 


ACANTHOPHORUS. 


Col. 


Serv. 


i53 


Serripes. 


MACROTOMA. 


Col. 


Serv. 


i38 


Seivillei. 


SCHIZIA. 


Hémiptères. 


De Lap. 


224 


Speciosus. 


PYRODES. 


Col. 


Serv. 


187 


Spencii. 


ALLOCERDS. 


Col. 


Serv. 


181 


Spinicornis. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


194 


Spinipennis. 


HOPLIDERES 


Col. 


Serv. 


i48 


Spinosus. 


HETERONOTUS. 


Hém. 


De Lap. 


96 


Splendidus. 


DASYTES. 


Col. 


De Lap. 


398 


Spondyloides. 


CANTHAROCNEMIS 


Col. 


Serv. 


l32 


Stapfcylinus. 


PRIONAPTERUS. 


Col. 


Serv. 


200 


Stolii. 


ACANTHICUS. 


Hém. 


De Lap. 


228 


Sulcatus. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


i56 


Sutiiralis. 


LEPTOTRACHELUS. 


Col. 


De Lap. 


389 


Suturalis. 


RHAPHIPODUS. 


Col. 


Serv. 


169 


Sylvestris, 


PSITHYRUS. 


Hyménoptères. 


St.-Eargeau. 


377 


TAGENIA. 




Col. 


De Lap. 


411 


TETRALOBUS. 




Col. 


Gory. 


220 


IHYRSIA. 




Col. 


Serv. 


179 


TILLOIDEA. 




Col. 


De Lap. 


398 


TINEA. 




Lépidoptères. 


Duponchcl. 


3oo 


TITANUS. 




Col. 


Serv. 


i33 


TRAGOSOMA. 




Col. 


Serv. 


i59 


TRICHOSOMA. 




Lép. 


Rambur. 


272 


Tagis. 


PIERIS. 


Lép. 


Ramb. 


259 


Tarsalus. 


EUMICRUS. 


Col. 


De Lap. 


396 


Therapne. 


HESPERIA. 


Lép. 


Ramb. 


265 


Thomae. 


SOLENOPTERA. 


Col. 


Serv. 


184 


Thoracicus. 


EUMICRUS. 


Col. 


De Lap. 


396 


ïigelius. 


SATYRUS. 


Lép. 


Ramb. 


263 


Transversalis. 


GASNONIA. 


Col. 


De Lap. 


388 



466 TABLE ALPHAB. DES GENRES ET ESPÈCES. 



y'uta. Les genres sont en 


Noms des penres 


Noms des ordres 


Auteurs 


1 


groscaraclère et les espèces 


auxquels les espèces appar- 


auxquels les genres 




Pages. 


en petit caractère. 


tiennent. 


appartiennent. 


qui en parlent. 




Ti-ifidus. 


CE^TROTUS. 


Hém. 


De Laporte. 


23o 


Tuberculalus. 


CTENOSCELIS. 


Coléoptères. 


ServiUe. 


i35 


Tumidus. 


ARPACTUS. 


Hym. 


Sl.-Fargeau. 


77 


UROPUS. 




Lépidoptères. 


Rambur. 


278 


Ulnii. 


UROPUS. 


Lép. 


Ramb. 


278 


Undatus. 


STERNACANTHUS 


Col. 


Serv. 


172 


Unicostatus. 


SILPHA. 


Col. 


De Lap. 


400 


Unifasclata. 


TILLOroEA. 


CoK 


De Lap. 


398 


VANESSA. 




Lép. 


Ramb. 


260 


Varius. 


LOXCOPHORUS. 


Col. 


Chevrolat. 


219 


Varias. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St-Far. 


38i 


Varus. 


NEMATUS. 


Hym. 


De Villaret. 


3o6 


Vasco. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


375 


Velutiua. 


DICRANIA. 


Col. 


De Lap. 


409 


Versicolor. 


PRIONUS. 


Col. 


Serv. 


i83 


Vestalis. 


PSITHYRUS. 


Hym. 


St.-Far. 


377.8 


Viciuus. 


EUSPONGIJS. 


Hyménoptères. 


St.-Far. 


68 


Villaretiana. 


XIPHURA. 


Diptères. 


Brullé. 


208 


Villosa. 


A^OXTA. 


Col. 


De Lap. 


407 


Violaceus. 


MEROSCELISUS. 


Col. 


Serv. 


i58 


XIPHURA. 




Dipt. 


Briillé. 


206 


XÏLINA. 




Lép. 


Ramb. 


291 


ZYG^NA. 




Lép. 


Ramb. 


267 


ZYG^NA. 




Lép. 


De Yilliers. 


42 1 



Jnn ■ de la Soc . Bntonwlo^iqiie^ 



Tom . I. P(U/e 02 . PI . I 




PDume'ml Direjrit . 



/i^/.ia.Ji7^i/^ÇrOTvte^ .Ui/.rtaceuj- h. Antenne du G (arnpc.rirùf.Jemc antenne dii mille 
d.larse anteriew de lajem . e Jambe postérieur e.Fi^.2 a aile de l'Hoplisus o cmeùi.>' h. 
Antenne de la fem c. antenne du mâle d tarse antérieur de la tein e /aml'e postérieure J'uf- . ' a 
Antenne de\Y^^s^on^^ Latieinciuj^ . fe m. b. antenne du mâle Fuj 4-a.Ade du LeshpJioms 
âitd/teàur. b untemie de lajem.c. antenne du miîle'.Fuj.âa Antenne du Psa minoecius 
Puneàdaùur. /èm. b. antenne du mâle .Fuj. Sa. Aile de l'Arpacttis Lœoi,f b Antenne de la 
Je m c. Antenne du mâle . 



htn ({,' 1,1 J\>c. E/itomo/oyi^uc . 



Tom . r. Fa<^e So . FI. If. 




p. fiuni^mJ ffrr 



I. '^^^V^^.Lachê.nj'. 1 a . ui. ^a ce//uù- vu en Je..^ou.: 2 Sat. CraiotAea 2 a td. ^a cellule .„ .,. 

!-'^^^yx^.d'Jrcet.Lef.fVar.lan:rj-ajn.A7e.rupcrieiwe de^ Saàlrc.r de cette .Cecàon 
+ Tac/ie annulaire . 

/pour le^f autreo- dé^ai'l^, voir Faqe S^.J 



Ânn. de la Soc . Entomvh<^njue 



TomT.Paffe ^8. PL. III 




de Laporix J)ei 

y. Otioceptalus Me^icamut . 2 . Oùo .Filoj-us . 3. Oxio. JrmruanuJ . i ■ Otio. FlM>ipefuus. 
5. Otio. Toey. 6. Otio. Formic-arius . 

■j. Heteronotus Spuwsiis. ô- Het . jYu/ru-a/i.f . ç. Het. FlaPolitwaàisiû.Wcilnerrm. 



J.TUV. de la Joe ■ Intornoloffi^ue 



Tom.I.Pane 220 . J'I B^- 




T.Dumàul Vù-aat . 

1. Tetralol3XLS.^ii^.r^Y/cr ûortf. 2. ^Jm)A\xreL .ViUa/etiana Br. s . a . antemu ^^ro^^i*. . 

2. h. Te'te et p,ilf>e 2.c . Aile.2.d.Jhd<nnen vu de pro/îl- 



Ânn . <ie la, Soc ■ £rUoTnolo^i4fi, 



Tom.I.Pa^e 2lo.Pl.r. 




1 1huTienit PiruUt. 



7.LoilCOpllOTTLS. 0h]i4fUHS î iTievrla.j-a, trompe vue ie profil, li.j-on, an/Bmie . ^LoilCOphoruS 
larasiàl (hevr. 2. a. sa trompe pue de pro/U. 2.h. une paite ^osjie. 2c- crochetf ouj- dejàee . 3- LoilCO - 
Y^OV^X% .raraSlta Var 3. a. sa b-ompe vue de prq/^l. é'-^^VCO'C^VXiXl&MeiamtCenir (Aeor. 4,.a . 
antenne çrossif . 4 b une patte ^rDssie.â.OsXCOWilllS-Me/lt/iÛ/fJ' t'/ieor. 



Ânn ■ lù la. Joe ■ Entonwlotfitfite . 



Toni . I. Page 22i . Tl.TJ. 



5.b 



Delaparte Del 





}.b 



Pcuje 2oiet2o5. 



ô.h 



?2 



PDurru-nil DireJttt . 



7. Poiocera Luc^oti ^«z» i?. Geriuaria (ucullata tT^/^ ,'i. Schizia Servill^i 
^«^.^, Cyptonia Ûnuita ^^^f. .-5. Atvpa Oibba. lap.t}.^\^ç-vx<i\a. Mivçuarti Zap. 
/■ Acanthieus Desmares Ui lap 

(f a i. Tète <frossie du ^oxnXi^cj^ Fiù/ûcampu h.p.a.h.Tunb,iU^,frojsi<vde TEcaïUe J'iuài/ue 

pufs dA'SiLf et defjou^ . 



l/ifi </<• /(i '>'"' A'fi/o/ru>/o</u^i/i 



rome / At^</<- i'^:> /'/■ /// 




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/...Picr.s /;../.:../;. \anos sa /■/.../.-^V.He.peP.a //.vv./v..' „.-/' A S^o^ na 



Jnn t/e. la Soc En/oniolo^if/ue ■ 



fome y Pa^e 2jo // Ï'/H ■ 




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/'//i,j7!^m/ /firfu-. 



^, J d . ,.« ,'n J.:.j'ou.r . Ô. lajinu-lie .^. le Ou^^uMe . a,. 6. c </■ la^' la C/uy^a/^e . o- la léte dcpou^llc.' Jr 

jo.r/wnM.^ ^ ITropuJM.. pa//o potier l^iirc j/roj-j-lo-. 6. c lé&^ ei an/enm </,■ /m^cc/p /mr/àil.//. 
I,illu>sia Iiifasciata.z2. Id. lUileola. 



,'i/i/i.Jc la Jhci Â'/i/DfHo/iK/ti/iie . 



r,>,>,, / /"„,„■ L>-;w/ /\ 






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j. I.onoania Ri 



parin. -, I,. \innic.>la. ,>.h>lia Coi-sica ,/ P \ spliodoli .'.( aiVU^I'llia 



fuscK-orni.*.- AlafllOSlra (■|u-n<.po.lif.lw,-a.// .\\ lllhl .il,r..kii . //.\\ lllia AuMralis 



Inn ■ </e Ai Jbcie^é /^n/onu>/o. 



fome /. /h,/c 3,>o /'/^fic/ieA. 




?^5^^4lPpî|afe 



,^ft?3JSES3B^ 



^a^e^ 2^â 




I ^ ; ^ 

/hiponcÂel et Guerin Vàuc. /^ fiume/u/ ffà-ca: . 

Tinea Dcninella (ffuincr) I- lVieni2/c t/,vi.r j-onjcime à</e 2. 1(1. Adalte 3 Id. danj- J-a (h^ue. 4- 

CnrVSalldc à //u-cc/e />ar/ait ô â'. pa/^o ù^cr/eur ^roj^j-l -. antc/i/ve itf . S. />a/te poj-fêriè^tfc ù/ . 

A. JsOa Klono;ata ( (^rin. I 



A/m t/e /a Jhc . Snfomoà 



"ff"/^ 



/hf/te /. /irt/e 3o3. /'/.II. 




/•". /fuf/Kwu'/ /hraee^ 






/'ni. i:j . /,! /„ri>i- 



,/o ^rr>/,V. 



Inn i/e ùi Joac^c Snùf/iui/eyiiifitc ■ 



rome / /h^e J36' /'/.. Y//. 




A. Amphion Reinaiidiiy/;^..y li. I. Alloceriis Dilal.corms /Ûort/.j 2 rjator Madas-asiaiM 
-cns(ï».3.lîiiprof.ti!* I.opida f ùo,y .j . 



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Tonu- I /'„„,' 34., /'/ X7/J. 




Vj. iMco'asoma llopandiim m,;/-- j. 'xAvm.j'rni,-//,' :î l,i/,-r)/u- ,/// //i,i/<\t/ri'j\,tf. ^. i'/u-iii7/r 

f//irt\i- /il ..y ■,>>//(/<■ />///<• ,). 1,/tj/i ,/ti/ij- /mite .iii ,/i;).i\iftir ■ />'. ( i'y/ii' -. ('/i/i/sd/DÙ- ■ 






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